La dissertation en français est l’un des exercices proposés à l’écrit du bac de français en voie générale. Elle consiste à répondre à une question littéraire en construisant une réflexion organisée, argumentée et appuyée sur des exemples précis.
Contrairement à une idée tenace, la dissertation n’est pas un exercice réservé aux élèves qui savent écrire trois pages en apnée. Elle repose surtout sur une méthode : comprendre le sujet, formuler une problématique, construire un plan, puis défendre chaque idée avec des exemples littéraires. C’est exigeant, oui. Mais ce n’est pas de la sorcellerie académique.
Qu’est-ce qu’une dissertation au bac de français ?
Une dissertation est une réponse argumentée à une question portant sur une œuvre littéraire et son parcours associé. Elle ne demande pas seulement de réciter le cours. Elle demande d’utiliser ses connaissances pour construire une réflexion personnelle et organisée.
La dissertation porte sur l’un des objets d’étude du programme de première. Elle peut interroger une œuvre intégrale, un parcours, un genre littéraire, une notion ou une tension importante : plaire et instruire, dénoncer et convaincre, liberté et contrainte, amour et société, personnage et lecteur, poésie et expression de soi.
Le devoir doit contenir trois grandes parties :
- une introduction, qui présente le sujet et annonce le plan ;
- un développement, organisé en deux ou trois parties ;
- une conclusion, qui répond clairement à la problématique.
La dissertation évalue donc votre capacité à réfléchir, organiser, argumenter et mobiliser des exemples. Elle récompense la clarté plus que la complication.
Ce qu’on attend dans une bonne dissertation
Une bonne dissertation doit montrer cinq compétences.
- Comprendre le sujet : vous devez répondre exactement à la question posée.
- Définir les mots importants : un sujet littéraire repose souvent sur des notions à éclaircir.
- Construire une problématique : votre devoir doit suivre une vraie question directrice.
- Organiser un plan progressif : chaque partie doit faire avancer la réflexion.
- Appuyer les arguments sur des exemples : une idée sans exemple reste une affirmation gratuite.
Le correcteur ne cherche pas une copie spectaculaire. Il cherche une copie maîtrisée. Un devoir clair, structuré et précis vaut mieux qu’un feu d’artifice confus avec trois citations latines et une envolée sur “l’universalité du Beau”. Restons calmes.
Première étape : analyser le sujet
Avant de chercher un plan, il faut comprendre le sujet. C’est l’étape décisive. Une dissertation ratée commence souvent par une lecture trop rapide de la question.
Pour analyser correctement un sujet, commencez par souligner :
- les mots-clés ;
- les verbes importants ;
- les adverbes restrictifs comme “seulement”, “toujours”, “nécessairement” ;
- les oppositions implicites ;
- les notions littéraires à définir.
Exemple de sujet :
La poésie sert-elle seulement à exprimer des sentiments personnels ?
Ici, les mots essentiels sont poésie, sert-elle, seulement, exprimer et sentiments personnels. Le mot seulement est capital : il invite à dépasser une réponse simple. La poésie peut exprimer des sentiments, mais elle peut aussi dénoncer, célébrer, expérimenter la langue, interroger le monde ou créer une vision nouvelle du réel.
La première erreur à éviter consiste donc à répondre trop vite. Une dissertation n’est pas un sprint. C’est une randonnée avec une carte. Et sans carte, on finit souvent dans le ravin du hors-sujet.
Deuxième étape : définir les mots du sujet
Définir les termes du sujet permet de comprendre ce qu’on vous demande vraiment. Il ne faut pas forcément rédiger une définition de dictionnaire, mais il faut éclaircir les notions importantes.
Quelques exemples :
- Plaire : séduire le lecteur, susciter son intérêt, produire du plaisir esthétique ou émotionnel.
- Instruire : transmettre une connaissance, une idée, une morale ou une vision du monde.
- Dénoncer : révéler et condamner une injustice, un abus ou un défaut.
- Personnage : être de fiction construit par le récit, porteur d’actions, de valeurs et de conflits.
- Poésie : travail singulier du langage, du rythme, des images et des sons.
- Roman : récit long qui construit un univers, des personnages et une progression narrative.
- Théâtre : texte destiné à la représentation, fondé sur la parole, le conflit et la présence scénique.
