Web 2.0 : qu’a réellement changé le Web participatif ?

Le Web 2.0 désigne l’évolution du Web vers des plateformes interactives, collaboratives et alimentées par leurs utilisateurs. Il ne correspond pas à une version officielle d’Internet, mais à un changement majeur dans les usages, les interfaces et les modèles économiques du Web.

Au milieu des années 2000, presque toutes les nouvelles entreprises technologiques voulaient devenir « Web 2.0 ».

Le terme promettait des interfaces dynamiques, des communautés actives, des services accessibles depuis un navigateur et une nouvelle économie fondée sur la participation.

Deux décennies plus tard, l’expression paraît délicieusement rétro. Pourtant, les principes qu’elle désignait structurent encore une grande partie du Web actuel.

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Qu’est-ce que le Web 2.0 ?

Le Web 2.0 est une expression utilisée pour décrire le passage d’un Web principalement consultatif à un Web plus interactif, participatif et collaboratif.

L’internaute ne se contente plus de lire une page publiée par son propriétaire. Il peut également commenter, publier, noter, classer, partager, modifier ou enrichir les contenus.

Le Web devient aussi une plateforme d’exécution. Des applications autrefois installées sur l’ordinateur fonctionnent désormais dans le navigateur et stockent leurs données en ligne.

Le terme ne désigne toutefois aucune mise à jour officielle du World Wide Web. Il n’existe ni protocole « Web 2.0 », ni date précise de migration, ni organisme chargé de certifier les sites compatibles.

Il s’agit plutôt d’une étiquette historique regroupant plusieurs évolutions techniques, sociales et économiques apparues progressivement.

D’où vient l’expression Web 2.0 ?

L’expression existait déjà à la fin des années 1990, mais elle devient réellement populaire après une séance de réflexion organisée par O’Reilly Media et MediaLive International.

La première conférence Web 2.0 se tient à San Francisco en octobre 2004. L’idée gagne ensuite en visibilité avec la publication, en septembre 2005, de l’article de Tim O’Reilly intitulé What Is Web 2.0.

O’Reilly ne présente pas le Web 2.0 comme une technologie unique. Il décrit un ensemble de principes et de pratiques gravitant autour d’un même centre.

  • utiliser le Web comme une plateforme ;
  • proposer des services plutôt que des logiciels figés ;
  • exploiter l’intelligence collective ;
  • considérer les utilisateurs comme des participants ;
  • améliorer continuellement les applications ;
  • utiliser et combiner les données provenant de plusieurs sources ;
  • concevoir des services accessibles depuis différents appareils.

Ces principes paraissent aujourd’hui ordinaires. En 2004, ils décrivaient pourtant une rupture avec le modèle logiciel traditionnel.

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Web 1.0 et Web 2.0 : quelles différences ?

On oppose souvent le Web 1.0 au Web 2.0. Cette comparaison facilite la compréhension, mais elle reste schématique.

Web 1.0Web 2.0
Publication principalement descendanteParticipation des utilisateurs
Pages relativement statiquesInterfaces dynamiques
Sites personnelsBlogs et réseaux sociaux
Logiciels installés localementApplications accessibles dans le navigateur
Classement par catégoriesTags et folksonomies
Contenus publiés par l’éditeurContenus produits ou enrichis par la communauté
Versions logicielles ponctuellesAmélioration continue des services

Le Web 1.0 n’était pourtant pas totalement passif. Les forums, les groupes de discussion, les livres d’or, IRC et les premières communautés permettaient déjà aux internautes d’échanger.

La différence tient surtout à l’échelle. Avec le Web 2.0, la participation devient une composante centrale des plateformes plutôt qu’une fonction périphérique.

Les grandes caractéristiques du Web 2.0

Le Web comme plateforme

Le navigateur cesse progressivement d’être un simple lecteur de documents. Il devient une interface permettant d’utiliser des applications complètes.

Le courrier électronique, les agendas, les outils bureautiques, les services de stockage et les logiciels de gestion deviennent accessibles depuis n’importe quel ordinateur connecté.

Cette évolution préfigure le logiciel en tant que service, ou SaaS. Elle annonce également le cloud computing moderne.

La participation des utilisateurs

Les utilisateurs deviennent des producteurs de contenus.

  • Les blogs simplifient la publication personnelle.
  • Les wikis permettent l’écriture collective.
  • Les plateformes vidéo hébergent les créations du public.
  • Les réseaux sociaux organisent les relations entre utilisateurs.
  • Les commentaires prolongent les articles et les discussions.
  • Les avis enrichissent les boutiques et les services en ligne.

Cette participation produit un effet de réseau : plus un service rassemble d’utilisateurs, plus il peut devenir utile, visible ou difficile à remplacer.

Les contenus générés par les utilisateurs

Le contenu généré par les utilisateurs, souvent désigné par l’acronyme anglais UGC, devient l’un des moteurs du Web participatif.

Wikipedia en constitue l’exemple emblématique. Son contenu n’est pas produit uniquement par une rédaction centrale, mais construit et corrigé par une communauté de contributeurs.

Le même principe alimente ensuite les réseaux sociaux, les plateformes vidéo, les sites d’avis, les forums spécialisés et les places de marché.

Les tags et les folksonomies

Les sites traditionnels classaient souvent leurs contenus dans des catégories définies par l’éditeur.

Le Web 2.0 popularise les tags. Les utilisateurs peuvent associer librement plusieurs mots-clés à une ressource.

Cette classification collective porte le nom de folksonomie. Elle s’oppose aux taxonomies strictement organisées par une autorité centrale.

Les hashtags utilisés sur les réseaux sociaux prolongent directement cette logique.

La syndication des contenus

Les flux RSS et Atom permettent de suivre les publications d’un site sans visiter régulièrement sa page d’accueil.

Un lecteur ou un agrégateur récupère automatiquement les nouveaux contenus. Cette syndication facilite la veille, le partage et la circulation de l’information.

Les réseaux sociaux ont ensuite rendu RSS moins visible auprès du grand public. Le format reste pourtant disponible sur de nombreux sites, notamment WordPress.

Pour aller plus loin, consultez le guide consacré aux flux RSS et au suivi du Web sans algorithmes.

Les API et l’interopérabilité

Le Web 2.0 encourage également les services à communiquer entre eux.

Les interfaces de programmation, ou API, permettent à une application de consulter, publier ou transformer les données d’une autre plateforme.

Cette approche favorise les mashups, c’est-à-dire les applications combinant plusieurs sources. Un service peut, par exemple, afficher des données immobilières sur une carte provenant d’un autre fournisseur.

L’ouverture promise reste toutefois relative. De nombreuses plateformes ont ensuite limité leurs API, fermé certains accès ou rendu leurs données plus difficiles à exporter.

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AJAX : la technologie emblématique du Web 2.0

AJAX signifie Asynchronous JavaScript and XML. Le terme désigne un ensemble de techniques permettant à une page de communiquer avec un serveur sans devoir être entièrement rechargée.

Une interface peut ainsi envoyer un formulaire, afficher de nouveaux résultats ou enregistrer une modification en arrière-plan.

Google Maps et Gmail ont largement contribué à populariser ce type d’expérience. Leurs interfaces se rapprochaient davantage d’un logiciel de bureau que d’une succession de documents HTML.

Aujourd’hui, le terme AJAX s’emploie moins souvent. Les applications modernes utilisent généralement JavaScript, l’API Fetch, des réponses JSON et différents frameworks ou bibliothèques.

Le principe reste cependant identique : échanger des données avec le serveur sans recharger toute la page.

Le Web 2.0 n’était pas seulement une évolution technique

Réduire le Web 2.0 à AJAX, aux coins arrondis et aux boutons brillants serait une erreur.

Son principal changement concerne la place accordée aux données, aux communautés et aux effets de réseau.

Une plateforme Web 2.0 tire souvent sa valeur de l’activité de ses utilisateurs :

  • les liens qu’ils publient ;
  • les profils qu’ils créent ;
  • les relations qu’ils établissent ;
  • les avis qu’ils déposent ;
  • les photographies et vidéos qu’ils mettent en ligne ;
  • les données comportementales qu’ils génèrent.

Cette logique a permis l’émergence de services considérables. Elle a également transféré une partie du travail éditorial, de la modération et de la production vers les utilisateurs eux-mêmes.

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Les promesses du Web 2.0

À ses débuts, le Web 2.0 véhicule une vision particulièrement optimiste d’Internet.

  • Chacun peut publier sans maîtriser le HTML.
  • Les connaissances peuvent être construites collectivement.
  • Les logiciels deviennent accessibles depuis n’importe quel appareil.
  • Les données peuvent circuler entre plusieurs services.
  • Les petites communautés peuvent trouver leur public.
  • Les créateurs peuvent contourner les intermédiaires traditionnels.

Une partie de ces promesses s’est réalisée. Publier un article, une vidéo ou un podcast n’a jamais été aussi simple.

Les outils collaboratifs permettent également à plusieurs personnes de travailler simultanément sur un même document, parfois depuis plusieurs continents.

Le Web est effectivement devenu une plateforme applicative mondiale.

Les limites et les dérives du Web participatif

Le Web 2.0 n’a cependant pas produit uniquement de merveilleuses encyclopédies collaboratives et de charmants blogs personnels.

La centralisation des plateformes

Le discours initial valorisait l’ouverture et l’interopérabilité. Dans les faits, quelques plateformes ont progressivement concentré les audiences, les données et les moyens de distribution.

Les internautes peuvent publier facilement, mais ils le font souvent dans des espaces qu’ils ne contrôlent pas.

Une modification d’algorithme, une suspension de compte ou la fermeture d’un service peut alors supprimer brutalement leur visibilité.

La collecte massive de données

La participation produit d’immenses volumes de données. Ces informations permettent de personnaliser les services, mais aussi d’établir des profils publicitaires particulièrement détaillés.

L’utilisateur devient à la fois le client, le producteur, la source de données et parfois le produit économique de la plateforme.

La modération et la désinformation

Ouvrir la publication à tous augmente la diversité des voix. Cela facilite également la diffusion du spam, du harcèlement, des manipulations et des informations trompeuses.

Les plateformes ont donc dû construire des systèmes complexes de signalement, de modération et de recommandation.

Ces systèmes ne sont jamais neutres. Ils déterminent quels contenus deviennent visibles, lesquels disparaissent et quelles discussions sont encouragées.

L’enfermement dans les plateformes

Le Web 2.0 promettait que l’utilisateur resterait maître de ses données. Cette promesse n’a été que partiellement tenue.

Exporter un profil complet, ses relations, ses commentaires ou son historique reste souvent difficile. Les données circulent très bien vers la plateforme. Le trajet inverse peut se montrer nettement moins fluide.

Le Web 2.0 existe-t-il encore ?

Le terme Web 2.0 est désormais rarement utilisé en dehors des cours, des ouvrages historiques et de quelques PowerPoint ayant héroïquement survécu depuis 2006.

Ses principes restent néanmoins omniprésents.

  • Les logiciels sont proposés comme des services continuellement mis à jour.
  • Les applications fonctionnent dans le navigateur.
  • Les utilisateurs alimentent les plateformes.
  • Les API relient les services entre eux.
  • Les données représentent une ressource économique centrale.
  • Les effets de réseau favorisent les acteurs déjà dominants.

Autrement dit, le Web 2.0 n’a pas vraiment disparu. Il a simplement cessé d’être présenté comme une nouveauté.

Web 2.0, Web 3.0 et Web3 : attention aux termes

La disparition progressive de l’expression Web 2.0 a laissé place à d’autres appellations. Elles ne désignent toutefois pas toutes la même chose.

Le Web 3.0 ou Web sémantique

Dans son sens historique, le Web 3.0 désigne souvent le Web sémantique.

L’objectif consiste à structurer les informations afin que les machines puissent mieux comprendre les relations entre les données, les personnes, les lieux et les concepts.

Les données structurées, les graphes de connaissances et certaines ontologies prolongent cette ambition.

Le Web3 fondé sur la blockchain

Le terme Web3, généralement écrit sans point, désigne un mouvement plus récent centré sur la blockchain, les actifs numériques et les applications décentralisées.

Ses promoteurs souhaitent notamment réduire la dépendance envers les grandes plateformes centralisées.

Web 3.0 et Web3 sont parfois confondus. Pourtant, leurs origines, leurs technologies et leurs objectifs diffèrent sensiblement.

Ce que le Web 2.0 a durablement changé

Le Web 2.0 a profondément transformé notre manière de publier, de communiquer et d’utiliser des logiciels.

Il a notamment installé plusieurs idées devenues évidentes :

  • un site peut se comporter comme une application ;
  • un logiciel peut évoluer sans nouvelle installation ;
  • une communauté peut produire une ressource collective ;
  • les utilisateurs peuvent organiser eux-mêmes les contenus ;
  • les données peuvent être combinées entre plusieurs services ;
  • la valeur d’une plateforme peut dépendre de son réseau d’utilisateurs.

Il a également révélé une tension toujours actuelle : le Web peut faciliter la participation tout en concentrant le pouvoir entre les mains de quelques intermédiaires.

Pour un projet web, la technologie ne suffit donc jamais. Il faut aussi définir la propriété des données, les possibilités d’exportation, la modération, les dépendances externes et le modèle économique.

Ces choix doivent apparaître dès la conception, notamment dans le cahier des charges du projet web.

Conclusion

Le Web 2.0 n’était ni une mise à jour officielle du Web, ni une technologie unique.

Il désignait une transformation plus large : le passage vers des services interactifs, continuellement améliorés et alimentés par la participation des utilisateurs.

Les blogs, les wikis, les réseaux sociaux, les applications en ligne, les flux RSS, les API et AJAX en ont constitué les manifestations les plus visibles.

L’expression a vieilli. Son héritage, lui, reste partout.

Le Web actuel est une immense plateforme applicative, sociale et économique. À ce titre, nous vivons toujours dans le prolongement du Web 2.0 — avec davantage de puissance, de centralisation et de questions embarrassantes sur la destination de nos données.

Questions fréquentes sur le Web 2.0

Quelle est la définition simple du Web 2.0 ?

Le Web 2.0 désigne un Web interactif et participatif dans lequel les utilisateurs peuvent publier, commenter, partager et collaborer. Il correspond également au développement des applications accessibles directement depuis un navigateur.

Qui a inventé le terme Web 2.0 ?

L’expression avait déjà été utilisée avant 2004. Elle a toutefois été popularisée par O’Reilly Media, notamment après une réflexion menée avec MediaLive International et la première conférence Web 2.0 organisée en octobre 2004.

Quels sont des exemples de services Web 2.0 ?

Les blogs, Wikipedia, YouTube, Facebook, Flickr, Google Maps et les outils bureautiques en ligne figurent parmi les exemples historiques. Les plateformes sociales, collaboratives et communautaires actuelles en prolongent les principes.

Quelle est la différence entre le Web 1.0 et le Web 2.0 ?

Le Web 1.0 reposait surtout sur la consultation de pages publiées par leurs propriétaires. Le Web 2.0 place davantage l’utilisateur au centre en lui permettant de publier, modifier, classer et partager les contenus.

Le Web 2.0 est-il encore utilisé aujourd’hui ?

L’expression elle-même est devenue rare. En revanche, ses principes restent au cœur du Web actuel : logiciels en ligne, réseaux sociaux, contenus participatifs, API, services continuellement mis à jour et exploitation des données.

AJAX est-il encore utilisé ?

Oui, même si le terme est moins employé. Les sites modernes continuent à échanger des données avec le serveur sans recharger toute la page. Ils utilisent généralement JavaScript, Fetch et des réponses JSON plutôt que XML.

Sources

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Je suis Matt Biscay, développeur WordPress & WooCommerce certifié chez Codeable, administrateur système et enseignant.

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