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Economie-Sociologie

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Articles Economie et Sociologie : du baccalauréat à la L3.

Le fonctionnement des réseaux sociaux photo 1

Comment les réseaux sociaux fonctionnent-ils ?

Cette question est au coeur de la problématique des groupes sociaux et de l’intégration des inidividus à la société.

I. Les réseaux sociaux relient les individus entre eux

A. Définition et exemples de structuration

Les réseaux sociaux peuvent être définis comme l’ensemble des relations que les individus et les groupes sociaux entretiennent les uns avec les autres. Ce sont donc les relations des individus.

On parle d’analyse de réseaux à partir du moment où l’on étudie au moins trois unités (individus) – ils constituent une triade. C’est seulement à partir de cette unité que l’on peut, en effet, étudier les liens d’interdépendance qu’entretiennent les individus à l’intérieur d’un réseau.

Traditionnellement, il existe deux formes d’analyse de réseau. Soit on se centre sur un individu ou un groupe et on regarde quelles sont ses relations, on parle alors d’étoile ; soit on prend également en compte les relations que les contacts de l’individu peuvent entretenir entre eux, on parle alors de zone.

Dans l’analyse de réseaux, on différencie les liens qu’entretiennent les individus selon leur degré d’intimité. Les liens forts relient un individu le plus souvent aux membres de sa parenté et à ses amis proches et se caractérisent par une forte affectivité et des relations très fréquentes. Les liens faibles quant à eux sont des liens qui le relient à de simples connaissances ou encore à des relations de ses contacts personnels (ils sont beaucoup moins fréquents et très peu chargés d’affectivité).

B. Les réseaux forment la sociabilité

La sociabilité est un ensemble de relations qu’un individu entretient avec les autres et les formes que prennent ses relations. L’analyse des réseaux étudie bien plus la sociabilité réelle (réception à domicile, sorties, fréquentation des bals, cafés, pratique du sport…) que la sociabilité virtuelle sur des sites tels que Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat… Malgré tout, la sociabilité virtuelle peut rejoindre des réseaux réels. En effet, certains réseaux virtuels comme LinkedIn sont un moyen de se créer des relations dans le domaine professionnel.

Il faut noter que la sociabilité prend en compte des relations choisies tout comme des relations non choisies (échange avec un commerçant par exemple). L’amitié va être définie comme les relations électives et affinitaires qu’entretient l’individu. On note alors de l’homophilie : les individus sont amis avec des personnes qui leur ressemblent socialement : même PCS, même religion, même âge… Les explications sont les mêmes que celles concernant l’homogamie(mariage entre personnes socialement proche) : fréquentation des mêmes lieux, mêmes centres d’intérêts, amis communs…

II. Les réseaux peuvent constituer une véritable ressource

A. Le capital social

Les relations d’un individu peuvent constituer pour lui une forme spécifique de ressources : le capital social. Cela est d’autant plus vrai que les relations qu’il entretient détiennent un capital économique (ressources financières) et un capital culturel important (niveau de diplôme élevé, détention de biens culturels). Les relations constituent alors ce que l’on nomme le carnet d’adresses de l’individu et il est d’autant plus utile que les personnes qui y figurent sont influentes.

Ce n’est donc pas tellement la taille du réseau qui compte mais plutôt ce que l’individu peut en faire. L’influence du capital social est très marqué en ce qui concerne l’obtention d’un emploi. Il apparaît ainsi qu’environ un tiers des emplois sont trouvés grâce à des réseaux de relations.

Les travaux de Michel Pinçon et de Monique Pinçon-Charlot se concentrent essentiellement sur les élites, par le biais d’enquêtes ethnographiques. Leurs recherches s’inscrivent dans la tradition sociologique qui produit une analyse du système social par le prisme des rapports de domination entre groupes sociaux, renvoyant aux travaux de Karl Marx et de Pierre Bourdieu.

Voici un documentaire de 26 minutes réalisé par Yannick Bovy en janvier 2014, diffusé dans une émission de la FGTB wallonne :

Ici, c’est à travers le conflit entre classes sociales que sont analysés les mouvements socio-économiques. Leur approche remet au goût du jour les théories marxistes : la guerre des classes est déclarée car les rapports sociaux de classes sont violents dans le capitalisme mondialisé.

Cette violence est exercée par les classes dominantes (la bourgeoisie qui se confond avec les élites financières) sur le peuple (les classes moyennes et populaires).

Les auteurs tentent de déterminer comment se produit cette violence, et comment elle est acceptée par le plus grand nombre.

La violence des riches

Cette violence se réalise en connivence avec les gouvernants. Le gouvernement socialiste a en effet, depuis 2012, favorisé les politiques libérales, et continué à désavantager fiscalement le peuple.

Le gouvernement oligarchique socialiste rassemble professionnels de la politique et acteurs de la finance en son sein. Les lignes de partage entre la droite traditionnelle et la gauche libérale sont devenues floues, ce qui amène à désigner le gouvernement socialiste par les termes de « deuxième droite ».

L’idéologie néolibérale faisant désormais consensus, les intérêts de la bourgeoisie financière sont privilégiés, et se matérialisent par les cadeaux fiscaux et par la clémence face aux fraudes des plus riches.

Comment les classes dominantes arrivent-elles à asseoir leur domination et à la faire perdurer ?

D’une part, pour maintenir sa domination, la bourgeoisie doit convaincre le plus grand nombre d’être dans son bon droit. Les membres de la bourgeoisie ne peuvent donc assumer publiquement la recherche de leur enrichissement personnel, dans le système économique néolibéral.

Tout d’abord, la bourgeoisie se décharge de sa responsabilité dans la crise économique. Elle impose alors l’idée que le marché se dirige seul, et que la crise est un coup du sort aléatoire et incontrôlable. Est alors pointé du doigt le coût du travail et des protections sociales, accusé de peser trop lourd dans l’économie. Ce discours permet de poursuivre les atteintes au droit du travail et au système de protection sociale.

Par ailleurs, les plus fortunés, pourtant responsables de la déstabilisation de plusieurs États démocratiques, à l’image de la Grèce ou de l’Espagne, se présentent eux-mêmes comme des producteurs de richesses. Toute forme de revendication devient une atteinte aux dominants légitimes, qui seraient au service de l’intérêt général.

Légitimité et intériorisation de la domination

D’autre part, la bourgeoisie a intérêt à ce que le peuple intériorise la légitimité de sa domination, et cela par différents moyens.

Tout d’abord, les riches s’affichent comme les promoteurs de la culture légitime, par la possession d’objets d’art et le mécénat qu’ils pratiquent dans le domaine culturel. Leur légitimité s’imprime également dans les corps : le bourgeois porte, dans sa gestuelle et dans sa ligne, les stigmates positifs de son appartenance de classe. Son élégance, qui s’oppose à l’obésité surreprésentée au sein des classes populaires, est élevée au rang d’image idéale de l’Homme. Enfin, les auteurs relèvent le sentiment d’intimidation suscité par les lieux investis par la bourgeoisie chez ceux qui n’appartiennent pas à cette classe.

Nous aboutissons alors à une configuration dans laquelle la domination de la classe bourgeoise apparaît comme un ordre naturel, idée largement intériorisée par le peuple. C’est ainsi que se réalise un brouillage de la lutte des classes : la violence des riches devient invisible puisque supposée naturelle et légitime. La disparition de la conscience de classe ouvrière, et donc des mobilisations, participent de ce brouillage.

Les articles d’Économie et Sociologie couvrent le programme du bac ES (classes de Première et Terminale) jusqu’à la Licence (Université).

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Les activités économiques et leur cadre social

La régulation des activités sociales

Croissance, développement et déséquilibre

Travail et emploi

Investissement, capital et progrès technique

Ouverture internationale et mondialisation

Changement social et solidarité

Changement social et inégalités

Le rôle économique et social des pouvoirs publics

Quelles sont les heures d’ouverture de la bourse de Paris ?

9 h – 17 h 30. Horaires complets.

A quoi sert la pré-ouverture (7 h 15 – 9 h 00) ?

Durant cette période, les ordres s’accumulent sans qu’aucune transaction n’intervienne. A l’ouverture, à 9 heures, le système informatique calcule en fonction des ordres présents sur le marché, un prix d’équilibre ou fixing, qui permet l’échange du plus grand nombre de titres.

Que signifie CAC40 ?

Cotation Assistée Continue. L’indice CAC40 est une moyenne pondérée de 40 valeurs parmi les 100 premières capitalisations boursières de la bourse de Paris. Chaque titre a un poids relatif à la valeur boursière de l’ensemble de la société. La liste des valeurs composant le CAC40 est disponible ici.

Quels sont les différents types d’ordre ?

Les définitions extraites du site de ParisBourse, avec quelques adaptations :

  • L’ordre à cours limité (ordre le plus classique) comporte un prix maximum à l’achat, minimum à la vente. Ainsi, un ordre d’achat limité à 100 euros ne sera pas exécuté tant que le cours reste supérieur à 100 euros ; un ordre de vente limité à 100 euros reste en attente tant que le cours reste inférieur à 100 euros. Avantage : il permet de maîtriser le prix d’exécution. Inconvénient : l’exécution peut être partielle.
  • L’ordre au dernier cours: permet d’ Acheter/vendre au cours de clôture et à ce cours seulement. La négociation au dernier cours est possible lors de la phase Trading At Last. C’est une phase de négociation au dernier cours. Pendant cette phase, il est possible de passer des ordres au cours de clôture et à ce cours seulement. Pour les titres négociés en continu, la phase de négociation au dernier cours est disponible après le fixing de clôture.
  • L’ordre au marché : depuis le 15 décembre 2003, l’ordre « Au Marché » a remplacé l’ordre « A Tout Prix ». Il garantit la quantité de titres vendus ou achetés, mais pas le cours. Il reste valable tant que la quantité de titres que le donneur d’ordres souhaite vendre ou acheter n’est pas atteinte et ce, quel qu’en soit le cours. C’est l’ordre prioritaire sur tous les autres. Cet ordre, sans limite de prix, peut-être exécuté avec tous les ordres de sens opposés, quelles que soient leurs limites, dans le respect des seuils de gel et des quantités disponibles. Avantages : ordre prioritaire car aucune condition de prix, exécution totale dès qu’il y a une cotation de la valeur. Inconvénients : peut être dangereux – ne s’utilise que sur les valeurs liquides.
  • L’ordre « tout ou rien » (pour éviter les exécutions partielles) : cet ordre a été supprimé depuis le 1/9/03 par Euronext
  • Les ordres à déclenchement (ASD, APD ou ordres STOP, pour se protéger contre un renversement de tendance) : autrefois dénommés ordres « STOP », les ordres à déclenchement permettent à un investisseur de se porter acheteur ou vendeur à partir d’un cours déterminé :
    • à ce cours et au-dessus de ce cours s’il s’agit d’un achat,
    • à ce cours et au-dessous de ce cours s’il s’agit d’une vente.

    Ils permettent notamment de se protéger contre d’éventuels retournement de tendance. De tels ordres sont dits :

    • « A seuil de déclenchement » lorsqu’il ne comportent qu’une limite à partir de laquelle ils se transforment en « ordre à tout prix ». Ce type d’ordre assure par conséquent une complète exécution de votre achat ou de votre vente mais ne permet pas d’en maîtriser le prix.
    • « A plage de déclenchement » lorsqu’une deuxième limite fixe le maximum à ne pas dépasser à l’achat ou le minimum en deçà duquel on renonce à vendre. Avantage : assurance d’une exécution totale s’il y a une cotation après que le seuil de déclenchement ait été atteint ou dépassé. Inconvénient : pas de maîtrise de prix pour les ordres à seuil de déclenchement.

Que signifie « passer un ordre à révocation » ?

Cela signifie que l’ordre reste valable jusqu’à la liquidation pour le SRD, jusqu’à la fin du mois au comptant.

Comment disposer des cours en temps réel ?

Les cours en direct se font sur ligne spéciale, avec abonnement (fort cher) dédiée aux banques et professionnels. Les dits professionnels rétrocèdent ces cours à leurs abonnés moyennant une contrainte: un décalage dans le temps de quelque minutes. Les particuliers n’ont donc pas accès à une « vraie » cotation temps réel. Les systèmes gratuits sans abonnement (Bourso, Dubus etc…) sont décalés de 15 mn.

Où peut-on obtenir l’historique des cours sur plusieurs années ?

Voir les historiques d’ABC Bourse ou Download Quotes.

Que signifient les lettres (c) (s) (h) et (b) à côté d’une valeur ?

(c )= cours à la clôture.
(s )= suspension. Pas de cotation en attente d’un événement particulier (ex : une annonce doit être faite).
(h) = réservé à la hausse (1/4h ou 1/2h).
(b )= réservé à la baisse.

Que signifient « réservé à la hausse ou à la baisse » ?

Une variation de cours dépassant les limites autorisées (à la hausse ou à la baisse) entraîne une réservation de ce cours, c’est à dire la suspension momentanée de la cotation.

Qu’est-ce que le SRD ?

C’est le Système à Réglement Différé, qui a « remplacé » le Réglement Mensuel depuis septembre 2000. Toutefois, les anciennes valeurs du R.M. ne sont pas toutes éligibles au SRD.

Comment fonctionne le SRD ?

Le principe est le même que pour l’ancien RM : il est possible d’acheter et de vendre à crédit des valeurs jusqu’à la liquidation du mois boursier, à la différence près que ce service est proposé par les établissements financiers et… payant (commission de SRD). L’investisseur individuel, pendant le même mois, peut faire plusieurs opérations d’achat ou de vente avec SRD sur les mêmes titres. Seul le solde de ces opérations est réglé et livré à la fin du mois. Les règles de couverture sont les mêmes que pour le RM. Pour en savoir plus, le site du SRD.

Qu’est-ce qu’une vente à découvert (VAD) ?

Sur le SRD, il est possible de vendre des valeurs que l’on ne possède pas encore, à condition de les racheter avant la fin du mois boursier en vue d’une spéculation à la baisse.

Ex. : Le 5, vente « virtuelle » de 100 actions Alcatel à 38 €.
Le 25, rachat de ces 100 actions à 32 €.
Gain : 38×100 – 32×100 = 500 €.

Bien sûr, si le cours de l’action était monté à 40 €, vous auriez perdu 200 €.
Il est également possible d’acheter à découvert selon le même principe.

Où peut-on trouver les dates de liquidation ?

Sur le site de la Bourse de Paris.

Si je n’utilise pas les possibilités offertes par le SRD, quand suis-je crédité en cas de vente ?

Officiellement, à J+3. En général, les brokers créditent le compte le jour même pour un autre achat. Par contre, il faut attendre 3 jours pour un retrait d’espèces.

Peut-on acheter en SRD et vendre comptant ?

Non, ce n’est pas possible. Il faut vendre dans ce cas en SRD également.

Peut-on placer n’importe quelle valeur éligible au SRD dans un PEA ?

Non.Jusqu’à récemment, seules les actions françaises (en direct ou via OPCVM) étaient éligibles au PEA. Mais compte-tenu des opérations de rapprochement ou de fusion au niveau européen (Dexia, Altadis, EADS, etc) et sous la pression des autorités de Bruxelles, le gouvernement français a décidé d’assouplir les règles du PEA. A compter du 1er janvier 2002, il sera possible de loger dans son PEA des actions européennes.

En ce qui concerne les SICAV et FCP actions, ils sont acceptés dans un PEA sous réserve d’être investis en actions françaises à hauteur de 60% dans les cas des SICAV et de 75% dans le cas des FCP. Les OPCVM actions européennes ne seront éligibles au PEA qu’à compter de janvier 2003.

Dernière innovation datant de 2005 : les SICAV et les fonds communs de placement investis à 75 % dans « des titres dont les émetteurs ont leur siège social dans un Etat membre de la Communauté européenne » obtiennent droit de cité. Rappel utile : les pays labellisés sont les pays de la zone euro – France, Allemagne, Autriche, Irlande, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Finlande, Portugal -, ainsi que les trois pays qui n’ont pas adhéré à la monnaie unique – Grande-Bretagne, Danemark et Suède. La PEA franco-français n’est déjà plus qu’un (presque) lointain souvenir ! Chaque titulaire peut verser jusqu’à 132 000 €.

En cas d’achat, quand le montant de la transaction est-il débité de mon compte ?

Officiellement, à J+3 également. Les brokers débitent en général le jour même.

Qu’est-ce que l’impôt de bourse ?

Impôt institué en 1893, payé au Trésor Public sur chaque transaction bousière. Il est régulièrement question de le supprimer. Il est de 0.30 % sur les transactions inférieures ou égales à 152 449 € et de 0.15 % au delà. Une franchise d’impôt de 22,87 € par opération est accordée par le Trésor. Les étrangers n’y sont pas soumis. Il n’est pas perçu pour les transactions inférieures à 7623 € (50 000 F, dû à la franchise) et ne peut dépasser 609.80 €. Il est prélevé sur le montant de la transaction lors de la transaction. L’impôt de bourse ne s’applique pas aux valeurs du Nouveau Marché.

Le seuil de cession d’actions s’applique-t-il sur le PEA ?

Non, puisque le PEA est exonéré d’impôt sur les plus-values s’il est conservé au minimum 5 ans. Sinon le seuil d’imposition des gains lorsque les cessions de valeurs mobilières sont supérieures à 15.000 € est de 26,3%.

Comment sont taxées les dividendes ?

Les revenus perçus au titre de dividendes, diminués des charges déductibles (frais de garde des titres, frais d’encaissement des dividendes) sont soumis à l’impôt sur le revenu des personnes physiques.
– Pour l’avoir fiscal, mentionner précédemment, il est supprimé depuis 2005 .Il est remplacé par un crédit d’impôt.
– Abattement sur les dividendes : 1.220 € pour une personne seule et 2.440 € pour un couple.Si inférieur, imposition à 10,3% .
– Si supérieur :Impôts sur le revenu+10,3%

Que signifient MM50, MM100 ?

Moyennes mobiles des cours sur 50, 100, x jours. Ce sont des outils utilisés par l’analyse technique.
Voir ABC Bourse.

Qu’est-ce qu’un gap ?

Un gap (ou fossé) est un « trou de cotation » qui apparait entre deux périodes successives, que ce soit entre deux jours ou une autre période, zone dans laquelle aucun n’échange de titres n’a eu lieu.

Ainsi on peut trouver une valeur dont le plus bas d’un jour est plus élevé que le plus haut de la veille ou encore dont le plus haut d’un jour est inférieur au plus bas de la veille. Ceci forme ce qu’on appelle un gap.

C’est une configuration d’analyse technique qui met en évidence une rupture ou un changement d’attitude des investisseurs (gap d’impulsion) une accélération de tendance (gap de continuation) ou une fin de tendance. L’adage veut que le cours reviennent ensuite combler un gap.

Que signifie « résistance oblique descendante long terme » ?

Une résistance est un montant (cours) qu’une valeur n’arrive pas à dépasser; : par ex., la valeur X monte à 30 € puis redescend, ensuite remonte à nouveau à 30 €, etc. « résistance oblique descendante » : cela signifie que cette résistance est de plus en plus basse : la valeur pourrait aller à 30€ la première fois, ensuite seulement 29€, puis 28 €, etc. L’oblique est dessinée depuis deux vieux tops importants.

Qu’est ce que le Stochastique en langage boursier ?

Il compare le niveau de cours de la clôture par rapport à l’écart de cours sur une période donnée.
Voir ABC Bourse.

Quelle est la différence entre Stochastique « lent » et Stochastique « rapide » ?

Le Stochastique « lent » est la moyenne mobile sur 3 jours du stochastique « rapide » ( %K ), noté aussi « %D » .

Qu’est-ce que le RSI ?

Le RSI est le Relative Strength Index ou Indicateur de Force Relative. Le nom de RSI peut prêter à confusion : il ne compare pas des valeurs entre elles, pour cela il faut utiliser la force relative. En fait il devrait plutôt s’appeler Index de Force Interne. Le calcul du RSI est assez simple, voici la formule brute :

RSI = 100 – (100 / (1 + (H/B) ))
avec :
H : Moyennes exponentielle des hausses de valeur sur la période considérée. soit pour le RSI 14 : H(n) = (H(n-1) x 13 + hausse du jour)/14 et ainsi de suite
B : Moyennes des baisses de valeur sur la période considérée.

L’auteur de cet indicateur (Welles Wilder) recommande d’utiliser un RSI 14 , mais les RSI 9 et 25 sont devenus également très courants. Il est à noter que 14 n’est pas un nombre de jours

L’analyse du RSI est basée sur les divergences : divergence entre la valeur qui atteint de nouveaux extrêmes et le RSI qui ne réussit pas à atteindre de nouveaux extrêmes à son tour. Cette divergence serait le signe d’un retournement latent. Dans son livre, Welles Wilder donne cinq points importants concernant l’utilisation du RSI :

  1. RSI au-dessus de 70% ou en dessous de 30%. le RSI atteint ses sommets ou ses creux avant la valeur elle même.
  2. Le RSI forme des motifs similaires à la valeur (Têtes et épaules…), il se peut que le RSI forme des motifs invisibles sur la valeur elle-même.
  3. Effet de balancier : (Cassure de résistances ou de supports) : Cela arrive quand le RSI casse des sommets ou des creux précédents.
  4. Supports et résistances : Le RSI peut les faire ressortir mieux que la courbe de la valeur elle-même.
  5. Divergence : Comme indiqué plus haut, Le RSI n’atteint pas de nouveaux sommets ou de nouveaux creux alors que la valeur les atteint.

Qu’est-ce qu’une valeur cyclique ?

Entreprise positionnée sur un marché très dépendant de l’activité économique (construction, biens d’équipement, chimie…) qui obtient des résultats très variables d’une année sur l’autre (Ex. : Usinor).

Qu’est-ce qu’une valeur dynamique ?

Valeur à performance élevée à court ou moyen terme, tout en acceptant les risques inhérents aux variations de cours sur des marchés très dynamiques mais fluctuants.

Que signifient les lettres placées à coté des SICAV ?

(C)= SICAV de capitalisation, (D)= SICAV de distribution.

Comment sont cotées les SICAV ?

Une SICAV est composée de plusieurs actions. La valeur est calculée chaque jour, ou quinzaine ou mois en additionnant la valeur de chaque action à sa clôture. Une SICAV composée d’actions françaises affichera demain comme valeur les cours de clôture de ce soir de ses différents composants. De plus, lorsque l’on décide d’acheter ou vendre une SICAV, on ne peut contrairement aux actions donner de limites de cours. L’achat est réalisé au cours du lendemain de la demande.

I – Etat-Providence : Etat de bien être

Au sens strict, l’Etat-Providence est l’intervention de l’Etat dans le domaine social par l’intermédiaire du système de la sécurité sociale (créée en 1945), lequel vise à garantir un revenu aux personnes touchées par certains riques sociaux : vieillesse, maladie, chômage, accidents du travail, maternité…

Au sens large, l’Etat-Providence représente les interventions économiques et sociales de l’Etat. Les allocations sociales sont apparues dès la fin du 19ème siècle en Allemagne avec Bismarck et concernaient les accidents du travail et le capital vieillesse. En 1942 paraît le Rapport Beveridge (Beveridge Report) qui crée l’Etat Providence (Welfare State). Cette forme de l’action sociale de l’Etat est devenue primordiale pour la cohésion sociale. L’Etat-Providence a contribué à l’intégation des individus dans la société pendant les 30 glorieuses (revenus de transfert). L’Etat-Providence distribue des revenus et relie les individus entre eux : création de solidarité.

II – La citoyenneté sociale

Avec le développement de la protection sociale, la solidarité cesse d’être exclusivement une affaire de famille ou de village pour devenir une affaire nationale. Les individus bénéficient des mêmes droits sociaux, d’où la naissance de la citoyenneté sociale, qui complète la citoyenneté politique et la citoyenneté civile. Cela favorise le sentiment d’appartenir à une communauté nationale.

III – La redistribution

Est la fonction essentielle de l’Etat-Providence. La politique de redistribution est une politique économique et sociale qui consiste à prélever des impôts et des cotisations sur les revenus primaires (salaires, loyers, bénéfices) et à en redistribuer une partie sous forme de revenus de transferts. Toute redistribution n’est pas réductrice d’inégalités :

  • la redistribution horizontale cherche à maintenir les ressources des individus atteints par des risques sociaux (ex : frais de maladie remboursés pareil pour toutes les PCS). La redistribution horizontale ne réduit pas les inégalités entre riches et pauvres.
  • la redistribution verticale consiste à transférer les richesses des plus aisés vers les plus pauvres (l’ISF finance le RMI par exemple).

IV – L’Etat-Providence face à la nouvelle pauvreté

A – Le "workfare"

L’Etat-Providence est confronté à une nouvelle question sociale aujourd’hui : la pauvreté issue du chômage de masse. Les libéraux reprochent à l’Etat-Providence d’entretenir une exclusion sociale alors qu’il est censé la combattre. Par exemple, les allocations chômages transforment les chômeurs occasionnels en chômeurs longue durée, donc en exclus du monde du travail (chômeurs de masse) – or l’employabilité diminue avec la durée du chômage. Pour les libéraux, l’Etat-Providence nuit à l’emploi à cause de la hausse des prélèvements obligatoires qui pénalise l’activité économique : l’augmentation des cotisations renchérit le coût du travail, ce qui freine la création d’emplois.

Les libéraux préconisent la réduction des programmes sociaux et la mise sous conditions des aides (travail d’intérêt général [T.I.G.], formations…). C’est ce que l’on appelle le workfare, contraction de work et welfare state. Ce système a pris naissance aux Etats-Unis et la Grande Bretagne l’a ensuite développé. Ce n’est plus l’aide systématique, il faut qu’il y ait des contreparties et des conditions.

B – Les droits sociaux

La France propose l’extension des droits sociaux aux exclus parce que le système libéral est trop inégalitaire (augmentant la pauvreté). La Couverture Maladie Universelle (C.M.U.) généralise ainsi la santé à tous.

V – La crise de l’Etat-Providence

L’Etat a développé ses actions dans tous les secteurs de la société. L’Etat-Providence s’étend et prend beaucoup d’importance mais il est pourtant fortement contesté, menant à à ce que l’on nomme la crise de l’Etat-Providence.

A – Crise financière

Les recettes (cotisations et prélèvements) sont inférieures aux dépenses (prestations et versements) et il existe des facteurs structurels :

  • rapport actifs/inactifs : plus de retraités qu’avant.
  • problème du chômage : pas de cotisations mais des prestations
  • espérance de vie : dépenses maladie, dépendances
  • évolution démographique : le taux de natalité n’augmente plus
  • médicalisation des problèmes sociaux : on utilise plus de médicaments qu’auparavant
  • lois d’Engel : plus le revenu augmente, plus les dépenses d’alimentation baissent et plus les dépenses liées à la santé/culture/loisirs augmentent. Avec la moyennisation de la société, les gens vont plus souvent chez le médecin.

Le coût de l’Etat-Providence est jugé exorbitant, avec des conséquences sur la compétitivité économique d’un pays (baisse de l’emploi, délocalisations -> dumping social).

B – Crise d’efficacité

La gestion est trop bureaucratique : gaspillages, manque de transparence et lourdeur du système. Il existe un usage peu efficace des ressources. Les libéraux considèrent que ce système est inefficace parce qu’il est à l’abri de toute concurrence. Les libéraux sont bien évidemment pour une moindre intervention de la part de l’Etat.

C – Crise de légitimité

L’Etat-Providence a une fonction d’utilité collective et de lutte contre la pauvreté mais il crée des inégalités alors qu’il est censé les réduire. Si l’on prend les différentes professions et catégories professionnelles (PCS), les cadres et professions supérieures sont les privilégiés de la culture et du revenu alors que les ouvriers et employés sont plutôt exclus. Il y a donc une remise en cause de la solidarité collective : on aboutit à l’individualisme, au « chacun pour soi ». L’Etat-Providence est aujourd’hui en état de fragilité. Les centres de soins gratuits ouverts par les associations reçoivent de plus en plus de monde alors que les gens pourraient bénéficier de l’Etat-Providence s’ils étaient plus informés.

Il faut toutefois maintenir la cohésion sociale. En France, l’attachement à la Sécurité Sociale fait partie de l’identité nationale.

VI – Le financement des retraites

Le système des retraites connaît :

  • une crise financière (déséquilibre structurel) : les pensions (retraites) augmentent plus vite que les cotisations. Comment combler ce déficit ?
  • la crise du système : le système par répartition (les actifs de 2000 financent les inactifs de 2000 par exemple) renforce la solidarité entre-générations. Faut-il maintenir le système actuel ? Le supprimer ? Le réformer ? Faut-il associer répartition et capitalisation (fonds de pension) ? C’est un choix de société.

A – L’organisation actuelle

  • salariés du privé, de l’industrie et du commerce [régime général]
  • salariés du secteur public et des antreprises nationalisées [régimes spéciaux]
  • non salariés : professions indépendantes [régime des non-salariés]

B – Les différents régimes

  • le régime de base : géré par la sécurité sociale
    • Cotisations : pourcentage du salaire brut, le salarié paye pour lui et le patron paye pour son salarié. 40 ans de cotisation.
    • Prestations : pension calculée sur les 25 meilleures années (contre 10 auparavant). Retraite à 60 ans.
  • le régime complémentaire : complète le régime de base et est géré par les patrons et les syndicats.
    • ARRCO : salariés non-cadres.
    • AGIRC : salariés cadres

Les cotisations (points) donnent lieu à des prestations (retraite complémentaire).

C – Pourquoi ce système de retraite par répartition a bien fonctionné pendant de nombreuses années ?

  • accroissement de la population active : hausse du taux d’activité des femmes et accroissement de la population avec le baby-boom (1946).
  • période de prospérité économique : pas beaucoup de chômeurs pendant les 30 Glorieuses. Lorsque les salaires augmentent plus vite, les cotisations suivent la même progression puisque calculées sur ces salaires.
  • retraités : carrière incmplète car la retraite date de 1946 (retraite incomplète), le nombre de retraités était moins important et il y avait peu de femmes retraitées.

D – Pourquoi ce système est-il remis en cause ?

Les baby-boomers de 1946 arrivent à la retraite en 2006… et comme il y a moins d’actifs que de retraités, cela crée un déséquilibre. Après le baby-boom vient le temps du baby-crack.

E – Ce qui a été fait

  • la réforme Balladur : allongement de la durée du travail de 37.5 ans à 40 ans, pensions calculées sur les 25 meilleures années au lieu de 10, indexation des retraites sur les prix.
  • la réforme Jospin : fonds de réserve.

VII – Pour ou contre l’Etat-Providence ?

A – Arguments pour le maintien de l’Etat-Providence (Keynes)

Acquis sociaux : aboutissement de la lutte sociale. La protection sociale sert à amortir les effets de la crise (revenus de transferts => hausse de la demande).

Etat-Providence : fonction de prévention des risques (maladie…), fonction d’assistance (R.M.I.), fonction de solidarité et de réduction des inégalités sociales. Les systèmes de retraite par capitalisation créeraient encore plus d’inégalités. Il faut d’abord lutter contre la crise et le chômage.

B – Remise en cause de l’Etat-Providence (Libéraux)

Coût élevé (retraits, maladie, chômage…)
Mentalité d’assistés (pour le chômage surtout) : chômage volontaire, baisse d’incitation au travail.

Les cotisations alourdissent le coût du travail et représentent un frein à l’embauche. Les libéraux sont favorables au système de capitalisation parce que cela ne dépendra plus de l’évolution démographique ("chacun pour soi").

I – Les politiques conjoncturelles

A – Définition

Une politique conjoncturelle est une politique à court-terme, son action est donc limitée dans le temps. C’est l’ensemble des interventions de l’Etat susceptibles de modifier à court-terme l’évolution de l’économie. L’objectif est de maintenir les 4 grands équilibres du carré magique : croissance, stabilité des prix, emploi et équilibre extérieur. Une politique de relance à pour objectifs la croissance et l’emploi. Une politique de rigueur a pour objectifs la stabilité des prix et l’équilibre extérieur.

B – Les différents instruments

  • politique monétaire : taux d’intérêts (pour la relance, baisse des taux – pour la rigueur, hausse des taux)
  • politique budgétaire : dépenses publiques, investissements publics, grands travaux
  • politique fiscale : impôts
  • politique sociale : revenus de transferts
  • politique de revenus : SMIC, indexation des salaires sur les prix

C – Les 2 grands courants de pensée

Les politiques de relance s’inspirent de 2 courants de pensée : les keynésiens et les libéraux.

1 – Les keynésiens

Les keynésiens sont partisans de l’Etat-Providence et prônent une politique de relance par la demande, la demande anticipée des entrepreneurs formant la demande effective (demande de consommation et demande d’investissement). Les buts sont l’amélioration de l’emploi et de la croissance. La relance par un déficit budgétaire fonctionne avec le multiplicateur d’investissement. Ce déficit sera résorbé par les impôts à long terme. L‘intervention de l’Etat est nécessaire lorsque l’économie de marché est défaillante : il faut aider les marchés "myopes" (la myopie des marchés fait référence aux imperfections) comme par exemple les biens collectifs. On parle d’équilibre de sous-emploi. L’Etat intervient pour essayer d’atteindre le plein emploi. La politique monétaire doit jouer un rôle d’accompagnement. Il n’y aura pas de relance si la politique monétaire n’engendre pas une hausse de la demande.

Limites :

  • endettement cumulatif : effet boule de neige
  • inflation
  • dégradation de la balance commerciale (1982 : hausse des importations)
  • fuite des capitaux flottants

2 – Les libéraux

Position des libéraux en général :

  • partisans d’une relance par l’offre
  • Etat-gendarme
  • importance du marché auto-régulateur qui assure l’équilibre
  • partisans de la main invisible
  • baisse de la fiscalité
  • équilibre budgétaire
  • protection sociale allégée
  • politique monétaire stricte

Pour Jean Baptiste Say (1767-1832), l’offre crée sa propre demande : c’est la loi des débouchés. Pour lui, une crise durable est impossible.

[schéma]

Laffer : théoricien de l’offre.

Milton Friedman et les monétaristes :

  • le symptôme majeur de la crise est l’inflation. Il faut mettre en oeuvre une politique de lutte contre l’inflation.
  • une politique d’expansion monétaire keynésienne (crédit facile) favorise le développement de l’inflation. En effet, Friedman constate que la masse monétaire augmente plus vite que l’activité économique. La cause de l’inflation est donc une accroissement anormal de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production.
  • Milton Friedman est donc pour une politique monétaire stricte : théorie quantitative de la monnaie.
  • il remet en cause la courbe de Phillips (keynésien)

[schéma]

Les keynésiens luttent contre le chômage même si l’inflation apparaît. Friedman veut d’abord lutter contre l’inflation : pour lui, l’inflation est gênante car elle remet en cause la possibilité d’un calcul économique rationnel. Il critique donc la politique de relance par la demande parce que les agents économiques ne prennent pas conscience de l’effet inflationniste des mesures keynésiennes. Face à la demande, les entreprises vont produire jusqu’à ce qu’elles réalisent que leurs recettes sont dévalorisées par l’inflation. Les salariés vont connaître une hausse de salaire alors que leur pouvoir d’achat baisse à cause de l’inflation. Les agents économiques comprennent que la hausse de leur rémunération est compensée par celle des prix et vont modifier leur comportement. Pour Friedman, la relance keynésienne est une tromperie des agents économiques. Le but des monétaristes est d’instaurer la confiance en faisant baisser l’inflation : les produits nationaux seront alors plus compétitifs, augmentant le solde de la balance commerciale, entraînant ainsi une hausse de la croissance et de l’emploi. C’est la politique de désinflation compétitive.

D – Les politiques de rigueur

1 – Politique de rigueur libérale

La politique de rigueur libérale a les effets inverse d’une politique de relance : l’objectif est la baisse de l’inflation, les limites sont la récession et le problème de l’emploi.

2 – Les risques de la rigueur généralisée chez les keynésiens

Pour les keynésiens, les politiques de rigueur risquent de déprimer la demande (hausse des taux d’intérêts, baisse des revenus, baisse des dépenses publiques). Les keynésiens vont donner la priorité à la lutte contre le chômage par une politique de relance.

E – Conclusion

Il est difficile de concilier les 4 grands équilibres du carré magique. Il est essentiel aujourd’hui d’adopter des politiques coordonnées au niveau européen. Les années 1990 marque la complémentarité entre la politique de l’offre et la politique de la demande.

II – Les politiques structurelles

A – Définition

Les politiques structurelles ont une action à long terme. Elles modifient en profondeur les structures de l’économie. Elles sont souvent qualifiées par le secteur ou le domaine sur lesquelles elles portent (exemple : politique industrielle).

B – Exemples

  • les nationalisations
  • les privatisations
  • la politique de recherche
  • la politique de l’emploi (baisse du temps de travail)
  • la politique de réglementation de l’environnement

Les années 1980 ont été marquée par l’influence du libéralisme :

  • privatisations
  • flexibilité
  • déréglementation : on veut redonner sa place au marché

III – Les politiques d’emploi : classification

Classification des politiques d’emploi
Politiques d’emploi passivesPolitiques d’emploi actives
Traitement social du chômage
Concernent la population active
Traitement économique du chômage
Concernent les entreprises
But : limiter l’offre de travail ou la demande d’emploiBut : augmenter la demande de travail ou l’offre d’emploi
  • pré-retraites
  • stages de formation
  • contrats emploi solidarité (CES)
  • travail à temps partiel
  • allongement de la durée de la scolarité
  • frein au développement des heures supplémentaires
  • baisse du temps de travail
  • subventions aux entreprises qui ont des difficultés temporaires
  • aides à la création d’entreprise
  • création d’emplois publics
  • assouplissement de la réglementation à l’embauche
  • hausse du niveau des formations pour favoriser l’employabilité
  • meilleure circulation de l’information
  • lutte contre le travail au noir
  • baisses des charges sociales pour les professions libérales

IV – La réduction du temps de travail (RTT)

Ce qui caractérise aujourd’hui le chômage, c’est son caractère structurel. Aussi la réduction du temps de travail (RTT) peut être une solution à ce problème. Comment alors concilier impératif économique et amélioration des conditions de vie ?

A – Définition de la RTT

Il s’agit de partager le travail, c’est-à-dire de répartir la quantité de travail entre un plus grand nombre de personnes afin de :

  • réduire le chômage : volet offensif
  • éviter les licenciements : volet défensif

B – Possibilités de RTT ?

2 grandes formes de RTT existent :

  • la RTT légale : la loi des 35h
  • la négociation avec les partenaires sociaux : syndicats/salariés et employeurs

Ces négociations dépendent de l’activité des entreprises, de leur taille et des salariés. En 1982, la durée du travail est passée de 40h à 39h. En juin 1998, cette dernière est passée à 35h.

C – Pourquoi cet intérêt pour la RTT ?

Ce serait une solution pour résoudre le problème de l’emploi. Ce thème était déjà d’actualité dans les années 1970 où l’on parlait alors de société productiviste : "halte à la croissance". L’objectif était de donner plus de temps libre. Aujourd’hui, le but est de donner du temps à ceux qui n’en n’ont pas. On a donné trop d’importance au traitement social du travail, à la flexibilité qui a entraîné le développement des emplois précaires, au libéralisme qui menace la cohésion sociale. Aujourd’hui, on fait appel à la solidarité : il faut que ceux qui ont du travail le partagent avec les autres. Ce partage du travail concerne toutes les PCS car toutes sont concernées par le chômage.

D – Les conséquences de la loi des 35h

1 – pour les entreprises

Les entreprises doivent reconsidérer le fonctionnement et l’organisation de leurs sociétés. L’aménagement du temps de travail (ATT) est modifié au terme de concertations et de dialogues. C’est l’occasion pour les chefs d’entreprise d’obtenir de leurs salariés une plus grande souplesse. Les entreprises sont plus compétitives. Il faut allonger la durée des équipements : ce sont les gains de productivité qui compenseront la baisse du temps de travail. Le marché des 35h est une aubaine pour les cabinets de conseils, consultants et experts.

Mais…

  • les heures supplémentaires pourront être payées au noir
  • financement de cette réorganisation ? Aides de l’Etat, gains de productivité ?
  • problème des salaires : baisse des salaires et accroissement moins rapide
  • problème des cadres : horaires
  • les 35h, c’est officialiser le déclin car il n’y a qu’un nombre limité d’emplois à répartir. Il faut abandonner tout espoir de croissance. On est incapable de faire croître la quantité de travail.

2 – sur la vie sociale

  • "la société du temps libéré", "vivre à double temps" : un véritable changement de société
  • transformation culturelle : le travail monopolise trop les ressources d’identité. Il faudra créer un monde nouveau où le travail n’aura plus la place centrale.
  • un changement de mentalité : casser les conformismes.
  • hausse du temps libre peut être porteur de projets : participation à la vie collective et politique, bénévolat, développement de nouvelles solidarités.
  • hausse du temps passé en famille : l’essentiel du temps est passé dans la sphère privée, la société se porte mieux.
  • accès à la civilisation des loisirs : plus on a de temps libre et plus on dépense (bricolage, jardinage…)
  • les salariés feront des extras pour compenser.
  • l’entreprise voudra une plus grande flexibilité dans les horaires pour répondre aux attentes des clients.

E – Conclusion

Réduire le temps de travail revient à concilier 3 logiques :

  • la logique sociale
  • la logique de l’entreprise
  • la logique de l’emploi

Chacun peut-il réussir en fonction de ses mérites personnels, ou, au contraire, la fonction de chacun est-elle déterminée à l’avance ? Pitirim Sorokin (1889-1968) est un sociologue américain qui a défini la mobilité sociale comme "le phénomène du déplacement d’individus dans l’espace social". Il est le pionnier de la sociologie de la mobilité sociale.

I – Les termes utilisés

La stratification sociale est la division de la société en groupes sociaux hiérarchisés et présentant chacun une forte homogénéité au regard de certains critères (revenus, modes de vie, valeurs, statut juridique…). Il existe deux conceptions de la stratification sociale. Dans un sens général, elle désigne les différentes façons de classer les individus dans une société en fonction de leurs positions sociales respectives. Ainsi une société divisée en castes, en ordres ou en classes sociales distinctes renvoie à autant de formes distinctes de stratification.

Au sens strict, la stratification sociale cherche simplement à décrire une société divisée en "strates", i. e. en groupes sociaux sans hiérarchie officielle et juridique, dont les membres sont définis et classés à partir d’un ou de plusieurs critères (revenu, lieu de résidence, prestige…). A la différence des classes sociales, il existe une continuité d’une strate à l’autre. En outre, les strates ne sont pas, comme les classes sociales, des groupes sociaux antagonistes.

La mobilité intergénérationnelle désigne le changement de position sociale d’une génération à une autre. On compare la situation du fils par rapport à celle du père. Cette mobilité peut être verticale ascendante quand le mouvement se fait du bas vers le haut (ex : le fils d’un ouvrier devient cadre), verticale descendante quand le mouvement se fait du haut vers le bas (ex : un fils de cadre devient ouvrier) ou horizontale lorsqu’il n’y a ni ascension sociale, ni régression sociale.

La mobilité structurelle ou contrainte est dûe à l’évolution de la structure de la population active. C’est la mobilité imposée par l’évolution de la structure sociale d’une époque à l’autre.

La mobilité totale observée (ou brute) est la somme de la mobilité nette (ou de circulation) et de la mobilité structurelle (contrainte).

La mobilité intragénérationnelle désigne le changement de position sociale d’un individu au cours de sa vie active. Elle peut être verticale ascendante (un ouvrier devient technicien au cours de sa vie active), verticale descendante (un ingénieur, après une période de chômage, retrouve un emploi de technicien) ou horizontale (un ouvrier qualifié devient employé).

La mobilité parfaite ou totale n’existe pas. Si elle existait, les hommes se répartirait, au hasard, aux différents niveaux indépendamment de leur origine : un fils d’ouvrier aurait autant de chances de devenir PDG que le fils du patron d’une société.

II – Les outils d’analyse : les tables de mobilité

A – Qu’est-ce qu’une table de mobilité ?

C’est un tableau à double entrée croisant la position sociale d’un individu à l’âge adulte avec son origine familiale. La CSP des individus (40 à 59) est comparée avec celle de leurs pères pour mesurer l’écart ou la proximité entre le statut social de 2 générations. Ces tables analysent la mobilité intergénérationnelle et sont des instruments utiles pour apprécier la fluidité ou la rigidité de la structure sociale. C’est l’INSEE qui est chargé des enquêtes, basées sur deux tables de mobilité sociale : la table de la destinée sociale et la table de recrutement (ou d’origine).

B – La table de destinée

Cette table part du passé (PCS du père) et se projette dans l’avenir (fonction du fils). La diagonale explique l’hérédité sociale (fils = père). La dernière ligne indique la structure de la population active des fils.

C – La table de recrutement ou d’origine

Cette table part du présent (PCS du fils) pour se projeter dans le passé (PCS du père). La diagonale représente l’autorecrutement. La dernière colonne représente la structure de la population active des pères.

III – Analyse de la mobilité sociale en France

A – Interprétation des marges de la table

Avec la dernière ligne (table de destinée) et la dernière colonne (table de recrutement) on peut faire l’étude de la mobilité structurelle (contrainte). Les transformations de la population active ont favorisé dans une certaine mesure l’ascension sociale.

B – Commentaire des deux tables

Pour toutes les catégories, les pourcentages de la diagonale sont les plus élevés, dûs à l’hérédité sociale et l’autorecrutement. On peut donc parler d’une certaine immobilité mais on est loin de le rigidité absolue. L’absence de mobilité varie selon les PCS. L’immobilité est plus forte pour les PCS extrêmes (ouvriers, cadres et agriculteurs). La mobilité de proximité (passage entre des degrés voisins) est importante et les transferts entre les catégories extrêmes sont limités. La mobilité concerne surtout les classes moyennes. Il existe une mobilité nette mais elle ne concerne que quelques PCS et les trajets courts. La mobilité est surtout dûe à l’évolution de la population active (mobilité structurelle) et à l’absence de rigidité.

IV – Les problèmes posés par cette analyse

A – Remarques générales

  • problème de correspondance entre les positions sociales
  • problème de la profession de la mère, non prise en compte
  • la table ne tient pas compte des étapes intermédiaires
  • la table tient compte de la nomenclature de l’INSEE or les PCS regroupent de nombreuses professions

B – La mobilité féminine

Les études sur la mobilité féminine sont rares à cause de la carrière professionnelle discontinue des femmes et de leur taux d’activité inférieur à celui des hommes. Un développement est possible avec :

  • la hausse du taux d’activité
  • la hausse du nombre de familles mono-parentales
  • la hausse du célibat
  • la hausse du nombre de diplômes
  • la hausse des divorces
  • les carrières de plus en plus continues

La conséquence de l’appartenance féminine sur la mobilité sociale masculine est la concurrence : beaucoup pensent que les femmes vont prendre la place des hommes (!).

V – L’école et la mobilité sociale

Jules Ferry (1832-1893), ministre de l’instruction publique, rend l’enseignement primaire gratuit, laïc et obligatoire. L’école a pour but d’assurer l’égalité des chances selon les élèves : idéal méritocratique qui tend à briser le modèle de reproduction sociale. L’école exerce-t-elle un effet favorable sur la mobilité sociale ? Existe-t-il des limites ?

La démocratisation quantitative est la massification : la scolarité est plus longue pour tous. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante à la démocratie réelle de l’enseignement.
La démocratisation qualitative concerne l’égalité des chances. C’est l’analyse des sociologues : on analyse l’accroissement des effectifs scolaires selon les PCS ainsi que le choix des filières (types de baccalauréat).

A – Une démocratisation quantitative de l’enseignement : la massification

1 – Constatations

Le système scolaire s’est démocratisé sur le plan quantitatif. Tous les enfants, quelle que soit leur PCS, ont davantage accès au bac : en 1971 seuls 21.4% des enfants y avaient accès contre 54.7% en 1994. Les années 1980 ont vu le développement d’une politique d’enseignement secondaire de masse, couplé avec un objectif de 80%.

2 – Explications

Il y a une volonté de la part des parents de voir leurs enfants réussir ainsi qu’une volonté de l’Etat :

  • obligation scolaire jusqu’à 16 ans
  • création de différents bacs
  • zones d’éducation prioritaires (ZEP)
  • bourses
  • livres gratuits jusqu’en 3ème
  • passerelles
  • créations de filières courtes dans l’enseignement supérieur

3 – Le diplôme et la mobilité sociale

Le diplôme joue un rôle déterminant dans l’ascension sociale. L’école accompagne donc l’évolution structurelle comme vecteur de la mobilité nette. L’économie française se modernise et à besoin de plus en plus de main d’oeuvre qualifiée. Les classes moyennes et populaires ont profité de cette démocratisation quantitative.

B – La massification n’a pas accru l’égalité des chances

1 – Méritocratie ?

L’idéal méritocratique repose sur le principe suivant : "à chacun selon ses dons et ses mérites". Ni les relations ni la naissance ne doivent conditionner la réussite sociale. Aujourd’hui, les sociétés modernes sont fondées sur l’idéal méritocratique. C’est l’avis de Tocqueville.

2 – Constatations

Le système scolaire s’est hiérarchisé en de multiples niveaux de valeurs différentes : bac général, bac pro, bac technique, choix de langues vivantes et de langues mortes, filières courtes et filières longues, gratuit et payant, établissement privé ou public, centre et banlieue… Le système scolaire continue à hiérarchiser et à différencier les élèves. Les grandes écoles ne sont quasiment fréquentées que par les classes dominantes. L’enfant d’une classe dominante redouble dans la même série alors que l’enfant d’une classe populaire change de série.

3 – Explications

Le poids de l’origine sociale

La situation qu’atteint un individu dépend largement de sa position sociale d’origine. L’idéal méritocratique n’est pas respecté. Ce qui joue beaucoup dans la réussite scolaire, ce sont les caractères sociaux du milieu familial. Dans les familles aisées, la réussite scolaire est perçue comme un impératif : l’enfant est maintenu le plus longtemps possible à l’école (même au prix de plusieurs redoublements). Dans les familles populaires, c’est vraiment si l’enfant est bon sinon il cherche un emploi.

L’effet de dominance ou la différence dans les trajectoires post-scolaires

L’influence familiale s’arrête-t-elle une fois le diplôme obtenu ? Est-ce que le fils de cadre et le fils d’ouvrier, titulaires d’un même diplôme, sont-ils enfin à égalité sur le marché du travail ? Non : le groupe familial agit en aval de l’école sur le rendement social du diplôme. C’est l’effet de dominance selon les sociologues : l’origine sociale joue comme une force de rappel et continue à faire sentir ses effets. Tout au long de la vie professionnelle, le milieu social d’origine a de l’importance. Les sociologues emploient le terme de qualification sociale ou de savoir-être. Cette qualification sociale s’acquiert ailleurs qu’à l’école.

L’effet de cliquet

C’est un phénomène traduisant une rigidité à la baisse. La transmission de capital exerce un effet de cliquet qui empêche la "démotion" sociale en cas d’échec scolaire.

Le paradoxe d’Anderson ou les effets limités du diplôme sur l’ascension sociale

"L’acquisition d’un diplôme scolaire supérieur à celui de son père n’assure pas au fils une position sociale plus élevée". Le diplôme est comme une monnaie : il connaît aussi une inflation qui entraîne une baisse de la valeur des diplômes. Le lien entre le diplôme et le statut social se relâche. Le paradoxe d’Anderson s’explique par le décalage entre la croissance forte du nombre de diplômes élevés et la croissance faible du nombre de positions sociales correspondant à ces diplômes.

C – L’analyse en terme de reproduction sociale de Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu raisonne en terme de reproduction sociale (tel père, tel fils). Il est holiste comme Emile Durkheim et pense que la société agit sur l’individu. Les pratiques des individus sont socialement déterminées. Bourdieu explique la reproduction sociale par l’héritage culturel (capital culturel). De plus, il faut aussi accorder de l’importance aux capitaux économiques et sociaux : les ressources économiques et les ressources sociales valorisent le diplôme obtenu par l’enfant. L’école favorise la reproduction sociale des classes dominantes. Les diplômés sont des héritiers qui disposent d’un capital culturel : les titres scolaires équivalent à des titres de noblesse.

L’école favorise ce capital culturel. La culture légitimée est celle de la classe dominante. Les enfants de la classe populaire doivent apprendre une autre culture, réaliser un véritable processus d’acculturation. Par le jeu de l’habitus, le système scolaire reproduit ces divisions et ces classements.

D – L’analyse en terme d’inégalité de chance de Raymond Boudon

Raymond Boudon est partisan de l’individualisme méthodologique, tout comme Max Weber. Toute explication d’un phénomène social doit partir du comportement des individus, de leurs choix, de leur motivation, compte tenu des contraintes. Chaque famille détermine ses choix rationnels d’orientation en fonction :

  • des coûts : finances, livres
  • des avantages : revenu correspondant au diplôme, mobilité sociale
  • des risques : réussite aléatoire

Les classes populaires choisissent les filières les moins valorisantes : phénomène d’auto-exclusion. D’après Boudon, l’école n’est pas responsable. A chaque bifurcation, un choix est effectué. Ce sont ces stratégies qui sont génératrices d’inégalités car elles dépendent du milieu social.

E – Conclusion sur les deux auteurs

Pour eux, le système scolaire est incapable d’assurer l’égalité des chances. Ils font des constats proches concernant l’inégalité des chances à l’école mais leur interprétation est différente. Boudon raisonne en termes de stratégie d’acteur rationnel (partisan de l’individualisme méthodologique). Bourdieu met au premier plan la transmission du capital culturel et la fonction de reproduction sociale de l’école (partisan du holisme).

Conclusion

L’école peut être facteur de mobilité sociale : elle y participe mais imparfaitement. D’un côté, elle doit sélectionner et, de l’autre, elle doit assurer l’égalité des chances. Comment faire ? Le système éducatif ne semble pas avoir réussi sa mission initiale : donner à tous les mêmes chances de réussite. L’école traite comme égaux des individus inégaux, différents selon leur origine sociale. On peut aussi remettre en cause l’analyse tocquevillienne sur l’égalisation des chances.

Alexis de Tocqueville (1805-1859) est un sociologue français, auteur de De la démocratie en Amérique, publié en deux tomes (1835 et 1840). Il croît observer à travers les enquêtes faites en Amérique un phénomène inéluctable : l’égalisation des conditions sociales, qui entraîne la naissance d’une "société démocratique". Les inégalités que connaît la France actuellement sont compatibles avec la démocratie tocquevillienne.

I – La démocratie selon Tocqueville

A – Démocratie ?

Le terme "démocratie" est habituellement entendu au sens politique : c’est un état politique caractérisé par l’égalité de droits. C’est le gouvernement du peuple, élu par le peuple pour le peuple : le gouvernement où le peuple exerce sa souveraineté.

B – La démocratie de Tocqueville

Pour Tocqueville, la démocratie est un Etat social et non une simple forme de gouvernement. La démocratie marque l’égalisation des conditions mais cela ne signifie pas l’égalisation des situations économiques et sociales : il y a des riches et des pauvres. Les peuples démocratiques ont une passion pour l’égalité : ils se pensent et se sentent égaux et semblables. Tocqueville distingue 3 formes d’égalité :

  • l’égalité devant la loi : pas de privilèges
  • l’égalité des chances : méritocratie
  • l’égalité de considération : tous les honneurs sont accessibles à tous

Ce sentiment d’égalité pénètre la société toute entière. Il transforme profondément les relations humaines. Cette passion pour l’égalité amène le changement social. Le passage à la démocratie sera lent et inéluctable. L’égalisation des conditions entraîne le rapprochement des niveaux de vie, donc une montée en puissance des classes moyennes. C’est une société qui connaît une grande fluidité sociale car les inégalités ne viennent pas de l’origine sociale.

C – Le meilleur exemple de démocratie selon Tocqueville

Tocqueville pense que les USA sont l’image de l’avenir promis aux autres pays car il n’y a pas d’aristocratie : " les Américains sont nés égaux avant de le devenir". En France, la transition entre l’Ancien Régime et la démocratie fut beaucoup plus lent et difficile.

D – Les dangers de la démocratie selon Tocqueville

L’individualisme

  • à ne pas confondre avec l’égoïsme
  • chaque citoyen se replie sur lui-même, sur sa famille, ses amis, sa propre sphère d’activité. Chacun s’intéresse à avoir une situation proche de celle de ses voisins. Personne ne s’intéresse à la vie politique
  • individualisme = abstentionnisme

Le despotisme

  • le pouvoir est concentré entre quelques mains
  • l’Etat s’occupe de tout
  • les individus deviennent dépendants de l’Etat
  • la tyrannie de la majorité : refus de vouloir se différencier des autres. La tyrannie peut être morale, intellectuelle ou d’opinion publique : personne ne souhaite différer des idées officielles.

Conclusion

En cherchant prioritairement l’égalité, les citoyens risquent de perdre leur liberté.

E – Pourquoi la démocratie n’a-t-elle pas tourné au despotisme aux USA ?

A cause de :

  • la pratique du fédéralisme : partage du pouvoirs entre les Etats
  • les associations : défense des intérêts et contre-pouvoirs
  • la liberté de la presse
  • les moeurs (valeurs, normes) : goût pour la liberté…

II – Les inégalités et les politiques de lutte contre les inégalités

A – Les inégalités existent

Les inégalité de revenus :

  • ≠ selon les PCS
  • professions indépendantes ≠ salariés
  • ≠ entre les salariés : SMIC
  • hommes ≠ femmes
  • entre les générations : jeunes ≠ retraités

Les inégalités de patrimoine :

  • actifs financiers : actions, obligations
  • actifs non-financiers : immobilier
  • 10% des ménages français détiennent 50% des patrimoines
  • le patrimoine des professions libérales, artisans et commerçants est 6 fois plus important que celui des ouvriers

Les inégalités face à la mort (espérance de vie) :

  • ≠ PCS
  • hommes ≠ femmes
  • conditions de travail
  • parallèle avec le corps (ouvrier ≠ cadres)
  • la culture comme produit biologique lié à l’argent

Les inégalités face à la culture et aux loisirs :

  • les PCS les plus favorisées ont accès aux services culturels
  • accès à la médiathèque, musées, théâtre
  • Pierre Bourdieu et la reproduction sociale

1 – Quel est le profil sociologique et politique des actifs en politique ?

  • hommes
  • jeunes retraités (62-75)
  • ceux qui ont un diplôme de l’enseignement supérieur
  • profession intellectuelle supérieure
  • revenus élevés
  • famille mariée
  • père de famille
  • participe à la vie associative ou à un syndicat
  • intérêt pour la politique

2 – Les deux types d’explication

  • l’intégration (A. Lancelot) : dans la société globale, les jeunes, vieillards, pauvres, minorités, non diplômés s’abstiennent et ne sont pas intégrés. Dans un groupe intermédiaire, il y a participation sociale : les syndiqués et membres religieux votent.
  • la domination (P. Bourdieu) : ce sont les classes dominantes qui participent le plus aux élections donc elles voient leur poids électoral augmenter.

3 – Le "cens caché" de Daniel Gaxie

Le cens est un impôt qu’il fallait payer au 18ème siècle afin de pouvoir être électeur. Les inégalités face aux élections fonctionnent aujourd’hui comme un cens caché et aboutissent au même résultat : les dominés sont écartés.

B – Les politiques de lutte contre les inégalités

  • politique de protection sociale (Etat-Providence)
  • politique de lutte contre l’exclusion
  • politique de lutte contre le chômage
  • politique de lutte contre les inégalités à l’école
  • politique des revenus : le SMIC (Le SMIC est apparu en Angleterre le 1er avril 1999)
  • politique fiscale : IRPP progressif, droits de succession, ISF

Les politiques de réduction des inégalités visent non seulement les inégalités de situation mais aussi les inégalités de chance.

C – Des points de vue différents selon les inégalités

1 – La politique des libéraux

Pour les libéraux, l’économie de marché est le système le plus efficace, malgré les inégalités présentes aux USA et au Royaume Uni. Dans un univers méritocratique, il faut rémunérer plus ceux qui produisent plus, qui s’investissent plus, qui prennent des risques : ceux qui font gagner de l’argent à l’entreprise. Ces inégalités salariales permettent de ne pas gaspiller les compétences des salariés est sont donc facteur de productivité. Le salarié va faire des efforts et se montrer productif grâce à l’émulation.

Milton Friedman conclut à l’inefficacité de la redistribution (revenus de transferts). Tous ne doivent pas en profiter.

Pour Frederick von Hayek, les inégalités sont nécessaires pour assurer la dynamique de l’économie. Il faut récompenser les meilleurs, ce qui entraîne la présence d’inégalités. Les revenus de distribution découragent le travail.

La théorie de Laffer : "trop d’impôts tuent l’impôt".

2 – La thèse de Rawls

John Rawls a écrit Théorie de la justice en 1971. Selon lui, les inégalités peuvent être acceptables tant qu’elles suscitent un surcroît de richesses et qu’elles améliorent le sort des plus démunis : "l’enrichissement des plus riches permet de maintenir le pouvoir d’achat des plus pauvres". Il distingue donc les inégalités positives (justes car tout le monde en profite) des inégalités négatives (injustes car elles réduisent les revenus des moins performants et excluent certaines catégories sociales).

"Si le marché doit aboutir à l’exclusion, la société devra payer un jour". Rawls veut combiner justice sociale, liberté de l’individu et efficacité : l’Etat doit aider les plus démunis. Il rejette le libéralisme sauvage aussi bien que le socialisme autoritaire.

3 – La thèse de Bourdieu

Pierre Bourdieu raisonne en terme de reproduction sociale. Il insiste sur le caractère auto-entretenu et cumulatif des inégalités qui entraînent la reproduction sociale. Ces inégalités sont dûes aux 3 formes de capital :

  • capital économique : fond de commerce, argent…
  • capital social : relations
  • capital culturel : instruction

4 – Le point de vue de Touraine

Alain Touraine parle de sociétés égalitaires et dénonce les dangers de fracture sociale. Les sociétés post-industrielles ne sont plus verticales (hiérarchisées selon les classes sociales) mais horizontales (hiérarchisées in/out, intégrés/exclus).

5 – Le point de vue des keynésiens

Les keynésiens sont favorables à l’Etat-Providence et à la réduction des inégalités. La hausse des revenus de transferts et les aides aux plus démunis entraînent la relance par la demande et le renforcement de la cohésion sociale.

Pour conclure, on s’aperçoit qu’il est difficile de concilier la récompense de l’effort individuel et de l’initiative dans une société marchande et stimulant l’économie avec le désir d’égalité.

D – Les inégalités sont-elles compatibles avec la démocratie tocquevillienne ?

Compatibles

L’égalité de revenu est respectée si elle est acquise par le talent et non la reproduction sociale. Sont également compatibles l’égalité de patrimoine acquise par le travail est les inégalités positives.

Incompatibles

  • les inégalités face à l’école
  • les inégalités face à la mort
  • les inégalités face à la culture
  • les inégalités face à la justice
  • les inégalités cumulatives
  • les inégalités négatives

Conclusion

Si l’égalité devant la loi, l’égalité des chances et de considération sont respectées, les inégalités ne sont pas compatibles avec la démocratie. Mais lorsque ces inégalités semblent se reproduire d’une génération à l’autre et devenir une source d’exclusion (exclusion de l’école, quartiers de délinquants) alors la démocratie tocquevillienne est en péril.

Durkheim a donné une image harmonieuse de l’organisation sociale. Ce qu’il privilégie, c’est la stabilité qu’entraîne la solidarité. La source des conflits vient de la nature des liens sociaux. Le conflit est le résultat d’un manque : l’anomie. Marx, Dahrendorf et Touraine insistent sur le rôle du conflit en tant que moteur du changement social. Le point de départ de cette analyse est bien sûr l’analyse marxiste. On peut alors se demander si l’analyse marxiste du conflit est toujours d’actualité.

I – La notion de conflit

A – Qu’est-ce qu’un conflit ?

Le conflit général met en présence 2 acteurs (individus ou groupes) aux intérêts divergents. Le conflit social a des enjeux politiques, économiques et sociaux.

Le conflit du travail reprend ces 3 enjeux, cependant les acteurs appartiennent à la même unité de production. Il a un caractère légal : c’est la défense collective des intérêts individuels. L’enjeu du conflit peut être interne à l’entreprise ou se répercuter au niveau de la collectivité (réaction en chaîne comme en mai 1968).

La forme la plus fréquente du conflit est la grève, qui a un caractère légal. C’est le meilleur moyen de pression. La manifestation sur la place publique est le moyen traditionnel de prolonger le conflit ( car très médiatisée). Les conflits de classes (cf. Marx et la lutte des classe) sont différents des conflits sociaux qui sont des oppositions entre groupes sociaux.

B – Le conflit peut être facteur de changement social

Le changement social est la transformation durable de l’ensemble ou d’une partie du système social dans son organisation, dans sa structure et dans ses modèles culturels. Le changement social est caractérisé par les transformations sociales importantes de la société (les congés payés en 1936 par exemple).Le conflit est créateur : il pousse les acteurs à inventer de nouvelles formes sociales. Le conflit social a une action dynamique sur l’organisation sociale qui l’oblige à évoluer. Le conflit a une fonction d’intégration des acteurs sociaux car il se déroule au nom d’objectifs communs. Selon Simmer (1858-1918), le conflit remplit 2 fonctions :

  • il révèle les antagonismes sociaux
  • il permet de reconstruire l’unité de la société en suscitant des transformations

Selon Marx, le changement social passe par la lutte des classes, qui est le moteur de l’histoire. Chaque société est supposée connaître une succession d’étapes, chacune se caractérisant par un mode de production spécifique mais qui dans tous les cas de figure est à l’origine d’une césure entre dominants et dominés. Cette opposition conduit à la lutte, le système éclate lorsqu’elle devient exacerbée. Dans le cadre des sociétés capitalistes, la lutte découle de la confrontation entre la bourgeoisie seule détentrice des moyens de production et le prolétariat, détenteur de sa seule force de travail.

Depuis le 19ème siècle, les conflits de travail ont beaucoup marqué le changement social. Les conflits ont permis des progrès significatifs dans l’amélioration des conditions de vie, de travail, de la durée du travail, des droits sociaux. Les conflits de travail sont profondément liés au mouvement ouvrier et à sa représentation au sein des syndicats. Temps forts du changement social :

  • 1936 : congés payés
  • 1945 : comité d’entreprise et sécurité sociale
  • 1950 : SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti). Il devient le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) en 1970
  • 1968 : section syndicale dans les entreprises et 4ème semaine de congés payés
  • 1982 : lois Auroux

Toutes ces avancées sociales ont été obtenues à partir de conflits massifs et généralisés : les conflits de travail ont donc profondément marqué le changement social.

C – Les conflits de travail existent toujours mais ils sont moins nombreux

On assiste à une baisse de ces conflits à la fin des années 1970. Cette époque marque un tournant avec la baisse du taux de syndicalisation. Les conflits de travail ont laissé la place à d’autres formes de conflits sociaux, les nouveaux mouvements sociaux, qui ont aussi un rôle à jouer dans le changement social. Ces conflits dépassent le cadre du travail et mettent en jeu des acteurs sociaux éloignés du mouvement ouvrier traditionnel : ils dépassent le clivage traditionnel salariés/employeurs et syndicats/patronat.

Chez Alain Touraine, les nouveaux mouvements sociaux sont de nouvelles formes de conflits sociaux (mouvements féministes, écologistes, régionalistes…) apparus en réponse aux modifications économiques et sociales et au renforcement du pouvoir des technocrates caractérisant la société post-industrielle.

II – L’analyse marxiste du conflit

Le sociologue allemand Karl Marx (1818-1883) est l’auteur du Manifeste du Parti Communiste (1848) et Le Capital (1867). L’objet central de l’analyse de Marx est la critique du système capitaliste. Toute l’histoire des sociétés est structurée autour d’un conflit binaire : on parle alors de bipolarisation de la société. C’est la lutte des classes qui fait avancer la société par le changement social. La lutte des classes est le moteur de l’Histoire et du changement social. Selon Marx, les classes sociales ont 3 caractéristiques.

1 – La place dans les rapports de production

La bourgeoisie est propriétaire des moyens de production alors que le prolétariat ne possède que sa force de travail. Cette force de travail, les prolétaires sont obligés de la vendre contre un salaire sous-rémunéré, ce qui permet à la bourgeoisie de réaliser un plus-value. Une plus-value est une augmentation de valeur, dans le cadre de l’analyse marxiste, c’est la différence entre la valeur crée par la force de travail et la rémunération de cette force de travail, le salaire, qui ne correspond qu’au coût de la reproduction de la force de travail.

2 – La conscience de classe

Les membres de la classe prennent conscience de leur unité et de leur séparation avec les autres classes. Marx ne sépare pas la notion de classe de celle de lutte de classe : la bourgeoisie exploite le prolétariat, ce sont donc deux classes antagonistes.

3 – La lutte pour le pouvoir

Les prolétaires vont s’organiser et lutter de façon à se réapproprier les moyens de production. La lutte mène donc à la dictature du prolétariat. Cette dictature ne représente qu’une transition vers l’abolition des classes, vers une société sans classes.

Conclusion

Les conflits de classes, selon Marx, peuvent être moteurs du changement social (rôle primordial des syndicats et du parti communiste dans la lutte des classes). Les classes sociales sont des regroupements d’individus ayant des conditions matérielles d’existence identiques (revenu, habitat…) et qui, de ce fait, partagent des intérêts communs qui les opposent aux autres groupes sociaux. Autrement dit, la classe sociale se définit de façon conflictuelle. Pour Marx, une classe sociale n’est réelle qu’à partir du moment où il y a conscience de classe ; aussi convient-il de distinguer la classe en soi qui n’est que le regroupement d’individus partageant des conditions de vie objectives identiques, de la classe pour soi qui correspond au regroupement d’individus qui ont pris conscience de la similitude de leurs intérêts et qui entreprennent une lutte commune.

III – Les analyses du conflit selon Dahrendorf et Touraine

Dahrendorf et Touraine placent le conflit au centre du changement social. Ces deux sociologues ne considèrent pas que l’origine du conflit soit essentiellement la recherche de la détention des moyens de production.

A – L’analyse de Dahrendorf : la lutte pour le contrôle de l’autorité

Ralf Dahrendorf est un sociologue allemand, auteur de Classes et conflits de classes dans la société industrielle (1957). C’est un théoricien du courant d’analyse des conflits d’intérêts. Dahrendorf est dans la lignée de Marx. Tout en critiquant l’analyse marxiste, il est d’accord sur plusieurs points :

  • la structuration en classes
  • l’existence d’un rapport dominants/dominés
  • le rôle du conflit comme moteur du changement social

Le conflit est dû à la distribution inégale de l’autorité. Certains exercent une autorité et d’autres y sont soumis : une division s’opère en tre les dominants (détenteurs de l’autorité) et les dominés (soumis à l’exercice de cette autorité). Il existe un pluralisme de conflits : l’autorité peut s’exercer dans plusieurs domaines (autorité politique, professionnelle, syndicale, religieuse…). Il n’existe pas seulement 2 classes aux frontières bien établies. Les classes se structurent selon les intérêts à défendre. Ces regroupements sont multiples et évoluent.

Dahrendorf établit une différence entre :

  • les intérêts latents : mal explicités, au degré de conscience collective faible : incapables de lutter de manière organisée : conflits d’intérêts non-organisés (conflits latents)
  • les intérêts manifestes : explicités, au degré de conscience collective important : lutte organisée, conflits d’intérêts organisés (conflits ouverts)

B – L’analyse de Touraine : la lutte pour le contrôle de l’historicité

Alain Touraine (1925 – ….) est un sociologue français, auteur de La conscience ouvrière (1966) et La société post-industrielle (1969). Comme pour Marx, il existe aussi une opposition entre dominants et dominés. La domination résulte de la capacité qu’a un groupe à maîtriser les grands choix de la société, les grandes orientations (35 heures) qui modèleront le devenir de la société. Les dominants définissent l’orientation et l’image de la société et imposent leur modèle culturel. Ils possèdent le savoir, l’information et ces différentes actions entraînent le changement social. Touraine dit que dans les sociétés post-industrielles, les décisions sont prises par les l’appareil économique et politique.

Société industrielleSociété post-industrielle
– l’ordre économique est dominant – l’ordre économique n’est plus l’ordre dominant
– le combat se structure autour du monde ouvrier– le monde ouvrier n’est plus au coeur du conflit
– les conflits sont concentrés dans l’entreprise– les conflits se diffusent dans la société toute entière
– travail ≠ capital– appareil de décision économique et politique ≠ ceux qui en dépendent (usagers)
– forme classique du conflit– la forme classique du conflit est bousculée
– acteurs sociaux : salariés, employeurs, syndicats– acteurs sociaux : femmes, minorités, jeunes…
– champ concerné : le travail– champ concerné : valeurs, ville, culture…
Moteur du changement social
Moteur du changement social

Conclusion

Ces mouvements ne se revendiquent plus d’une identité de classe. Ils sont souvent l’émanation de classes moyennes salariées qui ont un certain niveau culturel. Leur force de pression est souvent importante lorsqu’elle est relayée par les média. En dehors des élections, les citoyens peuvent donc se faire entendre par ces groupes de pression.

IV – La réalité des classes sociales : peut-on parler de la "fin des classes ouvrières" ?

A – Le passé historique

Les ouvriers constituaient une image homogène : conditions de travail identiques (travail d’exécution directement sur la matière) et conditions de vie semblables (quartiers ouvriers, uniformisation de leur consommation). Ce monde était clos sur lui-même et prônait l’hérédité sociale : fierté d’être ouvrier et endogamie. Les ouvriers sont porteurs et symboles du changement politique et social car ils créent de la solidarité. Ils sont associés au syndicalisme (lutte collective) et votent majoritairement à gauche. Ils avaient donc une identité et un projet fort.

B – Un monde en évolution : l’éclatement de la classe ouvrière

Au niveau des conditions de travail, il y a de plus en plus d’ouvriers spécialisés (OP) et un développement des fonctions de contrôle. Il existe un clivage entre OS et OP. Il n’y a plus de mode de vie spécifique aux ouvriers bien que leur taux d’équipement soit moins important que celui des autres classes sociales. Ils vivent dans des quartiers socialement composites et ont accès à la propriété immobilière et aux voitures (éloignement du lieu de travail). Les conditions de vie diffèrent cependant selon les ouvriers. Au niveau de la psychologie sociale, on assiste à une baisse de la fécondité et à une baisse de l’endogamie. Le destin n’est plus tracé à l’avance, il existe désormais une mobilité sociale ascendante et un changement du rôle socialisateur de l’école et de la famille. Mais, il reste un clivage entre ceux qui s’en sortent ("aristocratie ouvrière") et les autres ainsi qu’un dualisme : le recul de l’identité ouvrière et la baisse de la culture ouvrière. La baisse du taux de syndicalisation et la crise du militantisme marquent la fin des projets communs et de la solidarité.

Le monde ouvrier semble se scinder en deux : un groupe plus âgé (tradition ouvrière) et un groupe plus jeune (plus promotionnel, plus individualiste, imprégné de la logique de rentabilité). Les freins à la solidarité sont :

  • l’âge
  • la qualification
  • le statut de l’emploi (CDD/CDI)
  • la nationalité

V – La remise en cause de l’analyse marxiste ?

A – Les raisons

  • déclin quantitatif du nombre de conflits
  • acteurs, formes, enjeux… sont-ils toujours les mêmes ?
  • importance des nouveaux mouvements sociaux (NMS)
  • recul général de l’action collective
  • baisse du taux de syndicalisation
  • hausse de l’individualisme
  • passage de la société industrielle à post-industrielle
  • la moyennisation de la société
  • la baisse des conflits de classe

B – La classe moyenne

Subit de plus en plus la taylorisation. Certains parlent même de moyennisation mais aussi de prolétarisation de la classe moyenne. Il y a une remise en cause des privilèges de la classe moyenne qui revendiquent comme les ouvriers auparavant.

Conclusion

Les conflits de travail existent toujours. Avec les eurogrèves, les euroconflits et les euromanifestations, c’est l’Europe sociale qui se construit.

La cohésion sociale est-elle menacée ? La remise en cause de la légitimité de certaines institutions entraînent une baisse de la conscience collective, une moindre adhésion à des valeurs communes (exemples : famille, Eglise, syndicats). Le lien social se construit à partir de groupes dans lesquels les individus évoluent et effectuent leur apprentissage (socialisation).

I – La famille

A – Constatations : la famille se transforme

Ce sont les formes traditionnelles de la famille qui sont remises en cause aujourd’hui. Des formes nouvelles apparaissent : la famille n’est plus un modèle unique. Facteurs de cette évolution :

  • baisse de la fécondité
  • hausse du taux de divorce (39%)
  • nombre de mariages
  • hausse du nombre de familles mono-parentales
  • hausse du nombre de familles recomposées
  • développement de l’union libre
  • hausse du célibat
  • hausse du nombre de couples homosexuels (avec ou sans enfants)
  • hausse des naissances hors-mariage (40%)

On peut aujourd’hui parler d’éclatement du modèle unique de la famille même si la famille nucléaire reste encore le modèle le plus répandu.

B – Les causes de cette évolution

  • hausse du taux d’activité des femmes : 80% des femmes entre 25 et 49 ans travaillent.
  • importance du statut professionnel, du choix de la carrière (conséquences sur le divorce et l’indice de fécondité), hausse de la durée des études.
  • émancipation des femmes et évolutions des mentalités. Les rôles masculins et féminins évoluent et se rapprochent. L’homme n’est plus le seul à assurer le financement de la famille.
  • urbanisation : anonymat plus important. La famille se transforme beaucoup plus : moindre importance du contrôle social informel.
  • individualisme
  • hédonisme
  • baisse de l’influence de la religion
  • planification des naissances
  • hausse de l’espérance de vie
  • âge du mariage plus tardif
  • développement du chômage et de la précarité
  • PACS

C – La famille reste toujours un important agent de socialisation et demeure une source de solidarité

La famille transmet des valeurs et des normes, produit un lien social et assure la cohésion sociale. Elle reste toujours présente dans la vie quotidienne même si elle connaît des changements et des formes multiples. Il existe toujours une solidarité familiale inter-générationnelle : aide en nature ou matérielle, support moral. La génération intermédiaire – les parents – est très sollicitée : importance du cocooning : plus de 50% des 20-24 ans vivent chez leurs parents. La famille permet l’identification de chacun grâce à ses références familiales.

La solidarité augmente avec le chômage : la famille joue un rôle actif face à l’exclusion, c’est un refuge. Le lien familial peut être essentiel pour empêcher l’exclusion :malgré son éclatement, la famille retrouve ses vertus protectrices. Elle agit là où la protection sociale se révèle insuffisante. La famille est un facteur d’intégration sociale : elle protège contre les risques de chômage et d’exclusion.

Conclusion

Plutôt que de parler de crise de l’institution familiale, il faudrait parler de mutations de la famille. Il existe un risque d’anomie temporaire : on peut parler de perte d’influence de la famille traditionnelle mais cela ne veut pas dire une rupture des liens entre les membres de la famille. On peut parler de l’épanouissement des familles recomposées. Aujourd’hui, les liens sont moins imposés – les rapports entre les individus sont marqués par le choix – et augmentent la liberté des individus. La fonction d’intégration sociale de la famille n’est pas remise en cause même si ce rôle d’intégration est différent et que son fonctionnement n’est plus le même. L’attachement des individus à l’institution familiale reste intact malgré un environnement social instable.

II – La religion

A – Quel était son rôle ?

La religion (cf. latin religare : relier) peut relier les individus entre eux et contribuer à la cohésion sociale : elle crée des liens sociaux. Les mêmes normes et valeurs orientent le comportement des individus (soumission). Les croyances religieuses constituent un élément de la conscience collective : solidarité mécanique. La religion était au coeur de la vie collective et des existences individuelles. Tout événement local avait une dimension religieuse (ex : les pardons en Bretagne). Le curé était une personnalité majeure.

B – Evolution et constatations

Le taux de pratique religieuse dépend de l’âge. Un français sur quatre affirme ne pas avoir d’appartenance religieuse. On assiste à une baisse des vocations et à une remise en cause des conduites prônées par le Pape.

C – La fonction de la religion aujourd’hui

Même si le taux de pratique religieuse a baissé, la religion demeure un point d’attache historique et un héritage familial à transmettre : les identités mémoires. La religion est une référence identitaire dûe à une culture religieuse. Les 4 rites (ou 4 saisons de la vie) sont toujours importants : le baptême, la communion, le mariage, les obsèques. Ces rites marquent symboliquement les événements clés et tissent des liens entre les générations.

On assiste aujourd’hui à la montée de croyances parallèles (voyance, astrologie, transmission de pensée…). Le catholicisme n’est plus globalisant mais en pièces détachées : on prend désormais ce qui nous convient. La religion n’est plus apte à prescrire des normes de conduite : les individus s’autonomisent.

III – Le travail et l’intégration sociale

Le travail est source de richesses pour Adam Smith. Le lien social est essentiellement marchand. Pour Marx, le travail est source d’aliénation. Pour Durkheim, le travail est le déterminant du lien social à cause de leur complémentarité. Pour Weber, le travail est un moyen pour devenir un élu de Dieu.

A – La place du travail

Le capitalisme s’est accompagné d’une organisation de la société autour de la notion de travail. Notre société valorise le travail. C’est un moyen d’avoir le sentiment d’une utilité sociale (objectifs collectifs). Le travail est un moyen de se positionner socialement : il est vecteur d’identité et de statut social. C’est un moyen de posséder un revenu qui permettra d’assurer et de conserver son indépendance. Le travail permet aussi de consommer et assure un réseau de sociabilité (collègues, amis…).

Par contre, l’absence de travail est dévalorisée socialement parce que l’absence de revenus condamne l’individu à être dépendant de la redistribution collective, ce qui induit une perte de liberté individuelle (position d’assisté) et du contrôle social. Le chômeur est stigmatisé.

B – L’entreprise sélective

Les entreprises sont de plus en plus sélectives : elles recherchent l’excellence et embauchent à un niveau plus élevé que par le passé. On devient vieux professionnellement de plus en plus tôt. La conséquence est le processus d’exclusion des non-qualifiés et des chômeurs de longue durée (pertes des repères professionnels et sociaux) : ils deviennent de moins en moins employables et de plus en plus exclus.

C – Le travail intègre ceux qui sont déjà intégrés : les effets de la tertiarisation

Le travail devient de plus en plus immatériel et relationnel. Les compétences sont de plus en plus sociales. La qualification sociale est aussi très importante aujourd’hui : le savoir-être importe plus que le savoir-faire. Cette compétence dépend de ce qui est vécu en dehors du travail : l’expérience familiale, la qualité de vie relationnelle, les associations, les activités culturelles et politiques.

[cf. Pierre Bourdieu : l’habitus et les 3 formes de capital.]

D – Les risques de fragilité

Constatations

  • les actifs occupés peuvent présenter des signes de fragilité car le travail est de moins en moins à même de conférer un statut durable.
  • le travail perd de son efficacité en temps que facteur d’intégration sociale

Causes

  • flexibilité du travail : emplois précaires : pas d’intégration
  • mutations
  • perte de confiance
  • concurrence
  • peur du licenciement
  • individualisme

Conséquences

Tout cela détruit le collectif du travailleur et les préoccupations individuelles prédominent au détriment des intérêts communs. L’individualisme a gagné la sphère professionnelle.

Conclusion : il devient utopique aujourd’hui d’envisager une réelle solidarité.

E – Le travail est-il le seul facteur d’intégration ?

Toute forme d’intégration sociale ne passe pas forcément par le travail. Beaucoup d’associations donnent aux individus la possibilité de s’intégrer, d’occuper une place sociale valorisée (associations d’étudiants, chômeurs, 3ème âge…).

Conclusion

La travail facilite certainement l’intégration sociale mais il génère de moins en moins de cohésion sociale à cause des mutations de l’appareil productif. Il existe aussi aujourd’hui un moindre sentiment de partager des intérêts communs. Le temps de travail baisse, les individus développent donc des activités en dehors de leur travail mais rien n’indique que l’on sorte de cette civilisation du travail. On peut donc parler de crise d’intégration par le travail.

IV – Le syndikrack ou la baisse du taux de syndicalisation

Pour Durkheim, l’Etat ne peut seul assurer la cohésion sociale : il doit donc être relayé par des groupes intermédiaires facteurs de liens sociaux (syndicats). Selon Marx, les syndicats vont permettre la mobilisation de la classe laborieuse. Les syndicats participent à la conscience de classe et sont facteurs de changements sociaux.

A – Origine des syndicats

C’est la loi du 21 mars 1884, la loi Waldeck-Rousseau, qui autorise la liberté syndicale. En décembre 1968, la liberté syndicale est reconnue dans l’entreprise. Dans chaque entreprise, tout syndic représentatif peut constituer une section syndicale. Les lois Auroux de 1982 ont favorisé l’extension de l’expression syndicale dans les entreprises (obligation de négociation dans les entreprises ayant une section syndicale).

B – Définition et fonction

Les syndicats sont des regroupements d’individus qui permettent la défense des intérêts professionnels, moraux et matériels, collectifs comme individuels. Les syndicats sont les médiateurs entre les salariés et les employeurs et sont indispensables à la gestion d’une démocratie socioprofessionnelle. Le syndicat à une fonction de revendication, de défense, d’information, de négociation, de représentation et de contre-pouvoir.

C – La représentativité des syndicats

Elle s’apprécie de différente façons selon :

  • le nombre d’adhérents
  • l’implantation dans les entreprises : élections dans le comité d’entreprise
  • les élections aux conseils de prud’hommes

Cependant, on constate aujourd’hui une érosion syndicale :

  • baisse du nombre d’adhérents : crise d’adhésion
  • baisse de la participation électorale (CE + prud’hommes)
  • augmentation des élus de listes non-syndiquées
  • baisse de l’influence des syndicats contestataires (CGT)
  • importance des coordinations

D – Les causes conjoncturelles et structurelles de la baisse du taux de syndicalisation

Les facteurs conjoncturels

  • avec la crise l’action collective est beaucoup plus incertaine (baisse de l’efficacité des syndicats)
  • crainte d’être licencié
  • augmentation du nombre d’emplois précaires
  • les bastions industriels ne sont plus des zones de recrutement
  • cotisations trop chères
  • "le passager clandestin", la théorie de l’américain Mancur Olson (1932-1998) : une action collective est toujours plus rentable pour ceux qui ne s’engagent pas mais qui en profitent quand même. L’individu rationnel n’a aucun intérêt à s’acquitter de sa cotisation, ni à passer son temps pour l’action puisqu’en temps que travailleur, il bénéficiera quand même de l’action de ceux qui se mobiliseront.

Les facteurs structurels

L’évolution de la structure de la population active modifie la clientèle traditionnelle :

  • le nombre d’ouvriers baisse, ce qui accentue le clivage entre ouvriers spécialisés (OS) et ouvriers polyvalents (OP)
  • expansion du tertiaire : importance des cols blanc (moins syndiqués que les cols bleus)
  • plus de cadres et de professions intermédiaires
  • plus de femmes, moins syndiquées que les hommes
  • le niveau culturel de la population augmente
  • les contrats emploi solidarité (CES) sont différents des contrats à durée indéterminée (CDI) : les revendications sont donc différentes

Les autres formes d’expression dans l’entreprise :

  • les cercles de qualités font baisser le taux de syndicalisation
  • institutionnalisation du droit d’expression avec les lois Auroux de 1982

Le changement de valeurs :

  • montée de l’individualisme a supprimé les vastes mouvements unitaires mais a amplifié la recherche d’une revendication identitaire. Or les syndicats continuent de valoriser le groupe.
  • la conscience de classe s’effrite (ex : la classe ouvrière)

E – L’utilité des syndicats

Les syndicats représentent la principale institution du monde du travail dans les pays industrialisés (PI). Ils agissent sur les salaires, l’organisation du travail, les conditions de travail… Le syndicalisme a mené beaucoup de combats et remporté beaucoup de victoire (la durée du travail par exemple). Les syndicats ont une influence bénéfique dans les négociations collectives (ex : les 35 heures). Ce sont des acteurs indispensables dans la prévention et la régulation des conflits : ils participent toujours à la socialisation des individus car ils produisent un lien social avec leurs membres. Malgré le déclin historique du taux de syndicalisation, il existe toujours des grands mouvements sociaux.

F – Une adaptation à la société est nécessaire

Le syndicalisme connaît une crise d’adhésion, une crise d’identité et une crise de représentativité. Les syndicats ne doivent plus se cantonner aux revendications collectives. Aujourd’hui, il faut tenir compte des préoccupations individuelles. Les jeunes générations ont du mal à s’identifier à des organisations historiques bâties sur la référence à l’ouvrier de la Grande Industrie. Les jeunes refusent aussi le syndicalisme politisé et idéologisé (CGT : communiste).

Conclusion

Le syndicalisme est aujourd’hui dans une période de transition, à la recherche d’une nouvelle légitimité. Mais les conflits existent toujours et sont sans doute plus localisés et plus tertiaires. Les coordinations ont plus de succès. Les voies de la re-syndicalisation passent plus que jamais par la fourniture de services aux adhérents (services juridiques, de conseils…). Il faut que le syndicalisme soit de proximité et tenir compte des aspirations individuelles et non unitaires.

VI – La pauvreté et l’exclusion

A – Comment mesurer la pauvreté ?

Le seuil de pauvreté est conventionnel, il n’existe pas de précision absolue. La pauvreté est un phénomène relatif dans le temps (1950 ≠ 2004) et dans l’espace (pays en développement ≠ pays industrialisés). On essaie cependant de définir la pauvreté par 3 critères :

  1. le niveau des ressources (revenu mensuel)
  2. les conditions d’existence : la pauvreté renvoie à des manques, des insuffisances et des handicaps. Etre pauvre, c’est ne pas avoir accès à un mode de vie jugé normal par la société dans laquelle nous vivons (logement indécent, incapacité de satisfaire les besoins primaires…).
  3. l’approche subjective, basée sur des enquêtes faites auprès des ménages. Est déclaré pauvre celui qui considère que son revenu ne lui permet pas d’atteindre un niveau de vie minimal. Ce revenu est différent selon les individus.

B – Caractéristiques de la pauvreté

  • problèmes de logement : mal logés ou sans abri
  • problèmes de santé : non couverts par la sécurité sociale
  • pas de diplômes : échec scolaire
  • ressources faibles : revenus de transferts, minima sociaux
  • chômage : chômeurs en fin de droits et RMIstes
  • taux de natalité élevé
  • personnes âgées pauvres
  • familles mono-parentales
  • surendettement
  • de plus en plus de jeunes pauvres

La pauvreté est nouvelle : elle n’est pas obligatoirement dûe à la reproduction sociale mais est acquise à cause des difficultés économiques et sociales. La pauvreté est un processus : on ne naît pas pauvre, on le devient. Le cumul des handicaps entretient l’engrenage de la pauvreté, signe d’un grave dysfonctionnement social. C’est aujourd’hui un phénomène pluri-dimensionnel :

  • dimension physique
  • dimension morale
  • dimension politique

La pauvreté est aujourd’hui plus visible, plus intense et très médiatisée. La pauvreté était bien présente pendant les 30 Glorieuses mais elle n’apparaissait pas comme excluante et ne résultait pas du chômage.

C – Qu’est-ce que l’exclusion ?

La pauvreté est de nature économique, l’exclusion est de nature sociale et marque une rupture du lien social : être exclu, c’est ne plus participer à la plupart des domaines considérés comme indispensables dans la société (travail, famille,…). C’est l’absence de réseau relationnel et de perspectives de réinsertion dans les réseaux de socialisation. Un exclu est privé de repères traditionnels. L’exclusion est devenue dans les années 1980-1990 un phénomène de plus en plus médiatisé et placé au coeur des discussions politiques.

D – La pauvreté peut être cause d’exclusion

Quand la pauvreté matérielle s’installe, elle peut se répercuter dans d’autres domaines. Fautes de relations professionnelles, le réseau de sociabilité se restreint. La famille ne fournit pas toujours l’aide matérielle. La pauvreté dévalorise l’ensemble des dimensions de l’identité d’un individu. Elle entraîne un processus de disqualification sociale. Le refus ou l’impossibilité d’assumer une telle image de soi peut conduire à une rupture du lien social. Le statut d’assisté entraîne une modification en profondeur de son identité.

E – La pauvreté peut être conséquence d’exclusion

La pauvreté peut être la conséquence de la décomposition du lien social :

  • crise des grandes institutions intégratrices : famille, école, religion
  • l’entreprise est de plus en plus sélective
  • le chômage poursuit ce processus d’exclusion et entraîne la pauvreté.

Rapport de faute d’orthographe

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