Une mise à niveau Ubuntu peut parfois mal se terminer : coupure de courant, batterie vide, paquet cassé, pilote graphique incompatible, partition pleine, GRUB endommagé ou redémarrage au mauvais moment. Résultat : Ubuntu ne démarre plus, reste bloqué sur un écran noir, affiche un shell d’urgence ou refuse d’ouvrir la session graphique.
Bonne nouvelle : dans beaucoup de cas, le système n’est pas perdu. Il faut surtout terminer proprement la mise à niveau, réparer les paquets cassés, régénérer GRUB ou corriger les pilotes. Mauvaise nouvelle : il faut procéder méthodiquement. Le mode “je tape dix commandes trouvées au hasard” marche rarement mieux qu’un tournevis dans un grille-pain.
Voici une méthode moderne pour réparer Ubuntu après une mise à niveau plantée ou interrompue, depuis le mode recovery ou depuis une clé USB live.
Avant de réparer : identifiez le symptôme
Toutes les pannes post-mise à niveau ne se réparent pas de la même manière. Commencez par identifier ce que vous voyez au démarrage.
| Symptôme | Cause probable | Première piste |
|---|---|---|
| Écran noir après GRUB | Pilote graphique, Wayland, NVIDIA, noyau | Mode recovery, ancien noyau, pilote graphique |
| Ubuntu démarre en ligne de commande | Session graphique cassée, paquets incomplets | dpkg --configure -a, logs systemd |
| Message “dpkg was interrupted” | Mise à niveau interrompue | sudo dpkg --configure -a |
| GRUB ne s’affiche plus | Chargeur de démarrage cassé | Live-USB, chroot, réinstallation GRUB |
| Emergency mode | Partition introuvable, erreur disque, fstab | journalctl -xb, fsck, /etc/fstab |
| Plus d’espace disque | Partition racine pleine | Mode recovery, nettoyage APT et anciens noyaux |
| Connexion réseau absente | NetworkManager, firmware, pilote | Recovery network, Ethernet, logs |
Le plus important : ne réinstallez pas Ubuntu immédiatement. Une mise à niveau incomplète se répare souvent sans toucher aux données personnelles.
Première règle : sauvegardez les données si possible
Avant de modifier le système, sauvegardez vos fichiers importants. Si Ubuntu ne démarre plus, utilisez une clé USB live Ubuntu.
Démarrez sur la clé USB, choisissez Essayer Ubuntu, puis copiez vos fichiers vers un disque externe. Les dossiers à sauvegarder en priorité :
/home;- vos dossiers de travail ;
- vos clés SSH ;
- vos profils Firefox, Thunderbird ou navigateurs ;
- vos bases de données locales si vous développez ;
- vos fichiers de configuration importants.
Si le disque semble en mauvais état, ne multipliez pas les tentatives de réparation. Sauvegardez d’abord. Un système cassé se réinstalle. Des données écrasées, c’est une autre ambiance.
Méthode 1 : démarrer sur un ancien noyau
Après une mise à niveau, un nouveau noyau peut poser problème avec certains pilotes, notamment graphiques, Wi-Fi ou VirtualBox. Avant de réparer en profondeur, testez un ancien noyau.
Au démarrage :
- affichez le menu GRUB ;
- ouvrez Options avancées pour Ubuntu ;
- choisissez un noyau plus ancien ;
- démarrez normalement.
Si l’ancien noyau démarre, le système est probablement réparable depuis Ubuntu lui-même. Vous pourrez terminer la mise à niveau, réparer les paquets, puis vérifier les pilotes.
Une fois connecté, lancez :
sudo dpkg --configure -a
sudo apt --fix-broken install
sudo apt update
sudo apt full-upgrade
sudo update-initramfs -u -k all
sudo update-grub
Redémarrez ensuite :
sudo reboot
Méthode 2 : utiliser le mode recovery d’Ubuntu
Ubuntu propose un mode de récupération depuis GRUB. Il donne accès à plusieurs actions utiles : réparer les paquets, vérifier les disques, libérer de l’espace et ouvrir un shell root.
Au démarrage :
- affichez le menu GRUB ;
- choisissez Options avancées pour Ubuntu ;
- sélectionnez une entrée qui se termine par recovery mode ;
- ouvrez le menu de récupération.
Dans le menu recovery, les options utiles sont généralement :
| Option | Usage |
|---|---|
clean | Libérer de l’espace disque. |
dpkg | Réparer les paquets cassés ou incomplets. |
fsck | Vérifier les systèmes de fichiers. |
network | Activer le réseau. |
root | Ouvrir un shell administrateur. |
Commencez par activer le réseau si vous devez télécharger des paquets, puis utilisez dpkg. Si l’option automatique ne suffit pas, passez au shell root.
Dans le shell recovery : remonter le système en écriture
En mode recovery, la partition racine peut être montée en lecture seule. Pour réparer le système, remontez-la en écriture :
mount -o remount,rw /
Activez le réseau si nécessaire depuis le menu recovery, ou tentez :
systemctl restart NetworkManager
Sur un serveur ou une machine sans NetworkManager, le service réseau peut être différent. En cas de doute, branchez un câble Ethernet. Ce n’est pas glamour, mais c’est souvent plus efficace que de réparer le Wi-Fi dans un système à moitié cassé.
Terminer une mise à niveau interrompue
Si la mise à niveau s’est interrompue, commencez par reconfigurer les paquets partiellement installés :
sudo dpkg --configure -a
Réparez ensuite les dépendances cassées :
sudo apt --fix-broken install
Mettez à jour l’index des paquets :
sudo apt update
Terminez la mise à niveau :
sudo apt full-upgrade
Nettoyez les paquets devenus inutiles :
sudo apt autoremove --purge
sudo apt clean
Régénérez l’initramfs et GRUB :
sudo update-initramfs -u -k all
sudo update-grub
Redémarrez :
sudo reboot
Si APT refuse de continuer
APT peut refuser d’avancer si un paquet est dans un état incohérent. Commencez par inspecter l’état des paquets :
dpkg --audit
Listez les paquets en échec :
dpkg -l | awk '/^..r|^..U|^..F|^..H/ { print }'Langage du code : JavaScript (javascript)
Essayez ensuite :
sudo apt install -f
sudo dpkg --configure -a
sudo apt full-upgrade
Si un paquet précis bloque tout, regardez son message d’erreur. Ne supprimez pas un paquet système critique au hasard. Un paquet cassé nommé linux-image, systemd, grub, ubuntu-desktop ou gdm3 mérite une lecture attentive avant la hache.
Vérifier l’espace disque
Une mise à niveau peut échouer si la partition racine est pleine. Vérifiez l’espace disponible :
df -h
Vérifiez aussi les inodes :
df -i
Nettoyez le cache APT :
sudo apt clean
sudo apt autoclean
Supprimez les paquets inutiles :
sudo apt autoremove --purge
Listez les anciens noyaux installés :
dpkg -l 'linux-image*' | awk '/^ii/ { print $2 }'Langage du code : JavaScript (javascript)
Ne supprimez pas le noyau en cours d’utilisation. Vérifiez-le avec :
uname -r
Gardez au moins le noyau courant et un noyau précédent fonctionnel. Les anciens noyaux sont parfois votre parachute. Ne les jetez pas pendant que l’avion tousse.
Réparer une session graphique cassée
Si Ubuntu démarre mais n’ouvre plus la session graphique, passez sur un terminal texte :
Ctrl + Alt + F3
Connectez-vous, puis vérifiez l’état du gestionnaire graphique. Sur Ubuntu GNOME :
systemctl status gdm3 --no-pager
Sur Kubuntu :
systemctl status sddm --no-pager
Sur Xubuntu ou certaines variantes :
systemctl status lightdm --no-pager
Réinstallez le méta-paquet du bureau si nécessaire. Pour Ubuntu GNOME :
sudo apt install --reinstall ubuntu-desktop gdm3
sudo dpkg-reconfigure gdm3
sudo systemctl restart gdm3
Pour Kubuntu :
sudo apt install --reinstall kubuntu-desktop sddm
sudo dpkg-reconfigure sddm
sudo systemctl restart sddm
Pour Xubuntu :
sudo apt install --reinstall xubuntu-desktop lightdm
sudo dpkg-reconfigure lightdm
sudo systemctl restart lightdm
Écran noir après mise à niveau : tester nomodeset
Un écran noir après mise à niveau vient souvent du pilote graphique. Pour tester, démarrez temporairement avec nomodeset.
Depuis GRUB :
- sélectionnez Ubuntu ;
- appuyez sur
e; - cherchez la ligne qui commence par
linux; - ajoutez
nomodesetaprèsquiet splash; - démarrez avec
Ctrl + XouF10.
Si Ubuntu démarre avec nomodeset, le problème est probablement graphique. Réparez ensuite les pilotes depuis la session ou un TTY.
Ne laissez pas forcément nomodeset comme solution permanente. C’est une béquille de diagnostic, pas une configuration idéale.
Réparer les pilotes NVIDIA après mise à niveau
Les pilotes NVIDIA sont une cause classique d’écran noir après mise à niveau, surtout avec Secure Boot, Wayland, un nouveau noyau ou un ancien pilote propriétaire.
Depuis un TTY ou le recovery, vérifiez les pilotes recommandés :
ubuntu-drivers devices
Installez automatiquement le pilote recommandé :
sudo ubuntu-drivers autoinstall
Régénérez l’initramfs et GRUB :
sudo update-initramfs -u -k all
sudo update-grub
sudo reboot
Si le pilote NVIDIA casse toujours le démarrage, vous pouvez revenir temporairement au pilote libre Nouveau :
sudo apt purge 'nvidia-*'
sudo apt autoremove --purge
sudo update-initramfs -u -k all
sudo update-grub
sudo rebootLangage du code : JavaScript (javascript)
Ensuite, réinstallez un pilote compatible depuis Pilotes additionnels ou avec ubuntu-drivers. Avec Secure Boot activé, il peut aussi falloir valider l’enrôlement MOK pour autoriser le module NVIDIA signé. Si vous ratez cette étape, le pilote peut être installé mais non chargé. Très Ubuntu : tout est là, mais rien ne s’allume.
Vérifier Wayland ou Xorg
Après une mise à niveau, certains problèmes graphiques peuvent dépendre de Wayland ou Xorg. Sur les versions récentes d’Ubuntu, Wayland est souvent la session par défaut, selon le matériel et les pilotes.
Depuis l’écran de connexion, cliquez sur l’icône de session puis testez :
- Ubuntu ;
- Ubuntu on Xorg, si disponible.
Si Xorg fonctionne mais Wayland échoue, le problème vient probablement du pilote graphique, d’une extension GNOME ou d’un composant de session. Mettez le système à jour, désactivez les extensions GNOME non essentielles, puis retestez.
Désactiver les extensions GNOME cassées
Une mise à niveau GNOME peut casser des extensions. Si la session graphique plante après connexion, essayez de désactiver les extensions depuis un TTY :
gnome-extensions disable --all
Si la commande n’est pas disponible, installez le paquet correspondant :
sudo apt install gnome-shell-extension-prefs
Vous pouvez aussi déplacer temporairement le dossier des extensions utilisateur :
mv ~/.local/share/gnome-shell/extensions ~/.local/share/gnome-shell/extensions.disabledLangage du code : JavaScript (javascript)
Redémarrez ensuite la session graphique. Si cela fonctionne, réactivez les extensions une par une. Oui, c’est lent. Mais c’est plus rapide que d’accuser le noyau pour une météo dans la barre supérieure.
Utiliser les logs pour comprendre le blocage
Quand Ubuntu ne démarre plus correctement, les logs sont vos meilleurs alliés.
Voir les erreurs du démarrage courant :
journalctl -xb -p err
Voir les erreurs du démarrage précédent :
journalctl -b -1 -p err
Voir l’état des unités systemd en échec :
systemctl --failed
Inspecter une unité précise :
systemctl status NOM_DU_SERVICE --no-pager
journalctl -u NOM_DU_SERVICE -n 100 --no-pager
Pour le serveur graphique et GNOME :
journalctl -b | grep -Ei 'gdm|gnome|wayland|xorg|nvidia|drm|gpu'Langage du code : JavaScript (javascript)
Les logs évitent de réparer au hasard. Ils n’ont pas toujours une prose délicieuse, mais ils disent généralement où ça brûle.
Réparer depuis une clé USB live avec chroot
Si Ubuntu ne démarre plus du tout, utilisez une clé USB live Ubuntu. Choisissez idéalement une version proche de celle installée ou de celle vers laquelle vous migriez.
Démarrez sur la clé, choisissez Essayer Ubuntu, ouvrez un terminal, puis passez en root :
sudo -i
Identifiez les partitions :
lsblk -f
Repérez :
- la partition racine Ubuntu ;
- la partition EFI si le système démarre en UEFI ;
- la partition
/bootsi elle est séparée ; - la partition chiffrée LUKS si vous utilisez le chiffrement.
Dans les exemples ci-dessous, remplacez les noms de partitions par les vôtres. Ne copiez jamais /dev/nvme0n1p2 ou /dev/sda2 sans vérifier. Les disques n’ont pas d’humour.
Monter Ubuntu depuis le Live-USB
Exemple avec une partition racine en /dev/nvme0n1p2 :
mount /dev/nvme0n1p2 /mnt
Si vous avez une partition EFI, par exemple /dev/nvme0n1p1 :
mount /dev/nvme0n1p1 /mnt/boot/efi
Si vous avez une partition /boot séparée, montez-la aussi avant l’EFI :
mount /dev/nvme0n1p3 /mnt/boot
mount /dev/nvme0n1p1 /mnt/boot/efi
Montez les pseudo-systèmes nécessaires au chroot :
mount --bind /dev /mnt/dev
mount --bind /dev/pts /mnt/dev/pts
mount -t proc /proc /mnt/proc
mount -t sysfs /sys /mnt/sys
mount --bind /run /mnt/run
Copiez la résolution DNS si le réseau doit fonctionner dans le chroot :
cp /etc/resolv.conf /mnt/etc/resolv.conf
Entrez dans le système installé :
chroot /mnt
Vous êtes maintenant “dans” votre Ubuntu installé, même si vous avez démarré depuis la clé USB.
Terminer la réparation dans le chroot
Dans le chroot, terminez la configuration des paquets :
dpkg --configure -a
apt --fix-broken install
apt update
apt full-upgrade
Réinstallez les composants de démarrage si nécessaire :
apt install --reinstall grub-efi-amd64 shim-signed
Sur une installation BIOS ancienne, le paquet GRUB peut être différent :
apt install --reinstall grub-pc
Régénérez l’initramfs et GRUB :
update-initramfs -u -k all
update-grub
Sur une machine BIOS, réinstallez GRUB sur le disque, pas sur une partition. Exemple :
grub-install /dev/sda
update-grub
Sur une machine UEFI, si la partition EFI est correctement montée, vous pouvez utiliser :
grub-install
update-grub
Quittez le chroot :
exitLangage du code : PHP (php)
Démontez proprement :
umount -R /mnt
reboot
Cas d’un disque chiffré LUKS
Si Ubuntu est installé sur une partition chiffrée LUKS, il faut d’abord l’ouvrir depuis le Live-USB.
Identifiez la partition :
lsblk -f
Ouvrez le volume chiffré :
cryptsetup luksOpen /dev/nvme0n1p3 ubuntu_crypt
Si vous utilisez LVM dans LUKS, activez les volumes :
vgscan
vgchange -ay
Montez ensuite la racine depuis /dev/mapper/.... Exemple :
mount /dev/mapper/ubuntu--vg-ubuntu--lv /mnt
Puis continuez avec les montages /dev, /proc, /sys, /run et le chroot comme expliqué plus haut.
Réparer un fichier /etc/fstab incorrect
Après une mise à niveau ou une modification de partitions, Ubuntu peut tomber en emergency mode si /etc/fstab référence une partition absente.
Depuis le mode emergency ou un Live-USB, vérifiez les UUID :
blkid
Ouvrez /etc/fstab :
nano /etc/fstab
Commentez temporairement les partitions non essentielles en ajoutant # au début de la ligne. Par exemple, pour un ancien disque externe absent :
# UUID=ancien-uuid /media/data ext4 defaults 0 2Langage du code : PHP (php)
Testez le montage :
mount -a
Si aucune erreur ne s’affiche, redémarrez. Un fstab trop optimiste peut bloquer tout le démarrage pour un disque secondaire absent. Très strict, très Linux.
Réparer les paquets Snap après mise à niveau
Après une mise à niveau, certaines applications Snap peuvent ne plus se lancer. Commencez par vérifier l’état de Snap :
systemctl status snapd --no-pager
snap listLangage du code : PHP (php)
Redémarrez le service :
sudo systemctl restart snapd
Rafraîchissez les snaps :
sudo snap refresh
Si une application Snap précise est cassée, réinstallez-la seulement si nécessaire. Ne purgez pas Snap globalement au milieu d’une réparation système, sauf si vous savez exactement quelles applications en dépendent.
Réparer Flatpak après mise à niveau
Si vous utilisez Flatpak, mettez les runtimes à jour :
flatpak update
Réparez l’installation Flatpak :
flatpak repair
Supprimez les dépendances inutilisées :
flatpak uninstall --unused
Flatpak casse rarement le démarrage d’Ubuntu, mais il peut expliquer des applications qui ne se lancent plus après une grosse mise à niveau.
Corriger les dépôts tiers et PPA cassés
Les PPA et dépôts tiers sont une cause fréquente de mise à niveau bloquée. Pendant une migration de version, certains dépôts ne sont pas encore disponibles pour la nouvelle version d’Ubuntu.
Listez les dépôts tiers :
ls /etc/apt/sources.list.d/Langage du code : PHP (php)
Inspectez les fichiers :
grep -R "deb " /etc/apt/sources.list /etc/apt/sources.list.d/Langage du code : PHP (php)
Désactivez temporairement un dépôt problématique en renommant son fichier :
sudo mv /etc/apt/sources.list.d/nom-du-depot.list /etc/apt/sources.list.d/nom-du-depot.list.disabledLangage du code : PHP (php)
Puis relancez :
sudo apt update
sudo apt --fix-broken install
sudo apt full-upgrade
Une fois Ubuntu réparé, réactivez seulement les dépôts qui supportent officiellement votre version. Un vieux PPA prévu pour une ancienne Ubuntu peut installer des bibliothèques incompatibles. Et là, le chaos entre sans frapper.
Revenir à des paquets Ubuntu officiels avec ppa-purge
Si un PPA a remplacé des bibliothèques critiques, le désactiver ne suffit pas toujours. Il faut parfois revenir aux versions officielles Ubuntu avec ppa-purge.
sudo apt install ppa-purge
Exemple :
sudo ppa-purge ppa:nom/du-ppa
Utilisez cette commande avec prudence. Elle peut rétrograder plusieurs paquets. Lisez toujours ce qu’APT propose avant de valider.
Vérifier la version Ubuntu après réparation
Après réparation, vérifiez la version réellement installée :
lsb_release -a
cat /etc/os-release
Vérifiez aussi le noyau :
uname -r
Et l’état des paquets :
sudo apt update
sudo apt full-upgrade
dpkg --audit
Si dpkg --audit ne retourne rien, c’est bon signe. Le silence de dpkg est l’un des rares silences vraiment rassurants en informatique.
Vérifier que le système démarre proprement
Après redémarrage, inspectez les erreurs du boot courant :
systemctl --failed
journalctl -b -p err --no-pager
Vérifiez les paquets cassés :
dpkg --audit
Vérifiez les paquets retenus :
apt-mark showhold
Si des paquets sont retenus volontairement, notez-les. Si vous ne savez pas pourquoi ils sont retenus, investiguez avant la prochaine mise à niveau.
Cas serveur Ubuntu : éviter de casser SSH
Sur un serveur distant, la priorité est de conserver l’accès SSH. Avant toute réparation réseau ou pare-feu, vérifiez que SSH fonctionne :
systemctl status ssh --no-pager
Si UFW est actif, vérifiez les règles :
sudo ufw status verbose
Autorisez SSH si nécessaire :
sudo ufw allow OpenSSH
Sur un VPS ou serveur dédié, gardez une console de secours ouverte si votre hébergeur en propose une. Réparer une mise à niveau à distance sans console, c’est comme changer une serrure depuis l’extérieur avec la porte fermée.
Quand réinstaller Ubuntu plutôt que réparer ?
La réparation vaut souvent le coup. Mais dans certains cas, une réinstallation propre peut être plus rapide et plus fiable.
Réinstallez plutôt si :
- le système a accumulé des années de PPA et dépôts tiers ;
- la mise à niveau a été forcée entre versions non supportées ;
- des bibliothèques critiques viennent de dépôts mélangés ;
- le disque montre des erreurs matérielles ;
- vous avez une sauvegarde fiable de
/homeet des configurations ; - vous voulez repartir sur un partitionnement propre ;
- la réparation prend plus de temps qu’une installation maîtrisée.
Dans ce cas, sauvegardez les données, réinstallez Ubuntu proprement, puis réimportez seulement ce dont vous avez besoin. Une réinstallation propre est parfois moins douloureuse qu’un système réparé avec du ruban adhésif et trois PPA morts.
Prévenir les plantages lors des prochaines mises à niveau
Avant une grosse mise à niveau Ubuntu, prenez quelques précautions :
- lire les notes de version officielles ;
- sauvegarder
/home; - créer un snapshot si vous utilisez Btrfs, ZFS ou Timeshift ;
- désactiver les PPA non essentiels ;
- vérifier l’espace disque ;
- mettre le système actuel à jour avant de migrer ;
- brancher l’ordinateur sur secteur ;
- prévoir une connexion réseau stable ;
- garder une clé USB live prête ;
- éviter de lancer la mise à niveau dix minutes avant de partir.
Pour une machine de travail, attendez souvent les premiers correctifs d’une nouvelle LTS avant de migrer. Les plus pressés testent les nouveautés. Les plus prudents lisent leurs rapports de bugs. Chacun son sport.
Ordre de réparation recommandé
Si Ubuntu plante après une mise à niveau, suivez cet ordre :
- sauvegarder les données si possible ;
- tester un ancien noyau depuis GRUB ;
- démarrer en mode recovery ;
- réparer
dpkget APT ; - libérer de l’espace disque ;
- réparer les pilotes graphiques si écran noir ;
- consulter les logs systemd ;
- désactiver les dépôts tiers cassés ;
- utiliser un Live-USB et chroot si Ubuntu ne démarre plus ;
- réinstaller proprement seulement si la réparation devient trop risquée.
Cette progression évite de sortir l’artillerie lourde trop tôt. Le mode recovery suffit souvent. Le chroot arrive ensuite. La réinstallation vient seulement à la fin.
Checklist rapide
- Tester un ancien noyau dans GRUB.
- Démarrer en recovery mode.
- Remonter la racine en écriture avec
mount -o remount,rw /. - Lancer
dpkg --configure -a. - Lancer
apt --fix-broken install. - Lancer
apt full-upgrade. - Nettoyer l’espace disque avec
apt autoremove --purgeetapt clean. - Réparer GRUB avec
update-grub. - Tester
nomodeseten cas d’écran noir. - Utiliser un Live-USB et chroot si le système ne démarre plus.
À retenir
Un Ubuntu qui plante après une mise à niveau n’est pas forcément perdu. Dans beaucoup de cas, il suffit de terminer la configuration des paquets, réparer les dépendances, nettoyer l’espace disque, régénérer l’initramfs et remettre GRUB en ordre.
Si Ubuntu démarre encore en recovery ou sur un ancien noyau, réparez depuis le système. Si rien ne démarre, passez par une clé USB live et un chroot. Cette méthode permet de réparer le système installé sans réinstaller immédiatement.
La vraie clé : sauvegarder, diagnostiquer, réparer dans l’ordre. Une mise à niveau interrompue ressemble à une catastrophe, mais c’est souvent juste un chantier abandonné au milieu. Il faut finir les travaux, pas forcément démolir la maison.
FAQ : Ubuntu planté après une mise à niveau
Que faire si Ubuntu ne démarre plus après une mise à niveau ?
Essayez d’abord un ancien noyau depuis GRUB, puis le mode recovery. Réparez les paquets avec dpkg --configure -a et apt --fix-broken install. Si Ubuntu ne démarre plus du tout, utilisez un Live-USB et un chroot.
Comment réparer “dpkg was interrupted” ?
Lancez sudo dpkg --configure -a, puis sudo apt --fix-broken install. Ensuite, terminez la mise à niveau avec sudo apt full-upgrade.
Pourquoi Ubuntu affiche un écran noir après mise à niveau ?
La cause la plus fréquente est graphique : pilote NVIDIA, nouveau noyau, Wayland, initramfs ou module non chargé. Testez un ancien noyau, nomodeset, puis réinstallez le pilote recommandé.
Faut-il réinstaller Ubuntu après une mise à niveau ratée ?
Pas immédiatement. Beaucoup de mises à niveau interrompues se réparent depuis le mode recovery ou un Live-USB. Réinstallez seulement si les paquets sont trop mélangés, si le disque est abîmé ou si vous avez une sauvegarde fiable et voulez repartir proprement.
Comment réparer GRUB depuis une clé USB Ubuntu ?
Démarrez sur la clé, montez la partition Ubuntu dans /mnt, montez aussi la partition EFI si nécessaire, bind-montez /dev, /proc, /sys et /run, entrez avec chroot /mnt, puis lancez grub-install et update-grub.
Pourquoi une mise à niveau Ubuntu échoue ?
Les causes fréquentes sont une coupure pendant l’installation, un manque d’espace disque, des PPA incompatibles, des paquets cassés, un pilote graphique propriétaire, un problème de réseau ou un disque avec erreurs.
Articles liés
- Mettre à jour Ubuntu vers la dernière version disponible
- Mise à jour du serveur vers Ubuntu 24.04 LTS
- Écran noir Ubuntu : pilotes graphiques ATI/AMD
- Linux : réparer les touches Fn de luminosité écran et clavier
- Ubuntu : résoudre les problèmes de son avec ALSA
- Analyser les performances CPU, RAM, disque et réseau sous Linux

C’est beau, c’est propre et ça peut servir !
Par contre, ce tip ne fonctionnera pas avec la version Grub2 ?
Je pense que non… je viens d’installer GRUB2 sur ce PC et je n’avais même plus de menu de démarrage (Error 15 Not Found). Du coup, j’ai remis GRUB, tout refonctionne et je ne touche plus à rien ! LOL
Chapeau bas l’artiste !
Et une excellente année à toi :-))
BaBaWiTe
Règle n°1 : pas sans backup.
Règle n°2 : pas sur batterie.
Règle n°3 : pas en wifi.
Règle n°4 : pas sans temps.