La définition doit servir votre réflexion. Elle ne doit pas flotter dans l’introduction comme une fiche de vocabulaire abandonnée.
Troisième étape : reformuler le sujet
Une bonne reformulation transforme le sujet en question claire. Elle permet de vérifier que vous avez compris l’enjeu.
À partir du sujet :
La littérature doit-elle toujours plaire pour instruire ?
On peut reformuler ainsi :
Une œuvre littéraire doit-elle nécessairement séduire le lecteur pour lui transmettre une idée, une morale ou une réflexion ?
Cette reformulation fait apparaître la tension du sujet : d’un côté, le plaisir peut aider à transmettre une idée ; de l’autre, certaines œuvres instruisent par le choc, la critique, l’inconfort ou la difficulté.
Quatrième étape : trouver la problématique
La problématique est la question directrice du devoir. Elle ne doit pas répéter platement le sujet. Elle doit faire apparaître un problème littéraire.
Un sujet pose souvent une tension entre deux idées :
- plaire et instruire ;
- liberté et contrainte ;
- fiction et réalité ;
- expression personnelle et portée universelle ;
- divertissement et critique ;
- tradition et modernité ;
- émotion et réflexion.
Une bonne problématique interroge cette tension.
Exemples de problématiques efficaces :
- Comment la littérature peut-elle instruire le lecteur tout en suscitant son plaisir ?
- La fiction éloigne-t-elle du réel ou permet-elle au contraire de mieux le comprendre ?
- Le personnage de roman doit-il être admirable pour intéresser le lecteur ?
- La poésie exprime-t-elle seulement une émotion personnelle ou propose-t-elle aussi une vision du monde ?
- Le théâtre se limite-t-il au conflit ou permet-il aussi une réflexion sur la société ?
Évitez les problématiques trop vagues comme : Nous allons voir si c’est vrai ou faux. C’est techniquement une intention. Ce n’est pas encore une pensée.
Cinquième étape : choisir le bon type de plan
Le plan dépend du sujet. Il ne faut pas choisir un plan à l’avance puis forcer le sujet à entrer dedans. C’est comme mettre un manteau trop petit à une idée : ça craque aux coutures.
Le plan dialectique
Le plan dialectique est très fréquent. Il convient aux sujets qui invitent à discuter une affirmation.
- I. Oui, l’idée du sujet se vérifie.
- II. Cependant, elle doit être nuancée.
- III. On peut dépasser l’opposition.
Exemple de sujet :
Le roman doit-il nécessairement proposer des personnages admirables ?
Plan possible :
- I. Les personnages admirables peuvent susciter l’intérêt et l’identification du lecteur.
- II. Mais les personnages faibles, ridicules ou monstrueux peuvent être tout aussi captivants.
- III. En réalité, ce qui compte n’est pas l’admiration, mais la complexité du personnage.
Le plan thématique
Le plan thématique convient lorsque le sujet demande d’explorer plusieurs fonctions, aspects ou dimensions d’une œuvre ou d’un genre.
- I. Une première fonction.
- II. Une deuxième fonction.
- III. Une troisième fonction.
Exemple de sujet :
À quoi sert le théâtre ?
Plan possible :
- I. Le théâtre divertit par le jeu, le spectacle et les situations.
- II. Il met en scène des conflits humains et sociaux.
- III. Il invite le spectateur à réfléchir sur lui-même et sur le monde.
Le plan analytique
Le plan analytique part d’un constat, en cherche les causes, puis en étudie les conséquences ou les limites.
- I. Le constat.
- II. Les causes ou les moyens.
- III. Les effets ou les limites.
Ce plan fonctionne bien pour les sujets qui demandent d’expliquer un phénomène littéraire : pourquoi une œuvre touche-t-elle le lecteur ? Comment un auteur rend-il une critique efficace ? Pourquoi une fiction peut-elle porter une vérité ?
Faut-il faire deux ou trois parties ?
Une dissertation peut comporter deux ou trois parties. Trois parties donnent souvent une réflexion plus progressive, surtout en voie générale. Mais deux parties solides valent mieux que trois parties artificielles.
Choisissez trois parties si vous avez une vraie progression :
- affirmation ;
- nuance ;
- dépassement.
Choisissez deux parties si le sujet appelle une opposition claire et que vous manquez d’un troisième niveau pertinent. Le plus important reste la cohérence. Une troisième partie vide n’a jamais sauvé une copie. Elle l’a souvent achevée.
Sixième étape : trouver des arguments
Un argument est une idée qui répond à la problématique. Il doit être formulé clairement et pouvoir être prouvé par un exemple.
Évitez les arguments trop vagues :
- la littérature est importante ;
- les auteurs veulent faire passer un message ;
- le personnage est intéressant ;
- le théâtre montre des choses.
Préférez des arguments précis :
- La fiction permet de rendre une idée abstraite plus concrète.
- Le rire rend la critique sociale plus acceptable et plus efficace.
- Un personnage imparfait peut mieux refléter la complexité humaine.
- La poésie transforme une expérience personnelle en émotion partageable.
- Le théâtre rend visible le conflit entre désir individuel et norme sociale.
Un bon argument contient déjà une direction. Il annonce ce que vous allez démontrer, pas seulement le thème que vous allez évoquer.
Septième étape : choisir des exemples précis
Dans une dissertation de français, les exemples sont indispensables. Ils prouvent que vous connaissez les œuvres et que vous savez les utiliser pour réfléchir.
Un exemple peut venir :
- de l’œuvre intégrale étudiée en classe ;
- du parcours associé ;
- d’un texte étudié pendant l’année ;
- d’une lecture cursive ;
- d’une œuvre personnelle pertinente.
Un exemple efficace doit être précis. Il ne suffit pas de citer un titre.
Exemple trop vague :
Dans Gargantua, Rabelais parle de l’éducation.
Exemple plus convaincant :
Dans Gargantua, Rabelais oppose l’éducation mécanique des premiers maîtres à l’éducation humaniste de Ponocrates. Cette opposition permet de critiquer une pédagogie fondée sur la répétition et de défendre une formation complète du corps et de l’esprit.
Le deuxième exemple fonctionne parce qu’il contient une référence précise et une interprétation. Il ne se contente pas de poser un nom d’œuvre sur la copie comme une étiquette sur un pot de confiture.
Comment construire une introduction de dissertation ?
L’introduction doit être claire, progressive et complète. Elle prépare le lecteur à votre réflexion.
Elle suit quatre étapes :
- L’accroche : elle introduit le thème ou l’objet littéraire.
- La présentation du sujet : elle rappelle la question posée.
- La définition des termes et la problématique : elle montre l’enjeu du sujet.
- L’annonce du plan : elle indique les grandes étapes du devoir.
L’accroche
L’accroche doit amener naturellement au sujet. Elle peut partir :
- du genre littéraire ;
- du mouvement littéraire ;
- d’une caractéristique de l’œuvre ;
- d’une citation courte ;
- d’une tension générale liée au sujet.
Évitez les accroches trop générales :
Depuis toujours, les hommes écrivent des livres.
Cette phrase est vraie, mais elle ne sert pas grand-chose. Elle ouvre une porte déjà ouverte depuis l’invention de l’alphabet.
Préférez une accroche plus ciblée :
La littérature d’idées cherche souvent à convaincre le lecteur, mais elle utilise pour cela des formes très variées : le dialogue, le récit, la satire ou encore le discours polémique.
Le rappel du sujet
Après l’accroche, il faut rappeler clairement le sujet. Vous pouvez le citer ou le reformuler, mais il doit apparaître nettement.
Phrase utile :
On peut alors se demander si la littérature doit nécessairement plaire pour instruire.
La définition des termes
Définissez ensuite les mots importants. Cette étape permet de montrer que vous avez compris les enjeux.
Exemple :
Plaire signifie séduire le lecteur, susciter son intérêt ou son plaisir. Instruire, au contraire, consiste à transmettre une idée, une connaissance ou une réflexion morale.
La problématique
La problématique peut reprendre le sujet en le rendant plus analytique.
Exemple :
Comment le plaisir littéraire peut-il devenir un moyen d’instruire le lecteur, et quelles limites rencontre cette association entre séduction et réflexion ?
L’annonce du plan
L’annonce du plan doit être simple et lisible. Inutile de faire des acrobaties.
Exemple :
Nous montrerons d’abord que le plaisir peut faciliter l’instruction du lecteur. Nous verrons ensuite que certaines œuvres instruisent aussi par la difficulté, le choc ou l’inconfort. Enfin, nous comprendrons que la littérature instruit surtout lorsqu’elle transforme le lecteur en interprète actif.
