I – La Banque de France

La Banque de France est la Banque centrale, ou Banque des banques. Elle émet de billets : c’est une banque d’émission. Elle effectue toutes les opérations concernant les devises. C’est la banque de l’Etat (Trésor). Elle effectue la compensation, ré-escompte les effets de commerce, intervient sur le marché monétaire par sa politique d’open market et assure l’application de la réglementation bancaire.

II – Les taux d’intérêts

A – Taux d’intérêt pour les entreprises

Les entreprises ont un besoin de financement et vont emprunter. Le taux d’intérêt est un coût de production, les entreprises devront rembourser le capital et les intérêts. C’est une charge pour l’entreprise. Si le taux d’intérêt est élevé, le coût du crédit sera élevé, il y aura une baisse de la demande de capitaux et l’investissement baissera.

B – Taux d’intérêt pour les ménages

Les ménages ont une capacité de financement car ils épargnent. Le taux d’intérêt est un revenu : c’est le prix de l’épargne. Si le taux d’intérêt est élevé, l’épargne augmente, la consommation chute, la production baisse et le chômage augmente.

C – Différence entre taux d’intérêts nominal et réel

Le taux d’intérêt nominal est le taux d’intérêt proposé par les banques.Le taux d’intérêt réel est le taux d’intérêt déflaté (i.e. : moins l’inflation).

Pour passer du nominal au réel, on calcule l’indice du taux d’intérêt réel et on enlève 100. Donc :

Indice taux d’intérêt réel = ( ( Indice taux d’intérêt nominal / indice des prix) * 100 ) – 100

III – L’escompte et le réescompte

A – Le principe de la lettre de change

Il s’agit de relations commerciales entre des entreprises. Une entreprise accorde à son client un délai de paiement. L’entreprise demande donc à son client de lui signer une reconnaissance de dette, i. e. une lettre de change. Une lettre de change est un effet de commerce par lequel un créancier (le tireur) ordonne à son débiteur (le tiré) de payer à une date donnée (l’échéance) une somme déterminée à une personne (le bénéficiaire) dont le nom est inscrit sur l’effet. Le bénéficiaire peut être le tireur lui-même ou toute autre personne à qui l’entreprise doit de l’argent.

A lire :  Economie et sociologie : part 2

B – L’escompte

Le porteur d’un effet de commerce qui a besoin de liquidités avant l’échéance peut porter l’effet de commerce à l’escompte auprès d’une banque commerciale. Il va recevoir en monnaie la valeur de l’effet diminué de l’escompte ou intérêt (l’escompte est la commission de la banque). Cette opération s’appelle l’escompte, le taux d’intérêt s’appelle le taux d’escompte. C’est une opération de crédit à court terme.

C – Le réescompte

Les banques commerciales peuvent aussi avoir besoin de liquidités : elles portent alors cet effet de commerce à la Banque de France. Cette opération s’appelle le réescompte et le taux d’intérêt s’appelle le taux de réescompte.

IV – Les banques commerciales et la monnaie Banque centrale

A – La compensation

Est un échange quotidien entre les banques commerciales. On dit que les banques effectuent la compensation (système informatisé à la Banque de France). Cette compensation est nécessaire car les banques reçoivent des chèques qui appartiennent à d’autres banques. Exemple : le Crédit Lyonnais dispose de chèques que lui ont remis ses clients. Ces chèques peuvent être celui de la BNP, de La Poste… Il existe donc un déséquilibre entre les banques qui échangent leurs créances et leurs dettes respectives. Après compensation, une banque peut se trouver en situation excédentaire, une autre déficitaire. Le règlement se fait en "monnaie Banque centrale".

B – La monnaie Banque centrale

Représente les encaisses en billets et les avoirs sur le compte courant des banques commerciales à la Banque de France. Une banque commerciale a besoin de monnaie banque centrale pour :

  • répondre aux besoins de ses clients.
  • constituer des réserves obligatoires sur son compte à la Banque de France.
  • acheter des devises à la Banque de France.
  • régler ce qu’elle doit aux autres banques après compensation.

Les banques trouvent cette monnaie banque centrale dans:

  • les billets déposés par les clients.
  • leur compte courant à la Banque de France s’il est créditeur.

Sinon, il leur reste :

  • le réescompte : opération de refinancement des banques commerciales auprès de la Banque de France.
  • le marché interbancaire.

C – Le marché interbancaire

1 – Définition

C’est le lieu privilégié de refinancement des banques commerciales où elles peuvent échanger leur monnaie Banque centrale. Le marché interbancaire est un marché immatériel (réseaux informatiques). C’est un marché qui porte sur des opérations à très court terme (1 jour). Les banques s’échangent donc leurs excédents et leurs déficits de trésorerie. Les banques qui ont un solde positif prêtent leurs liquidités moyennant un intérêt. Les banques qui ont un déficit empruntent des liquidités moyennant un intérêt. Le taux du marché interbancaire se fixe en fonction de l’offre et de la demande.

2 – La politique d’Open Market

La Banque de France peut intervenir sur ce marché interbancaire en achetant ou en vendant des liquidités pour faire varier le taux d’intérêt. C’est la politique d’Open Market.

A lire :  Economie et Sociologie

Si la Banque centrale souhaite que les banques obtiennent facilement des liquidités (exemple : lorsqu’il y a ralentissement de l’activité économique), la Banque centrale se porte offreur (ou vendeur) de liquidités. L’offre étant supérieure à la demande, le taux d’intérêt baisse. Conséquence : les banques pourront se refinancer facilement sur ce marché interbancaire et obtenir des liquidités à coût faible donc une hausse des possibilités de crédits vis-à-vis de leurs clients.

Si la Banque centrale souhaite que les banques obtiennent difficilement des liquidités (exemple : lorsqu’il y a inflation, croissance forte de l’activité économique), la Banque centrale se porte acheteur (ou demandeur) de liquidités. L’offre étant inférieure à la demande, le taux d’intérêt monte. Conséquence : les banques pourront se refinancer difficilement sur ce marché interbancaire et obtenir des liquidités à coût élevé donc une baisse des possibilités de crédits vis-à-vis de leurs clients.

V – La politique monétaire

A – Définition

La politique monétaire est un instrument de la politique économique, au même titre que la politique fiscale, sociale… Elle régule la création de monnaie (contrôle de la masse monétaire) et consiste donc à fournir les liquidités nécessaires au bon fonctionnement de l’économie tout en veillant à la stabilité de la monnaie. La politique monétaire doit être compatible avec les objectifs économiques du gouvernement. Ses objectifs sont:

  • le contrôle des variations de la masse monétaire qui ne doit être ni trop faible, ni trop abondante
  • le contrôle des mouvements de capitaux à court terme entre la France et l’étranger (capitaux flottants)

Il ne faut pas qu’il y ait un excès de création monétaire. En effet, si le taux d’intérêt est faible, les crédits distribués aux ménages et aux entreprises augmentent. Le risque est le gonflement de la masse monétaire (inflation) car le pouvoir d’achat des agents économiques est supérieur à la quantité de biens disponibles. La demande est supérieure à l’offre, ce qui entraîne une hausse des prix. D’autre part, si le taux d’intérêt est bas, il existe un risque de fuite des capitaux flottants vers l’étranger car la rémunération y est plus importante.

Il ne faut pas qu’il y ait une insuffisance de création monétaire. En effet, si le taux d’intérêt est élevé, les crédits distribués aux ménages et aux entreprises baissent. Le risque est la diminution de la masse monétaire (récession) car le pouvoir d’achat des agents économiques est inférieur à la quantité de biens disponibles. La demande est inférieure à l’offre, entraînant une baisse des prix. Toutefois, si le taux d’intérêt est élevé, les capitaux flottants viendront en France car la rémunération y est plus importante.

La politique monétaire doit donc trouver un équilibre entre l’insuffisance et l’excès de création de monnaie (régulation de la masse monétaire).

B – Un exemple de politique monétaire : la politique de rigueur

Les politiques de rigueur monétaire sont devenues depuis les années 1980 l’instrument privilégié de la régulation économique. Ses objectifs sont la lutte contre l’inflation et le maintien de la valeur de la monnaie.

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rigueur

C – Les instruments de la politique monétaire

Pour atteindre les objectifs, les autorités monétaires disposent de différents instruments.

1 – L’encadrement du crédit

Impose aux banques des quotas de crédit à ne pas dépasser. Il s’agit de limiter le pouvoir de création de monnaie par les banques. Ce seuil est fonction des crédits accordés l’année précédente. Une banque qui ne respecte pas cette règle est sanctionnée. Ce système a été supprimé en 1987.

2 – Le mécanisme des Réserves Obligatoires (R. O.)

Les réserves obligatoires sont des dépôts non rémunérés que chaque banque doit effectuer sur son compte à la Banque de France. C’est un compte bloqué d’avoirs en monnaie Banque centrale. Le taux de R. O. peut augmenter et limiter la création monétaire. Ce taux peut aussi diminuer et entraîner l’augmentation de la création monétaire.

3 – Le taux de réescompte

Est une opération de refinancement des banques commerciales. La Banque centrale peut aussi augmenter ou baisser ce taux.

4 – La politique d’Open Market

L’open market est l’intervention de la Banque centrale sur le marché interbancaire. La Banque centrale peut orienter le prix (taux d’intérêt) et agir sur les quantités (quantités de monnaie Banque centrale). Ce taux d’intervention est un taux directeur : ce taux influence le taux d’intérêt proposé aux clients.

VI – Les modes de financement de l’économie

A – Le financement interne

L’agent économique utilise ses propres ressources : c’est l’autofinancement (bénéfice non-distribué + amortissement.

Autofinancement = ( Epargne brute / FBCF ) * 100

B – Le financement externe

1 – Indirect

On passe par l’intermédiaire des banques : c’est l’intermédiation. Il s’agit d’une économie d’endettement.intermediation

2 – Direct

Il y a recours direct au marché financier (la Bourse). On parle alors de désintermédiation. Il s’agit d’une économie de marché de capitaux ou d’une économie de marché financier.

désintermédiation

VII – Actions et obligations

Une action est un titre de propriété d’une fraction du capital social d’une société. L’actionnaire a le droit de vendre ses titres, de toucher un dividende, a droit à l’information, a le droit de participer à l’Assemblée Générale et de voter.

Les obligations sont des valeurs mobilières émises lors d’un emprunt et placées sur le marché boursier et représentant une créance. Elles peuvent être émises par les sociétés cotées en Bourse, l’Etat ou les collectivités locales. Elles donnent droit à un revenu fixe ou variable (intérêts) et au remboursement de la somme avancée.

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Matt
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Matt est formateur, développeur expert WordPress et WooCommerce, et administrateur réseau chez Codeable.

22 Comments

  1. Avatar
    mignontouplin Reply

    Comment les banques commerciales remboursent leurs emprunts auprès de la banque centrale, cette dernière réclamant plus de monnaies centrales qu’il en existe du fait des intérêts ?

  2. Avatar
    DOMTENEANG N ULRICH Reply

    cet article m aide A bien traiter mon theme de memoire:Impact de la liquidite bancaire sur l octroi de credit A la BSIC-RCA, de maitrise en sciences economioques A l universite de BANGUI.

    • Matt
      Matt Reply

      Je suis content que cet article ait pu vous servir de base à votre mémoire. Bonne continuation.

  3. Avatar

    Merci aux concepteurs dee ce site, j’aimerai avoir plus d’informations sur les transactions financières et le fonctionnement d’une banque de façon approfondi

  4. Avatar

    pourquoi est il possible d’observer une hausse de l’endettement des ménages et de celle de leur capacité de financement ??

  5. Avatar

    Merci pour l’effort de clarté de ce site.
    Il serait bien de parler aussi de l’arnaque de l’article 104 de Maastricht (article 123 de Lisbonne) et son fâcheux précédent, en France, avec la loi de janvier 1973 qui a subitement privé l’état de son pouvoir de création monétaire sous le prétexte fallacieux de lutte contre l’inflation. La dette publique est une conséquence de cette arnaque de « bankster » dont les médias ne parlent jamais.
    Citoyens, ayez la curiosité salutaire de vous informer sur ces lois crapuleuses et leurs conséquences délétères !!!

  6. Avatar
    diallo kassoum Reply

    bjr je suis etudiant mauritanien en 1ère année économie et j’aimerais que quelqu’un me dise quelle est la difference entre un trader et courtier merci.

  7. Avatar

    Merci : enfin un site clair et simple sur les base de l’économie!

    Comment peut on calculé la masse monétaire d’un pays => est ce simplement lié au PIB?

    ( PIB / quantité de monnaie = valeur de la monnaie ) ?

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    Abdelmoujib Reply

    que est l’impact d’une augmentation ou d’une diminution du taux directeur sur les taux débiteurs?

  9. Avatar
    koné madina Reply

    @pia : les conséquences d’une baisse du taux d’intérêt des banques commerciales c’est stoper l’accord des crédits aux agents économiques

  10. Avatar

    normalement dans une economie de marché les instruments directs sont de moins en moins utilisés c’est ainsi les credits ne sont plus encadrés.Mais le réescompte est_t_il supprimé?

  11. Avatar
    arabmusulman Reply

    si taux interet baisse donc les crédits accordés aux ménages et aux entreprises augmentent ce qui améliore le pouvoir d’achat chez les ménages et les capacités d’investissement chez les entreprise mais il y aura des mauvaises conséquences sur les prix (risque d’inflation) et une fuite des capitaux vers l’etranger vu la leur faible rémunération.

  12. Avatar

    quelles sont les conséquences d’une baisse des taux d’interets des banques commerciales?

    • Avatar

      Taux d’interets des banques commerciales diminue alors la Demande de la monnaie augmente donc La consommation augmente et par suite les prix augmente augmente c’est à dire inflation.

      • Avatar
        HOUNDETOUNGAN

        La réponse est correcte. Je voudrais ajouter quelque chose. Il faut distinguer le taux sur les dépôts et le taux sur les prêts. Si c’est le taux sur les dépôts, la conséquence serait la réponse proposée. Mais si c’est le taux sur le prêts, je voudrais ajouter que cela va inciter les entreprises a demander de crédits car le coût d’un prêt est devenu plus faible. Conséquence, hausse de l’investissement

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