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I – Les politiques conjoncturelles

A – Définition

Une politique conjoncturelle est une politique à court-terme, son action est donc limitée dans le temps. C’est l’ensemble des interventions de l’Etat susceptibles de modifier à court-terme l’évolution de l’économie. L’objectif est de maintenir les 4 grands équilibres du carré magique : croissance, stabilité des prix, emploi et équilibre extérieur. Une politique de relance à pour objectifs la croissance et l’emploi. Une politique de rigueur a pour objectifs la stabilité des prix et l’équilibre extérieur.

B – Les différents instruments

  • politique monétaire : taux d’intérêts (pour la relance, baisse des taux – pour la rigueur, hausse des taux)
  • politique budgétaire : dépenses publiques, investissements publics, grands travaux
  • politique fiscale : impôts
  • politique sociale : revenus de transferts
  • politique de revenus : SMIC, indexation des salaires sur les prix

C – Les 2 grands courants de pensée

Les politiques de relance s’inspirent de 2 courants de pensée : les keynésiens et les libéraux.

1 – Les keynésiens

Les keynésiens sont partisans de l’Etat-Providence et prônent une politique de relance par la demande, la demande anticipée des entrepreneurs formant la demande effective (demande de consommation et demande d’investissement). Les buts sont l’amélioration de l’emploi et de la croissance. La relance par un déficit budgétaire fonctionne avec le multiplicateur d’investissement. Ce déficit sera résorbé par les impôts à long terme. L‘intervention de l’Etat est nécessaire lorsque l’économie de marché est défaillante : il faut aider les marchés "myopes" (la myopie des marchés fait référence aux imperfections) comme par exemple les biens collectifs. On parle d’équilibre de sous-emploi. L’Etat intervient pour essayer d’atteindre le plein emploi. La politique monétaire doit jouer un rôle d’accompagnement. Il n’y aura pas de relance si la politique monétaire n’engendre pas une hausse de la demande.

Limites :

  • endettement cumulatif : effet boule de neige
  • inflation
  • dégradation de la balance commerciale (1982 : hausse des importations)
  • fuite des capitaux flottants

2 – Les libéraux

Position des libéraux en général :

  • partisans d’une relance par l’offre
  • Etat-gendarme
  • importance du marché auto-régulateur qui assure l’équilibre
  • partisans de la main invisible
  • baisse de la fiscalité
  • équilibre budgétaire
  • protection sociale allégée
  • politique monétaire stricte

Pour Jean Baptiste Say (1767-1832), l’offre crée sa propre demande : c’est la loi des débouchés. Pour lui, une crise durable est impossible.

[schéma]

Laffer : théoricien de l’offre.

Milton Friedman et les monétaristes :

  • le symptôme majeur de la crise est l’inflation. Il faut mettre en oeuvre une politique de lutte contre l’inflation.
  • une politique d’expansion monétaire keynésienne (crédit facile) favorise le développement de l’inflation. En effet, Friedman constate que la masse monétaire augmente plus vite que l’activité économique. La cause de l’inflation est donc une accroissement anormal de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production.
  • Milton Friedman est donc pour une politique monétaire stricte : théorie quantitative de la monnaie.
  • il remet en cause la courbe de Phillips (keynésien)

[schéma]

Les keynésiens luttent contre le chômage même si l’inflation apparaît. Friedman veut d’abord lutter contre l’inflation : pour lui, l’inflation est gênante car elle remet en cause la possibilité d’un calcul économique rationnel. Il critique donc la politique de relance par la demande parce que les agents économiques ne prennent pas conscience de l’effet inflationniste des mesures keynésiennes. Face à la demande, les entreprises vont produire jusqu’à ce qu’elles réalisent que leurs recettes sont dévalorisées par l’inflation. Les salariés vont connaître une hausse de salaire alors que leur pouvoir d’achat baisse à cause de l’inflation. Les agents économiques comprennent que la hausse de leur rémunération est compensée par celle des prix et vont modifier leur comportement. Pour Friedman, la relance keynésienne est une tromperie des agents économiques. Le but des monétaristes est d’instaurer la confiance en faisant baisser l’inflation : les produits nationaux seront alors plus compétitifs, augmentant le solde de la balance commerciale, entraînant ainsi une hausse de la croissance et de l’emploi. C’est la politique de désinflation compétitive.

D – Les politiques de rigueur

1 – Politique de rigueur libérale

La politique de rigueur libérale a les effets inverse d’une politique de relance : l’objectif est la baisse de l’inflation, les limites sont la récession et le problème de l’emploi.

2 – Les risques de la rigueur généralisée chez les keynésiens

Pour les keynésiens, les politiques de rigueur risquent de déprimer la demande (hausse des taux d’intérêts, baisse des revenus, baisse des dépenses publiques). Les keynésiens vont donner la priorité à la lutte contre le chômage par une politique de relance.

E – Conclusion

Il est difficile de concilier les 4 grands équilibres du carré magique. Il est essentiel aujourd’hui d’adopter des politiques coordonnées au niveau européen. Les années 1990 marque la complémentarité entre la politique de l’offre et la politique de la demande.

II – Les politiques structurelles

A – Définition

Les politiques structurelles ont une action à long terme. Elles modifient en profondeur les structures de l’économie. Elles sont souvent qualifiées par le secteur ou le domaine sur lesquelles elles portent (exemple : politique industrielle).

B – Exemples

  • les nationalisations
  • les privatisations
  • la politique de recherche
  • la politique de l’emploi (baisse du temps de travail)
  • la politique de réglementation de l’environnement

Les années 1980 ont été marquée par l’influence du libéralisme :

  • privatisations
  • flexibilité
  • déréglementation : on veut redonner sa place au marché

III – Les politiques d’emploi : classification

Classification des politiques d’emploi
Politiques d’emploi passivesPolitiques d’emploi actives
Traitement social du chômage
Concernent la population active
Traitement économique du chômage
Concernent les entreprises
But : limiter l’offre de travail ou la demande d’emploiBut : augmenter la demande de travail ou l’offre d’emploi
  • pré-retraites
  • stages de formation
  • contrats emploi solidarité (CES)
  • travail à temps partiel
  • allongement de la durée de la scolarité
  • frein au développement des heures supplémentaires
  • baisse du temps de travail
  • subventions aux entreprises qui ont des difficultés temporaires
  • aides à la création d’entreprise
  • création d’emplois publics
  • assouplissement de la réglementation à l’embauche
  • hausse du niveau des formations pour favoriser l’employabilité
  • meilleure circulation de l’information
  • lutte contre le travail au noir
  • baisses des charges sociales pour les professions libérales

IV – La réduction du temps de travail (RTT)

Ce qui caractérise aujourd’hui le chômage, c’est son caractère structurel. Aussi la réduction du temps de travail (RTT) peut être une solution à ce problème. Comment alors concilier impératif économique et amélioration des conditions de vie ?