Exemple d’introduction rédigée
Voici une introduction complète sur le sujet : La littérature doit-elle nécessairement plaire pour instruire ?
La littérature d’idées cherche souvent à transmettre une réflexion sur l’homme, la société ou le pouvoir. Pour atteindre le lecteur, elle peut prendre des formes plaisantes : récit, dialogue, satire, conte ou portrait. On peut alors se demander si la littérature doit nécessairement plaire pour instruire. Plaire signifie séduire le lecteur, retenir son attention ou susciter son plaisir, tandis qu’instruire consiste à transmettre une connaissance, une idée ou une leçon. Le sujet interroge donc le lien entre plaisir esthétique et efficacité argumentative. Comment le plaisir littéraire peut-il devenir un moyen d’instruire le lecteur, et quelles limites rencontre cette association entre séduction et réflexion ? Nous montrerons d’abord que le plaisir facilite souvent l’instruction. Nous verrons ensuite que certaines œuvres instruisent aussi par la difficulté ou l’inconfort. Enfin, nous comprendrons que la littérature instruit surtout lorsqu’elle rend le lecteur actif.
Cette introduction fonctionne parce qu’elle avance par étapes. Elle ne récite pas une formule. Elle construit une entrée dans le sujet.
Comment rédiger le développement ?
Le développement est le cœur de la dissertation. Il doit être organisé en parties et sous-parties. Chaque sous-partie défend un argument, illustré par un exemple précis.
Une sous-partie efficace suit quatre étapes :
- L’idée directrice : annoncez l’argument.
- L’exemple : citez une œuvre, un passage, un personnage ou une situation.
- L’analyse : expliquez en quoi l’exemple prouve l’argument.
- La mini-conclusion : revenez clairement à l’idée défendue.
La formule à retenir est simple : idée + exemple + analyse + bilan.
Modèle de paragraphe rédigé
Voici un paragraphe complet sur le sujet : La littérature doit-elle nécessairement plaire pour instruire ?
Tout d’abord, le plaisir peut rendre l’instruction plus efficace, car il attire le lecteur et facilite son adhésion. Dans Gargantua, Rabelais utilise le rire, l’exagération et le grotesque pour critiquer l’éducation traditionnelle. Le lecteur est d’abord amusé par les épisodes comiques, mais ce plaisir l’amène aussi à réfléchir aux limites d’un enseignement fondé sur la répétition mécanique. Ainsi, le rire ne sert pas seulement à divertir : il devient un moyen de transmettre un idéal humaniste.
Ce paragraphe fonctionne parce qu’il ne se contente pas de citer une œuvre. Il explique précisément comment l’exemple répond au sujet.
Comment réussir les transitions ?
Une transition relie deux parties. Elle évite l’effet “changement de chaîne sans télécommande”. Elle doit rappeler brièvement ce qui vient d’être démontré, puis annoncer la suite.
Modèle de transition :
Le plaisir littéraire peut donc faciliter l’instruction du lecteur, notamment lorsqu’il rend la réflexion plus vivante et plus accessible. Toutefois, certaines œuvres ne cherchent pas d’abord à plaire : elles peuvent instruire par le trouble, la difficulté ou la confrontation.
Une transition doit être courte. Elle n’est pas une troisième dissertation cachée entre deux parties.
Comment rédiger la conclusion ?
La conclusion ferme la réflexion. Elle doit répondre clairement à la problématique et rappeler les grandes étapes du raisonnement.
Elle suit trois étapes :
- Rappel de la problématique, sans recopier toute l’introduction.
- Bilan du raisonnement, en reprenant les grandes idées du plan.
- Ouverture, si elle est pertinente et naturelle.
L’ouverture n’est pas obligatoire si elle est maladroite. Une bonne conclusion fermée vaut mieux qu’une ouverture forcée vers “la société actuelle”, “les réseaux sociaux” ou “l’intelligence artificielle” lancée comme un pigeon en fin de mariage.
Exemple de conclusion rédigée
Voici une conclusion possible pour le sujet : La littérature doit-elle nécessairement plaire pour instruire ?
La littérature peut donc instruire en plaisant, car le plaisir attire le lecteur, rend les idées plus accessibles et donne plus de force à la réflexion. Cependant, elle ne doit pas nécessairement séduire pour être efficace : certaines œuvres instruisent aussi par le choc, la difficulté ou l’inconfort. En réalité, la littérature instruit surtout lorsqu’elle pousse le lecteur à interpréter, à juger et à penser par lui-même. On peut alors se demander si le rôle le plus profond de la littérature n’est pas moins de transmettre une leçon que de former un regard critique.
Méthode complète en 10 étapes
- Lisez le sujet plusieurs fois pour éviter le hors-sujet.
- Soulignez les mots importants, surtout les adverbes comme “seulement”, “toujours” ou “nécessairement”.
- Définissez les notions essentielles au brouillon.
- Reformulez le sujet avec vos propres mots.
- Repérez la tension du sujet : opposition, nuance, limite, paradoxe.
- Formulez une problématique claire.
- Choisissez un plan adapté : dialectique, thématique ou analytique.
- Trouvez deux ou trois arguments par partie.
- Associez chaque argument à un exemple précis.
- Rédigez clairement, avec transitions et mini-conclusions.
Plan de brouillon recommandé
Au brouillon, utilisez un tableau simple. Cela évite de partir dans tous les sens.
| Partie | Idée principale | Argument | Exemple précis | Analyse |
|---|---|---|---|---|
| I | Première réponse au sujet | Argument 1 | Œuvre, passage, personnage | Lien avec la problématique |
| I | Première réponse au sujet | Argument 2 | Œuvre, passage, personnage | Lien avec la problématique |
| II | Nuance ou opposition | Argument 1 | Œuvre, passage, personnage | Lien avec la problématique |
| II | Nuance ou opposition | Argument 2 | Œuvre, passage, personnage | Lien avec la problématique |
| III | Dépassement éventuel | Argument 1 | Œuvre, passage, personnage | Lien avec la problématique |
Ce tableau vous oblige à vérifier que chaque exemple sert vraiment une idée. Si vous ne pouvez pas remplir la colonne “analyse”, l’exemple est probablement trop vague ou mal choisi.
Les connecteurs logiques utiles
Les connecteurs logiques rendent votre raisonnement lisible. Ils doivent guider le correcteur sans alourdir la copie.
- Pour commencer : tout d’abord, en premier lieu, pour commencer.
- Pour ajouter : ensuite, de plus, en outre, par ailleurs.
- Pour expliquer : en effet, car, puisque, cela signifie que.
- Pour illustrer : par exemple, ainsi, notamment, on peut s’appuyer sur.
- Pour opposer : cependant, toutefois, pourtant, néanmoins.
- Pour nuancer : certes, sans doute, il faut néanmoins remarquer que.
- Pour conclure : ainsi, donc, en somme, finalement.
Évitez d’empiler les connecteurs comme des plots de chantier. Ils doivent structurer la pensée, pas remplacer la pensée.
Exemples d’arguments selon les objets d’étude
Les œuvres au programme changent selon les années, mais certains types d’arguments reviennent souvent. Voici quelques pistes utiles.
Roman et récit
- Le roman permet d’explorer la complexité des personnages.
- Le récit donne accès à une vision du monde à travers une intrigue.
- Un personnage imparfait peut susciter l’intérêt parce qu’il paraît plus humain.
- La fiction permet de mieux comprendre certaines réalités sociales.
- Le roman peut critiquer une époque à travers le destin d’un individu.
Poésie
- La poésie exprime des émotions personnelles.
- Elle transforme une expérience intime en émotion universelle.
- Elle renouvelle le regard porté sur le monde.
- Elle travaille la langue, les sons, les images et le rythme.
- Elle peut aussi dénoncer, célébrer ou interroger la condition humaine.
Théâtre
- Le théâtre met en scène des conflits humains, sociaux ou moraux.
- La représentation rend les idées visibles et vivantes.
- Le comique peut corriger les défauts humains par le rire.
- Le tragique interroge la liberté, la fatalité et la responsabilité.
- Le dialogue théâtral révèle les rapports de force entre les personnages.
Littérature d’idées
- La littérature d’idées permet de dénoncer les injustices.
- Elle cherche à convaincre ou persuader le lecteur.
- Elle utilise souvent la satire, l’ironie ou le détour de la fiction.
- Elle forme l’esprit critique.
- Elle propose parfois un idéal politique, moral ou social.
Exemple de sujet entièrement préparé
Sujet :
Un personnage de roman doit-il être admirable pour intéresser le lecteur ?
Analyse du sujet :
- Personnage de roman : être de fiction construit par le récit.
- Doit-il : le sujet interroge une nécessité.
- Admirable : digne d’estime, moralement ou héroïquement supérieur.
- Intéresser : retenir l’attention, susciter la curiosité, provoquer une émotion ou une réflexion.
Problématique possible :
L’intérêt romanesque repose-t-il sur l’admiration du personnage, ou peut-il naître au contraire de ses faiblesses, de ses contradictions et de sa complexité ?
Plan possible :
- I. Un personnage admirable peut attirer le lecteur et susciter son adhésion.
- II. Mais un personnage imparfait, faible ou inquiétant peut être tout aussi intéressant.
- III. En réalité, l’intérêt du personnage tient surtout à sa complexité et à son rôle dans le récit.
Arguments possibles :
- Un personnage admirable peut servir de modèle moral ou héroïque.
- Un personnage imparfait peut sembler plus humain et plus proche du lecteur.
- Un personnage contradictoire crée de la tension narrative.
- Un personnage moralement discutable peut permettre une critique sociale.
- Un personnage intéressant n’est pas forcément aimable : il doit surtout être construit avec profondeur.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Réciter le cours sans répondre au sujet.
- Oublier de définir les mots importants.
- Faire une problématique qui répète simplement le sujet.
- Construire un plan artificiel qui ne suit pas la question.
- Accumuler les exemples sans les analyser.
- Citer une œuvre sans expliquer son lien avec l’argument.
- Faire une partie entière sans retour à la problématique.
- Confondre dissertation et commentaire.
- Utiliser des formulations vagues comme “cela montre beaucoup de choses”.
- Terminer sans réponse claire.
Fiche express : réussir la dissertation
- Lire le sujet lentement.
- Souligner les mots-clés.
- Définir les notions importantes.
- Reformuler la question.
- Repérer la tension du sujet.
- Formuler une problématique claire.
- Choisir un plan adapté.
- Préparer des arguments précis.
- Associer chaque argument à un exemple analysé.
- Rédiger une introduction complète.
- Construire des paragraphes clairs.
- Faire des transitions sobres.
- Conclure en répondant à la problématique.
À retenir
Pour réussir une dissertation au bac de français, il ne faut pas chercher à tout dire. Il faut répondre clairement à une question. La méthode consiste à analyser le sujet, formuler une problématique, construire un plan progressif et prouver chaque idée par un exemple littéraire précis.
La dissertation n’est donc pas un empilement de connaissances. C’est une démonstration. Chaque partie doit faire avancer la réponse, chaque exemple doit servir un argument, et chaque argument doit revenir à la problématique. Simple à dire. Très efficace à appliquer.
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FAQ
La dissertation concerne-t-elle tous les candidats au bac de français ?
La dissertation fait partie des choix proposés à l’écrit du bac de français en voie générale. En voie technologique, les candidats choisissent entre le commentaire et la contraction de texte suivie d’un essai.
Combien de parties faut-il faire dans une dissertation ?
Deux ou trois parties sont possibles. Trois parties permettent souvent une réflexion plus progressive, mais deux parties solides valent mieux que trois parties artificielles.
Faut-il citer beaucoup d’œuvres ?
Non. Il vaut mieux utiliser moins d’exemples, mais les analyser précisément. Un exemple expliqué vaut mieux que trois titres simplement mentionnés.
Comment éviter le hors-sujet ?
Il faut souligner les mots importants du sujet, les définir, puis vérifier que chaque partie répond à la problématique. Si une idée ne répond pas directement au sujet, elle doit être supprimée ou reformulée.
Quelle est la différence entre problématique et sujet ?
Le sujet est la question donnée. La problématique est la question directrice que vous construisez après avoir analysé les mots importants et compris l’enjeu littéraire du sujet.
Faut-il apprendre des plans par cœur ?
Non. Il faut apprendre des types de plans, mais le plan final doit toujours venir du sujet. Un plan plaqué se repère très vite.
Peut-on utiliser “je” dans une dissertation ?
Il vaut mieux éviter le “je”. La dissertation défend une réflexion personnelle, mais elle doit rester formulée de manière générale, structurée et scolaire.