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Les travaux de Michel Pinçon et de Monique Pinçon-Charlot se concentrent essentiellement sur les élites, par le biais d’enquêtes ethnographiques. Leurs recherches s’inscrivent dans la tradition sociologique qui produit une analyse du système social par le prisme des rapports de domination entre groupes sociaux, renvoyant aux travaux de Karl Marx et de Pierre Bourdieu.

Voici un documentaire de 26 minutes réalisé par Yannick Bovy en janvier 2014, diffusé dans une émission de la FGTB wallonne :

Ici, c’est à travers le conflit entre classes sociales que sont analysés les mouvements socio-économiques. Leur approche remet au goût du jour les théories marxistes : la guerre des classes est déclarée car les rapports sociaux de classes sont violents dans le capitalisme mondialisé.

Cette violence est exercée par les classes dominantes (la bourgeoisie qui se confond avec les élites financières) sur le peuple (les classes moyennes et populaires).

Les auteurs tentent de déterminer comment se produit cette violence, et comment elle est acceptée par le plus grand nombre.

La violence des riches

Cette violence se réalise en connivence avec les gouvernants. Le gouvernement socialiste a en effet, depuis 2012, favorisé les politiques libérales, et continué à désavantager fiscalement le peuple.

Le gouvernement oligarchique socialiste rassemble professionnels de la politique et acteurs de la finance en son sein. Les lignes de partage entre la droite traditionnelle et la gauche libérale sont devenues floues, ce qui amène à désigner le gouvernement socialiste par les termes de « deuxième droite ».

L’idéologie néolibérale faisant désormais consensus, les intérêts de la bourgeoisie financière sont privilégiés, et se matérialisent par les cadeaux fiscaux et par la clémence face aux fraudes des plus riches.

Comment les classes dominantes arrivent-elles à asseoir leur domination et à la faire perdurer ?

D’une part, pour maintenir sa domination, la bourgeoisie doit convaincre le plus grand nombre d’être dans son bon droit. Les membres de la bourgeoisie ne peuvent donc assumer publiquement la recherche de leur enrichissement personnel, dans le système économique néolibéral.

Tout d’abord, la bourgeoisie se décharge de sa responsabilité dans la crise économique. Elle impose alors l’idée que le marché se dirige seul, et que la crise est un coup du sort aléatoire et incontrôlable. Est alors pointé du doigt le coût du travail et des protections sociales, accusé de peser trop lourd dans l’économie. Ce discours permet de poursuivre les atteintes au droit du travail et au système de protection sociale.

Par ailleurs, les plus fortunés, pourtant responsables de la déstabilisation de plusieurs États démocratiques, à l’image de la Grèce ou de l’Espagne, se présentent eux-mêmes comme des producteurs de richesses. Toute forme de revendication devient une atteinte aux dominants légitimes, qui seraient au service de l’intérêt général.

Légitimité et intériorisation de la domination

D’autre part, la bourgeoisie a intérêt à ce que le peuple intériorise la légitimité de sa domination, et cela par différents moyens.

Tout d’abord, les riches s’affichent comme les promoteurs de la culture légitime, par la possession d’objets d’art et le mécénat qu’ils pratiquent dans le domaine culturel. Leur légitimité s’imprime également dans les corps : le bourgeois porte, dans sa gestuelle et dans sa ligne, les stigmates positifs de son appartenance de classe. Son élégance, qui s’oppose à l’obésité surreprésentée au sein des classes populaires, est élevée au rang d’image idéale de l’Homme. Enfin, les auteurs relèvent le sentiment d’intimidation suscité par les lieux investis par la bourgeoisie chez ceux qui n’appartiennent pas à cette classe.

Nous aboutissons alors à une configuration dans laquelle la domination de la classe bourgeoise apparaît comme un ordre naturel, idée largement intériorisée par le peuple. C’est ainsi que se réalise un brouillage de la lutte des classes : la violence des riches devient invisible puisque supposée naturelle et légitime. La disparition de la conscience de classe ouvrière, et donc des mobilisations, participent de ce brouillage.

Le Jeu de la Mort est un documentaire mettant en scène un faux jeu télévisé (La Zone Xtrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat, jusqu'à des tensions pouvant entraîner la mort.

