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I - Les caractéristiques du Commerce International

A - Une puissante vague de libéralisme

Depuis 1945, les entraves à la circulation de marchandises ont été réduites (GATT). L'OMC a développé encore plus le multilatéralisme : ce vaste mouvement est dû à la Grande Bretagne et aux USE (déréglementations, privatisations). Les stratégies de développement des pays reposent aujourd'hui sur l'insertion dans les marchés internationaux.

B - Importance des services

La part des marchandises baisse alors que la part des services est en augmentation (20% des échanges mondiaux). C'est l'un des phénomènes marquant de la mondialisation. Lors de l'Uruguay Round, un accord sur le commerce des services a été signé : le GATS. Des accords de libéralisation des services ont été conclus sous la pression des PI :

  • technologies de l'information (décembre 1996)
  • télécommunications (février 1997)
  • services financiers (décembre 1997)

Ces accords n'ont cependant pas été signés par tous les pays. Les pays essaient de regagner dans le domaine des services les parts de marché perdues dans le commerce international des marchandises au profit des NPI. Les plus grands exportateurs de services sont les USA, la France, l'Italie et l'Allemagne.

C - La tripolarisation des échanges mondiaux

La tripolarisation des échanges mondiaux peut aussi s'appeler la triade : les USA, l'Europe et le Japon représentent 70% du commerce international et 2/3 des échanges commerciaux entre eux. Chacun d'eux polarise une zone d'influence privilégiée :

  • USA : Canada et Mexique
  • Japon :
    • 1ère génération de NPI avec les 4 dragons : Singapour, Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan.
    • 2ème génération de NPI avec les bébés tigres : Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines.
    • Chine - Taïwan
  • Europe : candidats.

D - Les zones de libre-échange ou les accords commerciaux régionaux

Cette intégration est souvent officialisée par la création de zones de libre-échange. Une zone de libre-échange est un accord commercial régional. Elle prévoit un abaissement progressif des barrières douanières entre les membres mais chaque pays est libre d'appliquer les tarifs de son choix vis-à-vis des pays tiers.

L'union douanière est l'abaissement progressif des barrières douanières entre les membres mais avec un Tarif Extérieur Commun (TEC) vis-à-vis des pays tiers
Le marché commun est l'intégration complète (politique monétaire, fiscale...). C'est l'adoption de politiques communes.

II - La Décomposition Internationale des Processus Productifs (DIPP)

La Décomposition Internationale des Processus Productifs (DIPP) est la décomposition des différents stades de la fabrication d'un pays entre plusieurs pays afin d'en réduire le coût. Le produit final sera recomposé lors de l'assemblage pour être vendu ensuite. Ce phénomène donne lieu à un commerce international de pièces détachées ou de produits semi-finis d'une part et à des réexportations d'autre part.

Le perfectionnement passif consiste à exporter de leurs pays d'origine les produits en pièces détachées, de les faire monter à l'étranger là où la main d'oeuvre est abondante et peu onéreuse et de les réimporter lorsqu'ils seront finis.

Le commerce intra-firmes sont les relations entre firmes comme une maison-mère et ses filiales. Le but est de réduire les coûts : produits de haute technologie, automobiles, électronique...

III - Les firmes multinationales (FMN)

A - Définition

Les firmes multinationales (FMN) sont des entreprises qui ont implanté des unités de production hors de leur territoire national.

Les firmes transnationales (FTN) sont des firmes dont le réseau ignore les frontières et traverse les nations. L'adjectif qualificatif "transnational" marque le caractère mondial de leur stratégie. Elles sont en mesure de planifier leur développement à l'échelle mondiale. Ce qualificatif explique mieux le mobilité du capital au niveau mondial.

Pour développer leur stratégie à l'échelle mondiale, les FMN réalisent des Investissements Directs à l'Etranger (IDE). Les IDE sont des engagements de capital effectués en vue d'acquérir un intérêt durable dans une entreprise exerçant ses activités à l'étranger. Un IDE peut servir à :

  • créer une entreprise par un investisseur étranger
  • acquérir au moins 10% du capital social d'une société étrangère déjà existante
  • réinvestir des bénéfices par la filiale
  • faire les opérations entre maison-mère et filiales (prêts, augmentation de capital...)

Une firme multinationale est différente d'une entreprise exportatrice.

