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Chaque année, des collègues obtiennent leur mutation et de nouveaux collègues arrivent dans l’établissement, ce qui fait que l’équipe pédagogique est sans cesse renouvelée.

Cette année, ce ne sont pas moins de 25 départs… et donc le pot des mutants s’est tenu dans la cour de récréation, juste après la répartition des classes.

Le Pot

Ce qui est sympa au pot c’est que c’est très champêtre : quelques tables, les gens apportent de quoi manger et boire et hop, roule ma poule ! Par contre, il faut être là à l’heure : les deux pizzas ont tenu 30 secondes à peu près. Les retardataires ont eu droit à la charcuterie. Mention spéciale pour les gâteaux maison – je me suis encore régalé avec le brownie new-yorkais de Pierre-Jean !

Etant donné que suis souvent en costume pour faire cours, je mets souvent un petit pull le matin pour éviter d’attraper froid. Et bien ce pull est devenu un objet de grande attention de la part d’une de mes classes de cinquièmes :

– Ben m’sieur !!! Il est drôle votre pull !!!
– Wesh c’est vrai ça m’sieur !! vot’ pull on dirait des poils de chat !!
M : ?!? (WTF ?)

ZEP : weird shit 24/7Hier, alors que je corrigeais un exercice avec la classe, un de mes élèves lève les yeux vers moi et d’un regard très concerné – à la limite de la rupture d’anévrisme – me pose la question suivante :

– M’sieur ??? En Angleterre, est-ce que les gens ils sont en 2008 ?
M : …

Hier, c’était la réunion parents-profs. Dans les collèges communs, il existe généralement quelque chose comme « les 5 minutes » – une soirée consacrée aux parents d’un niveau pendant laquelle les parents s’inscrivent sur la feuille punaisée à la porte du professeur qu’ils veulent rencontrer. Et la règle à respecter, ce sont les 5 minutes. S’il faut plus, on prend un rendez-vous personnalisé.

En ZEP, c’est différent : le professeur s’installe dans sa classe avec ses collègues et c’est open-bar de 14h à 20h30 – tout le monde défile : parents, élèves, frères et soeurs à la place des parents, cousins… Ils viennent tous chercher leur bulletin, qui est remis en mains propres . Tous les niveaux sont mélangés donc je vous laisse imaginer le joyeux bin’s que cela entraîne. Toutes les portes sont ouvertes, les gens attendent à l’intérieur de la salle…. il faut vraiment le voir pour le croire – une vraie foire.

Au tout début du cours d’anglais du vendredi matin. Pour une fois mes élèves se sont installés tranquillement et la classe bénéficie d’une absence de bruit. Baptiste me demande alors d’un geste de la tête :

ZEP Kids : your potential, our passion– « M’sieur, je la ferme ? »
M : « Ah oui, je veux bien, merci ! »

ZEP AstronautJ’essaie de déblayer un peu le terrain des auxiliaires modaux avec mes cinquièmes : can, can’t, must et mustn’t pour le moment. C’est extrêmement simple vu qu’ils utilisent cela depuis la sixième (minimum, voire même le primaire pour certains).

Hier donc, je fais un petit recap’ au tableau, histoire de bien enfoncer le clou avant de noter tout cela dans le cahier. Prétextant un accès de sénilité, je leur demande de m’aider à compléter :

M : So… quand est-ce que j’utilise CAN ?
– Wesh, ça c’est quand on est cap’ !
M : Okay… and ?
– Pour la permission m’sieur !
M : Good boy ! Et pour MUSTN’T alors ?
– …
– …
M : Int….
– …
– …
M : Inter…
– Intergalactique ?
M : … OMG…

ChèvreChaque année, j’écope d’une classe de champions du monde. Le genre de champions que les collègues vous réservent pour votre première année dans l’établissement, histoire de bien vous mettre en jambe. Et pour bien faire les choses, ils sont tous regroupés dans une seule et même classe. Ô joie ! Ô désespoir aussi…

Bref, alors qu’un cours plutôt mouvementé venait de prendre fin, une de mes élèves plutôt turbulente s’approche du bureau, ce qui est plutôt inhabituel à moins que je ne sois en train de remplir son carnet de liaison. Ce qui n’est pas le cas cette fois-ci, curieusement. Sentant le poids de son regard inquisiteur, je relève la tête. Elle me dévisage bizarrement.

Hier matin, je croise Kévin dans l’escalier qui mène aux salles de classe du premier étage :

M : Hello Kevin.
K : Good morning teacher ! Hé m’sieur vous z’avez mis votre cravate !
M : Oh mais tu es très observateur aujourd’hui Kevin !!!
K : C’est parce que j’ai pas l’habitude de voir votre cravate… Vous faîtes comme si vous allez travailler aujourd’hui ?
M : Ah bon ? Parce que d’habitude je n’en fiche pas une ramée tu veux dire ?

Kévin affiche alors un sourire un peu gêné. La contradiction de ses émotions transparaissent sur son front.

K : J’ai envie de dire oui mais je crois que vous allez me mettre un rappel à l’ordre dans mon carnet…
M : That’s my boy !

Youtube : Staff Room EditionDécidément, j’ai l’impression que de plus en plus de gens découvrent YouTube en ce moment. Surtout dans la salle des profs.

Inconfortablement avachi sur l’un des sièges portant au moins autant de signes que nous en cette fin de trimestre et attendant que la cloche sonne pour délivrer quelques notions culturelles à nos chers élèves, je surprends une conversation entre une prof de français et le responsable TICE :

FR-chick : Pour mon IDD, j’ai besoin d’aller sur un site qui s’appelle YouTube !!! (prononcé iu-tube, à la française)
TICE-man : Ah oui mais tu comprends, on est derrière un serveur SLIS, c’est pas nous qui gérons les exceptions… (blah… blah…).
FR-chick : En plus on trouve des vidéos porno là-dessus !

YoutubeContrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas que les élèves qui nous sortent des perles. Et oui, les profs aussi sont de gros producteurs – et elles valent souvent largement celles de nos chers élèves…

J’en veux pour preuve ce petit dialogue que j’ai eu récemment avec un collègue d’histoire-géographie, au détour d’une conversation portant sur le P2P et les méthodes modernes d’échange de fichiers sur Internet – dont je suis quasi-certain qu’il n’a pas saisi un mot au demeurant ! – :

ShakespeareCette année, j’étrenne une nouvelle méthode avec mes cinquièmes qui s’appelle Join the Team. Ce n’est jamais que la troisième méthode en 3 ans… qui a dit que les professeurs étaient de simples répétiteurs ? On ne fait jamais deux fois la même chose dans ce boulot. Bref, après quelques semaines de révisions pour les mettre en confiance, j’entame la première unité dont le sujet est Hamlet. Première impression : ils attaquent très fort dans cette méthode ! Les élèves ont déjà du mal à mettre tous les mots dans le bon ordre alors aborder Shakespeare directement…

Je prends donc les devants et leur parle un peu de théâtre, en faisant un rapprochement avec le français : une quinzaine de mains se lèvent pour me parler de Romeo and Juliet, et accessoirement de Molière. C’est bien, apparemment ils ont des choses à dire. Je rembraye sur Hamlet lorsque tout à coup :

– M’sieur ? Hamlet, c’est pas des oeufs ?
M : ???
Une demi-seconde plus tard, je fais le rapprochement avec « omelette ».
M : Non, ce n’est pas des oeufs…

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :