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Economie-Sociologie

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Articles Economie et Sociologie : du baccalauréat à la L3.

I – Définitions

  • population active totale = population active occupée + personnes à la recherche d’un emploi (chômeurs)
  • population inactive = étudiants + retraités + femmes au foyer (sans travail et n’en recherchant pas)
  • taux d’activité = ( population active totale / total des personnes en âge de travailler (17-64 ans) ) * 100

Un secteur d’activité est l’ensemble des entreprises ayant la même activité principale. Les actifs sont classés selon l’activité principale de l’entreprise. La classification en 3 secteurs d’activités est dûe à Colin Clark (1940) et à Fourastié :

  • secteur 1 : agriculture, extraction, production de matières premières
  • secteur 2 : industrie
  • secteur 3 : services

Le secteur 3 a un sous-ensemble : le secteur informationnel (information, communication).
La loi des 3 secteurs est le phénomène constaté par Colin Clark et Fourastié : la répartition de la population active entre les 3 secteurs évolue toujours de la même façon : l’évolution de la demande et les progrès de la productivité conduisent à un déplacement des actifs du secteur 1 vers les secteurs 2 puis 3.

II – Facteurs expliquant l’évolution de la population active

  • l’évolution démographique : baby-boom (accroissement de la population) et baby-crack (baisse de la population : accroissement moins rapide)
  • le solde migratoire : positif ou négatif
  • le taux d’activité des femmes
  • la durée des études : retarde l’entrée dans la population active
  • l’âge de départ à la retraite : la loi Auroux de 1982 a fixé la retraite à 60 ans au lieu de 65 ans mais la réforme de 1994 a allongé la durée du travail (passant de 37.5 à 40 ans)

III – Evolution de la structure socioprofessionnelle

A – Les pays industrialisés

La croissance de la population active s’est accompagnée de profondes mutations (déclin de la paysannerie, essor de l’industrie après la révolution industrielle, importance de la classe ouvrière : augmentation du nombre de cols bleus). Il faudra attendre 1960 pour que les emplois de bureau et le tertiaire progressent (cols blancs). L’extension du salariat (86% de la population en 1997) marque le déclin des professions indépendantes. Notons aussi l’augmentation du taux d’activité des femmes ainsi que l’essor des classes moyennes.

B – Les pays en développement

Connaissent les mêmes mutations que les pays industrialisés et les NPI (Nouveaux Pays Industrialisés) : essor de l’industrie et du tertiaire. Certains PED connaissent une croissance très importante du tertiaire : les pays les moins avancés (PMA). Cette hypertrophie du secteur 3 n’est pas synonyme de développement mais d’un nombre élevé de fonctionnaires et de petits métiers.

IV – La tertiarisation de l’économie ?

A – Nous sommes dans une société tertiaire

  • la croissance est plus soutenue dans les services et le commerce que dans les autres secteurs d’activités.
  • hausse du nombre de cols blancs
  • hausse de la demande des ménages (tourisme, soins aux personnes âgées…)
  • gains de productivité : plus de main d’oeuvre dans le secteur tertiaire (cf. loi des 3 secteurs)
  • hausse de la demande de services des entreprises (restauration, entretien, gardiennage, sécurité, publicité, service de recrutement de personnel (chasseurs de têtes), informatique, comptabilité)
  • les débouchés sont plus dynamiques

B – Définition du secteur tertiaire

Le secteur tertiaire est constitué par les services, i. e. les activités ne se matérialisant pas par un bien particulier. C’est un secteur à part entière, hétérogène : ce n’est plus un secteur résiduel. Ce secteur connaît 2 classifications :

  • services marchands – services non marchands
  • services aux particuliers – services aux entreprises

L’investissement immatériel est considéré comme un service :

  • coût élevé de certains services : la publicité par exemple
  • taille des entreprises : banque (chiffre d’affaire important)

C – Causes de l’évolution du secteur tertiaire

1 – Services aux particuliers

  • augmentation du taux d’activité des femmes
  • vieillissement de la population (augmentation de l’espérance de vie). Il existe un créneau dans le domaine de la vieillesse (kinés, gardes, médecins, repas à domicile….)
  • augmentation des loisirs (voyages, danse, musique…)
  • urbanisation croissante
  • innovations liées au progrès technique (l’informatique et sa généralisation)
  • lois d’Engel

2 – Services aux entreprises ou "le marché de l’externalisation"

Marché de l’externalisation : les entreprise confient de plus en plus de fonctions à des prestataires de service (cantine dans une école par exemple). Ces entreprises se recentrent alors sur leurs activités principales.

  • motivation financière : rapport qualité / prix (maîtrise des coûts)
  • excellence : recours à des spécialistes
  • plus grande souplesse dans la gestion du personnel (contrats de 1 à 2 ans pour éviter le problème des licenciements)
  • adaptation aux fluctuations du marché et aux innovations techniques

Les services rendus aux entreprises sont à finalité industrielle.

D – L’essor des services est-il toujours synonyme de déclin de l’industrie (ou peut-on parler de désindustrialisation) ?

1 – Oui…

  • part représentée par l’industrie dans le PIB et dans la population active
  • baisse du nombre d’ouvriers
  • restructuration d’entreprises : licenciements
  • déclin des grands secteurs d’activité
  • délocalisation : coûts de la main d’oeuvre

2 – Mais…

  • il existe une interdépendance entre les 2 secteurs :
    • le secteur tertiaire rend service à l’industrie : publicité, conseils…
    • le secteur de l’industrie rend service au tertiaire : ordinateurs…
  • il existe une division du travail entre les entreprises industrielles et le secteur tertiaire : marché de l’externalisation.
  • il existe une certaine complémentarité entre les 2 secteurs : illusion de tertiarisation.
  • le commerce et le transport sont le prolongement naturel de l’industrie.
  • les performances des grandes surfaces marquent les gains de productivité de l’industrie. De plus, les grandes surfaces sont aussi source de débouchés pour les produits industriels.

Conclusion : sommes-nous dans une société post-industrielle comme le prédisait Colin Clark ?

Oui, car les services ont dépassé l’industrie dans le PIB et dans l’emploi. Aujourd’hui : importance de la matière grise, des métiers du tertiaire et de la croissance de la demande de services par les ménages (lois d’Engel).

Mais l’industrie continue à jouer un rôle déterminant dans la compétition internationale : elle envahit tous les secteurs (secteur tertiaire, secteur primaire).

Donc il faudrait plutôt parler de :

  • tertiarisation du secteur 2 et 1
  • secondarisation du secteur 3 et 1

Finalement, chacun des 2 secteurs a besoin de s’appuyer sur l’autre pour obtenir des résultats. Nous sommes aujourd’hui dans une société hyper-industrielle :

  • la part de la production industrielle est importante
  • les investissements dans l’industrie sont importants (robotisation)
  • les emplois directs diminuent
  • un niveau élevé d’investissement dans les services (banques)
  • importance des services dans l’industrie

La révolution transforme profondément le monde occidental entraînant une croissance économique jusque là inconnue. La croissance économique peut aussi s’accompagner de développement.

I – La croissance économique

A – Qu’est-ce que la croissance économique ?

La croissance économique est une notion quantitative et économique. C’est un phénomène mesurable dans le temps et dans l’espace (exemple : la France en 1998). C’est l’accroissement des richesses d’un pays, mesuré par le Produit Intérieur Brut (l’agrégat PIB). Le PIB peut être exprimé en valeur ou en volume.

Taux de croissance = ( (PIB T2 – PIB T1) / PIB T1 ) * 100

Le PIB marchand est évalué au prix du marché. Le PIB non-marchand est évalué au coût des facteurs (salaires, impôts, amortissements…). Le PIB est la somme des valeurs ajoutées.

Produit National Brut (PNB) = PIB + Revenus reçus de l’extérieur – Revenus versés à l’extérieur.

Croissance extensive : hausse des quantités des facteurs de production (plus de main d’oeuvre, plus de facteur capital, plus de matières premières).

Croissance intensive : hausse de la productivité (meilleure organisation du travail).

B – Les limites du PIB comme indicateur de la croissance

1 – Certains éléments ne sont pas pris en compte dans le calcul du PIB :

  • travail domestique
  • économie souterraine = économie informelle
  • bénévolat
  • troc

Note : l’économie informelle est très importante dans les Pays en Développement (PED), le PIB est donc sous-évalué.

2 – Le calcul du PIB est équivoque

Pour le PIB, un mal et son remède équivaut à 2 biens (double progrès).
Exemples : pollution, voitures…

C – Expansion et récession

La croissance peut être accompagnée de périodes plus courtes :

  • d’expansion
  • de récession
  • de dépression

1 – Expansion

Phénomène conjoncturel (court terme) caractérisé par une hausse importante du PIB et donc une hausse importante de l’activité économique. Le taux de croissance est supérieur au taux de croissance observé sur une longue période.

2 – Récession

Phénomène conjoncturel (court terme) caractérisé par une faible hausse du PIB et donc une faible hausse de l’activité économique. Le taux de croissance est inférieur au taux de croissance observé sur une longue période.

3 – Dépression

Phénomène à court terme caractérisé par une baisse du PIB et donc une baisse de l’activité économique. Le taux de croissance est négatif (ex : la France en 1993).

D – Les cycles économiques

La mise en place et le développement du capitalisme ne se sont pas faits de manière linéaire. La période a été marquée par des crises de durées et d’amplitudes variables.

1 – Qu’est-ce qu’un cycle économique ?

C’est une période d’une durée déterminée qui correspond plus ou moins exactement au retour d’un même phénomène. Un cycle présente 2 caractéristiques :

  • la périodicité (axe des abscisses)
  • l’amplitude (axe des ordonnées)

Chaque cycle comporte 4 phases :

  • expansion
  • crise
  • dépression
  • reprise

Remarque : les cycles successifs sur une longue période n’ont pas la même amplitude. L’allure générale peut être ascendante ou descendante : c’est la tendance sur une longue période (trend).


2 – Les différents cycles économiques

On distingue plusieurs cycles économiques qui portent le nom de ceux qui les ont découverts :

  • le cycle Juglar (Français)
  • le cycle Kitchin (Américain)
  • le cycle Kondratiev (Russe)

Le cycle Juglar est le cycle majeur ou cycle des affaires. Sa durée est de 6 à 10 ans. Il a été mis en évidence en 1860 et connaît les 4 phases.

Le cycle Kitchin est le cycle mineur ou cycle court. Il a été mis en évidence en 1923. Sa durée est de 3 à 4 ans. Ce cycle ne connaît pas de crises mais une détérioration du phénomène d’expansion perçu dans le cycle Juglar.

Le cycle Kondratiev est un cycle de longue durée. Il a été mis en évidence en 1925 et connaît 2 phases : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B). Sa durée est de 40 à 60 ans. Phase A : hausse de la production et hausse des prix. Phase B : baisse de la production et baisse des prix.

E – La carré magique

Le carré magique est la représentation graphique qui permet de mesurer l’état de santé d’un pays à partir de 4 critères :

  • emploi
  • croissance
  • équilibre extérieur
  • prix

II – Le développement

A – Qu’est-ce que le développement ?

Le développement est un phénomène qualitatif (transformation des comportements, évolution des mentalités…) ayant un aspect structurel (industrialisation, urbanisation, extension du salariat…) et entraînant des changements économiques, sociaux, techniques, démographiques et institutionnels.

B – Comment mesurer le développement ?

Le développement d’un pays est souvent assimilé à sa richesse : les pays riches sont les pays développés et les pays pauvres sont les pays sous-développés. Or la répartition des richesses n’est pas toujours égalitaire.

L’Indicateur de Développement Humain (IDH), créé en 1990, sert à mesurer le développement. Il est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et prend en compte 3 facteurs :

  • l’espérance de vie
  • le niveau d’instruction : taux d’alphabétisation des adultes et nombre d’années d’étude
  • le PIB par habitant : parité de pouvoir d’achat.

L’IDH est la moyenne des notes obtenues par les 3 composantes.

L’Indicateur de Pauvreté Humaine (IPH) a été créé en 1997. Il tient compte des conditions de vie :

  • accès aux services publics : eau potable, santé…
  • niveau de malnutrition : part des enfants de moins de 5 ans

Remarque : les PDEM ont eux aussi leur IPH qui tient compte de la population ayant une espérance de vie de moins de 60 ans, des analphabètes et des chômeurs d’un an ou plus.

III – Niveau de vie et genre de vie

La croissance s’accompagne souvent de l’amélioration du niveau de vie et du genre de vie.

A – Définitions

Niveau de vie : quantité de biens et services qu’un individu peut acquérir. Il est quantitatif et est traduit par un indice global : le pouvoir d’achat (PA)

Genre de vie : ensemble des différentes manières de vivre. Il est qualitatif et ses éléments sont hétérogènes : ce n’est pas un indice global (ex : type de loisirs).

B – Mesures du niveau de vie

Pour mesurer le niveau de vie, on utilise le pouvoir d’achat (PA).

Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et services qu’une somme d’argent permet d’acheter. Cette quantité dépend du niveau des prix.

1 – On évalue le pouvoir d’achat (PA) à partir d’une certaine quantité de biens et services

Pouvoir d’Achat = Revenu d’une certaine période / Prix d’1 unité d’1 produit de référence    =>    résultats en quantité

Exemple : le salaire horaire d’un manoeuvre en 1964 est de 3.15 F. Un kilo de pain s’élève à 0.80 F.

PA = 3.15 / 0.80 = 3.9 kg. En travaillant une heure, un manoeuvre peut s’acheter 3.9 kg de pain.

Note : on peut aussi inverser le rapport.

Prix réel = Prix d’1 unité d’1 produit de référence / Revenu d’une certaine période    =>    résultats en temps

Exemple:
PR = 0.8 / 3.15 = 0.25 = 1/4 h
Un manoeuvre doit travailler 1/4 h pour s’acheter 1 kg de pain.

On peut calculer le PA à partir de différents biens et services mais l’amélioration du PA apparaît très différent selon le bien ou service retenu. En effet, dans le cas des produits industriels, si le PA augmente et que les prix baissent alors le niveau de vie augmente. Dans le cas des services, si le PA baisse et que les prix augmentent alors le niveau de vie baisse. Il est donc préférable de calculer le PA à partir de l’ensemble des produits consommés par les ménages à partir de l’indice des prix.

2 – On évalue le pouvoir d’achat (PA) à partir de l’indice des prix

L’indice des prix est l’indice synthétique qui mesure l’évolution des prix des produits que consomment les ménages.

Indice des prix = Inflation + 100

Pouvoir d’Achat ou Prix Réel = ( Revenu nominal / Indice des prix ) * 100

3 – Les comparaisons internationales : méthode des Parités de Pouvoir d’Achat (PPA)

Les comparaisons internationales posent de sérieux problèmes de méthode. Dans un pays, les valeurs sont exprimées en monnaie nationale. Il faut donc les convertir en monnaie internationale ($) à l’aide d’un taux de change. Mais les taux de change varient et il est donc nécessaire de calculer un taux de change reflétant correctement la valeur des choses. D’où la méthode des Parités de Pouvoir d’Achat (PPA) : quand un document indique que les unités sont en PPA, cela veut dire qu’on a éliminé les difficultés d’évaluation liées aux variations des taux de change. Ainsi, la valeur d’une monnaie par rapport à une autre monnaie peut doubler sans que cela corresponde à un doublement du niveau de vie d’un pays par rapport à un autre. C’est pourquoi il y a autant de taux de change que de produits. Les statisticiens font donc une moyenne pondérée des différents taux de change en PPA des différents pays.

C – La consommation des ménages

La propension à consommer est la part du revenu consacré à la consommation. La part du revenu disponible non consommée correspond à l’épargne.

Propension Moyenne à Consommer (PMC) = ( Consommation / Revenu disponible ) * 100
Propension marginale à Consommer (PmC) = ( évolution de la consommation / évolution du revenu ) * 100
PMC + PME = 1 ou 1000%
PmC + PmE = 1 ou 100%

Taux de variation = ( ( T2 – T1 ) / T1 ) * 100

Indice :

  • I = Taux de variation +100
  • I = (T2 / T1 ) * 100

Elasticité de la demande par rapport au revenu :

  • E d/r = variation de la consommation (%) / variation du revenu (%)

Coefficient budgétaire :

  • Cb = ( Dépenses du poste de consommation / Budget total ) * 100

Taux d’équipement :

  • Tx = ( nombre de ménages possédant un bien de consommation durable / nombre de ménages ) * 100

Lois d’Engel :

  • La part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages diminue avec l’augmentation du revenu au profit des loisirs.

Ernest Engel, statisticien allemand, a montré au 19ème siècle que la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages diminuent avec l’augmentation du revenu. Cela a donné lieu aux lois d’Engel: les dépenses alimentaires augmentent moins vite que le revenu.

La consommation est un acte économique mais c’est aussi un acte social ; l’offre influence la demande. John Galbraith, économiste américain, a décrit un phénomène de filière inversée. Pour lui ce sont les producteurs qui imposent leurs produits et non l’inverse.

1 – Tout produit a une valeur d’usage et une valeur sociale

La valeur d’usage est destinée à satisfaire un besoin : c’est la fonction manifeste de la consommation. Exemple : achat d’une voiture pour se déplacer.
La valeur sociale est la fonction latente de la consommation. Exemple : la marque d’une voiture, symbole de richesse et de puissance.

2 – L’effet Verblen

Verblen (1857-1929), économiste et sociologue américain, a défini un paradoxe : l’effet Verblen : les dépenses des classes supérieures reposent sur le principe du gaspillage ostentatoire. Un prix élevé équivaut à une marque de statut social élevé.

3 – La théorie du rattrapage : effet de démonstration

L’économiste Duesenberry a développé l’effet de démonstration pour souligner que toute Profession et Catégorie Socioprofessionnelle (PCS) cherche à acquérir les biens possédés par la PCS supérieure. La bourgeoisie (représente la norme) donne la ligne directrice et les autres les imitent. Une fois le retard comblé, la bourgeoisie se lance dans des consommations distinctives car le produit se banalise. Ainsi se développe un processus de rattrapage. On peut rapprocher cette analyse de la courbe de diffusion d’un produit.

Phase 1 : apparition du produit sur le marché. Distinction. Prix élevé.
Phase 2 : diffusion rapide. Imitation. Baisse du prix.
Phase 3 : saturation. La valeur symbolique attachée au bien possédé disparaît.

Ce phénomène de distinction puis de rattrapage est en partie créé puis exploité par les producteurs. On assiste donc à une élévation de la frustration : certains sont insatisfaits.

4 – Appartenance sociale et culturelle

La consommation dépend aussi des groupes sociaux auxquels on appartient. Toutes les valeurs transmises par le milieu d’origine ne sont pas les mêmes (habitus).

IV – La notion de sous-développement

A – Termes utilisés

  • PED : Pays en Développement
  • Sud / Nord
  • Périphérie / Centre
  • le Tiers-Monde, terme géopolitique créé par Alfred Sauvy en 1952 en référence au Tiers Etat.

B – Un monde peu différencié avant la révolution industrielle

On situe la prise de conscience du sous-développement au début des années 1950 avec la Conférence de Bandoung en Indonésie en 1955. En 1962 eut lieu la Conférence de Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED). Cette conférence à lieu tous les 4 ans.

C – Analyse du sous-développement

1 – Le sous-développement est un phénomène naturel (années 1950)

Le climat, le manque de ressources naturelles, la situation géographique peuvent être des freins au développement mais ces causes n’expliquent pas tout.

2 – Le rôle des valeurs : mentalité, culture, religion

Peuvent être des freins au développement :

  • mentalité tournée vers le passé
  • religion irrationnelle
  • culture individualiste

3 – Le sous-développement, un simple retard ou l’analyse en terme de développement linéaire ou encore les étapes de la croissance selon Rostow

– Dans les années 1960, le courant libéral adopte un concept universel et linéaire : "le développement est une succession d’étapes par lesquelles passeraient tous les pays".