B - Les conséquences de la multinationalisation

Conséquences positives

Remarque : les conséquences ne sont pas les mêmes selon que le pays soit indépendant ou en développement.

  • les firmes peuvent créer des emplois grâce à l'implantation et aux petites entreprises sous-traitantes
  • elles introduisent de nouvelles technologies
  • elle stimulent la concurrence et obligent les entreprises nationales à être plus dynamiques
  • elles se maintiennent à la pointe du progrès en matière de salaire, d'avantages sociaux, de formations...
  • il y a un plus grand choix pour le consommateur parce que la production est diversifiée

Limites

Le but poursuivi par une FMN est toujours dans la logique d'une politique de firme : le profit. Ce n'est jamais de résoudre les problèmes : ce qui est nécessaire aux pays n'est pas conciliable avec les intérêts des firmes.

  • elles suppriment les emplois du pays d'origine et créent le malheur des PME locales
  • elles abusent de leur pouvoir : instruments de l'impérialisme des PI
  • elles peuvent bousculer les politiques économiques du pays d'accueil car elles ont une double nature : nationale et internationale

Certaines firmes ont un CA supérieur au PIB du pays d'accueil. Les Etats ne maîtrisent plus ces firmes qui échappent à la législation en faisant des profits là où la fiscalité est la plus intéressante.

  • elles peuvent faire pression sur les gouvernements (subventions)
  • pour les emplois qualifiés, elles font appel à la main d'oeuvre du pays d'origine

Conclusion

On constate que l'activité croissante des firmes multinationales à l'étranger ainsi que la multiplication de ces implantations entraînent le développement des échanges intra-firmes.

IV - L'insertion des PED dans les échanges internationaux

A - Une double marginalisation

Marginalisation quantitative : la part des PED dans le commerce international reste faible par rapport aux PI. Mais, il existe des différences selon les PED : les NPI.
Marginalisation qualitative : les produits exportés par les PED sont des produits primaires à faible VA (produits dont la demande est faible et dont la valeur régresse) :

  • prix fixés par les PI
  • lois d'Engel

Mais les NPI exportent des produits à haute VA.

B - Le libre-échange favorise-t-il la croissance dans les PED ?

1 - Le libre-échange est favorable à certains PED et permet leur croissance et leur développement

C'est l'illustration de la théorie de Ricardo.

  • L'ouverture s'impose aujourd'hui parce que l'idéologie libérale domine : le monde est devenu un village planétaire.
  • L'insertion des PED dans les échanges internationaux résulte de stratégies de développement extraverti (recherche dans le reste du monde des débouchés nécessaires pour entamer la croissance et le développement).

La réussite de certains PED à s'intégrer dans le commerce international a fait du libre-échange une condition importante pour favoriser croissance et développement. Les NPIA (Nouveaux Pays Industrialisés Asiatiques) ont montré les vertus de l'ouverture sur l'extérieur. La conquête des marchés extérieurs s'est montré efficace. Ils se sont imposés sur les marchés industriels et ont remis en cause la DIT traditionnelle. Ces pays avaient un marché intérieur étroit (pas assez de consommateurs), une main d'oeuvre peu chère et disciplinée d'où l'avantage comparatif en matière de coûts salariaux. Ces pays ont exporté des biens manufacturés de plus en plus sophistiqués. Ils ont d'abord exporté des produits à faible VA puis des produits à haute VA : stratégie de substitution d'exportation et stratégie d'extraversion avec remontée des filières (production de bien de consommation courante en aval et ensuite production de biens d'équipements en amont). La remontée des filières n'a pu se faire qu'avec une main d'oeuvre de plus en plus qualifiée et le développement s'est fait sans endettement excessif.

  • les recettes d'exportations apportent des devises qui permettent le financement des importations.
  • commerce international = hausse du PIB/habitant = hausse du niveau de vie
  • beaucoup de PED adhèrent à l'OMC
  • zones de libre-échange (PED + PI ) entraînent le progrès technique
  • la participation au commerce international élargit la spécialisation des PED
  • certains PED se sont rapprochés des PI (niveau de vie, qualité de la main d'oeuvre, technologie, nature des produits exportés...). "L'ouverture d'un pays vers l'extérieur tire la croissance".
  • la montée de certains PED remet en cause les avantages acquis par les anciens PI : les clients sont devenus des concurrents.
  • années 1970 : avec la NOEI, l'organisation future du monde revenait aux grands de ce monde (dialogues Nord/Sud : CNUCED). Aujourd'hui, le NOEI se constitue tout seul. La planète est-elle redistribuée ? Rien n'est prévisible.

2 - Les limites de l'insertion dans le commerce international

Les PED forment un groupe hétérogène : certains ont réussi mais l'échec de nombreux PED relativise les vertus de l'insertion dans le commerce international. Certains sont restés prisonniers de la spécialisation primaire (les PMA par exemple) : avec leurs produits à faible VA ils sont les victimes de la détérioration des termes de l'échange, sans amélioration de leur niveau de vie. Ces pays sont incapables de "percer" sur les marchés industriels et de modifier la nature de leurs exportations. Ils sont dépendants de l'extérieur pour les biens d'équipements et sont peu concurrentiels : leur commerce extérieur est structurellement déficitaire.

Importance de l'endettement : le FMI leur impose des Plans d'Ajustement Structurel (PAS).
Certains pays n'ont trouvé aucun avantage de leur insertion dans le commerce international, entraînant ainsi une aggravation de leur état de dépendance. Leur mauvaise spécialisation explique en partie leur échec : par exemple le développement de l'agriculture d'exportation au lieu d'une agriculture vivrière aggrave les problèmes de pénuries.

Les succès des NPI sont lourdement payés parce que la croissance des NPI au départ s'est faite avec des salaires bas et des mauvaises conditions de travail. La seconde génération de NPI recommence le même scénario. Le pays ne pouvait pas compter sur la demande interne au départ à cause des salaires faibles. Le succès de ces pays est fragile à cause de l'arrivée de nouveaux concurrents qui remettent en cause les avantages acquis.

C'est aussi l'insertion dans le commerce international qui est à l'origine de la crise monétaire et financière.

  • l'ouverture internationale marque la domination de la périphérie par le centre (Samir Amin - François Perroux)
  • la domination est aussi culturelle : l'insertion économique est un facteur d'acculturation.

Conclusion

L'économie mondiale apparaît aujourd'hui plus que jamais hiérarchisée. Certains pays se sont parfaitement insérés dans les marchés mondiaux et ont pu bénéficier d'une croissance forte. D'autres pays, au contraire, payent leurs faiblesses car mal protégés de la concurrence (les PMA).

Les anciens PI vont-ils se laisser concurrencer par tous ces NPI ? Les campagnes pour les produits "éthiquement corrects" poussent les entreprises à respecter les règles d'un commerce équitable avec les PED (travail des enfants).

Le modèle de développement durable, l'éco-développement, est un développement qui tient compte de l'éco-système qui a pour objectif de préserver les ressources du milieu terrestre pour la génération suivante. Cette stratégie consiste à combiner économie, société et environnement et vise à :

  • satisfaire les besoins fondamentaux de l'homme
  • s'appuyer sur les forces propres des populations et leur permettre de réaliser leur propre projet
  • maintenir à long terme les grands équilibres écologiques

I - L'investissement

A - Définitions

Investissement : au sens strict, c'est l'acquisition par les entreprises de moyens de production pour remplacer ou accroître le capital productif. Le terme concerne le capital fixe. On parle d'investissement productif.

Investissement immatériel : achats de brevets, logiciels, publicité, marketing, formation du personnel, recherche et développement.

Amortissement : partie de l'investissement qui sert à remplacer le capital usagé ou obsolète.

Investissement net = Investissement brut - Amortissement.

Ne pas confondre Investissement et Capital Investi :

  • investissement : achat de biens qui vont servir plusieurs fois dans le processus de production (investissement en capital fixe).
  • capital investi : matières premières détruites ou incorporées dans le processus de production.

Ne pas confondre Investissement et Placements Financier : un placement financier est plus ou moins spéculatif.

En comptabilité nationale, au niveau macro-économique, l'investissement s'appelle la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF). La FBCF comptabilise les investissements des entreprises, des ménages et des administrations. La FBCF ne comptabilise pas les investissements immatériels.

Le taux d'investissement est la part de richesse créée consacrée à l'investissement dans un pays. C'est la capacité d'un pays à renouveler son équipement.

Taux d'investissement = ( FBCF / PIB ) * 100

Le taux de marge est la part de la Valeur Ajoutée (VA) qui est destinée à l'entreprise.

