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Mister B.

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La vie quotidienne de votre professeur d’anglais préféré.

J’ai donné hier mes premiers cours au lycée et je suis très content de la manière dont cela se passe. Les élèves sont assez motivés et n’hésitent pas à participer et faire avancer le cours. Au niveau de la discipline, c’est vraiment le top : dès que le professeur prend la parole, le silence s’installe et tout le monde suit. Impressionnant. En fait, ce devrait être comme cela tout le temps, c’est juste que les élèves que j’ai en collège ne sont pas éduqués. J’ai donc eu le plaisir de donner plusieurs fois le même cours dans l’après-midi, chose qui m’arrivait pour la première fois. Je devais donner deux heures à des Terminales S mais ma tutrice m’a demandé si je voulais prendre aussi les BTS Commerce International. Pourquoi pas ! Le thème de la séance portait sur les gangsters aux Etats-Unis : extraits vidéo de Carlito’s Way (Rise to Power) et feuille de compréhension orale. Piece of cake. Cela m’a permis d’expérimenter avec le vidéo-projecteur et de faire cours avec juste une feuille, sans cassette audio ni book et workbook. Et je dois dire que c’est bien agréable. On se concentre plus sur ce qui est dit, les élèves prennent le cours en note au fur et à mesure. Vraiment le pied.

Tiens, vous saviez qu’il y avait grève jeudi ? Quasiment tous les professeurs du collège étaient là. Les seuls absents étaient mes élèves de quatrième : 12 absents sur 27 – beau score… Et devinez quoi : il sont tous revenus le lendemain avec un mot signé des parents comme quoi ils étaient malades. Mais bien sûr…12 élèves tombent malades le même jour et reviennent le jour suivant en pleine forme. Et la marmotte…

J’arrive juste à temps pour respecter ma petite cadence de publication : voici un petit résumé des derniers jours.

Mercredi, j’ai découvert qu’enseigner au lycée est aux antipodes de l’enseignement au collège : les élèves ont l’air beaucoup plus concentrés, suivent le cours sans qu’on le leur demande, se souviennent de ce qu’ils ont appris les mois/années précédents, lèvent la main avant de prendre la parole… bref, je viens de découvrir un autre monde et je pense qu’il me conviendrait bien. En fait, il n’y plus le côté dressage que l’on est obligé de mettre en place au collège.

Du coup on peut vraiment se concentrer sur notre discipline et amener les élèves à réfléchir sur ce qu’ils font. J’ai donc pas mal observé et suis en train de préparer une séquence sur les gangsters. Base vidéo : les premières minutes de The GodFather avec la demande de vengeance. Pas très compréhensible pour les élèves à mon avis donc il faudra sûrement trouver un autre passage, histoire d’assurer nos arrières.

Mes observations ont porté pour l’instant sur une classe de seconde en module dans une salle informatique et sur une classe de 1ère littéraire.

Les secondes sont assez représentatifs de ce que j’ai connu : assez mous dans l’ensemble même si quelques uns ont coeur à participer. Les 1ères L m’ont beaucoup amusé – j’avais quelque peu oublié la variété des styles vestimentaires que l’on pouvait trouver dans cette section : filles aux saris chamarrés, quelques gothiques, les dandy, les gars aux cheveux longs filasses… pas de doute, on est bien en L ! ;-)

Par contre j’ai rarement vu une aussi bonne ambiance de classe : ils ont tous l’air content d’être là ensemble et je n’ai pas vraiment perçu d’esprit de compétition ou de malveillance scolaire comme c’était le cas à mon époque. Cela doit venir du type de lycée également.