La mise en scène reproduit l'expérience de Milgram réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 pour étudier l'influence de l'autorité sur l'obéissance : les décharges électriques sont fictives, un acteur feignant de les subir, et l'objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n'est pas au courant de l'expérience.

Ce documentaire est un bon point de départ pour une réflexion sur l'autorité et l'obéissance. Arriverons-nous toujours à nous rebeller face à une autorité abusive ? Face à la pression d'un groupe de pairs ?

Les articles d'Économie et Sociologie couvrent le programme du bac ES (classes de Première et Terminale) jusqu'à la Licence (Université).

Economie et Sociologie photo

Les activités économiques et leur cadre social

La régulation des activités sociales

Croissance, développement et déséquilibre

Travail et emploi

Investissement, capital et progrès technique

Ouverture internationale et mondialisation

Changement social et solidarité

Changement social et inégalités

Le rôle économique et social des pouvoirs publics

Introduction

Emile Durkheim (1858-1917) est l'un des pères fondateurs de la sociologie. Il est l'auteur de deux ouvrages prépondérants : De la division du travail social (1893) et Le suicide (1897). A la fin du 19ème siècle, il est préoccupé par les problèmes sociaux liés à la révolution industrielle en France : la cohésion sociale semble menacée. Une question se retrouve dans toute l'oeuvre de Durkheim : quel ciment peut bien lier tous les individus les uns aux autres et faire tenir la société ? Durkheim pose alors le problème du lien social. Il va créer une science nouvelle destinée à permettre d'analyser objectivement la réalité sociale. Il va imposer la sociologie comme discipline à part entière : l'objet de la sociologie est la société. Pour comprendre le fonctionnement de la société, Durkheim va définir les règles de la méthode sociologique. Sa démarche est objective et il explique un fait social par rapport à d'autres faits sociaux. Son but est de dégager les réalités sociales à l'origine des comportements individuels. Durkheim est partisan du holisme ou déterminisme social. Il s'oppose à Weber, partisan de l'individualisme méthodologique.

I - Individu et société

A - Etude d'un fait social : le choix du prénom

Fait social

Selon Durkheim, est fait social toute manière de faire susceptible d'exercer sur un individu une contrainte extérieure. C'est une manière d'agir ou de penser où s'exprime la contrainte que fait peser sur chacun l'appartenance à un groupe.

Le modèle classique

Devait faire face à des contraintes collectives :

  • lignée familiale (Famille)
  • communauté religieuse (Eglise)
  • collectivité locale

Les familles n'ont pas le libre choix du prénom (règles sociales contraignantes). Le prénom sert à rattacher l'individu à une identité collective. L'individu n'est pas d'abord identifié par sa personnalité mais par sa présence au sein d'un groupe.

Le modèle actuel

Aujourd'hui on veut individualiser l'enfant. Le choix est libre mais il y a l'influence de la mode. C'est une manière de se distinguer. Certains prénoms sont rattachés à des classes sociales. Le prénom devient un bien de consommation.

B - Le lien social

Le lien social est l'ensemble des liens qui unissent les individus (même s'ils ne se connaissent pas directement) et qui les amènent à se sentir membres d'une même société.

La question du lien social se pose à Durkheim parce que l'on se trouve dans une période d'industrialisation (révolution industrielle) et que les intérêts personnels mènent à l'individualisme et aux initiatives privées. Durkheim s'interroge sur les moyens de renforcer la cohésion sociale et de réformer une société perturbée par des changements trop rapides.

II - La Division du Travail Social (DTS)

A - Définition et fonction

La Division du Travail Social (DTS) est la spécialisation des fonctions des individus dans la société toute entière. Pour Durkheim, la DTS déborde largement la sphère économique et s'inscrit aussi dans les domaines artistiques, administratifs, politiques, scientifiques... tous sont touchés par la spécialisation des fonctions. Durkheim critique les économistes qui ne voient qu'un but économique à la division du travail.

Produire de la solidarité est la fonction morale de la DTS. Le but est de relier les individus entre eux parce que la spécialisation créé une interdépendance entre les individus et une prise de conscience de cette interdépendance. La DTS entraîne donc aussi une complémentarité, amenant ainsi les individus à coopérer.

Note : La Division du travail social a été écrit dans un contexte individualiste. Durkheim est un sociologue de l'intégration et non du conflit.

Note : Marx parle de la Division Sociale du Travail (DST) : la division du travail est synonyme d'aliénation. Marx est un sociologue du conflit.

B - Les causes de la division du travail (DT)

Sous l'effet de leur nombre croissant et de leur concentration accrue en un même lieu, les hommes entrent de plus en plus en concurrence et sont poussés à se spécialiser. Ils occupent donc des fonctions différentes et complémentaires. Ils peuvent coexister au lieu de devoir éliminer des rivaux menaçants leur survie.

3 facteurs se combinent pour expliquer la division du travail :

  • la croissance du volume de la population
  • la densité matérielle : population / superficie
  • la densité morale ou dynamique de la société : intensité des rapports sociaux

III - Les formes de solidarité

A - Lien entre DTS et solidarité

La fonction de la DTS et de lier les individus entre eux. Ce qui pousse les individus à entretenir des relations sociales s'explique par un certain type de socialisation, par des valeurs et des normes intériorisées.

La socialisation est le processus d'apprentissage des normes, des valeurs, des comportements attendus au sein d'un groupe. Il peut prendre deux formes, inculcation ou familiarisation, selon qu'il résulte d'injonctions précises ou d'une imitation de comportements observés. Les principales instances de socialisation sont la famille et l'école pour ce qui est de la socialisation primaire (apprentissage au cours de l'enfance), auxquelles on peut rajouter l'entreprise pour la socialisation secondaire. C'est le processus par lequel un individu apprend et intériorise les différents éléments de la culture de son groupe, ce qui lui permet de former sa propre personnalité sociale et de s'adapter au groupe dans lequel il vit.

Les valeurs sont les principes qui orientent l'action des hommes en société en leur fixant des buts, des idéaux et donc des moyens de juger de leurs comportements.

Les normes sont des règles de conduite, plus ou moins institutionnalisées, fondées sur des valeurs. Ces règles de conduites doivent être conformes avec les moeurs de la société. Les conduites qui s'en écartent sont sanctionnées par le contrôle social formel et informel.

Le contrôle social est l'ensemble des moyens et des processus par lesquels une société parvient à faire respecter ses normes.

B - Les 2 formes de droit

Le droit codifie les règles de conduite qui s'opposent à la société. Le droit est indicateur de solidarité :

  • le droit répressif (ex : droit pénal) accorde de l'importance à la "conscience collective". La réaction est passionnelle avec désir de vengeance. La sanction est répressive : ex : infliger une peine aux criminels.
  • le droit restitutif (ex : droit commercial) remet les choses en état par une réaction raisonnée avec objectif fonctionnel. Cela ne concerne que des parties spécialisées du groupe. La sanction est réparatrice. Ex : commerçants.

La conscience collective est la notion employée par Durkheim pour désigner "l'ensemble des croyances et des sentiments communs" des membres d'une société. Elle s'impose aux individus et se transmet d'une génération à une autre par le biais de la socialisation.

C - Les 2 formes de solidarité

Durkheim oppose 2 types de solidarité s'exprimant dans 2 types de droit et correspondant à 2 types de société.

Les sociétés traditionnelles à solidarité mécanique (droit répressif)

Ont une solidarité par similitude. Ce sont des sociétés fondées sur la ressemblance qui existe entre les individus et sur la force des sentiments communs à tous. Le lien social repose sur une forte conscience collective. Il s'agit de sociétés de taille réduite, à faible division du travail : la tradition joue donc un rôle prépondérant. L'individu ne peut se distinguer de l'ensemble du groupe. Il existe 3 liens :

  • sang : famille
  • voisinage, sol : village
  • spirituel : religion

Il n'y a aucune place pour l'individualisme. La pression du groupe est très forte sur l'individu. Le droit est répressif pour renforcer la conscience collective. Le contrôle social informel est important.

Les sociétés modernes à solidarité organique (droit restitutif)

Ont une solidarité par différenciation. Le lien social ne disparaît pas, il prend une autre forme. Ce sont des sociétés fondées sur la différence qui existe entre les individus. Les individus sont autonomes et possèdent une conscience individuelle : l'individualisme existe bel et bien. Les sociétés sont très complexes, à forte division du travail : la complémentarité des fonctions permet cette solidarité. La tradition a moins d'importance. L'infraction aux règles sociales est sanctionnée par le droit restitutif.

IV - La pathologie des sociétés modernes

Malgré la confiance qu'il affiche dans son ouvrage envers la capacité de la division du travail social à produire de la cohésion sociale, Durkheim s'inquiète de l'ampleur des changements sociaux : la DTS peut prendre des formes pathologiques.

A - L'anomie

Etymologiquement, l'anomie est l'absence de règles, de normes, de lois. En 1893, dans De la division du travail social, Durkheim définit l'anomie comme un affaiblissement, une "dérégulation" du lien social. C'est une pathologie de la division du travail qui ne crée plus alors de solidarité, les individus ne savent plus comment se conduire, manquent de repères. Plus tard, dans Le Suicide (1897), Durkheim caractérise l'anomie comme "le mal de l'infini", c'est-à-dire une situation psychologique d'absence de limite aux désirs, aux passions individuelles. Lorsque les règles morales disparaissent, les désirs de l'individu deviennent illimités et donc impossible à satisfaire.

Pour Robert King Merton (1910-2003), l'anomie se produit lorsque l'individu est confronté à une inadéquation entre les finalités légitimes (les buts valorisés) dans une société donnée et les moyens légitimes dont il dispose réellement.

B - L'égoïsme

L'égoïsme est le détachement excessif envers la collectivité, un repli sur son ego.

C - Le suicide

Anomie et égoïsme peuvent conduire au suicide. Le taux de suicide est un indice du malaise social. Les causes du suicide sont : la perte de l'identité (langue, sol), l'urbanisation et l'industrialisation rapide qui ont perturbé la société rurale (après la Seconde Guerre Mondiale), l'anticipation de la crise économique actuelle (crainte d'être licencié), le chômage, la diminution de la pratique religieuse, la crise de la famille, l'isolement et la solitude, l'appartenance à une classe sociale, la réduction du niveau de vie, l'anomie.

D - Intégration sociale et régulation sociale

Pour qu'il y ait cohésion sociale, Durkheim distingue 2 processus de socialisation : l'intégration sociale et la régulation sociale. Quand ces deux processus ne peuvent s'effectuer convenablement, la société et les individus sont dangereusement fragilisés.

L'intégration sociale caractérise le phénomène d'intériorisation des normes et des valeurs ayant cours dans un groupe ou une société donnés. C'est donc le processus par lequel une société parvient à s'attacher les individus, à leur rendre désirable la poursuite des idéaux collectifs.

Facteurs sociaux susceptibles de provoquer un affaiblissement de ce processus : affaiblissement de la morale conjugale (divorce par consentement mutuel), affaiblissement de la morale économique, essor de l'industrie. Effets sociaux entraînés par l'affaiblissement de ce processus: égoïsme. Indicateur exprimant l'affaiblissement de ce processus : hausse du taux de suicide (de type égoïste).

La régulation sociale est le processus par lequel une société parvient à réglementer les désirs individuels, les limitant et les rendant ainsi possibles à satisfaire.

Facteurs sociaux susceptibles de provoquer un affaiblissement de ce processus : baisse de nuptialité et de la fécondité qui entame la cohésion sociale, déclin de l'influence religieuse.
Effets sociaux entraînés par l'affaiblissement de ce processus: anomie.
Indicateur exprimant l'affaiblissement de ce processus : hausse du taux de suicide (de type anomique).

Conclusion

Durkheim distingue dans la société des risques accrus d'égoïsme et d'anomie à cause de l'affaiblissement des institutions socialisatrices (famille, Eglise, Etat) qui assuraient traditionnellement les fonctions d'intégration et de régulation sociale. C'est pourquoi il propose de renforcer les groupes intermédiaires (groupes professionnels, syndicats, associations) afin de réduire le risque de fracture sociale.

La socialisation : l'homme en tant qu'être social photo

La quasi-totalité des comportements humains sont déterminés par l'environnement social, même ceux qui satisfont un besoin physiologique comme manger. La façon d'être des individus est déterminée par ses relations avec les autres. L'homme se révèle comme le résultat d'une nature biologique (l'inné) et d'un contexte social (l'acquis).

L'inné est l'ensemble des dispositions que l'homme possède à la naissance et qu'il n'a pas appris par la culture. Influence des facteurs biologiques ou génétiques.
L'acquis est tout ce que la société transmet à l'individu au cours de son existence. Influence des facteurs culturels et environnementaux.

I - Qu'est-ce que la socialisation ?

A - L'homme ne naît pas social, il le devient

La société impose des règles aux individus : dire bonjour, se conformer à un emploi du temps... L'homme ne naît pas social, il le devient.

B - La socialisation

La socialisation est l'apprentissage de la vie en société. Elle consiste en l'apprentissage des comportements, des valeurs et des normes sociales. C'est le processus d'intériorisation par chacun des valeurs et des normes du groupe et de la société dont il est membre. C'est le processus d'acquisition des connaissances, des modèles, des valeurs, des symboles, bref les "manières de faire, de penser et de sentir" propres aux groupes et à la société où l'individu est appelé à vivre.

C - Quand se fait la socialisation ?

La socialisation débute dès la naissance, se poursuit toute la vie et ne connaît son terme qu'avec la mort. Sans aucun doute, la petite enfance est-elle la période la plus intense de socialisation qui se prolonge jusqu'à l'adolescence. Une fois passée cette période intense de socialisation, l'adulte poursuit encore sa socialisation tout le reste de sa vie : premier emploi, mariage, naissance du premier enfant, changement d'emploi, promotion, déménagement...

II - Ce que l'on acquiert par le processus de socialisation

A - On acquiert des valeurs

Une valeur est un idéal propre à une société donnée ou à un groupe d'individus. C'est la manière d'être ou d'agir qu'une collectivité reconnaît comme idéale et à laquelle on souhaite que chacun se conforme. Exemples :

Liberté - Egalité - Fraternité
Travail - Famille - Patrie
Fidélité - Respect - Tolérance

Dans toute société, il existe des valeurs mais certaines ne sont pas acceptées par toute la société (racisme, violence, mépris...). Ces valeurs sont abstraites et il faut les traduire par des normes.

B - On acquiert des normes

Les normes sont des modèles, des règles de conduite auxquelles les individus doivent se conformer pour vivre en société. Ces règles sont plus ou moins institutionnalisées et fondées sur des valeurs.
Exemples :

Civisme [Valeur] → Voter [Norme]
Patrie [Valeur] → Défendre son pays en cas de guerre [Norme]

Ces valeurs et ces normes sont généralement intériorisées par les individus. Elles évoluent aussi dans le temps.

C - On acquiert des rôles

Un rôle est le comportement qu'un individu doit suivre en fonction de la position, du statut qu'il occupe dans la société. Le statut social désigne toutes les différentes positions sociales que peut occuper un individu (statut de fils, de mère, de professeur...). A chaque statut est associé un certain nombre de rôles. Exemple : soit Mr X : chef d'entreprise, marié, père de famille, gardien de buts le week-end.

Les rôles se transforment aussi avec le temps : les rôles professionnels et politiques (civiques) sont accrus alors que les rôles domestiques et familiaux perdent de leur importance. Ceci est dû à plusieurs facteurs : égalité des droits (sociaux, vote), la révolution industrielle et technique, les progrès médicaux (maîtrise de la fécondité), l'urbanisation, l'instruction. A cause du taux d'activité des femmes, il y a diminution du travail domestique ainsi que moins d'enfants. Notons également le partage des tâches domestiques.

D - On acquiert le langage

[ Voir L'enfant Sauvage de François Truffaut ].

La socialisation est nécessaire à la société dans son ensemble car elle en permet le bon fonctionnement et assure le consensus social : lorsqu'un groupe adhère dans son ensemble à une idéologie, à un système de valeur, à une façon de voir ou d'agir.

III - Ou se fait la socialisation ?

La socialisation est assurée par des agents de socialisation qui sont des acteurs sociaux ayant une influence essentielle sur la formation de l'individu durant toute son existence.