Taux de marge = ( EBE (profits) / VA ) * 100

Le taux d'autofinancement est la capacité des entreprises à financer elles-mêmes leurs investissements.

Taux d'autofinancement = ( Epargne brute / FBCF des entreprises ) * 100

Un investissement induit est un investissement effectué à cause de la hausse de la demande (accélérateur d'investissement).

Un investissement autonome est un investissement indépendant de la demande (multiplicateur d'investissement).

B - Les différentes formes d'investissement pour une entreprise

  • selon leur nature :
    • investissement matériel (machines)
    • investissement immatériel (logiciels, pub...)
  • selon leur fonction :
    • investissement de remplacement
    • investissement de capacité ( hausse de la production)
    • investissement de productivité (baisse des coûts pour atteindre le progrès technique)

C - Le financement des investissements

financement investissement

D - Les circuits de financement externe de l'investissement

Les ménages ont une capacité de financement, les entreprises ont un besoin de financement.

  • circuit direct ou financement direct :

intermédiation

  • circuit indirect ou financement indirect

désintermédiation

II - Le multiplicateur d'investissement

A - Définition

Investissement autonome : investissement qui n'est pas dû à la demande. On se place dans le cas d'un investissement autonome (exemple : politique de grands travaux). C'est Keynes qui a mis en évidence le rôle moteur de l'investissement dans l'économie en étudiant les relations entre l'investissement et les revenus et entre l'investissement et l'épargne. C'est le principe selon lequel une variation de l'investissement entraîne un variation plus que proportionnelle du revenu national.

  • k = ( Variation du Revenu / Variation de l'Investissement )
  • k = ( 1 / Propension marginale à épargner ) = ( 1 / ( Variation de l'Epargne / Variation du Revenu ) )

Pour Keynes, c'est l'investissement qui crée l'épargne.

B - Le mécanisme du multiplicateur d'investissement

multiplicateur d'investissement

C - Les différentes phases

Keynes se fonde sur le caractère bilatéral des opérations économiques à travers le circuit. Toute dépense d'un agent est un revenu pour un autre agent. Keynes raisonne en termes de circuits.

multiplicateur de Keynes

L'évolution de l'épargne (variation de l'épargne = 100) est donc bien égale au montant de l'investissement initial (variation de l'investissement = 100). Epargne et investissement s'ajustent bien ex-post. Le processus du multiplicateur se poursuit jusqu'à ce que la dernière variation de revenu soit négligeable.

D - Critiques et conditions

  • Keynes se fonde sur le caractère bilatéral des opérations
  • il ne dit pas en combien de temps l'investissement initial produira ses effets.
  • il faut que le comportement des ménages soit stable.
  • il faut une stabilité du niveau général des prix.
  • il ne faut pas que l'économie soit en situation de plein emploi.
  • Keynes raisonne en économie fermée : l'investissement donne lieu à des achats faits dans le pays. Or un pays peut importer de l'étranger.

E - Utilisation du multiplicateur d'investissement

Le multiplicateur d'investissement s'est montré très efficace pour lutter contre la crise des années 1930 (politique de grands travaux du New Deal). Il a aussi stimulé l'augmentation de la croissance des 30 Glorieuses. Aujourd'hui, les tentatives sont moins heureuses avec l'ouverture des frontières. Seuls des projets à l'échelle européenne pourraient avoir des effets positifs. Le multiplicateur d'investissement peut également servir à l'étude d'une nouvelle implantation industrielle dans une région ou dans une ville.

III - L'accélérateur d'investissement

A - Origine

Le principe de l'accélérateur d'investissement a été formulé dès le début du siècle par Clark et Aftalion.

B - Le principe

C'est un investissement induit provoqué par la croissance de la demande. La variation de la demande de consommation entraîne une variation plus que proportionnelle de la demande de biens d'équipement. Inversement, si la demande baisse, l'investissement baisse.

C - Les hypothèses

  • quantité produite = quantité demandée
  • le coefficient de capital est une constante : k = ( Capital / Production)
  • le capital disponible est pleinement utilisé : il n'y a pas d'équipements oisifs.
  • l'amortissement est linéaire : avec un capital de 400 échelonné sur 10 ans, l'amortissement est de 400 / 10 = 40

Rappel : Investissement net = Investissement Brut - Amortissement

accélérateur d'investissement

IV - L'investissement productif

A - Les déterminants de l'investissement

Les déterminants de l'investissement sont tous les facteurs qui influencent l'investissement. Les déterminants sont multiples. Le chef d'entreprise doit prendre une décision dans un monde qui est incertain. Il prend un risque car l'investissement est un montant non négligeable et qui détermine l'avenir (rentabilité). Mais la faiblesse des investissements remet en cause la croissance à long terme et le dynamisme d'une économie : il faut investir !

1 - Les conditions de financement

  • capitaux propres :
    • taux de marge : ( EBE / VA ) * 100
    • épargne disponible : taux d'autofinancement
  • capitaux empruntés :
    • taux d'intérêt réel : coût des emprunts
    • politique économique de l'Etat

2 - La demande

  • évolution de la consommation : accélérateur d'investissement

3 - Les conditions de rentabilité

  • recherche du profit (Travail par rapport au Capital ? Etranger par rapport à la France ?)
  • la politique fiscale

4 - L'environnement économique proche ou lointain

Les entreprises sont de plus en plus sensibles à tout événement qui pourrait de près ou de loin perturber son environnement. Exemple : croissance durable, crise asiatique. L'internationalisation et la mondialisation de l'économie ont transformé le comportement des entreprises qui n'hésitent plus à investir à l'étranger. Cette attitude pénalise l'investissement national.

Aujourd'hui, les entreprises cherchent la combinaison de facteurs la plus favorable possible avant de décider d'investir.

B - Le principe de l'effet de levier

La question est la suivante : est-il intéressant de s'endetter pour investir ou faut-il utiliser ses propres capitaux ?

L'effet de levier repose sur l'endettement. Il est obtenu lorsqu'une entreprise s'endette et qu'elle obtient, au moyen de ses capitaux empruntés, un taux de rentabilité financière supérieur à celui qu'elle obtiendrait avec ses seuls capitaux propres. Il faut tenir compte aussi du taux d'intérêt réel : plus la part du taux d'intérêt est faible et plus la rentabilité financière est importante. En gros, l'entreprise s'endette pour s'enrichir. NB : l'effet de levier peut aussi être négatif.

  • taux de profit = ( profit / capital investi ) * 100
  • rentabilité économique = ( EBE / capital fixe ) * 100
  • coût des emprunts = taux d'intérêt = loyer de l'argent
  • coût réel des emprunts = taux d'intérêt nominal moins le taux d'inflation
  • taux de profitabilité = taux de profit moins le taux d'intérêt réel
  • taux de rentabilité financière des capitaux propres = ( ( EBE - frais financiers ) / capitaux propres ) * 100

V - Les effets de l'investissement

A - Sur la croissance économique

Investissement et croissance économique sont liés : pendant les Trente Glorieuses, la hausse de l'investissement allait de pair avec la croissance. En période de crise, l'investissement baisse et entraîne une baisse de la croissance. L'investissement exerce un double effet sur l'activité économique :

  • sur la demande : multiplicateur
  • sur l'offre : modernisation, hausse de la productivité, création de nouveaux marchés

L'investissement améliore la flexibilité de la production : ateliers flexibles, robotisation permettent de gagner des parts de marché.

Les investissements publics :

  • transports
  • télécommunications

Les investissements éducatifs (long-terme) : amélioration de la compétence des individus.
Les investissements immatériels.

B - Sur le niveau de vie et le genre de vie

L'investissement entraîne des progrès économiques et sociaux.

C - Sur l'emploi

conséquences de l'investissement

VI - La concentration des entreprises

A - Comment peut se faire la croissance d'une entreprise ?

La croissance d'une entreprise est une stratégie de développement des activités de l'entreprise. Il existe deux types de croissance :

  • la croissance interne : l'entreprise augmente sa taille en créant de nouveau investissements internes.
  • la croissance externe : l'entreprise augmente sa taille en s'associant à d'autres entreprises. Elle acquiert des moyens de production déjà existants.

C'est à la croissance externe que l'on associe la concentration.

B - Définition et mesure de la concentration

La concentration est le processus par lequel les entreprises deviennent moins nombreuses et plus grandes sur un marché. C'est un petit nombre d'entreprises contrôlant le marché.
La concentration peut être mesurée par certains indicateurs (effectifs et chiffre d'affaire).

C - Les différentes formes de concentration

La concentration horizontale : regroupe les entreprises produisant le même type de produits (exemple : PSA). Recherche du contrôle du marché par un pourcentage significatif des ventes d'un secteur. Avantages économiques : amélioration des réseaux de distribution, contrôle des prix plus aisés.

La concentration verticale : regroupe des entreprises qui sont complémentaires et clientes : l'une fournit à l'autre les matières premières ou produits demi-finis dont elle a besoin. Avantages économiques : maîtrise d'un cycle de production, possibilité d'accumuler les profits tout au long de la production en se vendant à soi-même les biens intermédiaires (prix de cession interne).

  • verticale amont : l'entreprise prend le contrôle de ses fournisseurs. Maîtrise des approvisionnements, possibilité de contrôler ses coûts de production, ses livraisons, la nature exacte des composants entrant dans son activité.
  • verticale aval : l'entreprise prend le contrôle d'une entreprise cliente. Avantages économiques : maîtrise de sa distribution, possibilité d'améliorer la promotion de ses produits, cumul des valeurs ajoutées, élargissement de ses débouchés en contrôlant la distribution des concurrents.

Concentration conglomérale : une série d'entreprises sont regroupées sans liens économiques apparents. Par exemple des parfums, des roulements à billes, une maison de disques. Avantages économiques : la diversification des risques, la recherche d'un ensemble formé d'entreprises à taux de profit élevé, qui diversifient les risques encourus en assurant une rentabilité moyenne élevée chaque année. A l'époque où la surface financière et la capacité de financement est décisive, et surtout les reconversions indispensables, le conglomérat présente des avantages notables (ITT symbolise bien cette stratégie).

D - Les différentes modalités

1 - La fusion

La fusion est l'opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés décident de réunir leur patrimoine pour ne plus former qu'une seule société.

  • La fusion égalitaire consiste en la réunion de deux ou plusieurs entreprises de dimensions comparables qui décident de réunir leurs actifs pour créer une société nouvelle. Ainsi, deux entreprises X et Y créent une société Z. Le nom de la nouvelle société résultant d'une opération de fusion peut-être tout à fait nouveau (Z) ou reprendre les anciennes appellations conjointes (X-Y), ce qui est le cas le plus fréquent.
  • La fusion-absorption consiste en la réunion d'entreprises d'inégales dimensions et résulte très généralement d'une décision unilatérale : l'une des deux sociétés absorbe l'autre ou les autres; la société absorbée disparaît sur le plan juridique, son patrimoine est transféré et ses actionnaires reçoivent en contrepartie des actions de la société proportionnellement à leur part dans l'actif des sociétés dissoutes. C'est donc une annexion pure et simple qui résulte cette fois d'un net rapport de domination : x + y => X.

2 - La prise de participation

On appelle "participation" d'une société dans une autre le fait pour une société de posséder un certain nombre d'actions (ou de parts) d'une autre société. Cette possession d'actions procure la qualité d'actionnaire. Selon les cas, la fait de détenir un "paquet d'actions" d'une société peut correspondre à deux types d'attitudes : une société a le choix entre détenir des actions dans le but d'opérer un placement rémunérateur, ou d'exercer un contrôle sur la gestion de la société ainsi partiellement possédée.

  • la participation peut être simple ou réciproque : la participation est dite simple lorsqu'elle ne s'opère que dans un seul sens : Y possède x% de Z sans que Z ait de participation en Y. La participation est dite réciproque ou croisée lorsque plusieurs sociétés détiennent réciproquement des fractions plus ou moins importantes de leur capital respectif.
  • la participation peut être directe ou pyramidale : les participations sont dites directes lorsqu'aucun intermédiaire ne s'impose entre la société possédante et la société possédée. Les participations sont dites pyramidales ou "en échelle" ou "en cascade" lorsqu'une société X peut contrôler une société Y par l'intermédiaire d'une société Z.

3 - L'offre publique d'achat (O.P.A.)

L'O.P.A. (ou take over bird) est une offre publique d'achat d'une firme qui veut acquérir une société côtée en Bourse. Cette technique consiste à proposer aux actionnaires de leur racheter leurs titres à un prix sensiblement supérieur à celui du marché. L'opération est un succès si les opérateurs obtiennent suffisamment de promesses de vente pour prendre le contrôle de la société convoitée. On parle d'offre publique d'échange (O.P.E.) quand le règlement se fait non pas en espèces mais sous formes de titres (généralement des actions d'autres sociétés).

Rapport de faute d’orthographe

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