A – Définition de la RTT

Il s’agit de partager le travail, c’est-à-dire de répartir la quantité de travail entre un plus grand nombre de personnes afin de :

  • réduire le chômage : volet offensif
  • éviter les licenciements : volet défensif

B – Possibilités de RTT ?

2 grandes formes de RTT existent :

  • la RTT légale : la loi des 35h
  • la négociation avec les partenaires sociaux : syndicats/salariés et employeurs

Ces négociations dépendent de l’activité des entreprises, de leur taille et des salariés. En 1982, la durée du travail est passée de 40h à 39h. En juin 1998, cette dernière est passée à 35h.

C – Pourquoi cet intérêt pour la RTT ?

Ce serait une solution pour résoudre le problème de l’emploi. Ce thème était déjà d’actualité dans les années 1970 où l’on parlait alors de société productiviste : "halte à la croissance". L’objectif était de donner plus de temps libre. Aujourd’hui, le but est de donner du temps à ceux qui n’en n’ont pas. On a donné trop d’importance au traitement social du travail, à la flexibilité qui a entraîné le développement des emplois précaires, au libéralisme qui menace la cohésion sociale. Aujourd’hui, on fait appel à la solidarité : il faut que ceux qui ont du travail le partagent avec les autres. Ce partage du travail concerne toutes les PCS car toutes sont concernées par le chômage.

D – Les conséquences de la loi des 35h

1 – pour les entreprises

Les entreprises doivent reconsidérer le fonctionnement et l’organisation de leurs sociétés. L’aménagement du temps de travail (ATT) est modifié au terme de concertations et de dialogues. C’est l’occasion pour les chefs d’entreprise d’obtenir de leurs salariés une plus grande souplesse. Les entreprises sont plus compétitives. Il faut allonger la durée des équipements : ce sont les gains de productivité qui compenseront la baisse du temps de travail. Le marché des 35h est une aubaine pour les cabinets de conseils, consultants et experts.

Mais…

  • les heures supplémentaires pourront être payées au noir
  • financement de cette réorganisation ? Aides de l’Etat, gains de productivité ?
  • problème des salaires : baisse des salaires et accroissement moins rapide
  • problème des cadres : horaires
  • les 35h, c’est officialiser le déclin car il n’y a qu’un nombre limité d’emplois à répartir. Il faut abandonner tout espoir de croissance. On est incapable de faire croître la quantité de travail.

2 – sur la vie sociale

  • "la société du temps libéré", "vivre à double temps" : un véritable changement de société
  • transformation culturelle : le travail monopolise trop les ressources d’identité. Il faudra créer un monde nouveau où le travail n’aura plus la place centrale.
  • un changement de mentalité : casser les conformismes.
  • hausse du temps libre peut être porteur de projets : participation à la vie collective et politique, bénévolat, développement de nouvelles solidarités.
  • hausse du temps passé en famille : l’essentiel du temps est passé dans la sphère privée, la société se porte mieux.
  • accès à la civilisation des loisirs : plus on a de temps libre et plus on dépense (bricolage, jardinage…)
  • les salariés feront des extras pour compenser.
  • l’entreprise voudra une plus grande flexibilité dans les horaires pour répondre aux attentes des clients.

E – Conclusion

Réduire le temps de travail revient à concilier 3 logiques :

  • la logique sociale
  • la logique de l’entreprise
  • la logique de l’emploi

Le progrès technique au sens strict est l’ensemble des éléments qui permettent d’améliorer les méthodes de production et d’augmenter la productivité. Le progrès technique se manifeste par des changements de machines, des nouvelles organisations du travail. Le progrès technique est facteur de croissance.

Au sens large, on étend la notion de progrès technique aux innovations.

I – Progrès technique et innovation

Le progrès technique résulte directement des innovations, i. e. de la mise en application d’une invention.

A – De l’invention à l’innovation

Une invention est la découverte d’un principe ou d’un produit nouveau qui n’est pas toujours susceptible d’application pratique. L’invention part de la recherche fondamentale pour arriver à la recherche appliquée : c’est le résultat de la recherche scientifique.

Une innovation est la mise en application industrielle et commerciale d’une invention. L’innovation reprend les étapes de la recherche scientifique de l’invention et ajoute les stades de développement et de commercialisation : c’est la mise en valeur économique des innovations.

La période sur laquelle s’étend le processus d’innovations peut être assez longue : le téléphone a mis 56 ans, la télévision en a mis 10. De nombreuses inventions ne donnent pas des innovations.

I – L’investissement

A – Définitions

Investissement : au sens strict, c’est l’acquisition par les entreprises de moyens de production pour remplacer ou accroître le capital productif. Le terme concerne le capital fixe. On parle d’investissement productif.

Investissement immatériel : achats de brevets, logiciels, publicité, marketing, formation du personnel, recherche et développement.

Amortissement : partie de l’investissement qui sert à remplacer le capital usagé ou obsolète.

Investissement net = Investissement brut – Amortissement.

Ne pas confondre Investissement et Capital Investi :

  • investissement : achat de biens qui vont servir plusieurs fois dans le processus de production (investissement en capital fixe).
  • capital investi : matières premières détruites ou incorporées dans le processus de production.

Ne pas confondre Investissement et Placements Financier : un placement financier est plus ou moins spéculatif.

En comptabilité nationale, au niveau macro-économique, l’investissement s’appelle la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF). La FBCF comptabilise les investissements des entreprises, des ménages et des administrations. La FBCF ne comptabilise pas les investissements immatériels.

Le taux d’investissement est la part de richesse créée consacrée à l’investissement dans un pays. C’est la capacité d’un pays à renouveler son équipement.

Taux d’investissement = ( FBCF / PIB ) * 100

Le taux de marge est la part de la Valeur Ajoutée (VA) qui est destinée à l’entreprise.

Taux de marge = ( EBE (profits) / VA ) * 100

Le taux d’autofinancement est la capacité des entreprises à financer elles-mêmes leurs investissements.

Taux d’autofinancement = ( Epargne brute / FBCF des entreprises ) * 100

Un investissement induit est un investissement effectué à cause de la hausse de la demande (accélérateur d’investissement).

Un investissement autonome est un investissement indépendant de la demande (multiplicateur d’investissement).

B – Les différentes formes d’investissement pour une entreprise

  • selon leur nature :
    • investissement matériel (machines)
    • investissement immatériel (logiciels, pub…)
  • selon leur fonction :
    • investissement de remplacement
    • investissement de capacité ( hausse de la production)
    • investissement de productivité (baisse des coûts pour atteindre le progrès technique)

C – Le financement des investissements

financement investissement

D – Les circuits de financement externe de l’investissement

Les ménages ont une capacité de financement, les entreprises ont un besoin de financement.

  • circuit direct ou financement direct :

intermédiation

  • circuit indirect ou financement indirect

désintermédiation

II – Le multiplicateur d’investissement

A – Définition

Investissement autonome : investissement qui n’est pas dû à la demande. On se place dans le cas d’un investissement autonome (exemple : politique de grands travaux). C’est Keynes qui a mis en évidence le rôle moteur de l’investissement dans l’économie en étudiant les relations entre l’investissement et les revenus et entre l’investissement et l’épargne. C’est le principe selon lequel une variation de l’investissement entraîne un variation plus que proportionnelle du revenu national.

  • k = ( Variation du Revenu / Variation de l’Investissement )
  • k = ( 1 / Propension marginale à épargner ) = ( 1 / ( Variation de l’Epargne / Variation du Revenu ) )

Pour Keynes, c’est l’investissement qui crée l’épargne.

B – Le mécanisme du multiplicateur d’investissement

multiplicateur d'investissement

C – Les différentes phases

Keynes se fonde sur le caractère bilatéral des opérations économiques à travers le circuit. Toute dépense d’un agent est un revenu pour un autre agent. Keynes raisonne en termes de circuits.

multiplicateur de Keynes

L’évolution de l’épargne (variation de l’épargne = 100) est donc bien égale au montant de l’investissement initial (variation de l’investissement = 100). Epargne et investissement s’ajustent bien ex-post. Le processus du multiplicateur se poursuit jusqu’à ce que la dernière variation de revenu soit négligeable.

D – Critiques et conditions

  • Keynes se fonde sur le caractère bilatéral des opérations
  • il ne dit pas en combien de temps l’investissement initial produira ses effets.
  • il faut que le comportement des ménages soit stable.
  • il faut une stabilité du niveau général des prix.
  • il ne faut pas que l’économie soit en situation de plein emploi.
  • Keynes raisonne en économie fermée : l’investissement donne lieu à des achats faits dans le pays. Or un pays peut importer de l’étranger.

E – Utilisation du multiplicateur d’investissement

Le multiplicateur d’investissement s’est montré très efficace pour lutter contre la crise des années 1930 (politique de grands travaux du New Deal). Il a aussi stimulé l’augmentation de la croissance des 30 Glorieuses. Aujourd’hui, les tentatives sont moins heureuses avec l’ouverture des frontières. Seuls des projets à l’échelle européenne pourraient avoir des effets positifs. Le multiplicateur d’investissement peut également servir à l’étude d’une nouvelle implantation industrielle dans une région ou dans une ville.

III – L’accélérateur d’investissement

A – Origine

Le principe de l’accélérateur d’investissement a été formulé dès le début du siècle par Clark et Aftalion.

B – Le principe

C’est un investissement induit provoqué par la croissance de la demande. La variation de la demande de consommation entraîne une variation plus que proportionnelle de la demande de biens d’équipement. Inversement, si la demande baisse, l’investissement baisse.

C – Les hypothèses

  • quantité produite = quantité demandée
  • le coefficient de capital est une constante : k = ( Capital / Production)
  • le capital disponible est pleinement utilisé : il n’y a pas d’équipements oisifs.
  • l’amortissement est linéaire : avec un capital de 400 échelonné sur 10 ans, l’amortissement est de 400 / 10 = 40

Rappel : Investissement net = Investissement Brut – Amortissement

accélérateur d'investissement

IV – L’investissement productif

A – Les déterminants de l’investissement

Les déterminants de l’investissement sont tous les facteurs qui influencent l’investissement. Les déterminants sont multiples. Le chef d’entreprise doit prendre une décision dans un monde qui est incertain. Il prend un risque car l’investissement est un montant non négligeable et qui détermine l’avenir (rentabilité). Mais la faiblesse des investissements remet en cause la croissance à long terme et le dynamisme d’une économie : il faut investir !

1 – Les conditions de financement

  • capitaux propres :
    • taux de marge : ( EBE / VA ) * 100
    • épargne disponible : taux d’autofinancement
  • capitaux empruntés :
    • taux d’intérêt réel : coût des emprunts
    • politique économique de l’Etat

2 – La demande

  • évolution de la consommation : accélérateur d’investissement

3 – Les conditions de rentabilité

  • recherche du profit (Travail par rapport au Capital ? Etranger par rapport à la France ?)
  • la politique fiscale

4 – L’environnement économique proche ou lointain

Les entreprises sont de plus en plus sensibles à tout événement qui pourrait de près ou de loin perturber son environnement. Exemple : croissance durable, crise asiatique. L’internationalisation et la mondialisation de l’économie ont transformé le comportement des entreprises qui n’hésitent plus à investir à l’étranger. Cette attitude pénalise l’investissement national.

Aujourd’hui, les entreprises cherchent la combinaison de facteurs la plus favorable possible avant de décider d’investir.

B – Le principe de l’effet de levier

La question est la suivante : est-il intéressant de s’endetter pour investir ou faut-il utiliser ses propres capitaux ?

L’effet de levier repose sur l’endettement. Il est obtenu lorsqu’une entreprise s’endette et qu’elle obtient, au moyen de ses capitaux empruntés, un taux de rentabilité financière supérieur à celui qu’elle obtiendrait avec ses seuls capitaux propres. Il faut tenir compte aussi du taux d’intérêt réel : plus la part du taux d’intérêt est faible et plus la rentabilité financière est importante. En gros, l’entreprise s’endette pour s’enrichir. NB : l’effet de levier peut aussi être négatif.

  • taux de profit = ( profit / capital investi ) * 100
  • rentabilité économique = ( EBE / capital fixe ) * 100
  • coût des emprunts = taux d’intérêt = loyer de l’argent
  • coût réel des emprunts = taux d’intérêt nominal moins le taux d’inflation
  • taux de profitabilité = taux de profit moins le taux d’intérêt réel
  • taux de rentabilité financière des capitaux propres = ( ( EBE – frais financiers ) / capitaux propres ) * 100

V – Les effets de l’investissement

A – Sur la croissance économique

Investissement et croissance économique sont liés : pendant les Trente Glorieuses, la hausse de l’investissement allait de pair avec la croissance. En période de crise, l’investissement baisse et entraîne une baisse de la croissance. L’investissement exerce un double effet sur l’activité économique :

  • sur la demande : multiplicateur
  • sur l’offre : modernisation, hausse de la productivité, création de nouveaux marchés

L’investissement améliore la flexibilité de la production : ateliers flexibles, robotisation permettent de gagner des parts de marché.

Les investissements publics :

  • transports
  • télécommunications

Les investissements éducatifs (long-terme) : amélioration de la compétence des individus.
Les investissements immatériels.

B – Sur le niveau de vie et le genre de vie

L’investissement entraîne des progrès économiques et sociaux.

C – Sur l’emploi

conséquences de l'investissement

VI – La concentration des entreprises

A – Comment peut se faire la croissance d’une entreprise ?

La croissance d’une entreprise est une stratégie de développement des activités de l’entreprise. Il existe deux types de croissance :

  • la croissance interne : l’entreprise augmente sa taille en créant de nouveau investissements internes.
  • la croissance externe : l’entreprise augmente sa taille en s’associant à d’autres entreprises. Elle acquiert des moyens de production déjà existants.

C’est à la croissance externe que l’on associe la concentration.

B – Définition et mesure de la concentration

La concentration est le processus par lequel les entreprises deviennent moins nombreuses et plus grandes sur un marché. C’est un petit nombre d’entreprises contrôlant le marché.
La concentration peut être mesurée par certains indicateurs (effectifs et chiffre d’affaire).

C – Les différentes formes de concentration

La concentration horizontale : regroupe les entreprises produisant le même type de produits (exemple : PSA). Recherche du contrôle du marché par un pourcentage significatif des ventes d’un secteur. Avantages économiques : amélioration des réseaux de distribution, contrôle des prix plus aisés.

La concentration verticale : regroupe des entreprises qui sont complémentaires et clientes : l’une fournit à l’autre les matières premières ou produits demi-finis dont elle a besoin. Avantages économiques : maîtrise d’un cycle de production, possibilité d’accumuler les profits tout au long de la production en se vendant à soi-même les biens intermédiaires (prix de cession interne).

  • verticale amont : l’entreprise prend le contrôle de ses fournisseurs. Maîtrise des approvisionnements, possibilité de contrôler ses coûts de production, ses livraisons, la nature exacte des composants entrant dans son activité.
  • verticale aval : l’entreprise prend le contrôle d’une entreprise cliente. Avantages économiques : maîtrise de sa distribution, possibilité d’améliorer la promotion de ses produits, cumul des valeurs ajoutées, élargissement de ses débouchés en contrôlant la distribution des concurrents.

Concentration conglomérale : une série d’entreprises sont regroupées sans liens économiques apparents. Par exemple des parfums, des roulements à billes, une maison de disques. Avantages économiques : la diversification des risques, la recherche d’un ensemble formé d’entreprises à taux de profit élevé, qui diversifient les risques encourus en assurant une rentabilité moyenne élevée chaque année. A l’époque où la surface financière et la capacité de financement est décisive, et surtout les reconversions indispensables, le conglomérat présente des avantages notables (ITT symbolise bien cette stratégie).

D – Les différentes modalités

1 – La fusion

La fusion est l’opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés décident de réunir leur patrimoine pour ne plus former qu’une seule société.

  • La fusion égalitaire consiste en la réunion de deux ou plusieurs entreprises de dimensions comparables qui décident de réunir leurs actifs pour créer une société nouvelle. Ainsi, deux entreprises X et Y créent une société Z. Le nom de la nouvelle société résultant d’une opération de fusion peut-être tout à fait nouveau (Z) ou reprendre les anciennes appellations conjointes (X-Y), ce qui est le cas le plus fréquent.
  • La fusion-absorption consiste en la réunion d’entreprises d’inégales dimensions et résulte très généralement d’une décision unilatérale : l’une des deux sociétés absorbe l’autre ou les autres; la société absorbée disparaît sur le plan juridique, son patrimoine est transféré et ses actionnaires reçoivent en contrepartie des actions de la société proportionnellement à leur part dans l’actif des sociétés dissoutes. C’est donc une annexion pure et simple qui résulte cette fois d’un net rapport de domination : x + y => X.

2 – La prise de participation

On appelle « participation » d’une société dans une autre le fait pour une société de posséder un certain nombre d’actions (ou de parts) d’une autre société. Cette possession d’actions procure la qualité d’actionnaire. Selon les cas, la fait de détenir un « paquet d’actions » d’une société peut correspondre à deux types d’attitudes : une société a le choix entre détenir des actions dans le but d’opérer un placement rémunérateur, ou d’exercer un contrôle sur la gestion de la société ainsi partiellement possédée.

  • la participation peut être simple ou réciproque : la participation est dite simple lorsqu’elle ne s’opère que dans un seul sens : Y possède x% de Z sans que Z ait de participation en Y. La participation est dite réciproque ou croisée lorsque plusieurs sociétés détiennent réciproquement des fractions plus ou moins importantes de leur capital respectif.
  • la participation peut être directe ou pyramidale : les participations sont dites directes lorsqu’aucun intermédiaire ne s’impose entre la société possédante et la société possédée. Les participations sont dites pyramidales ou « en échelle » ou « en cascade » lorsqu’une société X peut contrôler une société Y par l’intermédiaire d’une société Z.

3 – L’offre publique d’achat (O.P.A.)

L’O.P.A. (ou take over bird) est une offre publique d’achat d’une firme qui veut acquérir une société côtée en Bourse. Cette technique consiste à proposer aux actionnaires de leur racheter leurs titres à un prix sensiblement supérieur à celui du marché. L’opération est un succès si les opérateurs obtiennent suffisamment de promesses de vente pour prendre le contrôle de la société convoitée. On parle d’offre publique d’échange (O.P.E.) quand le règlement se fait non pas en espèces mais sous formes de titres (généralement des actions d’autres sociétés).

La révolution transforme profondément le monde occidental entraînant une croissance économique jusque là inconnue. La croissance économique peut aussi s’accompagner de développement.

I – La croissance économique

A – Qu’est-ce que la croissance économique ?

La croissance économique est une notion quantitative et économique. C’est un phénomène mesurable dans le temps et dans l’espace (exemple : la France en 1998). C’est l’accroissement des richesses d’un pays, mesuré par le Produit Intérieur Brut (l’agrégat PIB). Le PIB peut être exprimé en valeur ou en volume.

Taux de croissance = ( (PIB T2 – PIB T1) / PIB T1 ) * 100

Le PIB marchand est évalué au prix du marché. Le PIB non-marchand est évalué au coût des facteurs (salaires, impôts, amortissements…). Le PIB est la somme des valeurs ajoutées.

Produit National Brut (PNB) = PIB + Revenus reçus de l’extérieur – Revenus versés à l’extérieur.

Croissance extensive : hausse des quantités des facteurs de production (plus de main d’oeuvre, plus de facteur capital, plus de matières premières).

Croissance intensive : hausse de la productivité (meilleure organisation du travail).

B – Les limites du PIB comme indicateur de la croissance

1 – Certains éléments ne sont pas pris en compte dans le calcul du PIB :

  • travail domestique
  • économie souterraine = économie informelle
  • bénévolat
  • troc

Note : l’économie informelle est très importante dans les Pays en Développement (PED), le PIB est donc sous-évalué.

2 – Le calcul du PIB est équivoque

Pour le PIB, un mal et son remède équivaut à 2 biens (double progrès).
Exemples : pollution, voitures…

C – Expansion et récession

La croissance peut être accompagnée de périodes plus courtes :

  • d’expansion
  • de récession
  • de dépression

1 – Expansion

Phénomène conjoncturel (court terme) caractérisé par une hausse importante du PIB et donc une hausse importante de l’activité économique. Le taux de croissance est supérieur au taux de croissance observé sur une longue période.

2 – Récession

Phénomène conjoncturel (court terme) caractérisé par une faible hausse du PIB et donc une faible hausse de l’activité économique. Le taux de croissance est inférieur au taux de croissance observé sur une longue période.

3 – Dépression

Phénomène à court terme caractérisé par une baisse du PIB et donc une baisse de l’activité économique. Le taux de croissance est négatif (ex : la France en 1993).

D – Les cycles économiques

La mise en place et le développement du capitalisme ne se sont pas faits de manière linéaire. La période a été marquée par des crises de durées et d’amplitudes variables.

1 – Qu’est-ce qu’un cycle économique ?

C’est une période d’une durée déterminée qui correspond plus ou moins exactement au retour d’un même phénomène. Un cycle présente 2 caractéristiques :

  • la périodicité (axe des abscisses)
  • l’amplitude (axe des ordonnées)

Chaque cycle comporte 4 phases :

  • expansion
  • crise
  • dépression
  • reprise

Remarque : les cycles successifs sur une longue période n’ont pas la même amplitude. L’allure générale peut être ascendante ou descendante : c’est la tendance sur une longue période (trend).


2 – Les différents cycles économiques

On distingue plusieurs cycles économiques qui portent le nom de ceux qui les ont découverts :

  • le cycle Juglar (Français)
  • le cycle Kitchin (Américain)
  • le cycle Kondratiev (Russe)

Le cycle Juglar est le cycle majeur ou cycle des affaires. Sa durée est de 6 à 10 ans. Il a été mis en évidence en 1860 et connaît les 4 phases.

Le cycle Kitchin est le cycle mineur ou cycle court. Il a été mis en évidence en 1923. Sa durée est de 3 à 4 ans. Ce cycle ne connaît pas de crises mais une détérioration du phénomène d’expansion perçu dans le cycle Juglar.

Le cycle Kondratiev est un cycle de longue durée. Il a été mis en évidence en 1925 et connaît 2 phases : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B). Sa durée est de 40 à 60 ans. Phase A : hausse de la production et hausse des prix. Phase B : baisse de la production et baisse des prix.

E – La carré magique

Le carré magique est la représentation graphique qui permet de mesurer l’état de santé d’un pays à partir de 4 critères :

  • emploi
  • croissance
  • équilibre extérieur
  • prix

II – Le développement

A – Qu’est-ce que le développement ?

Le développement est un phénomène qualitatif (transformation des comportements, évolution des mentalités…) ayant un aspect structurel (industrialisation, urbanisation, extension du salariat…) et entraînant des changements économiques, sociaux, techniques, démographiques et institutionnels.

B – Comment mesurer le développement ?

Le développement d’un pays est souvent assimilé à sa richesse : les pays riches sont les pays développés et les pays pauvres sont les pays sous-développés. Or la répartition des richesses n’est pas toujours égalitaire.

L’Indicateur de Développement Humain (IDH), créé en 1990, sert à mesurer le développement. Il est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et prend en compte 3 facteurs :

  • l’espérance de vie
  • le niveau d’instruction : taux d’alphabétisation des adultes et nombre d’années d’étude
  • le PIB par habitant : parité de pouvoir d’achat.

L’IDH est la moyenne des notes obtenues par les 3 composantes.

L’Indicateur de Pauvreté Humaine (IPH) a été créé en 1997. Il tient compte des conditions de vie :

  • accès aux services publics : eau potable, santé…
  • niveau de malnutrition : part des enfants de moins de 5 ans

Remarque : les PDEM ont eux aussi leur IPH qui tient compte de la population ayant une espérance de vie de moins de 60 ans, des analphabètes et des chômeurs d’un an ou plus.

III – Niveau de vie et genre de vie

La croissance s’accompagne souvent de l’amélioration du niveau de vie et du genre de vie.

A – Définitions

Niveau de vie : quantité de biens et services qu’un individu peut acquérir. Il est quantitatif et est traduit par un indice global : le pouvoir d’achat (PA)

Genre de vie : ensemble des différentes manières de vivre. Il est qualitatif et ses éléments sont hétérogènes : ce n’est pas un indice global (ex : type de loisirs).

B – Mesures du niveau de vie

Pour mesurer le niveau de vie, on utilise le pouvoir d’achat (PA).

Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et services qu’une somme d’argent permet d’acheter. Cette quantité dépend du niveau des prix.

1 – On évalue le pouvoir d’achat (PA) à partir d’une certaine quantité de biens et services

Pouvoir d’Achat = Revenu d’une certaine période / Prix d’1 unité d’1 produit de référence    =>    résultats en quantité

Exemple : le salaire horaire d’un manoeuvre en 1964 est de 3.15 F. Un kilo de pain s’élève à 0.80 F.

PA = 3.15 / 0.80 = 3.9 kg. En travaillant une heure, un manoeuvre peut s’acheter 3.9 kg de pain.

Note : on peut aussi inverser le rapport.

Prix réel = Prix d’1 unité d’1 produit de référence / Revenu d’une certaine période    =>    résultats en temps

Exemple:
PR = 0.8 / 3.15 = 0.25 = 1/4 h
Un manoeuvre doit travailler 1/4 h pour s’acheter 1 kg de pain.

On peut calculer le PA à partir de différents biens et services mais l’amélioration du PA apparaît très différent selon le bien ou service retenu. En effet, dans le cas des produits industriels, si le PA augmente et que les prix baissent alors le niveau de vie augmente. Dans le cas des services, si le PA baisse et que les prix augmentent alors le niveau de vie baisse. Il est donc préférable de calculer le PA à partir de l’ensemble des produits consommés par les ménages à partir de l’indice des prix.

2 – On évalue le pouvoir d’achat (PA) à partir de l’indice des prix

L’indice des prix est l’indice synthétique qui mesure l’évolution des prix des produits que consomment les ménages.

Indice des prix = Inflation + 100

Pouvoir d’Achat ou Prix Réel = ( Revenu nominal / Indice des prix ) * 100

3 – Les comparaisons internationales : méthode des Parités de Pouvoir d’Achat (PPA)

Les comparaisons internationales posent de sérieux problèmes de méthode. Dans un pays, les valeurs sont exprimées en monnaie nationale. Il faut donc les convertir en monnaie internationale ($) à l’aide d’un taux de change. Mais les taux de change varient et il est donc nécessaire de calculer un taux de change reflétant correctement la valeur des choses. D’où la méthode des Parités de Pouvoir d’Achat (PPA) : quand un document indique que les unités sont en PPA, cela veut dire qu’on a éliminé les difficultés d’évaluation liées aux variations des taux de change. Ainsi, la valeur d’une monnaie par rapport à une autre monnaie peut doubler sans que cela corresponde à un doublement du niveau de vie d’un pays par rapport à un autre. C’est pourquoi il y a autant de taux de change que de produits. Les statisticiens font donc une moyenne pondérée des différents taux de change en PPA des différents pays.

C – La consommation des ménages

La propension à consommer est la part du revenu consacré à la consommation. La part du revenu disponible non consommée correspond à l’épargne.

Propension Moyenne à Consommer (PMC) = ( Consommation / Revenu disponible ) * 100
Propension marginale à Consommer (PmC) = ( évolution de la consommation / évolution du revenu ) * 100
PMC + PME = 1 ou 1000%
PmC + PmE = 1 ou 100%

Taux de variation = ( ( T2 – T1 ) / T1 ) * 100

Indice :

  • I = Taux de variation +100
  • I = (T2 / T1 ) * 100

Elasticité de la demande par rapport au revenu :

  • E d/r = variation de la consommation (%) / variation du revenu (%)

Coefficient budgétaire :

  • Cb = ( Dépenses du poste de consommation / Budget total ) * 100

Taux d’équipement :

  • Tx = ( nombre de ménages possédant un bien de consommation durable / nombre de ménages ) * 100

Lois d’Engel :

  • La part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages diminue avec l’augmentation du revenu au profit des loisirs.

Ernest Engel, statisticien allemand, a montré au 19ème siècle que la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages diminuent avec l’augmentation du revenu. Cela a donné lieu aux lois d’Engel: les dépenses alimentaires augmentent moins vite que le revenu.

La consommation est un acte économique mais c’est aussi un acte social ; l’offre influence la demande. John Galbraith, économiste américain, a décrit un phénomène de filière inversée. Pour lui ce sont les producteurs qui imposent leurs produits et non l’inverse.

1 – Tout produit a une valeur d’usage et une valeur sociale

La valeur d’usage est destinée à satisfaire un besoin : c’est la fonction manifeste de la consommation. Exemple : achat d’une voiture pour se déplacer.
La valeur sociale est la fonction latente de la consommation. Exemple : la marque d’une voiture, symbole de richesse et de puissance.

2 – L’effet Verblen

Verblen (1857-1929), économiste et sociologue américain, a défini un paradoxe : l’effet Verblen : les dépenses des classes supérieures reposent sur le principe du gaspillage ostentatoire. Un prix élevé équivaut à une marque de statut social élevé.

3 – La théorie du rattrapage : effet de démonstration

L’économiste Duesenberry a développé l’effet de démonstration pour souligner que toute Profession et Catégorie Socioprofessionnelle (PCS) cherche à acquérir les biens possédés par la PCS supérieure. La bourgeoisie (représente la norme) donne la ligne directrice et les autres les imitent. Une fois le retard comblé, la bourgeoisie se lance dans des consommations distinctives car le produit se banalise. Ainsi se développe un processus de rattrapage. On peut rapprocher cette analyse de la courbe de diffusion d’un produit.

Phase 1 : apparition du produit sur le marché. Distinction. Prix élevé.
Phase 2 : diffusion rapide. Imitation. Baisse du prix.
Phase 3 : saturation. La valeur symbolique attachée au bien possédé disparaît.

Ce phénomène de distinction puis de rattrapage est en partie créé puis exploité par les producteurs. On assiste donc à une élévation de la frustration : certains sont insatisfaits.

4 – Appartenance sociale et culturelle

La consommation dépend aussi des groupes sociaux auxquels on appartient. Toutes les valeurs transmises par le milieu d’origine ne sont pas les mêmes (habitus).

IV – La notion de sous-développement

A – Termes utilisés

  • PED : Pays en Développement
  • Sud / Nord
  • Périphérie / Centre
  • le Tiers-Monde, terme géopolitique créé par Alfred Sauvy en 1952 en référence au Tiers Etat.

B – Un monde peu différencié avant la révolution industrielle

On situe la prise de conscience du sous-développement au début des années 1950 avec la Conférence de Bandoung en Indonésie en 1955. En 1962 eut lieu la Conférence de Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED). Cette conférence à lieu tous les 4 ans.

C – Analyse du sous-développement

1 – Le sous-développement est un phénomène naturel (années 1950)

Le climat, le manque de ressources naturelles, la situation géographique peuvent être des freins au développement mais ces causes n’expliquent pas tout.

2 – Le rôle des valeurs : mentalité, culture, religion

Peuvent être des freins au développement :

  • mentalité tournée vers le passé
  • religion irrationnelle
  • culture individualiste

3 – Le sous-développement, un simple retard ou l’analyse en terme de développement linéaire ou encore les étapes de la croissance selon Rostow

– Dans les années 1960, le courant libéral adopte un concept universel et linéaire : "le développement est une succession d’étapes par lesquelles passeraient tous les pays".

Les étapes de la croissance selon Rostow :

  • la société traditionnelle est caractérisée par la stagnation de la productivité. En conséquence, les ressources consacrées à l’agriculture sont importantes : la civilisation est agricole.
  • les conditions préalables au démarrage : l’idée de progrès et les comportements qui lui sont associés se diffusent. L’instruction s’étend et s’adapte aux besoins de l’activité économique moderne. L’esprit d’entreprise se développe et avec lui l’épargne et l’investissement ainsi que les échanges intérieurs et internationaux. Le développement de l’agriculture est essentiel pour nourrir une population croissante, accroître les exportations et obtenir ainsi les devises nécessaires aux importations de biens d’équipement. La croissance agricole assure également à l’industrie débouchés et capitaux.
  • le démarrage (ou take off) "est la période pendant laquelle la société finit par renverser les obstacles et les barrages qui s’opposaient à sa croissance régulière" (Rostow). Les facteurs du progrès dominent désormais la société. Trois conditions permettent la réalisation du démarrage qui va s’étaler sur une période de 20 ans :
    • une élévation du taux d’investissement de moins de 5% du PNB à plus de 10% qui doit permettre une croissance de la production réelle par habitant malgré une forte pression démographique.
    • la création d’un ou de plusieurs secteurs industriels jouant un rôle d’entraînement important du fait de leur croissance élevée.
    • l’existence ou la mise en place d’un "appareil politique social et institutionnel" qui facilite la poursuite de la croissance. Rostow insiste notamment sur le rôle de l’Etat dans la mobilisation des capitaux nécessaires à l’industrialisation : importations de capitaux en provenance des pays développés et constitution d’un système bancaire permettant le drainage de l’épargne.
  • le marché vers la maturité est "l’étape au cours de laquelle l’économie prouve qu’elle en mesure d’aller au-delà des industries qui l’ont fait démarrer à l’origine". Les techniques modernes s’étendent à tous les secteurs de l’économie.
  • l’ère de la consommation de masse est celle où la production de biens de consommation durables et les services deviennent les principaux secteurs de l’économie.

Critiques :

  • la concurrence aujourd’hui serait plus importante
  • la mondialisation a des répercussions
  • les firmes multinationales (FMN)
  • la Division Internationale du Travail (DIT) provoque des déséquilibres.

Les structures économiques et sociales ont changé. Le contexte n’est plus le même (aides des pays industrialisés).