A - Les agents de socialisation primaires

La famille est l'institution fondamentale en matière de socialisation. Pour éclairer plus globalement cette empreinte familiale que les individus reçoivent lors de leur socialisation, Pierre Bourdieu (1930-1999) parle "d'habitus". L'habitus correspond à l'ensemble des goûts, des comportements, des manières de percevoir, de ressentir et de dire qu'un individu reçoit de sa famille et de son milieu social. C'est en fonction de cet habitus hérité que tout homme agit dans la société.

Ce rôle socialisateur de la famille s'accentue en période de chômage (entraide morale et financière des grands-parents par exemple). La multiplication des familles mono-parentales, des divorces, l'importance du travail féminin sont des facteurs importants de mutation de la socialisation par la famille. Il n'est pas rare dans les familles émigrées de voir les enfants socialiser leurs parents à la culture du pays d'accueil.

L'école est aussi un agent de socialisation. Elle éduque, transmet des règles de conduite et enseigne des connaissances et des savoirs-faire. Pour les enfants de catégorie sociale dominante, l'école renforce la culture familiale. Des inégalités existent en fonction des catégories sociaux-professionnelles (C. S. P.).

B - Les agents de socialisation secondaires

N'ont pour fonction que d'adapter un être "déjà social" à une situation bien particulière :

  • l'entreprise est un agent de socialisation secondaire (promotion, licenciement...).
  • le groupe de pairs (plongée, équipe de basket). L'adhésion à un club suppose l'apprentissage de règles de conduite.

C - Les autres agents de socialisation

L'Eglise a perdu de son importance en tant qu'agent de socialisation. Ce rôle socialisateur avait une fonction d'intégration (communions, fêtes religieuses).

Les média (presse, radio, télévision) : leur rôle ne fait que s'amplifier. Face à la télévision, les familles n'ont pas toutes la même attitude. Il y a parfois une utilisation sélective et contrôlée.

La socialisation peut donc se faire de manière avouée (socialisation dure, exemple : la morale à l'école) ou de manière diffuse (socialisation douce, exemple : respecter les règles du jeu par les livres, par la vision quotidienne du comportement des parents). Plus la socialisation est diffuse, plus elle est inconsciente et plus elle est efficace : cela devient naturel.

IV - Comment se fait la socialisation ?

A - L'individualisme et le holisme

Faut-il partir de l'individu pour comprendre la société ou faut-il partir de la société pour expliquer les actions individuelles ? L'individu est-il un être actif ou passif ? Ce débat oppose donc l'individualisme (théorie sociologique et psychologique) au holisme (déterminisme social).

1 - Modèle de l'individualisme

L'auteur représentatif de ce modèle est Max Weber (1864-1920) :

  • l'homme est un être actif.
  • la société est façonnée par l'homme.
  • primauté de l'individu sur la société.
  • normes, valeurs et rôles ne sont que des possibilités offertes à l'individu qui conserve toujours une marge de liberté dans l'exercice de ces rôles. L'homme recherche son intérêt personnel.

Conséquences : l'individu est ici un acteur social. Il va donc assimiler les événements en fonction de son intérêt personnel. Au besoin, il modifie les valeurs et les normes.

2 - Modèle holiste ou déterminisme social

L'auteur représentatif de ce modèle est Emile Durkheim (1858-1917) :

  • l'homme est un être passif
  • l'homme est façonné par la société
  • primauté de la société sur l'individu
  • la société impose des valeurs, des normes, des rôles qui exercent une contrainte sur les individus. L'action de l'individu est conditionnée (agents de socialisation : famille, école).

Conséquences : le résultat sur la production d'individus normaux conformistes, i. e. respectant les normes et agissant conformément aux rôles qui leur ont été attribués. Remarque : il existe quelques ratés (délinquance, déviance).

B - Les différentes formes d'apprentissage

Il existe différentes formes d'apprentissage :

1 - l'apprentissage par renforcement

Conditionne l'enfant pour qu'il se conduise bien. Ce sont les récompenses ou punitions que les parents infligent à un enfant pour montrer qu'ils approuvent ou désapprouvent sa conduite.

2 - l'apprentissage par conditionnement

Les habitudes deviennent des réflexes conditionnés (dire bonjour, merci, au revoir...).

