Les sept voyages de Sindbad reposent sur une structure répétitive : le marchand quitte Bagdad, subit une catastrophe, traverse des épreuves extraordinaires, acquiert de nouvelles richesses et revient raconter son aventure. Cependant, cette répétition produit une progression. Des premières découvertes merveilleuses à la catabase du quatrième voyage, puis à l’ascension céleste du septième, le cycle transforme peu à peu le voyage commercial en quête de connaissance et d’identité.
Les aventures de Sindbad le Marin semblent d’abord former une succession de contes autonomes. Chaque voyage possède ses monstres, ses îles, ses naufrages et son dénouement heureux. Pourtant, leur réunion en un cycle de sept récits crée une architecture plus complexe, fondée sur la répétition, la variation et l’intensification des épreuves.
Sindbad revient chaque fois à Bagdad plus riche qu’auparavant. Néanmoins, il oublie rapidement les dangers traversés et ressent de nouveau le besoin de partir. Cette incapacité à interrompre le cycle constitue le véritable moteur de l’œuvre : Sindbad voyage moins parce qu’il manque d’argent que parce qu’il ne parvient pas encore à comprendre ce qui le pousse vers l’inconnu.
