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Robert Jordan

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Robert JordanJe viens d’apprendre par mon père que Robert Jordan, né James Oliver Rigney Jr, célèbre écrivain d’heroic fantasy nous a quitté le dimanche 16 septembre 2007 à l’âge de 58 ans. En mars 2006, Robert Jordan avait expliqué que les médecins avait diagnostiqué chez lui une amyloïdose, une maladie du sang qui touche 8 personnes sur un million chaque année. Depuis, son état semblait stationnaire, voire en amélioration.

Il laisse inachevé son gigantesque cycle de La Roue du Temps (The Wheel of Time), dont le premier volume était paru en 1990. Il travaillait sur le douzième et dernier tome de la saga, A Memory of Light, un roman qui, une fois terminé, aurait dû s’étaler sur près de 2 000 pages.

Robert Jordan vivait à Charleston, en Caroline du Sud et j’avais eu le grand plaisir de le rencontrer dans une petite librairie de Melbourne et de discuter avec lui de l’évolution des personnages de la Roue du Temps. J’ai toujours sa dédicace, signée au dos d’une carte postale à l’effigie d’un platypus, accrochée sur le mur de ma chambre à Nantes.

Nous n’aurons donc pas la fin de l’aventure… à moins que ses derniers écrits ne soient publiés un jour ?

Roue du TempsFévrier. Je n’aime pas février. J’ai toujours la furieuse sensation de me faire voler de 3 ou 4 jours et ce phénomène se répète chaque année sans que personne ne puisse rien y faire. C’est au cours du mois de février que l’on réalise le mieux l’importance de la fuite du temps, comme si elle attendait ce mois pour étendre ses ailes diaphanes et affirmer sa présence au yeux du monde. Le temps joue également un rôle d’adjuvant à ce phénomène : la lumière peine à traverser les brumes éthérées mais parvient à blesser mes yeux de par sa vive blancheur. Mes yeux se ferment, mon corps s’abandonne à cette douce torpeur mais mon esprit bataille pour reprendre le contrôle de ma conscience, et réaffirme sa prise. Je ne dois pas dormir. Je ne dois pas. Mon esprit résiste et lutte encore mais se résoud finalement à quelques minutes de repos, yeux fermés. Blackout. Une suite de rêves entremêlés de brumes s’impose à mon inconscient qui les accepte sans broncher. Depuis quand est-ce que je parle espagnol dans mes rêves ? Aucune idée. Je me réveille. Le temps s’écoule entre mes doigts comme d’un sablier, inexorablement. “Le temps, c’estce que vous en faîtes” disait une pub pour Swatch. Oui, mais ce n’est pas si simple : la Roue Du Temps tisse selon son bon vouloir, incluant personnes et évènements dans un dessin dont elle seule connaît la signification.

Le Temps est une donnée versatile. Il nous en manque toujours et nous le gaspillons lorsque nous en avons trop. Nous parvenons à l’oublier quelques temps et voici qu’il se manifeste à nous, un sourire cruel aux lèvres. Tic tac. Même l’onomatopée représentant le mouvement de la pendule nous rappelle que nous ne luttons pas à armes égales contre lui. Le Temps est un ruban de Moëbius sur lequel nous sommes obligés de marcher pour une durée que le “Grand Horloger” a fixé. Et pourtant le Temps est le plus bel exemple de démocratie et d’égalité : il s’applique à tout le monde sans différenciation de langue, culture ou couleur. Il façonne nos manières de penser puis les modifie subtilement, petit à petit. Le Temps et son amie Vieillesse nous attendent, ne les décevons pas.

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