Ubuntu 26.04 LTS, nom de code Resolute Raccoon, est disponible depuis le 23 avril 2026. C’est une version LTS, donc une version de support longue durée, maintenue jusqu’en avril 2031 en support standard, avec une extension possible via Ubuntu Pro.
Comme toujours avec une LTS, la promesse est simple : moins de panique, plus de stabilité. Enfin, en théorie. En pratique, une migration de serveur reste une opération chirurgicale : il faut préparer, sauvegarder, lire les logs, tester les services, puis corriger les petits dragons qui sortent du bois.
Dans mon cas, la migration d’un serveur Ubuntu 24.04 LTS vers Ubuntu 26.04 LTS s’est globalement bien passée. Cependant, trois services ont demandé une intervention après redémarrage :
- Nginx, car le support Brotli nécessite désormais d’installer explicitement les modules Brotli.
- Dovecot, car la configuration 2.3 ne fonctionne plus telle quelle avec Dovecot 2.4.
- Postfix, car certaines directives TLS historiques sont désormais obsolètes ou remplacées.
Rien d’insurmontable, mais assez pour transformer une mise à jour tranquille en soirée “journalctl et bière triple”.
Ce qu’apporte Ubuntu 26.04 LTS
Ubuntu 26.04 LTS consolide deux années d’évolutions depuis Ubuntu 24.04 LTS. Si vous migrez depuis 24.04, vous récupérez donc les changements introduits dans les versions intermédiaires 24.10, 25.04 et 25.10, puis ceux propres à 26.04.
Canonical met surtout l’accent sur la sécurité, la résilience, le support matériel récent, les composants mémoire-safe, les permissions applicatives, le chiffrement TPM, les optimisations serveur et le support Arm Livepatch.
Pour un serveur, les points intéressants sont les suivants.
Support long terme jusqu’en 2031
Ubuntu 26.04 LTS reçoit cinq ans de correctifs de sécurité et de maintenance critique. Cela en fait une base saine pour un serveur web, un serveur mail, une stack WordPress/WooCommerce, un serveur Nextcloud ou une machine dédiée OVH.
Avec Ubuntu Pro, le support étendu peut aller jusqu’à dix ans. C’est utile pour les environnements où l’on ne veut pas refaire une migration complète tous les cinq ans.
Kernel plus récent et meilleur support matériel
Ubuntu 26.04 LTS arrive avec un noyau plus moderne, ce qui améliore le support du matériel récent : CPU, contrôleurs réseau, stockage NVMe, cartes graphiques, pilotes et plateformes serveur plus récentes. Pour un serveur dédié, ce n’est pas forcément spectaculaire au quotidien, mais cela compte dès qu’on utilise du matériel récent ou des fonctionnalités bas niveau.
Sur une machine OVH, Hetzner, Scaleway ou un serveur maison, cela peut régler des détails pénibles : meilleure gestion d’énergie, meilleure détection matériel, pilotes réseau plus propres, ou meilleure prise en charge du stockage.
Sécurité renforcée
Ubuntu 26.04 LTS continue le gros travail de durcissement côté système. Canonical cite notamment le chiffrement complet du disque adossé au TPM, une meilleure gestion des permissions applicatives, plus de composants mémoire-safe, ainsi que Livepatch sur davantage de plateformes.
Sur un serveur web, ce n’est pas une raison pour relâcher AppArmor, SSH, UFW/nftables, Fail2ban ou les mises à jour automatiques. Mais c’est une base plus moderne.
Toolchain et paquets serveur plus récents
Comme toujours, une nouvelle LTS apporte des versions plus récentes des outils système, bibliothèques, compilateurs, runtimes et paquets serveur.
C’est une bonne nouvelle pour les stacks modernes, mais cela peut casser des configurations anciennes. Et c’est précisément ce qui m’est arrivé avec Dovecot et Postfix. Les fichiers de configuration qui vivaient leur meilleure vie depuis dix ans n’aiment pas toujours le futur.
Faut-il migrer tout de suite ?
Sur un poste de test, oui. Sur un serveur de production, cela dépend.
Canonical indique que les utilisateurs d’Ubuntu 25.10 se verront proposer la mise à niveau vers 26.04 rapidement, tandis que les utilisateurs d’Ubuntu 24.04 LTS recevront normalement la proposition de mise à niveau automatique avec Ubuntu 26.04.1 LTS, prévue pour le 4 août 2026.
Donc, pour un serveur client critique, j’aurais tendance à attendre 26.04.1, sauf besoin réel. Pour un serveur personnel, un serveur bien sauvegardé, ou une machine que l’on sait réparer en SSH, la migration est faisable maintenant.
Dans tous les cas : sauvegarde d’abord, héroïsme ensuite.