3 - l'apprentissage par observation

L'enfant apprend en observant les conduites des adultes en les imitant et en les reproduisant. Cet apprentissage exige une participation affective. L'enfant doit pouvoir admirer l'adulte et celui-ci ne pourra avoir une influence sur l'enfant que s'il gagne son cour.

4 - l'apprentissage par interaction avec autrui

L'enfant apprend à travers les jeux de rôles. Il fait l'expérience de la société et s'approprie les savoirs des adultes.

C - Un modèle essentiel de socialisation : la socialisation meadienne

Le processus de socialisation selon George Herbert Mead (1863-1931) se fait en 3 étapes :

1ère étape

Prise en charge par l'enfant des rôles joués par ses proches, ceux que Mead appelle ses "autrui significatifs" : l'enfant s'invente un "double", un "personnage".

2ème étape

L'enfant va faire partie d'un groupe de pairs. Il va devoir respecter les règles du jeu. Cependant, son imagination recrée encore les règles du jeu.

3ème étape

Il remplit un rôle utile et reconnu. Il a une identité particulière reconnue par autrui. Il devient "moi".

La socialisation va donc de pair avec l'individualisation : plus on est soi-même, mieux on est intégré au groupe.

Conclusion

La sociologie étudie les hommes vivant en société. Cette science étudie l'action des individus et des groupes d'individus par référence au contexte social. C'est la science dont l'objet est la connaissance des faits sociaux (événements révélateurs du comportement de l'individu).

Enfin ! J'ai enfin eu le temps de scanner les quelques documents iconographiques peuplant les pages d'économie et de sociologie. Cala fait bien 3 ou 4 ans que je les avais promis et à force de sans cesse remettre cela à plus tard... rien ne s'était fait. Je présente donc mes excuses aux quelques douzaines de visiteurs qui m'ont demandé rituellement quand les schémas seraient en ligne. Ils y sont donc profitez-en bien !

J'ajoute au passage que la possession d'un scanner était la condition sine qua non à la mise en ligne de ces schémas qui, pour 90% d'entre eux au final, ont été refaits à la main en utilisant Photofiltre. Et oui, le papier vieillit assez mal et la majeure partie des articles de journaux traitaient encore des francs : il a donc fallu faire un choix et ne garder que ce qui reste encore d'actualité. Bonne lecture si vous reprenez le fil des articles ^_^

Et oui, elle est arrivée plus vite que prévue : c'est la deuxième partie de la section Eco et Socio :

La régulation des activités sociales

J'ai pas glandé grand chose aujourd'hui : sieste une bonne partie de l'après-midi ensuite petite plongée en version light, c'est à dire avec palmes, masque et tuba. Manque de bol, la marée remontait et l'eau était assez trouble. J'ai même vu un poisson qui m'a suivi en rigolant. Quand je pense que quand j'ai mon fusil ils se tirent tous avant que j'ai pu armer... Enfin ! Finalement je suis allé au bistrot voir un groupe de rythm'n blues, Bullit. Que des reprises et un guitariste qui a joué 7 fois le même solo (pentatonic) sur 7 chansons différentes. Apparemment je suis le seul à l'avoir remarqué, les gens applaudissent tous sans rien dire. Dommage !

Bon j'ai bien travillé ces derniers jours : la première partie de mon cycle Economie et Sociologie est maintenant terminée. Il ne me reste plus que les illustrations à scanner ou à dessiner (aîe !). Je vais tenter le scan dès que je rentre à la maison. En attendant vous aurez droit à un énigmatique "[schéma]" en lieu et place des graphiques ;-)

Les activités économiques et leur cadre social

J'ai déjà commencé la deuxième partie dans la foulée mais on verra cela dans un prochain post ^^

J'ai décidé de me replonger dans mes cours d'économie pendant les vacances, histoire de me remémorer un peu le "bon vieux temps". En fait, je crois que cela me manque un peu. Exactement comme les maths... Pourtant j'étais une vraie bille en maths - de la 5ème à la 1ère - et j'avais vraiment hâte d'entrer à la fac pour que le cauchemar s'arrête enfin. Et ben maintenant c'est l'inverse, j'ai une impression d'inaccompli, de manque. Je créerai sûrement une rubrique "Economie" en juillet sur le site, voire même "Sociologie" mais bon, faut voir : c'est pas vraiment la même chose hein ! ;-)

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :