I – L’investissement

A – Définitions

Investissement : au sens strict, c’est l’acquisition par les entreprises de moyens de production pour remplacer ou accroître le capital productif. Le terme concerne le capital fixe. On parle d’investissement productif.

Investissement immatériel : achats de brevets, logiciels, publicité, marketing, formation du personnel, recherche et développement.

Amortissement : partie de l’investissement qui sert à remplacer le capital usagé ou obsolète.

Investissement net = Investissement brut – Amortissement.

Ne pas confondre Investissement et Capital Investi :

  • investissement : achat de biens qui vont servir plusieurs fois dans le processus de production (investissement en capital fixe).
  • capital investi : matières premières détruites ou incorporées dans le processus de production.

Ne pas confondre Investissement et Placements Financier : un placement financier est plus ou moins spéculatif.

En comptabilité nationale, au niveau macro-économique, l’investissement s’appelle la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF). La FBCF comptabilise les investissements des entreprises, des ménages et des administrations. La FBCF ne comptabilise pas les investissements immatériels.

Le taux d’investissement est la part de richesse créée consacrée à l’investissement dans un pays. C’est la capacité d’un pays à renouveler son équipement.

Taux d’investissement = ( FBCF / PIB ) * 100

Le taux de marge est la part de la Valeur Ajoutée (VA) qui est destinée à l’entreprise.

Taux de marge = ( EBE (profits) / VA ) * 100

Le taux d’autofinancement est la capacité des entreprises à financer elles-mêmes leurs investissements.

Taux d’autofinancement = ( Epargne brute / FBCF des entreprises ) * 100

Un investissement induit est un investissement effectué à cause de la hausse de la demande (accélérateur d’investissement).

Un investissement autonome est un investissement indépendant de la demande (multiplicateur d’investissement).

B – Les différentes formes d’investissement pour une entreprise

  • selon leur nature :
    • investissement matériel (machines)
    • investissement immatériel (logiciels, pub…)
  • selon leur fonction :
    • investissement de remplacement
    • investissement de capacité ( hausse de la production)
    • investissement de productivité (baisse des coûts pour atteindre le progrès technique)

C – Le financement des investissements

financement investissement

D – Les circuits de financement externe de l’investissement

Les ménages ont une capacité de financement, les entreprises ont un besoin de financement.

  • circuit direct ou financement direct :

intermédiation

  • circuit indirect ou financement indirect

désintermédiation

II – Le multiplicateur d’investissement

A – Définition

Investissement autonome : investissement qui n’est pas dû à la demande. On se place dans le cas d’un investissement autonome (exemple : politique de grands travaux). C’est Keynes qui a mis en évidence le rôle moteur de l’investissement dans l’économie en étudiant les relations entre l’investissement et les revenus et entre l’investissement et l’épargne. C’est le principe selon lequel une variation de l’investissement entraîne un variation plus que proportionnelle du revenu national.

  • k = ( Variation du Revenu / Variation de l’Investissement )
  • k = ( 1 / Propension marginale à épargner ) = ( 1 / ( Variation de l’Epargne / Variation du Revenu ) )

Pour Keynes, c’est l’investissement qui crée l’épargne.

B – Le mécanisme du multiplicateur d’investissement

multiplicateur d'investissement

C – Les différentes phases

Keynes se fonde sur le caractère bilatéral des opérations économiques à travers le circuit. Toute dépense d’un agent est un revenu pour un autre agent. Keynes raisonne en termes de circuits.

multiplicateur de Keynes

L’évolution de l’épargne (variation de l’épargne = 100) est donc bien égale au montant de l’investissement initial (variation de l’investissement = 100). Epargne et investissement s’ajustent bien ex-post. Le processus du multiplicateur se poursuit jusqu’à ce que la dernière variation de revenu soit négligeable.

D – Critiques et conditions

  • Keynes se fonde sur le caractère bilatéral des opérations
  • il ne dit pas en combien de temps l’investissement initial produira ses effets.
  • il faut que le comportement des ménages soit stable.
  • il faut une stabilité du niveau général des prix.
  • il ne faut pas que l’économie soit en situation de plein emploi.
  • Keynes raisonne en économie fermée : l’investissement donne lieu à des achats faits dans le pays. Or un pays peut importer de l’étranger.

E – Utilisation du multiplicateur d’investissement

Le multiplicateur d’investissement s’est montré très efficace pour lutter contre la crise des années 1930 (politique de grands travaux du New Deal). Il a aussi stimulé l’augmentation de la croissance des 30 Glorieuses. Aujourd’hui, les tentatives sont moins heureuses avec l’ouverture des frontières. Seuls des projets à l’échelle européenne pourraient avoir des effets positifs. Le multiplicateur d’investissement peut également servir à l’étude d’une nouvelle implantation industrielle dans une région ou dans une ville.

III – L’accélérateur d’investissement

A – Origine

Le principe de l’accélérateur d’investissement a été formulé dès le début du siècle par Clark et Aftalion.

B – Le principe

C’est un investissement induit provoqué par la croissance de la demande. La variation de la demande de consommation entraîne une variation plus que proportionnelle de la demande de biens d’équipement. Inversement, si la demande baisse, l’investissement baisse.

C – Les hypothèses

  • quantité produite = quantité demandée
  • le coefficient de capital est une constante : k = ( Capital / Production)
  • le capital disponible est pleinement utilisé : il n’y a pas d’équipements oisifs.
  • l’amortissement est linéaire : avec un capital de 400 échelonné sur 10 ans, l’amortissement est de 400 / 10 = 40

Rappel : Investissement net = Investissement Brut – Amortissement

accélérateur d'investissement

IV – L’investissement productif

A – Les déterminants de l’investissement

Les déterminants de l’investissement sont tous les facteurs qui influencent l’investissement. Les déterminants sont multiples. Le chef d’entreprise doit prendre une décision dans un monde qui est incertain. Il prend un risque car l’investissement est un montant non négligeable et qui détermine l’avenir (rentabilité). Mais la faiblesse des investissements remet en cause la croissance à long terme et le dynamisme d’une économie : il faut investir !

1 – Les conditions de financement

  • capitaux propres :
    • taux de marge : ( EBE / VA ) * 100
    • épargne disponible : taux d’autofinancement
  • capitaux empruntés :
    • taux d’intérêt réel : coût des emprunts
    • politique économique de l’Etat

2 – La demande

  • évolution de la consommation : accélérateur d’investissement

3 – Les conditions de rentabilité

  • recherche du profit (Travail par rapport au Capital ? Etranger par rapport à la France ?)
  • la politique fiscale

4 – L’environnement économique proche ou lointain

Les entreprises sont de plus en plus sensibles à tout événement qui pourrait de près ou de loin perturber son environnement. Exemple : croissance durable, crise asiatique. L’internationalisation et la mondialisation de l’économie ont transformé le comportement des entreprises qui n’hésitent plus à investir à l’étranger. Cette attitude pénalise l’investissement national.

Aujourd’hui, les entreprises cherchent la combinaison de facteurs la plus favorable possible avant de décider d’investir.

B – Le principe de l’effet de levier

La question est la suivante : est-il intéressant de s’endetter pour investir ou faut-il utiliser ses propres capitaux ?

L’effet de levier repose sur l’endettement. Il est obtenu lorsqu’une entreprise s’endette et qu’elle obtient, au moyen de ses capitaux empruntés, un taux de rentabilité financière supérieur à celui qu’elle obtiendrait avec ses seuls capitaux propres. Il faut tenir compte aussi du taux d’intérêt réel : plus la part du taux d’intérêt est faible et plus la rentabilité financière est importante. En gros, l’entreprise s’endette pour s’enrichir. NB : l’effet de levier peut aussi être négatif.

  • taux de profit = ( profit / capital investi ) * 100
  • rentabilité économique = ( EBE / capital fixe ) * 100
  • coût des emprunts = taux d’intérêt = loyer de l’argent
  • coût réel des emprunts = taux d’intérêt nominal moins le taux d’inflation
  • taux de profitabilité = taux de profit moins le taux d’intérêt réel
  • taux de rentabilité financière des capitaux propres = ( ( EBE – frais financiers ) / capitaux propres ) * 100

V – Les effets de l’investissement

A – Sur la croissance économique

Investissement et croissance économique sont liés : pendant les Trente Glorieuses, la hausse de l’investissement allait de pair avec la croissance. En période de crise, l’investissement baisse et entraîne une baisse de la croissance. L’investissement exerce un double effet sur l’activité économique :

  • sur la demande : multiplicateur
  • sur l’offre : modernisation, hausse de la productivité, création de nouveaux marchés

L’investissement améliore la flexibilité de la production : ateliers flexibles, robotisation permettent de gagner des parts de marché.

Les investissements publics :

  • transports
  • télécommunications

Les investissements éducatifs (long-terme) : amélioration de la compétence des individus.
Les investissements immatériels.

B – Sur le niveau de vie et le genre de vie

L’investissement entraîne des progrès économiques et sociaux.

C – Sur l’emploi

conséquences de l'investissement

VI – La concentration des entreprises

A – Comment peut se faire la croissance d’une entreprise ?

La croissance d’une entreprise est une stratégie de développement des activités de l’entreprise. Il existe deux types de croissance :

  • la croissance interne : l’entreprise augmente sa taille en créant de nouveau investissements internes.
  • la croissance externe : l’entreprise augmente sa taille en s’associant à d’autres entreprises. Elle acquiert des moyens de production déjà existants.

C’est à la croissance externe que l’on associe la concentration.

B – Définition et mesure de la concentration

La concentration est le processus par lequel les entreprises deviennent moins nombreuses et plus grandes sur un marché. C’est un petit nombre d’entreprises contrôlant le marché.
La concentration peut être mesurée par certains indicateurs (effectifs et chiffre d’affaire).

C – Les différentes formes de concentration

La concentration horizontale : regroupe les entreprises produisant le même type de produits (exemple : PSA). Recherche du contrôle du marché par un pourcentage significatif des ventes d’un secteur. Avantages économiques : amélioration des réseaux de distribution, contrôle des prix plus aisés.

La concentration verticale : regroupe des entreprises qui sont complémentaires et clientes : l’une fournit à l’autre les matières premières ou produits demi-finis dont elle a besoin. Avantages économiques : maîtrise d’un cycle de production, possibilité d’accumuler les profits tout au long de la production en se vendant à soi-même les biens intermédiaires (prix de cession interne).

  • verticale amont : l’entreprise prend le contrôle de ses fournisseurs. Maîtrise des approvisionnements, possibilité de contrôler ses coûts de production, ses livraisons, la nature exacte des composants entrant dans son activité.
  • verticale aval : l’entreprise prend le contrôle d’une entreprise cliente. Avantages économiques : maîtrise de sa distribution, possibilité d’améliorer la promotion de ses produits, cumul des valeurs ajoutées, élargissement de ses débouchés en contrôlant la distribution des concurrents.

Concentration conglomérale : une série d’entreprises sont regroupées sans liens économiques apparents. Par exemple des parfums, des roulements à billes, une maison de disques. Avantages économiques : la diversification des risques, la recherche d’un ensemble formé d’entreprises à taux de profit élevé, qui diversifient les risques encourus en assurant une rentabilité moyenne élevée chaque année. A l’époque où la surface financière et la capacité de financement est décisive, et surtout les reconversions indispensables, le conglomérat présente des avantages notables (ITT symbolise bien cette stratégie).

D – Les différentes modalités

1 – La fusion

La fusion est l’opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés décident de réunir leur patrimoine pour ne plus former qu’une seule société.

  • La fusion égalitaire consiste en la réunion de deux ou plusieurs entreprises de dimensions comparables qui décident de réunir leurs actifs pour créer une société nouvelle. Ainsi, deux entreprises X et Y créent une société Z. Le nom de la nouvelle société résultant d’une opération de fusion peut-être tout à fait nouveau (Z) ou reprendre les anciennes appellations conjointes (X-Y), ce qui est le cas le plus fréquent.
  • La fusion-absorption consiste en la réunion d’entreprises d’inégales dimensions et résulte très généralement d’une décision unilatérale : l’une des deux sociétés absorbe l’autre ou les autres; la société absorbée disparaît sur le plan juridique, son patrimoine est transféré et ses actionnaires reçoivent en contrepartie des actions de la société proportionnellement à leur part dans l’actif des sociétés dissoutes. C’est donc une annexion pure et simple qui résulte cette fois d’un net rapport de domination : x + y => X.

2 – La prise de participation

On appelle “participation” d’une société dans une autre le fait pour une société de posséder un certain nombre d’actions (ou de parts) d’une autre société. Cette possession d’actions procure la qualité d’actionnaire. Selon les cas, la fait de détenir un “paquet d’actions” d’une société peut correspondre à deux types d’attitudes : une société a le choix entre détenir des actions dans le but d’opérer un placement rémunérateur, ou d’exercer un contrôle sur la gestion de la société ainsi partiellement possédée.

  • la participation peut être simple ou réciproque : la participation est dite simple lorsqu’elle ne s’opère que dans un seul sens : Y possède x% de Z sans que Z ait de participation en Y. La participation est dite réciproque ou croisée lorsque plusieurs sociétés détiennent réciproquement des fractions plus ou moins importantes de leur capital respectif.
  • la participation peut être directe ou pyramidale : les participations sont dites directes lorsqu’aucun intermédiaire ne s’impose entre la société possédante et la société possédée. Les participations sont dites pyramidales ou “en échelle” ou “en cascade” lorsqu’une société X peut contrôler une société Y par l’intermédiaire d’une société Z.

3 – L’offre publique d’achat (O.P.A.)

L’O.P.A. (ou take over bird) est une offre publique d’achat d’une firme qui veut acquérir une société côtée en Bourse. Cette technique consiste à proposer aux actionnaires de leur racheter leurs titres à un prix sensiblement supérieur à celui du marché. L’opération est un succès si les opérateurs obtiennent suffisamment de promesses de vente pour prendre le contrôle de la société convoitée. On parle d’offre publique d’échange (O.P.E.) quand le règlement se fait non pas en espèces mais sous formes de titres (généralement des actions d’autres sociétés).

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par Matt Lecture: 13 min

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