4 – Le sous-développement des uns, produit du développement des autres : les analyses en termes de domination

C’est le courant des Tiers Mondistes (années 1960) avec Samir Amin et Arghiri Emmanuel : le sous-développement n’est pas un retard, ce n’est pas un phénomène naturel mais un phénomène structurel. Le sous-développement est le produit de la domination exercée par les pays riches : les PED sont dans une situation de dépendance. Cet impérialisme se manifeste par les firmes multinationales (FMN), la Division Internationale du Travail (DIT), les salaires faibles, la fuite des cerveaux…

Samir Amin et Arghiri Emmanuel adhérent à la théorie néo-marxiste : le Nord exploite le Sud :

  • Nord = centre = pays industrialisés = "bourgeoisie"
  • Sud = périphérie = pays en développement = "prolétariat"

5 – La théorie de François Perroux

C’est la théorie :

  • des effets de la domination : rapport de force entre pays industrialisés et pays en développement.
  • de la désarticulation : situation d’un pays dans lequel les secteurs d’activités sont juxtaposés et ne comportent que peu d’échanges entre eux. Situation caractéristique des PED. Le dualisme est la coexistence d’une société traditionnelle surtout rurale et d’une société moderne (industries, banques, plantations) qui peut se résumer à une enclave contrôlée par l’étranger.
  • de la non couverture des coûts de l’homme : les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits. Perroux offre la situation du "nouveau développement" autocentré et endogène, donnant plus d’importance à l’agriculture. C’est une approche qualitative.

6 – La théorie de l’échange inégal

L’échange est inégal entre pays industrialisés (PI) et pays en développement (PED).
PED : production de produits de base : prix peu élevés à l’exportation (importations à des prix élevés)

PI : production de biens à forte valeur ajoutée (VA) : prix élevés à l’exportation (importations peu élevées) => détérioration des termes de l’échange

Indice des termes de l’échange = ( Indice des prix à l’Exportation / Indice des prix à l’Importation ) * 100

si indice supérieur à 100 alors prix à l’exportation est supérieur au prix à l’importation donc amélioration des termes de l’échange.

– si indice inférieur à 100 alors prix à l’exportation est inférieure au prix à l’importation donc détérioration des termes de l’échange.

On doit cette théorie à Emmanuel (Tiers Mondiste et néo-marxiste) qui critique l’exploitation du Commerce International : il veut un Nouvel Ordre Economique International (NOEI).

NB : Smith et Ricardo disent le contraire : le commerce est favorable au développement.

I – Evolution de l’intervention de l’Etat

Le XIXéme siècle est dominé par l’idéologie libérale avec l’influence d’Adam Smith (1723-1790) et de David Ricardo (1772-1823) qui prêchent l’individualisme, la concurrence et la non-intervention de l’Etat. Ils sont partisans de l’Etat minimal : les fonctions régaliennes (Police, Armée, Justice), la construction d’édifices publics, le respect des règles de la concurrence.

La réalité historique est cependant différente : au cours de la Révolution Industrielle, l’Etat va intervenir pour assurer le "décollage" (take-off) des économies. En France, l’Etat est intervenu pour le développement des chemins de fer et dans l’agriculture (tarifs Méline vers 1896). L’Angleterre adopta les Enclosures Act pour les terrains agricoles. Les USA intervinrent dans le développement du chemin de fer. L’Allemagne mit en place des mesures protectionnistes avec Frederic List (1789-1846). Au Japon, avec l’ère Meiji (vers 1868), l’Etat créa les premières entreprises pour les revendre ensuite aux familles (les zaïbatsus).

La crise de 1929 : le New Deal eut un impact idéologique important aux Etats-Unis avec un changement considérable dans la conception du rôle de l’Etat : l’Etat devient interventionniste.

Après 1945, l’Etat intervient de plus en plus dans la vie économique et sociale. Selon Keynes (1883-1946), l’Etat doit intervenir lorsque l’économie est défaillante et les moyens d’actions se perfectionnent :

  • politique monétaire
  • politique fiscale
  • politique de planification
  • politique de nationalisation…

La politique d’intervention économique est liée à une politique sociale de réduction des inégalités. On passe d’un Etat-gendarme à un Etat-providence.

Depuis le début des années 1980, on assiste à l’avènement des politiques libérales car les politiques keynésiennes n’ont pas réussi à résoudre le problème de la crise :

  • GB – 1979 : Thatchérisme.
  • USA – 1980 : Reaganomics.
  • France – 1986 : privatisations, liberté des prix, flexibilité du marche du travail (emplois précaires).

Durant les années 1990, les pays n’adoptent pas purement une politique libérale ou une politique keynésienne. Ils cherchent un compromis entre les deux et les débats portent plus sur la nature de l’intervention publique.

II – Comparatif des politiques économiques

A – Politique conjoncturelle

Une conjoncture est une situation économique à un moment donné.

La politique conjoncturelle est une politique à court terme ou à moyen terme et son action est limitée dans le temps :

  • elle a une fonction de régulation (stabilisation).
  • c’est l’ensemble des interventions de l’Etat susceptibles de modifier à court terme et à moyen terme l’évolution de l’économie.

Elle cherche à maintenir les grands équilibres :

  • emploi
  • stabilité des prix
  • croissance
  • équilibre extérieur

Exemples : politique de relance, politique de rigueur.

B – Politique structurelle

La structure est la manière dont les parties d’un tout sont arrangées entre elles.
La politique structurelle est une politique à long terme dont les effets sont durables :

  • elle modifie en profondeur le fonctionnement de l’économie.
  • c’est l’ensemble des interventions de l’Etat susceptibles de modifier à long terme l’évolution de l’économie.

Elle cherche à améliorer les structures et les bases de l’économie.

Exemples : politique fiscale, politique de nationalisation, politique agricole.

III – Les politiques conjoncturelles : objectifs et moyens

A – Objectifs

  • Améliorer la croissance : hausse du PIB
  • Améliorer l’emploi : réduire le chômage
  • Assurer la stabilité des prix : limiter l’inflation
  • Assurer l’équilibre extérieur : améliorer le solde de la balance commerciale

B – Moyens

Pour atteindre ces objectifs, différents moyens vont être utilisés :

  • politique monétaire :
    • relance : baisse du taux d’intérêt
    • rigueur : hausse du taux d’intérêt
  • politique fiscale :
    • relance : baisse des impôts
    • rigueur : hausse des impôts
  • politique budgétaire :
    • relance : hausse des dépenses de l’Etat
    • rigueur : baisse des dépenses de l’Etat
  • politique de revenus :
    • relance : hausse du SMIC et du RMI
    • rigueur : baisse des revenus de transferts

C – La carré magique

Il existe de très nombreux objectifs mais on résume souvent les 4 principaux à l’aide d’une représentation graphique appelée carré magique et due à l’économiste britannique Nicholas Kaldor. Ces 4 objectifs sont l’emploi, la croissance, la stabilité des prix et l’équilibre extérieur (balance commerciale équilibrée). Le schéma suivant présente les 4 indicateurs propres à ces objectifs. En rejoignant les points, on obtient un quadrilatère qui représente d’autant mieux une situation économique favorable qu’il est proche du carré magique.

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IV – Les politiques conjoncturelles et les phases de la conjoncture

Les politiques conjoncturelles ont une fonction de régulation selon la situation économique. La recherche des grands équilibres se fera donc par la relance ou la rigueur.

A – La politique de relance

Elle a pour but de dynamiser l’économie en produisant plus : la hausse du PIB entraîne la croissance. Elle a aussi pour but de réduire le chômage. Il existe deux types de politique de relance : la relance par la demande des keynésiens et la relance par l’offre des libéraux.

1 – La politique de relance keynésienne (par la demande)

John Maynard Keynes a écrit la Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt, de la Monnaie en 1936. Il préconise une relance par la demande.

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Le plein-emploi n’est pas atteint : on parle d’équilibre de sous-emploi. Lorsque cette demande est insuffisante, l’Etat doit intervenir avec :

  • la politique monétaire : baisse du taux d’intéret (c’est insuffisant)
  • la politique budgétaire : hausse des dépenses de l’Etat (politique de grands travaux)
  • la politique fiscale : baisse des impôts des plus défavorisés
  • la politique de revenus : hausse des revenus de transfert

Lorsque l’économie de marché est défaillante, l’Etat doit intervenir. Le déficit budgétaire est un des moyens dont dispose l’Etat pour relancer l’économie : ce déficit pourra se résorber par des rentrées fiscales :

  • plus de revenus distribués = plus de IRPP
  • plus de revenus distribués = hausse de la consommation = plus de TVA
  • plus d’investissement par les entreprises = relance de l’activité économique = plus de profits = plus d’IS

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Cette politique de relance keynésienne présente toutefois des limites :

  • la contrainte extérieure : la relance par la demande entraîne une hausse des importations donc un déficit de la balance commerciale car la France est un pays "ouvert". Le plan de relance de 1981 a créé un déficit de 92 milliards de francs en 1982.
  • l’inflation : plus de revenus entraîne plus de demande (plus de consommation et plus d’investissement) or selon la loi de l’offre et de la demande, si la demande est supérieure à l’offre l’inflation augmente.
  • l‘effet boule de neige et le déficit budgétaire : il faut que la richesse créée soit suffisante pour payer les intérêts de la dette sinon ces derniers seront de plus en plus lourds et la dette va s’aggraver. On appelle cela l’effet boule de neige de la dette.

2 – La politique de relance libérale (par l’offre)

Le précurseur de cette politique est le libéral français Jean-Baptiste Say (1767-1832), théoricien de l’offre. Il est à l’origine de la loi des débouchés : "l’offre créé sa propre demande" ou "les produits s’échangent contre des produits".

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La courbe de Laffer aurait été tracée pour la première fois sur la nappe d’un restaurant de Washington en décembre 1974. Cette théorie allait dans le sens des revendications américaines contre l’impôt. Laffer est un libéral américain. Il était le conseiller de Reagan et s’opposait à Keynes. Sa théorie veut que jusqu’à un certain niveau, l’impôt est accepté par les contribuables mais qu’au delà d’un certain taux d’imposition, les recettes fiscales diminuent. En effet, lorsque le taux augmente jusqu’au point T, les recettes discales augmentent et atteignent un maximum M. Au delà du point T, le taux devient dissuasif et les agents économiques sont incités à travailler moins ou à recourir à des activités non déclarées (baisse des recettes de l’Etat). Le point M est le sommet de la courbe, il correspond aux recettes maximales de l’Etat. Ce n’est pas un taux de pression fiscale immuable. On peut résumer cette théorie ainsi : « trop d’impôts tuent l’impôt » ou « les hauts taux tuent les totaux ».

La courbe de Laffer

Lorsqu’un ménage voit sa pression fiscale augmenter, il peut réagir de 2 façons :

  • effet revenu : pour faire face à cette augmentation d’impôts, l’individu serait prêt à travailler plus (Laffer n’en parle pas).
  • effet prix : pour faire face aux impôts, l’individu travaillera moins ou travaillera au noir.

L’économie de l’offre est l’économie de l’incitation à travailler et à investir par une baisse de la pression fiscale. Parallèlement, les prestations sociales doivent diminuer pour rétablir l’incitation au travail (lutte contre le chômage). Un taux d’imposition trop élevé entraîne :

  • une baisse de l’investissement = baisse de l’activité économique = baisse des profits = baisse de l’IS = baisse des recettes fiscales
  • une baisse du travail = baisse de l’activité économique = baisse des salaires = baisse de l’IRPP = baisse des recettes fiscales

Les libéraux critiquent l’intervention de l’Etat et ne sont pas favorables à l’Etat-providence. Ils ont pour une protection sociale "allégée" et préconisent l’équilibre budgétaire (USA – GB). Cette théorie a des limites : les libéraux préconisent une baisse des dépenses sociales donc une aggravation des inégalités : hausse de la pauvreté et de l’exclusion.

B – Politique de rigueur (libérale)

Les objectifs sont :

  • la lutte contre l’inflation
  • l’amélioration du solde de la balance commerciale : rendre l’économie compétitive

Les moyens :

  • rigueur salariale : freiner la croissance des salaires
  • rigueur budgétaire : réduire les dépenses de l’Etat
  • rigueur monétaire : augmenter les taux d’intérêt

Ces mesures de rigueur ont l’effet inverse de la relance par la demande :

  • freiner la croissance des salaires entraîne une baisse de la demande des ménages
  • augmenter les taux d’intérêt fait baisser la demande des entreprises

=> le demande est inférieure à l’offre ce qui fait baisser l’inflation.

  • baisse de la demande = baisse de la consommation de produits étrangers : baisse des importations
  • baisse de la demande = baisse de l’inflation = les produits français sont moins chers = hausse des exportations

Les limites de cette politique :

  • baisse de la production = baisse de la croissance = augmentation du chômage

Conclusion : il devient difficile de concilier les 4 grands équilibres.

V – Les politiques structurelles

A – Nationalisations et privatisations

La nationalisation est le transfert de propriété du capital d’une entreprise privée à l’Etat dans le but d’en modifier la logique de fonctionnement.

La privatisation est l’opération de transfert du capital d’une entreprise publique à des actionnaires privés.

B – Les politiques industrielles

Les politiques industrielles sont l’ensemble de mesures prises par le gouvernement afin d’améliorer les performances de l’appareil de production pour l’adapter à la compétition économique mondiale. Moyens :

  • réglementation
  • aides fiscales à la recherche et à la formation
  • stimulation de l’investissement
  • encouragement à des rapprochements entre entreprises et groupes nationaux
  • commandes publiques
  • grands projets financés par l’Etat
  • développement du secteur publique
  • grands travaux
  • planification

Rapport de faute d’orthographe

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