Les étapes de la croissance selon Rostow :

  • la société traditionnelle est caractérisée par la stagnation de la productivité. En conséquence, les ressources consacrées à l’agriculture sont importantes : la civilisation est agricole.
  • les conditions préalables au démarrage : l’idée de progrès et les comportements qui lui sont associés se diffusent. L’instruction s’étend et s’adapte aux besoins de l’activité économique moderne. L’esprit d’entreprise se développe et avec lui l’épargne et l’investissement ainsi que les échanges intérieurs et internationaux. Le développement de l’agriculture est essentiel pour nourrir une population croissante, accroître les exportations et obtenir ainsi les devises nécessaires aux importations de biens d’équipement. La croissance agricole assure également à l’industrie débouchés et capitaux.
  • le démarrage (ou take off) "est la période pendant laquelle la société finit par renverser les obstacles et les barrages qui s’opposaient à sa croissance régulière" (Rostow). Les facteurs du progrès dominent désormais la société. Trois conditions permettent la réalisation du démarrage qui va s’étaler sur une période de 20 ans :
    • une élévation du taux d’investissement de moins de 5% du PNB à plus de 10% qui doit permettre une croissance de la production réelle par habitant malgré une forte pression démographique.
    • la création d’un ou de plusieurs secteurs industriels jouant un rôle d’entraînement important du fait de leur croissance élevée.
    • l’existence ou la mise en place d’un "appareil politique social et institutionnel" qui facilite la poursuite de la croissance. Rostow insiste notamment sur le rôle de l’Etat dans la mobilisation des capitaux nécessaires à l’industrialisation : importations de capitaux en provenance des pays développés et constitution d’un système bancaire permettant le drainage de l’épargne.
  • le marché vers la maturité est "l’étape au cours de laquelle l’économie prouve qu’elle en mesure d’aller au-delà des industries qui l’ont fait démarrer à l’origine". Les techniques modernes s’étendent à tous les secteurs de l’économie.
  • l’ère de la consommation de masse est celle où la production de biens de consommation durables et les services deviennent les principaux secteurs de l’économie.

Critiques :

  • la concurrence aujourd’hui serait plus importante
  • la mondialisation a des répercussions
  • les firmes multinationales (FMN)
  • la Division Internationale du Travail (DIT) provoque des déséquilibres.

Les structures économiques et sociales ont changé. Le contexte n’est plus le même (aides des pays industrialisés).

4 – Le sous-développement des uns, produit du développement des autres : les analyses en termes de domination

C’est le courant des Tiers Mondistes (années 1960) avec Samir Amin et Arghiri Emmanuel : le sous-développement n’est pas un retard, ce n’est pas un phénomène naturel mais un phénomène structurel. Le sous-développement est le produit de la domination exercée par les pays riches : les PED sont dans une situation de dépendance. Cet impérialisme se manifeste par les firmes multinationales (FMN), la Division Internationale du Travail (DIT), les salaires faibles, la fuite des cerveaux…

Samir Amin et Arghiri Emmanuel adhérent à la théorie néo-marxiste : le Nord exploite le Sud :

  • Nord = centre = pays industrialisés = "bourgeoisie"
  • Sud = périphérie = pays en développement = "prolétariat"

5 – La théorie de François Perroux

C’est la théorie :

  • des effets de la domination : rapport de force entre pays industrialisés et pays en développement.
  • de la désarticulation : situation d’un pays dans lequel les secteurs d’activités sont juxtaposés et ne comportent que peu d’échanges entre eux. Situation caractéristique des PED. Le dualisme est la coexistence d’une société traditionnelle surtout rurale et d’une société moderne (industries, banques, plantations) qui peut se résumer à une enclave contrôlée par l’étranger.
  • de la non couverture des coûts de l’homme : les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits. Perroux offre la situation du "nouveau développement" autocentré et endogène, donnant plus d’importance à l’agriculture. C’est une approche qualitative.

6 – La théorie de l’échange inégal

L’échange est inégal entre pays industrialisés (PI) et pays en développement (PED).
PED : production de produits de base : prix peu élevés à l’exportation (importations à des prix élevés)

PI : production de biens à forte valeur ajoutée (VA) : prix élevés à l’exportation (importations peu élevées) => détérioration des termes de l’échange

Indice des termes de l’échange = ( Indice des prix à l’Exportation / Indice des prix à l’Importation ) * 100

si indice supérieur à 100 alors prix à l’exportation est supérieur au prix à l’importation donc amélioration des termes de l’échange.

– si indice inférieur à 100 alors prix à l’exportation est inférieure au prix à l’importation donc détérioration des termes de l’échange.

On doit cette théorie à Emmanuel (Tiers Mondiste et néo-marxiste) qui critique l’exploitation du Commerce International : il veut un Nouvel Ordre Economique International (NOEI).

NB : Smith et Ricardo disent le contraire : le commerce est favorable au développement.

Introduction

Max Weber (1864-1920), sociologue allemand, a écrit l’Ethique Protestante et l’Esprit du Capitalisme en 1905 et a essayé d’expliquer le sens profond du passage d’une société traditionnelle à une société moderne.

Il s’interroge sur les origines du capitalisme, la rationalisation des activités économiques et sociales et la bureaucratie. Le Protestantisme est pour Weber lié à l’esprit du capitalisme.

I – La rationalisation des sociétés occidentales selon Weber

A – Rationalité ?

Calcul, objectif, contraintes : adaptation des moyens aux fins. Dans les sociétés modernes on accorde de l’importance :

  • aux calculs
  • aux prévisions
  • aux méthodes rigoureuses
  • aux techniques de gestion
  • le droit codifie les relations
  • la loi définit les principes généraux

Weber distingue 2 types de rationalité :

  • la rationalité par rapport aux fins
    • exemple : une entreprise a un objectif ( le profit), elle va faire des calculs et s’adapter au contraintes (concurrence).
  • la rationalité par rapport aux valeurs
    • exemple : l’éthique protestante

Chaque individu est marqué par des manières de faire et de penser : les hommes ont un éthos. Le capitalisme est avant tout la rationalité appliquée à l’économie (mode de pensée particulier).

B – Rationalisation ?

La rationalisation est un processus des sociétés occidentales qui prône l’extension de la rationalité à l’ensemble du monde social :

  • l’entreprise : taylorisme, techniques de gestion
  • les administrations : bureaucratie
  • la vie politique
  • l’organisation syndicale

Les sociétés modernes sont donc des sociétés rationnelles désenchantées car elles accordent peu d’importance aux croyances, au sacré, aux mythes et au surnaturel. La rationalisation est le thème central de son interprétation de la société moderne.

C – Les différents types d’action

Weber distingue 4 types d’action :

  • l’action rationnelle par rapport à un but : l’acteur conçoit clairement le but et combine les moyens en vue d’atteindre celui-ci.
  • l’action rationnelle par rapport à une valeur : l’acteur accepte tous les risques, non pour obtenir un résultat extrinsèque mais pour rester fidèle à l’idée qu’il se fait de l’honneur.
  • l’action affective : est dictée immédiatement par l’état de conscience ou par l’humeur du sujet. L’action est définie non pas par référence à un but mais par la réaction émotionnelle de l’acteur placé dans les circonstances données.
  • l’action traditionnelle : est dictée par des habitudes, des coutumes, des croyances. L’acteur n’a besoin ni de se représenter un but, ni de concevoir une valeur, ni d’être animé par une émotion : il obéit simplement aux réflexes enracinés par une longue pratique.

Les critères utilisés pour bâtir cette typologie sont l’existence ou l’absence de signification donnée par l’acteur à son action. Pour le sociologue, l’action par rapport à un but et l’action par rapport à une valeur sont les plus intéressantes car elles sont rationnelles.

D – Les 3 formes de domination

1 – Le pouvoir légitime

Le pouvoir légitime est le pouvoir auquel on consent et que l’on ne conteste pas dans son principe. Il existe 3 raisons qui justifient la domination. Selon Weber, il existe 3 types de pouvoir fondés chacun sur une légitimité différente.

2 – Les 3 formes de domination

  • domination traditionnelle : (dans les sociétés traditionnelles) : par les habitudes, croyances aux traditions, on obéit à des personnes d’un rang différent (patriarche, seigneur).
  • domination charismatique : repose sur la personnalité, les qualités, la confiance d’une personne (prophète, souverain). Jésus et Hitler sont des chefs charismatiques. La seule qualité du chef charismatique est la compétence à persuader ceux dont il cherche à obtenir l’obéissance qu’il possède un ou plusieurs dons extraordinaires.
  • domination légale rationnelle : fondée sur la loi, la légalité. Pouvoir dû à des règles établies rationnellement (gouvernement, fonctionnaires). La bureaucratie est l’acceptation de la loi et du droit. Pour Weber, la bureaucratie représente le mode de fonctionnement des sociétés modernes (processus de rationalisation). Ceux qui exercent cette domination doivent faire preuve de neutralité : ce sont des agents spécialisés qui agissent de manière impersonnelle. Ils sont nommés par concours et Weber affirme que la bureaucratie n’existe pas que dans l’administration mais aussi dans les grandes entreprises, les partis politiques et les organisations syndicales. C’est pour Weber la forme d’organisation la plus efficace quant à ses résultats car elle est rationnelle. Elle caractérise les sociétés modernes.

II – Protestantisme et esprit du capitalisme

A – La thèse de Weber

Economie et religion sont deux thèmes étudiés par Weber dans son ouvrage l’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme en 1905 et dans lequel il cherche à étudier l’influence que peut avoir la religion dans l’économie. Weber veut prouver que l’ascétisme préconisé par les protestants entre le 16ème et le 18ème siècle a favorisé l’essor du capitalisme en Angleterre. La religion protestante produit une certaine éthique et l’intériorisation de cette éthique conduit à un certain éthos. Weber s’intéresse plus particulièrement au protestantisme puritain (calvinisme). Il existe donc une relation entre religion et changement social. En mettant en pratique cet éthos, les individus ont adapté des comportements favorables à l’essor du capitalisme.

B – Explications

1 – la rationalisation et l’ascétisme religieux

Les protestants doivent avoir une conduite rationnelle :

  • but : accéder au salut éternel
  • rationalité par rapport à une valeur
  • moyen : en menant une vie ascétique rationalisée

2 – la prédestination

Calvin a introduit l’idée de prédestination : le calviniste ne peut savoir s’il sera sauvé ou damné ; de Dieu seul dépend le salut au-delà de la mort.
Pour les catholiques, c’est en fonction de leurs actions qu’ils seront sauvés ou non. Pour les calvinistes, leur conduite sur Terre ne change rien : le protestant est prédestiné. Il faut cependant que sa conduite ne soit pas immorale.

Suis-je un élu ? Le travail sans relâche dans un métier est le meilleur moyen pour dissiper le doute religieux. Le calviniste doit mener une vie laborieuse et austère : la prospérité de ses affaires est le signe de l’élection divine. L’ascétisme protestant est donc l’esprit du capitalisme car deux rationalités sont liées :

  • la rationalité par rapport à une valeur : éthique protestante
  • la rationalité par rapport à un but (économiste) : esprit du capitalisme

3 – la valorisation du travail

Le travail est une forme d’ascèse qui permet de se rapprocher de Dieu, d’éviter de trop s’adonner au plaisir et de ne pas gaspiller son temps.

4 – le métier : une vocation

Le métier a une connotation religieuse de vocation : c’est Dieu qui appelle chaque homme à exercer une activité professionnelle. Ce concept à connotation religieuse valorise l’activité lucrative capitaliste : il s’agit d’une rationalité par rapport à une valeur. Pour un puritain, l’enrichissement n’est pas une fin en soi, il répond simplement à l’appel de Dieu.

5 – l’épargne

L’ascétisme puritain freine la consommation lorsqu’elle porte sur le superflu et l’ostentatoire. Si la consommation baisse alors l’épargne augmente, de même que l’investissement (E = I).
L’ascétisme protestant a contribué à développer l’esprit du capitalisme : l’enrichissement est un signe que le protestant est promis au salut éternel.

III – L’irrationnalité de certains Pays En Développement (PED)

Les blocages culturels sont souvent évoqués pour expliquer la stagnation de certains PED qui sont encore sous l’emprise d’une pensée magique, irrationnelle ou issue de la tradition. Ils n’ont pas la rationalité nécessaire au développement dans leur culture. Les modèles de développement capitalistes sont le travail, l’investissement, la recherche du profit, la productivité…

IV – Les Pays En Développement et la bureaucratie

Les dominations importantes dans les PED sont traditionnelles et charismatiques. Or le modèle des pays développés est la domination légale-rationnelle (bureaucratique). La bureaucratie existe aussi dans les PED mais elle fonctionne sur un modèle clientéliste. L’existence d’une bureaucratie pléthorique est coûteuse pour des pays aux budgets limités.

Le clientélisme est la pratique qui consiste pour le détenteur d’un pouvoir à favoriser des personnes ou groupe de personnes (clientèle) au détriment des autres en échange de la garantie de conserver un pouvoir. Exemple : attribution des postes administratifs en fonction du clientélisme et non du mérite (non rationnel).

I – Qu’est ce que la révolution industrielle ?

La révolution industrielle est l’essor général des méthodes industrielles de production. Elle caractérise le passage plus ou moins rapide de la société traditionnelle pré-capitaliste à la société industrielle capitaliste avec la création de classes sociales. Transformations caractéristiques :

  • Technique :
    • transformations agricoles
    • innovations techniques fondamentales
    • machinisme, taylorisme, multiplication des usines
    • progrès technique continu
  • Economie
    • capitaux mobilisés en vue du profit
    • forme capitaliste de production et d’échanges
    • urbanisation
  • Finance
    • montée en puissance de la bourgeoisie
    • création de sociétés de capitaux (Sociétés Anonymes – S. A.)
  • Social
    • formation de la classe ouvrière
    • séparation propriétaire – salariés

Les caractéristiques du mode de production capitaliste sont le progrès technique continu, la mobilisation des capitaux en vue du profit et la séparation entre les propriétaires des moyens de production et les salariés. La révolution industrielle est une évolution intellectuelle, économique et sociale à long terme. Il y a eu plusieurs r évolutions industrielles mais c’est surtout la première qui a connu des transformations économiques et sociales importantes.

II – La naissance du système capitaliste

La révolution industrielle est l’évènement fondamental pour l’avènement du capitalisme. On passe d’une société traditionnelle pré-capitaliste à une société industrielle capitaliste.

III – La naissance des classes sociales

Deux classes sociales naissent avec la révolution industrielle :

  • le prolétariat (classe ouvrière) : phénomène social majeur, cette classe sociale va lutter contre la prolétarisation et à l’insertion dans les usines. Cette résistance a même donné lieu à des révoltes connues sous le nom de "luddisme" en Angleterre, en France et en Allemagne : artisans et compagnons, hostiles au machinisme et à ses conséquences économiques et sociales, brisent les machines qui symbolisent cette prolétarisation qu’ils refusent. Il faudra que la concurrence de la grande industrie mécanisée entraîne la ruine économique de l’artisanat et du "domestic system" pour que ces travailleurs rejoignent les usines, le "factory system".
  • les capitalistes industriels : à la veille de la révolution industrielle, le manufacturier se confondait souvent avec ses ouvriers de par son style de vie et son niveau de vie. Après la révolution, la séparation des classes s’est faite : le manufacturier rejoint, dans la hiérarchie sociale, ceux qui, non par leur naissance mais surtout déjà par l’argent, l’avaient déjà précédé aux rangs évidents de la puissance et du prestige (les propriétaires fonciers, les financiers et les marchands).

IV – Les différentes révolutions industrielles

Tableau des révolutions industrielles ou techniques
 PériodeInventions et innovations majeuresInnovation dérivées – effets d’entraînement
1ère R. I.fin 18ème – début 19èmeMachine à vapeur, machinisme et mécanisationMétallurgie, boom de l’industrie textile (révolution cotonnière)
Révolution ferroviaire1840-1870Locomotive, rails en acierTransports ferroviaires, sidérurgie
2ème R. I.fin 19ème – début 20èmeMoteur électrique, moteur à explosion (pétrole)Electromécanique, automobile, industries chimiques
"Révolution scientifique et technique"lendemains de la Seconde Guerre mondialeElectronique, physique nucléaire, chimie de synthèseEnergie nucléaire, textiles synthétiques
3ème R. I. ou révolution informatiqueà partir des années 1970Micro-électronique, informatique, "révolution biologique"Bureautique, télématique, robotique et automatisation, bio-technologies

V – Le rôle de l’Etat dans la révolution industrielle ou le capitalisme-libéralisme

A – La théorie prône la liberté

L’entreprise et le marché jouent un rôle important dans l’industrialisation et le développement du capitalisme. Le 19ème siècle marque l’âge d’or du libéralisme et du capitalisme libéral. L’économie de marché est l’allocation optimale des ressources. Adam Smith (1723-1790) est favorable à l’entreprise et au marché. Il est pour l’équilibre, l’enrichissement et les lois naturelles. Il prône l’Etat minimal (Police, Armée, Justice et construction d’édifices publics) et est partisan de la "main invisible" : la somme des intérêts particuliers mène à l’intérêt général.

La main invisible conduit chaque individu, alors qu’il ne travaille que pour son avantage personnel, à travailler inconsciemment de façon très efficace pour la collectivité. Il s’agit d’un processus inconscient qui mène des intérêts particuliers à l’intérêt général.

B – Mais en réalité…

Une économie de marché peut rarement se passer de l’intervention de l’Etat. Même si le marché a joué un rôle décisif dans l’industrialisation et dans le développement du capitalisme, l’Etat est intervenu pour accélérer le processus d’industrialisation :

  • pour créer un cadre favorable à l’industrialisation (fiscalité réduite, protection des entreprises naissantes)
  • en se substituant aux entreprises privées pour accélérer le "take off"
  • pour réglementer et éviter les abus (syndicats en 1884)

Note : au 20ème siècle et surtout après 1945, Keynes et l’Etat providence prennent de l’importance.

I – Le marché

A – Définition

Le marché est le lieu de rencontre entre des offreurs et des demandeurs. Cette confrontation aboutit à la formation d’un prix.

B – Les différents types de marché

Un marché est défini par différents critères.

1 – La nature des biens échangés

  • marché des biens et services : prix (fruits)
  • marché du travail : salaires
  • marché des matières premières : cours (café)
  • marché interbancaire : taux d’intérêt (monnaie banque centrale)
  • marché des changes : cours (devises)
  • marché financier : cours (actions)
  • marché des capitaux : capital (échange de capitaux)

2 – Le lieu

  • réel (produits)
  • fictif (interbancaire)

3 – Sa périodicité

  • marché local : toutes les semaines
  • marché interbancaire : tous les jours

C – L’économie de marché

L’économie de marché est synonyme d’économie libérale et d’économie capitaliste. C’est l’économie adoptée par les Pays Développé à Economie de Marché (P.D.E.M.) dont font partie la France, la Grande Bretagne, les Etat-Unis, l’Allemagne… Les pays de l’Est sont en transition vers une économie de marché car le marché joue un rôle central dans le fonctionnement de l’économie des PDEM (loi de l’offre et de la demande). L’économie libérale s’oppose à l’économie planifiée (contrôlée par l’Etat).

II – La concurrence pure et parfaite (C. P. P.)

A – L’équilibre walrasien

Le marché de la concurrence pure et parfaite (CPP) est due à un libéral français, Léon Walras (1834-1910), qui a développé sa théorie en 1879. Il a une vision idéale du marché qui est source d’efficacité. Malgré ses limites et ses critiques, la CPP tient encore une place importante dans la pensée économique.

B – Les 5 conditions

Pour qu’une concurrence soit dite pure et parfaite, elle doit respecter 5 conditions :

  • atomicité : implique la présence d’un grand nombre d’offreurs et de demandeurs, tous de taille réduite (atomes) par rapport à celle du marché, pour ne pas influencer les conditions du marché et le prix d’équilibre.
  • libre-entrée : suppose l’absence de toute entrave à l’accès des offreurs ou des demandeurs sur le marché. Pas de barrières juridiques, ni de brevets, ni de barrières financières : pas de contraintes.
  • homogénéité : les produits ou les services échangés sur un marché donné sont parfaitement homogènes, i. e. leurs utilisateurs considèrent chacune des unités proposées par les différents offreurs comme parfaitement interchangeables (acheteurs indifférents à la marque).
  • information parfaite : quand tous les offreurs et demandeurs connaissent en même temps et sans coût toutes les informations utiles concernant les échanges sur le marché (transparence du marché).
  • parfaite mobilité des facteurs de production : aucun obstacle au déplacement des travailleurs et des capitaux entre les différents producteurs ou secteurs d’activité.

Sur un marché de concurrence pure et parfaite, le prix d’une marchandise est exclusivement déterminé par l’intersection de la courbe de l’offre et de celle de la demande.

III – La loi de l’offre et de la demande

A – Analyse de l’offre

L’offre est la quantité qu’un offreur est disposé à vendre aux différents prix possibles d’un bien. Plus l’offre est importante plus le prix baisse. L’offre est une fonction croissante du prix. Prix et quantité offerte varient dans le même sens.

B – Analyse de la demande

La demande est la quantité qu’un demandeur est disposé à acheter aux différents prix possibles d’un bien. Plus la demande est élevé plus le prix augmente. La demande est une fonction décroissante du prix. Prix et quantité demandée ne varient pas dans le même sens.

C – Intersection de l’offre et de la demande

L’intersection de l’offre et de la demande permet d’établir :

  • le prix d’équilibre
  • la quantité échangée

Si le prix s’écarte du niveau d’équilibre, il tend à y revenir automatiquement selon la loi de l’offre et de la demande.

IV – Le calcul des coûts de production par les entreprises

A – Les coûts de production

Les coûts de production sont l’ensemble des dépenses nécessaires pour la fabrication d’un bien (salaires, amortissement, intérêts…).

B – Comment calculer le coût total ?

Coût Total (CT) = Coût Fixe (CF) + Coût Variable (CV).

Le coût fixe est un coût qui ne varie pas avec la quantité produite (éclairage, loyer, salaire, intérêts des emprunts, amortissement, assurance, impôts…).

Le coût variable est un coût qui varie en fonction de la quantité produite.

  • le coût variable proportionnel varie dans la même proportion que la quantité produite (matières premières)
  • le coût variable non proportionnel ne varie pas dans la même proportion (certains salaires).

Coût Variable (CV) = Coût Variable Proportionnel (CVP) + Coût Variable Non Proportionnel (CVNP)

donc :

  • CT = CF + CVT
  • CT = CF + CVP + CVNP

C – Comment calculer le coût moyen ?

Le coût moyen est le coût par unités produites. On peut calculer :

  • le coût fixe moyen : CFM = CF / Quantité
  • le coût variable moyen : CVM = CVT / Quantité ou encore CVM = CVNPM + CVPM
  • le coût total moyen : CTM = CT / Quantité ou encore CTM = CFM + CVM

D – Comment calculer le coût marginal unitaire ?

Le coût marginal unitaire est le coût d’une unité supplémentaire. C’est le supplément de coût engendré par la production d’une unité supplémentaire : CMU = CT2 – CT1.

V – La remise en cause de la concurrence pure et parfaite

Le modèle de la concurrence pure et parfaite est très éloigné des conditions réelles du marché.

1 – Atomicité du produit > Concentration

Les entreprises peuvent se regrouper pour détenir une part de marché plus important. La concentration peut aboutir à la création d’ententes, de monopoles (1 seul offreur et plusieurs demandeurs), à des oligopoles (quelques offreurs et plusieurs demandeurs).

2 – Libre entrée sur le marché > Viscosité

Seules les grandes entreprises peuvent se permettre de réunir des capitaux.

3 – Homogénéité des produits > Différenciation

Il existe une différenciation entre les produits : marque, couleur, provenance, emballage, odeur…

4 – Transparence du marché > Opacité

Cela suppose la parfaite circulation de l’information or il y a des informations partielles, des rumeurs… 60 millions de consommateurs.

5 – Mobilité des facteurs de production > Immobilité

Il est difficile de se reconvertir à court terme dans une autre branche (ex : usine chimique). Le changement de qualification demande un certain temps.

Conclusion : la concurrence existe mais elle est impure et imparfaite.

I – Définitions

L’Etat Providence (Welfare State) désigne les différentes fonctions de l’Etat liées à la protection sociale (chômeurs, vieillesse…) et l’action de l’Etat en faveur de la justice sociale et de l’obtention du plein emploi (intervention sociale de l’Etat).

La protection sociale consiste à protéger les individus contre certains risques (chômage, maladie, vieillesse, pauvreté).

Les prestations sociales sont les différents versements effectués par les organismes de la Sécurité Sociale (assurance maladie, retraites, allocations familiales, indemnités chômage, assurance invalidité, accidents du travail, maternité…).

La Sécurité Sociale fut créée par la loi de mai 1946, c’est une institution indépendante de l’Etat. Elle a un budget spécifique avec des recettes propres (cotisations sociales) et des dépenses spécifiques. Le système de sécurité sociale est inspiré du rapport Beveridge. Le fondateur de la sécurité sociale en France est Pierre Laroque.

Les cotisations sociales sont les prélèvements obligatoires effectués sur les salaires. Elles proviennent de 2 sources :

  • du salarié lui-même
  • de son employeur

La C. S. G. est la Contribution Sociale Généralisée introduite en 1990 par Michel Rocart afin de mieux équilibrer le financement de la protection sociale.

Les revenus de transfert sont les revenus alloués par les pouvoirs publics au titre de la solidarité nationale. Ce sont les prestations familiales, les allocation chômage, les pensions retraite, le RMI.

La redistribution est le mécanisme qui consiste à prélever des impôts et des cotisations sociales sur les revenus primaires et d’en redistribuer une partie sous forme de revenus de transfert. C’est prendre d’une poche pour mettre dans une autre.

Le revenu disponible est le revenu utilisable par les ménages. Le revenu est la somme de l’épargne et de la consommation ( R = E + C ). Revenu disponible = Revenu primaire du salarié + Revenus de transfert – Cotisations sociales – Impôts.

II – Naissance et évolution de la protection sociale

Au début du XXème siècle (vers 1910), la législation sociale française est nettement en retrait de celle qui a été élaborée dans de nombreux autres pays européens (Allemagne et Grande Bretagne). La première loi de protection sociale moderne est celle du 9 avril 1898 sur les accidents du travail. Dès 1890, un projet de loi avait été déposé par Laisant sur les retraites ouvrières et paysannes (R. O. P.). Cette proposition ne devint réalité que le 5 avril 1910. Elle fixait des cotisations extrêmement faibles : les pensions étaient donc elles-mêmes très faibles et ne dépassaient pas le montant attribué antérieurement pour l’assistance aux plus indigents. En matière d’assurance chômage, la France prit également un grand retard sur ses voisins. Alors que les législations avaient été élaborées en 1911 en Grande-Bretagne et en 1927 en Allemagne, législations qui seront étendues et améliorées dans les années 1930, un véritable système d’assurance-chômage ne fut mis en place en France qu’en 1958 avec la création des ASSEDICS.

Le débat sur les assurances sociales se développa à partir de 1920 et c’est le 30 avril 1930 que la loi définitive sur les assurances sociales vit le jour. Le 11 mars 1932 fut votée la loi sur les allocation familiales. C’est après la Seconde Guerre mondiale que se mettra en place le système qui est actuellement en vigueur. On notera la grande influence du rapport Beveridge sur les rédacteurs du programme du Conseil National de la Résistance.

Après une première ordonnance du 4 octobre 1945 (institution du "régime général", principe de gestion mutualiste ouvrière), c’est la loi du 22 mai 1946 qui institua un système généralisé de sécurité sociale pour toute la population.

III – La crise de l’Etat Providence

L’Etat Providence connaît 3 types de crise :

  • une crise financière
  • une crise d’efficacité
  • une crise de légitimité

A – Une crise financière

Les dépenses (prestations) et les recettes (cotisations) dépendent de l’activité économique. Or s’il y a crise :

  • hausse des demandeurs d’emploi = plus d’indemnités chômage = hausse des prestations sociales
  • hausse des demandeurs d’emploi = moins de cotisations

Les dépenses de santé :

  • Offre :
    • liberté de prescription
    • investissement coûteux
    • développement de la spécialisation
  • Demande
    • médicalisation des problèmes sociaux
    • surconsommation médicale
    • prévention
    • déresponsabilisation des patients
    • vieillissement de la population
    • problème de la dépendance

B – Une crise d’efficacité

Les solutions étatiques (sécurité sociale) entraînent le gaspillage et un usage peu efficace des ressources. Il existe aussi une absence de concurrence. Les libéraux souhaitent une moins grande intervention de l’Etat afin de réduire les coûts.

C – Une crise de légitimité

L’objectif de la Sécu est de garantir contre les risques sociaux. Elle a une fonction d’utilité collective et de réduction des inégalités car il existe des inégalités :

  • les privilégiés (cadres, intellectuels) ont une consommation médicale importante
  • les exclus n’ont aucune immatriculation sociale

Cela crée une société à deux vitesses : le nombre de personnes fréquentant les centres de consultation est en augmentation. Notons la création de la Couverture Médicale Universelle (C. M. U.) le 27 juillet 1999.

IV – Pour ou contre l’Etat Providence ?

A – Les arguments pour le maintien de l’Etat Providence (keynésiens)

  • éviter aux démunis d’être encore plus démunis
  • création du RMI pour les démunis pour qu’ils aient un minimum pour vivre
  • on ne peut remettre en cause les acquis sociaux car c’est l’aboutissement des luttes sociales

Malgré ses défauts, la Sécu rend des services essentiels :

  • amortir les effets de la crise : revenus de transfert
  • prévention des risques
  • réduction des inégalités
  • solidarité horizontale : fonction de redistribution

Il serait difficile aujourd’hui de réduire la protection sociale dans une période où le chômage longue durée augmente et où se développe l’exclusion.

B – Remise en cause de l’Etat Providence

  • coût élevé de l’Etat Providence : abus de santé, retraites (espérance de vie qui s’allonge), indemnités chômage
  • la protection sociale peut engendrer une mentalité d’assisté (indemnité chômage trop élevée)
  • coût pour les employeurs freine l’emploi
  • hausse de la part des dépenses de santé de chaque patient (ticket modérateur)
  • revoir le système des retraites

Il existe deux régimes de retraites.

1 – Le régime de répartition

Le régime de répartition veut que les retraites versées au cours d’une année soient financées directement par un prélèvement sur les revenus d’activité de la même période.

  • Avantages :
    • certaine sécurité pour les actifs
    • assurance de recevoir une retraite gagée et indexée sur les revenus des actifs futurs
    • solidarité forcée
  • Inconvénients :
    • problème des retraites
    • évolution démographique :
      • 25% de retraités en 1950
      • 50% en 1990
      • 70% en 2010
    • coût élevé

2 – Le régime de capitalisation

Dans un régime de capitalisation, au lieu de cotiser pour financer les retraites actuellement versées, les actifs se constituent – individuellement ou collectivement – un capital qu’ils consommeront pendant leur retraite.

  • Avantages :
    • sensibilité plus faible à l’évolution démographique
    • constitution d’une épargne mobilisable par l’industrie
    • chacun pour soi
  • Inconvénients :
    • hausse des cotisations (hausse du taux d’intérêt) ne réduit pas le coût du régime
    • augmente les inégalités sociales
    • gestion du capital soumis aux aléas de l’activité économique
    • fin de la solidarité

Conclusion sur l’Etat Providence : des réformes ont déjà été réalisées :

  • 1er janvier 1994 : la retraite passe de 37.5 ans à 40 ans. Le calcul des retraites se fait désormais sur les 25 meilleures années, contre 10 auparavant. C’est donc plus de cotisations pour moins de prestations.
  • incitation au système de capitalisation avec les Plans Epargne Retraite.
  • baisse du remboursement des frais de maladie.
  • indemnités de chômage dégressives.
  • plan de lutte contre le déficit de la Sécurité sociale et de ses différents organismes.

V – Le Revenu Minimal d’Insertion (R. M. I.)

Le RMI a été créé le 1er décembre 1988 et fut consolidé avec la loi du 29 juillet 1992. Il est destiné à assurer un revenu minimum provisoire à son allocataire. Il permet de se réinsérer dans la vie active. Le RMI est accordé à toute personne âgée de plus de 25 ans et dont les ressources sont inférieures à ce revenu. Le RMI est financé en partie par l’ISF, par l’Etat (qui prend en charge l’allocation logement, le montant du RMI et les dépenses liées à l’insertion) et les conseils généraux (assurance maladie).

Le RMI est une allocation différentielle : tous les autres revenus sont déduits de ce montant. Le versement de l’allocation permet d’obtenir 2 droits :

  • droit à la protection sociale (Sécurité sociale)
  • droit à l’aide au logement

Le Rmiste signe aussi un contrat d’insertion l’obligeant à faire un effort pour se réinsérer et retrouver son autonomie personnelle. Les candidats doivent déposer leur dossier dans les centres communaux d’action sociale. Les dossiers sont ensuite vérifiés et le préfet accepte ou rejette la demande. S’il est accepté, l’allocataire doit signer le contrat d’insertion. En 1997, plus d’un million de foyers recevaient le RMI. Un tiers des personnes sortent de ce système après un an. Beaucoup hésitent à toucher le RMI à cause de leur fierté.

Conclusion : il y a de plus en plus de rmistes à cause de la hausse du chômage, des indemnités de chômage dégressives et de la difficulté des non-qualifiés à trouver un emploi.

I – Evolution de l’intervention de l’Etat

Le XIXéme siècle est dominé par l’idéologie libérale avec l’influence d’Adam Smith (1723-1790) et de David Ricardo (1772-1823) qui prêchent l’individualisme, la concurrence et la non-intervention de l’Etat. Ils sont partisans de l’Etat minimal : les fonctions régaliennes (Police, Armée, Justice), la construction d’édifices publics, le respect des règles de la concurrence.

La réalité historique est cependant différente : au cours de la Révolution Industrielle, l’Etat va intervenir pour assurer le "décollage" (take-off) des économies. En France, l’Etat est intervenu pour le développement des chemins de fer et dans l’agriculture (tarifs Méline vers 1896). L’Angleterre adopta les Enclosures Act pour les terrains agricoles. Les USA intervinrent dans le développement du chemin de fer. L’Allemagne mit en place des mesures protectionnistes avec Frederic List (1789-1846). Au Japon, avec l’ère Meiji (vers 1868), l’Etat créa les premières entreprises pour les revendre ensuite aux familles (les zaïbatsus).

La crise de 1929 : le New Deal eut un impact idéologique important aux Etats-Unis avec un changement considérable dans la conception du rôle de l’Etat : l’Etat devient interventionniste.

Après 1945, l’Etat intervient de plus en plus dans la vie économique et sociale. Selon Keynes (1883-1946), l’Etat doit intervenir lorsque l’économie est défaillante et les moyens d’actions se perfectionnent :

  • politique monétaire
  • politique fiscale
  • politique de planification
  • politique de nationalisation…

La politique d’intervention économique est liée à une politique sociale de réduction des inégalités. On passe d’un Etat-gendarme à un Etat-providence.

Depuis le début des années 1980, on assiste à l’avènement des politiques libérales car les politiques keynésiennes n’ont pas réussi à résoudre le problème de la crise :

  • GB – 1979 : Thatchérisme.
  • USA – 1980 : Reaganomics.
  • France – 1986 : privatisations, liberté des prix, flexibilité du marche du travail (emplois précaires).

Durant les années 1990, les pays n’adoptent pas purement une politique libérale ou une politique keynésienne. Ils cherchent un compromis entre les deux et les débats portent plus sur la nature de l’intervention publique.

II – Comparatif des politiques économiques

A – Politique conjoncturelle

Une conjoncture est une situation économique à un moment donné.

La politique conjoncturelle est une politique à court terme ou à moyen terme et son action est limitée dans le temps :

  • elle a une fonction de régulation (stabilisation).
  • c’est l’ensemble des interventions de l’Etat susceptibles de modifier à court terme et à moyen terme l’évolution de l’économie.

Elle cherche à maintenir les grands équilibres :

  • emploi
  • stabilité des prix
  • croissance
  • équilibre extérieur

Exemples : politique de relance, politique de rigueur.

B – Politique structurelle

La structure est la manière dont les parties d’un tout sont arrangées entre elles.
La politique structurelle est une politique à long terme dont les effets sont durables :

  • elle modifie en profondeur le fonctionnement de l’économie.
  • c’est l’ensemble des interventions de l’Etat susceptibles de modifier à long terme l’évolution de l’économie.

Elle cherche à améliorer les structures et les bases de l’économie.

Exemples : politique fiscale, politique de nationalisation, politique agricole.

III – Les politiques conjoncturelles : objectifs et moyens

A – Objectifs

  • Améliorer la croissance : hausse du PIB
  • Améliorer l’emploi : réduire le chômage
  • Assurer la stabilité des prix : limiter l’inflation
  • Assurer l’équilibre extérieur : améliorer le solde de la balance commerciale

B – Moyens

Pour atteindre ces objectifs, différents moyens vont être utilisés :

  • politique monétaire :
    • relance : baisse du taux d’intérêt
    • rigueur : hausse du taux d’intérêt
  • politique fiscale :
    • relance : baisse des impôts
    • rigueur : hausse des impôts
  • politique budgétaire :
    • relance : hausse des dépenses de l’Etat
    • rigueur : baisse des dépenses de l’Etat
  • politique de revenus :
    • relance : hausse du SMIC et du RMI
    • rigueur : baisse des revenus de transferts

C – La carré magique

Il existe de très nombreux objectifs mais on résume souvent les 4 principaux à l’aide d’une représentation graphique appelée carré magique et due à l’économiste britannique Nicholas Kaldor. Ces 4 objectifs sont l’emploi, la croissance, la stabilité des prix et l’équilibre extérieur (balance commerciale équilibrée). Le schéma suivant présente les 4 indicateurs propres à ces objectifs. En rejoignant les points, on obtient un quadrilatère qui représente d’autant mieux une situation économique favorable qu’il est proche du carré magique.

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IV – Les politiques conjoncturelles et les phases de la conjoncture

Les politiques conjoncturelles ont une fonction de régulation selon la situation économique. La recherche des grands équilibres se fera donc par la relance ou la rigueur.

A – La politique de relance

Elle a pour but de dynamiser l’économie en produisant plus : la hausse du PIB entraîne la croissance. Elle a aussi pour but de réduire le chômage. Il existe deux types de politique de relance : la relance par la demande des keynésiens et la relance par l’offre des libéraux.

1 – La politique de relance keynésienne (par la demande)

John Maynard Keynes a écrit la Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt, de la Monnaie en 1936. Il préconise une relance par la demande.

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Le plein-emploi n’est pas atteint : on parle d’équilibre de sous-emploi. Lorsque cette demande est insuffisante, l’Etat doit intervenir avec :

  • la politique monétaire : baisse du taux d’intéret (c’est insuffisant)
  • la politique budgétaire : hausse des dépenses de l’Etat (politique de grands travaux)
  • la politique fiscale : baisse des impôts des plus défavorisés
  • la politique de revenus : hausse des revenus de transfert

Lorsque l’économie de marché est défaillante, l’Etat doit intervenir. Le déficit budgétaire est un des moyens dont dispose l’Etat pour relancer l’économie : ce déficit pourra se résorber par des rentrées fiscales :

  • plus de revenus distribués = plus de IRPP
  • plus de revenus distribués = hausse de la consommation = plus de TVA
  • plus d’investissement par les entreprises = relance de l’activité économique = plus de profits = plus d’IS

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Cette politique de relance keynésienne présente toutefois des limites :

  • la contrainte extérieure : la relance par la demande entraîne une hausse des importations donc un déficit de la balance commerciale car la France est un pays "ouvert". Le plan de relance de 1981 a créé un déficit de 92 milliards de francs en 1982.
  • l’inflation : plus de revenus entraîne plus de demande (plus de consommation et plus d’investissement) or selon la loi de l’offre et de la demande, si la demande est supérieure à l’offre l’inflation augmente.
  • l‘effet boule de neige et le déficit budgétaire : il faut que la richesse créée soit suffisante pour payer les intérêts de la dette sinon ces derniers seront de plus en plus lourds et la dette va s’aggraver. On appelle cela l’effet boule de neige de la dette.

2 – La politique de relance libérale (par l’offre)

Le précurseur de cette politique est le libéral français Jean-Baptiste Say (1767-1832), théoricien de l’offre. Il est à l’origine de la loi des débouchés : "l’offre créé sa propre demande" ou "les produits s’échangent contre des produits".

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La courbe de Laffer aurait été tracée pour la première fois sur la nappe d’un restaurant de Washington en décembre 1974. Cette théorie allait dans le sens des revendications américaines contre l’impôt. Laffer est un libéral américain. Il était le conseiller de Reagan et s’opposait à Keynes. Sa théorie veut que jusqu’à un certain niveau, l’impôt est accepté par les contribuables mais qu’au delà d’un certain taux d’imposition, les recettes fiscales diminuent. En effet, lorsque le taux augmente jusqu’au point T, les recettes discales augmentent et atteignent un maximum M. Au delà du point T, le taux devient dissuasif et les agents économiques sont incités à travailler moins ou à recourir à des activités non déclarées (baisse des recettes de l’Etat). Le point M est le sommet de la courbe, il correspond aux recettes maximales de l’Etat. Ce n’est pas un taux de pression fiscale immuable. On peut résumer cette théorie ainsi : « trop d’impôts tuent l’impôt » ou « les hauts taux tuent les totaux ».

La courbe de Laffer

Lorsqu’un ménage voit sa pression fiscale augmenter, il peut réagir de 2 façons :

  • effet revenu : pour faire face à cette augmentation d’impôts, l’individu serait prêt à travailler plus (Laffer n’en parle pas).
  • effet prix : pour faire face aux impôts, l’individu travaillera moins ou travaillera au noir.

L’économie de l’offre est l’économie de l’incitation à travailler et à investir par une baisse de la pression fiscale. Parallèlement, les prestations sociales doivent diminuer pour rétablir l’incitation au travail (lutte contre le chômage). Un taux d’imposition trop élevé entraîne :

  • une baisse de l’investissement = baisse de l’activité économique = baisse des profits = baisse de l’IS = baisse des recettes fiscales
  • une baisse du travail = baisse de l’activité économique = baisse des salaires = baisse de l’IRPP = baisse des recettes fiscales

Les libéraux critiquent l’intervention de l’Etat et ne sont pas favorables à l’Etat-providence. Ils ont pour une protection sociale "allégée" et préconisent l’équilibre budgétaire (USA – GB). Cette théorie a des limites : les libéraux préconisent une baisse des dépenses sociales donc une aggravation des inégalités : hausse de la pauvreté et de l’exclusion.

B – Politique de rigueur (libérale)

Les objectifs sont :

  • la lutte contre l’inflation
  • l’amélioration du solde de la balance commerciale : rendre l’économie compétitive

Les moyens :

  • rigueur salariale : freiner la croissance des salaires
  • rigueur budgétaire : réduire les dépenses de l’Etat
  • rigueur monétaire : augmenter les taux d’intérêt

Ces mesures de rigueur ont l’effet inverse de la relance par la demande :

  • freiner la croissance des salaires entraîne une baisse de la demande des ménages
  • augmenter les taux d’intérêt fait baisser la demande des entreprises

=> le demande est inférieure à l’offre ce qui fait baisser l’inflation.

  • baisse de la demande = baisse de la consommation de produits étrangers : baisse des importations
  • baisse de la demande = baisse de l’inflation = les produits français sont moins chers = hausse des exportations

Les limites de cette politique :

  • baisse de la production = baisse de la croissance = augmentation du chômage

Conclusion : il devient difficile de concilier les 4 grands équilibres.

V – Les politiques structurelles

A – Nationalisations et privatisations

La nationalisation est le transfert de propriété du capital d’une entreprise privée à l’Etat dans le but d’en modifier la logique de fonctionnement.

La privatisation est l’opération de transfert du capital d’une entreprise publique à des actionnaires privés.

B – Les politiques industrielles

Les politiques industrielles sont l’ensemble de mesures prises par le gouvernement afin d’améliorer les performances de l’appareil de production pour l’adapter à la compétition économique mondiale. Moyens :

  • réglementation
  • aides fiscales à la recherche et à la formation
  • stimulation de l’investissement
  • encouragement à des rapprochements entre entreprises et groupes nationaux
  • commandes publiques
  • grands projets financés par l’Etat
  • développement du secteur publique
  • grands travaux
  • planification

I – Les différentes fonctions de l’Etat

A – La fonction d’affectation

  • l’Etat offre des services collectifs
  • il a un rôle d’Etat-gendarme :
    • défendre le territoire (armée).
    • assurer la sécurité des personnes et des biens (police – justice).
    • faire respecter les règles de la concurrence.

Note : Police, Armée et Justice sont les 3 activités régaliennes de l’Etat.

B – La fonction de répartition (redistribution)

On prend aux uns (cotisations) pour donner aux autres (prestations).

C – La fonction de régulation (stabilisation)

Consiste à agir sur l’évolution économique :

  • politique de relance
  • politique de rigueur

II – Le budget de l’Etat

Est un document comptable retraçant l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat pour une année. Ce budget est une prévision détaillée.

C’est une loi de finance : le budget est soumis au vote du parlement. Ce budget concerne l’Etat au sens strict du terme (les différents ministères).

A – Elaboration du budget

Le budget est préparé par le gouvernement. Chaque ministère dresse son propre budget : ils font l’inventaire de leurs besoins avec justification. Le Premier Ministre adresse à chaque ministère des contraintes à respecter pour leurs demandes de crédit. En cas de désaccord, le choix définitif revient au Premier Ministre.

B – Le vote

Ce budget est ensuite présenté au Parlement : c’est une loi de finance.

Remarque : la loi de finance rectificative ou collectif budgétaire.

Les recettes réelles peuvent se révéler moins importantes que prévu tandis que des dépenses nouvelles apparaissent. Le Parlement peut donc être amené à voter une loi de finance rectificative ou collectif budgétaire.

D – Le contrôle

Etant donné qu’il s’agit de l’argent des contribuables, de nombreux contrôles sont prévus à tous les niveaux pour s’assurer que l’exécution du budget est bien conforme aux décisions prévues par la loi.

III – Les dépenses de l’Etat

Ce sont les charges budgétaires de l’Etat. Elles peuvent être classées selon leur nature et fonction.

A – Selon leur nature

Les dépenses de fonctionnement sont destinées à assurer le fonctionnement courant des administrations. Elles payent les fonctionnaires.

Les dépenses en capital sont consacrées à l’investissement. Elles servent à moderniser ou accroître le potentiel productif de l’Etat (construction de lycées, travaux d’aménagement du territoire…).
La dette publique regroupe les sommes consacrées au remboursement de la dette de l’Etat.

Les dettes d’interventions et les subventions courantes sont toutes les dépenses faites par l’Etat pour venir en aide aux entreprises.
Les dépenses militaires servent à la défense du territoire.

B – Selon leur fonction

[schéma]

IV – Les recettes des administrations : les Prélèvement Obligatoires (P. O.)

Les prélèvements Obligatoire désignent les impôts et cotisations sociales versées par les agents économiques. Ces P. O. sont versés à :

  • l’Etat : dépenses des différents ministères.
  • aux collectivités locales : dépenses des communes, des départements, des régions.
  • aux organismes de la Sécurité sociale (revenus de transfert).

Taux de P. O. = ( ( impôts Etat et collectivités locales + cotisations sociales ) / (PIB) ) * 100

Taux de pression fiscale = ( Impôts / PIB ) * 100

Taux de pression sociale = ( Cotisations sociales / PIB ) * 100

V – Les impôts ou les recettes fiscales de l’Etat

A – Classement des impôts

Les recettes du budget de l’Etat proviennent essentiellement de la fiscalité. Les actifs, les inactifs, les entreprises et les consommateurs payent des impôts qui sont des versements obligatoires. Il existe deux sortes d’impôts :

  • les impôts directs : sont versés directement par l’agent économique concerné.
    • impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP)
    • impôt sur les sociétés (IS)
    • impôt de solidarité sur la fortune (ISF)
  • les impôts indirects : sont supportés par certains agents économiques et versés au fisc par d’autres agents.
    • taxe à la valeur ajoutée (TVA)
    • taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP)

B – Les principaux impôts

1 – IS – Impôt sur les Sociétés

Est perçu sur les bénéfices des sociétés.

2 – ISF – Impôt de Solidarité sur la Fortune

La loi de finance de 1982 a instauré l’IGF (Impôt sur les Grandes Fortunes) qui fut supprimé en 1986. La loi de finance de 1989 a créé l’ISF parce que son rendement était destiné à financer en partie le RMI (Revenu Minimum d’Insertion). Les taux sont progressifs selon le patrimoine. On paie cet impôt à partir de 4.75 MF.

3 – La TVA

Est un impôt direct sur la consommation. Il est considéré comme non-redistributif (car toujours le même) et est payé par le consommateur final. Le taux est de 19.6%.

Calcul de la TVA

Prix TTC = Prix HT + ( (Prix HT * taux de TVA ) / 100 )

C – Les autres recettes de l’Etat

L’Etat dispose d’autres recettes :

  • les droits de timbres (carte d’identité, passeport…)
  • les droits de succession
  • les revenus du domaine de l’Etat

VI – Le solde budgétaire

Le solde budgétaire est la différence entre les recettes et les dépenses de l’Etat. On parle de déficit budgétaire lorsque les dépenses sont supérieures aux recettes. Selon les critères de Maastricht, le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 3% du PIB.

La dette publique est l’ensemble de la dette de l’Etat du fait de déficits répétés. C’est donc l’ensemble de emprunts contractés par l’Etat pour financer ses déficits. Selon les critères de Maastricht, la dette publique ne doit excéder 60% du PIB.

VII – La politique budgétaire

Est l’ensemble des mesures de la politique économique qui s’appuient sur les recettes et les dépenses du budget. Du côté des recettes, les règles relatives aux impôts existants peuvent être changées, les barèmes modifiés, des déductions fiscales accordées ou supprimées, des impôts nouveaux peuvent même être créés. Du côté des dépenses, la politique budgétaire joue sur l’évolution de leur montant global et celles de différents postes : dépenses de personnel, dépenses d’équipement, subventions aux entreprises… Le niveau du déficit est aussi un paramètre déterminant. Une dette publique élevée contraint fortement la politique budgétaire. L’Etat supporte de fortes charges d’intérêt qui augmente ses dépenses, et doit par ailleurs éviter d’accroître encore le poids de sa dette.

Il existe deux positions face à la politique budgétaire : celle des libéraux et celle des keynésiens.

A – La position des libéraux

Les libéraux sont pour un équilibre budgétaire car :

  • l’intervention de l’Etat entraîne des dépenses improductives et un endettement
  • s’il existe un déficit, l’Etat est demandeur donc augmente ses dépenses, la demande devient supérieure à l’offre et entraîne une hausse de l’inflation, donc une perte de valeur de la monnaie.

Les libéraux sont partisans de l’Etat-gendarme (Police, Armée, Justice).

B – La position des keynésiens

Les keynésiens ne sont pas contre un déficit budgétaire car :

  • l’Etat doit intervenir parce qu’il a une responsabilité permanente dans l’économie
  • une hausse de la demande de consommation entraîne une hausse des revenus de transferts donc une baisse des impôts
  • cela entraîne une hausse de l’investissement en réalisant des investissements publics

Ce déficit pourra se résorber par des rentrées fiscales engendrées par la reprise de la croissance : nous sommes dans le cas d’une politique de relance.
Les keynésiens sont partisans de l’Etat-providence ou l’intervention économique et sociale de l’Etat.

VIII – Les impôts locaux et le budget d’une commune

A – Les 4 impôts locaux

La fiscalité locale repose sur 4 taxes :

  • la taxe d’habitation est due par les habitants propriétaires ou locataires de tout logement principal ou secondaire.
  • la taxe foncière sur propriété bâtie concerne toutes les constructions (maisons, usines, ateliers…).
  • la taxe foncière sur propriété non-bâtie concerne surtout les communes rurales et porte sur les terres.
  • la taxe professionnelle est due par les artisans, les commerçants, les entreprises et les professions libérales.

B – Structure du budget d’une commune

Le budget communal comprend deux fonctions :

  • section de fonctionnement : dépenses ordinaires ou courantes
    • dépenses : salaires de employés, achat de fournitures, entretien du patrimoine, intérêts des emprunts, subventions versées…
    • recettes : les 4 impôts locaux, la dotation globale de fonctionnement (DGF)…
  • section d’investissement : dépenses extraordinaires qui s’étalent sur plusieurs années.
    • dépenses : acquisition de terrains, grosses réparations…
    • recettes : emprunts, dotation globale d’équipement (DGE), vente de terrains ou bâtiments, subventions du département et de la région.

I – La société : ses normes et ses valeurs

A – Liens entre valeurs et normes

Les sociétés connaissent une pluralité de valeurs. Le système de valeurs est lié aux normes et ces normes sont indispensables au bon fonctionnement de la société. La cohérence entre les normes et le système de valeurs n’est pas toujours appliqué : Karl Robert Merton, sociologue américain, considère que la réussite sociale est une valeur partagée par la plupart des Américains aux Etats-Unis. Cependant, tous n’ont pas les mêmes moyens (normes) pour atteindre cette valeur (utilisation de moyens illégaux : le vol par exemple). Il existe donc un écart entre valeurs et normes, d’où la nécessité d’un contrôle social.

B – Diversité des normes

1 – les normes explicites : des règles écrites

  • règles juridique qui émanent de pouvoirs publics (lois votées par le Parlement)
  • règles provenant des institutions privées (règlement intérieur) (Ordre des Médecins : code de déontologie)
  • contrats (de vente, de location : bail)

2 – les normes implicites : ne sont pas écrites

Exemple : la conscience professionnelle.

C – La fonction des normes

La norme assure la cohésion sociale. C’est l’expression du pouvoir. Le pouvoir est la capacité d’un individu ou d’un groupe d’imposer sa volonté à autrui (ex : le pouvoir politique impose des normes juridiques). Il existe différents lieux de pouvoir ( école, entreprise, associations, famille) et pour exercer un pouvoir et imposer des normes, une institution ou une personne doit mettre en oeuvre différents moyens :

  • la légitimité
  • l’autorité
  • l’influence
  • le charisme
  • la force

Les 3 premiers moyens sont les ressources du pouvoir.

II – Contrôle social et régulation sociale

A – Définitions

Contrôle social : ensemble des moyens et des ressources par lesquels une société parvient à faire respecter ses normes.

Régulation sociale : ensemble des processus permettant un fonctionnement correct de la société (réduction des conflits).

Le contrôle social s’exprime par 2 types de régulation :

  • les régulations externes : règles obligatoires s’imposant aux individus en dehors de leur volonté.
  • les régulations internes : les hommes réussissent à s’imposer eux-mêmes le maintien d’un minimum de conformité dans leur conduite. C’est l’intériorisation des normes par les membres d’une société. Un individu peut se plier à ces normes en ayant l’impression d’obéir à lui-même.

B – Les différentes attentes

Les attentes nécessaires sont des attentes sanctionnées par une loi ou par tout ce dont dispose la société pour obliger les citoyens à respecter la loi, les gendarmes, le tribunal. Sanctions brutales : un caissier de banque qui tape dans la caisse sera jugé et emprisonné.

Les attentes obligatoires s’exercent au sein d’un groupe social. Les sanctions ne sont pas trop rigides : les membres de ce groupe peuvent plus ou moins se conformer aux règles mais s’ils veulent s’y soustraire, ils peuvent toujours sortir du groupe (ex : Ordre des Médecins).

Les attentes facultatives sont libres et n’entraînent pas de sanctions. Les autres membres du groupe font simplement sentir au contrevenant qu’il agit mal.

C – Les différents types de contrôle social

Le contrôle social informel s’exerce directement entre les membres de la société. C’est le groupe tout entier qui décide des sanctions à appliquer. C’est le contrôle de tous pour tous : réprobation, regard des autres…

Le contrôle social formel est exercé par des institutions spécialisées (police, justice).

Le contrôle social est l’ensemble des moyens formels et informels par lesquels une société s’efforce de faire respecter les normes communes à l’ensemble de ses membres.

D – Récompenses et sanctions

La socialisation des individus n’est pas toujours parfaite. On peut leur infliger des sanctions ou leur attribuer des récompenses. Toutes les sanctions ont un même but : assurer la cohésion sociale. Le contrôle social s’exerce donc de 2 manières : l’une positive et l’autre négative.

  • sanctions positives : prix Nobel, médailles, estime, considération, ovation, sourire…
  • sanctions négatives : sanctions formelles (prison, amendes) et sanctions informelles (moquerie, exclusion, rejet).

E – Différents types de sanctions

Il existe 4 types de sanctions :

  • les sanctions physiques touchent à l’intégrité physique de la personne (châtiments corporels).
  • les sanctions économiques ont généralement des répercussions pécuniaires (salarié trop souvent absent).
  • les sanctions sociales émanent d’un groupe qui décide de ne plus adresser la parole à l’un de ses membres qui n’a pas respecté son code de l’honneur (dénonciation)
  • les sanctions surnaturelles sont religieuses ou magiques (menace de ne pas accéder au paradis).

III – Les principaux comportements sociaux

A – Le conformisme ou la conformité sociale

Le conformisme se comporte conformément à l’idéal défini par le système culturel. Il respecte les normes du groupe ou de la société et utilise les moyens usuels pour parvenir à ses fins.
Il diffère de l’obéissance. La conformité aux normes peut devenir du ritualisme quand l’individu attache de l’importance aux règles. Le ritualiste utilise les moyens usuels pour atteindre des buts qui ne sont pas toujours les siens mais qu’il adopte par habitude, sans convictions.

Il existe 4 rites, que l’on appelle "les 4 saisons de la vie" :

  • le baptême
  • la communion
  • le mariage
  • l’enterrement

B – Les attitudes vis-à-vis du contrôle social selon Karl Robert Merton

Karl Robert Merton distingue 5 grands modes d’adaptation face à la société :

  • le conformisme
  • le ritualisme
  • l’évasion : l’évadé refuse les règles du jeu de la société dans laquelle il vit, il s’évade dans des paradis artificiels, dans le rêve…
  • la rébellion : le révolté refuse les buts de la société et utilise les moyens les plus illégaux pour la combattre.
  • l’innovation : l’innovateur se donne des objectifs très appréciés par la société mais trouve des moyens peu usuels pour y parvenir.

C – La déviance

Le contrôle social peut aussi échouer totalement ou partiellement. Le déviant est l’individu qui ne respecte pas les normes en vigueur dans un groupe : c’est une infraction aux règles sociales. La déviance n’est pas une notion juridique mais sociologique : c’est un jugement que porte la société sur une certaine pratique et non une catégorie objective. La déviance échappe à toute approche statistique car il ne s’agit pas d’un phénomène clairement délimité d’un comportement. Toute société définit sa déviance.

La déviance peut venir de plusieurs facteurs :

  • une intégration sociale insuffisante : l’individu ne se conforme pas aux normes de la société parce qu’il existe une faiblesse de ses relations sociales.
  • une socialisation incomplète : absence d’intériorisation des normes. L’individu ne ressent pas la contrainte sociale faute d’être inséré dans des institutions.
  • une opposition entre 2 cultures : la culture du groupe auquel il appartient est différent de la culture de la société dans laquelle il vit.
  • la stigmatisation : étiquetage, on colle des étiquettes à ceux qui sont susceptibles de ne pas s’intégrer au modèle culturel dominant.
  • l’anomie : absence de freins moraux, de règles sociales : l’individu perd ses repères. Cette absence peut conduire au suicide. Emile Durkheim appelle cela "le suicide anomique" ou "mal de l’infini".

D – La délinquance

La délinquance est une infraction aux normes juridiques, c’est donc une notion juridique et pénale. Elle se mesure statistiquement, c’est un phénomène objectif. Les origines sont les mêmes que la déviance. Karl Robert Merton explique aussi la délinquance par la surintégration : le délinquant a assimilé les normes de la société de consommation mais sans avoir les moyens d’y participer. Il souhaite lui aussi acquérir des biens matériels. La ville est aussi un terrain propice à la délinquance : plus de magasins, richesse plus visible, relâchement du contrôle social avec l’anonymat.

I – Autour de la notion de culture

Culture dominante : modèle culturel qui s’impose à l’ensemble d’une société.

Contre-culture : au sein d’une société, la contre-culture est la manifestation de la culture d’un groupe qui rejette le système de valeurs de la culture dominante (exemple : 1990, le grunge).

Domination culturelle : il y a domination culturelle lorsqu’une culture s’impose à une autre, volontairement ou non.

Déracinement culturel : fait pour un individu de ne plus savoir à quelle culture il doit se rattacher.

Acculturation : destruction de la culture traditionnelle d’un groupe du fait d’un contact prolongé avec une autre culture.

Ethnocentrisme : fait de juger des sociétés à travers son propre système de valeurs. Attitude consistant à considérer sa culture comme la meilleure et comme supérieure aux autres.

Choc culturel : il y a choc culturel lorsque 2 cultures différentes se rencontrent et que la différence des systèmes de valeurs en présence entraînent un traumatisme, une incompréhension ou un bouleversement pour les individus qui y sont confrontés.

Identité culturelle : fait pour un individu d’appartenir à une culture bien déterminée.

II – Les principales fonctions de la culture

  • permettre à l’individu de s’adapter (ex : conditions climatiques)
  • permettre la communication entre les individus (ex: langage, langue)
  • prévoir les comportements d’autrui (prédire les comportements individuels)
  • favoriser certains types de liens affectifs entre les individus (solidarité affective)

III – Ethnocentrisme et domination culturelle

A – La politique des firmes multinationales dans les pays en développement (PED)

Une firme multinationale (FMN) est une entreprise qui exerce ses activités dans plusieurs pays. Elle possède et contrôle plusieurs firmes dans différents pays. Les FMN ne tiennent pas compte de la culture des PED, elles imposent leur mode de vie entraînant ainsi de lourdes charges d’importations pour les PED.

B – Ethnocentrisme : formes et effets

Les formes de l’ethnocentrisme peuvent être :

  • consciente : colonisation
  • inconsciente : tourisme, aide humanitaire

L’ethnocentrisme est la manifestation de la domination culturelle, ce qui a plusieurs effets :

  • le racisme : source de conflits
  • la domination économique
  • la destruction culturelle : fin de la diversité culturelle.

Remarque : il existe le relativisme culturel, qui consiste à considérer toutes les cultures comme également dignes d’estime. Il recherche aussi à comprendre les cultures sans les juger.

Rapport de faute d’orthographe

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