Raaaahhhh !!!Mais qu’est-ce qu’ils ont mes gosses en ce moment ?! Franchement, je n’y comprends rien : la semaine dernière j’ai eu un cours impeccable pendant lequel j’aurais quasiment pu entendre les mouches voler. Vendredi, les 5èmes étaient intenables et aujourd’hui c’était au tour des 4èmes de faire leur cirque. Marre de devoir recadrer sans cesse, je suis désormais obligé de faire le boulot de leurs parents ! Je sens que je vais ressortir mes petites punitions de 200 lignes, cela ne va pas faire un pli. Ce n’est pas trop le moment de venir me chercher vu la somme de travail que je dois fournir pendant les deux prochaines semaines – et plus encore lorsque j’aurais véritablement commencé le stage pratique. Pas vraiment le moment de me chercher donc…

J’ai remarqué qu’il devient quasiment impossible de travailler dans de bonnes conditions le lundi après-midi. En fait, il faut les avoir tôt le matin, juste après qu’ils aient émergé. C’est à ce moment-là qu’ils sont le plus productifs. Et les plus attentifs surtout.

Petit bonus au collège ce soir : réunion avec les parents des élèves qui partent in Irlande en mars. J’ai parcouru la salle des yeux et regardé certaines réactions pendant le speech ‘sécurité’ de ma collègue : il va y avoir du sport je le sens d’ici. J’ai intérêt à bien dormir avant… Finalement je n’ai pas des masses d’élèves qui partent mais je me demande si ce n’est pas un mal. Les autres m’ont l’air bien moins rebelles. But you can’t judge a book by its cover, right ?

— Those who jump off a bridge in Paris are in Seine.
— A backward poet writes inverse.
— A man’s home is his castle, in a manor of speaking.
— Practice safe eating – always use condiments.
— Shotgun wedding: A case of wife or death.
— A man needs a mistress just to break the monogamy.
— A hangover is the wrath of grapes.
— Dancing cheek-to-cheek is really a form of floor play.
— Does the name Pavlov ring a bell?
— Condoms should be used on every conceivable occasion.
— Reading while sunbathing makes you well red.
— When two egotists meet, it’s an I for an I.
— A bicycle can’t stand on its own because it is two tired.
— What’s the definition of a will? (It’s a dead giveaway.)
— Time flies like an arrow. Fruit flies like a banana.
— In democracy your vote counts. In feudalism your count votes.
— She was engaged to a boyfriend with a wooden leg but broke it off.
— A chicken crossing the road is poultry in motion.
— If you don’t pay your exorcist, you get repossessed.
— With her marriage, she got a new name and a dress.
— When a clock is hungry, it goes back four seconds.
— The man who fell into an upholstery machine is fully recovered.
— You feel stuck with your debt if you can’t budge it.
— Local Area Network in Australia: the LAN down under.
— He often broke into song because he couldn’t find the key.
— Every calendar’s days are numbered.
— A lot of money is tainted – It taint yours and it taint mine.
— A boiled egg in the morning is hard to beat.
— He had a photographic memory that was never developed.
— A plateau is a high form of flattery.
— A midget fortuneteller who escapes from prison is a small medium at large.
— Those who get too big for their britches will be exposed in the end.
— Once you’ve seen one shopping center, you’ve seen a mall.
— Bakers trade bread recipes on a knead-to-know basis.
— Santa’s helpers are subordinate clauses.
— Acupuncture is a jab well done.

Well, well, well ;-)

RedHatEt bien voilà, après quelques péripéties, la visite du RGR a eu lieu hier. Je vous explique : mon formateur IUFM devait normalement venir inspecter ma classe aujourd’hui mais à cause d’une stagiaire qui a du mal avec ses élèves (au point de ne plus oser entrer dans sa classe), il a annulé la visite du vendredi. Et l’a déplacée le jour précédent, soit hier jeudi. Et il m’annonce cela mercredi à 17h. Bon soyons quand même réaliste, une journée de décalage cela ne casse pas trois pattes à un canard et puis de toutes façons, je souhaitais en finir au plus vite et si possible avant les vacances afin d’être peinard.

La visite s’est donc bien déroulée, avec une pointe d’appréhension quand même. Lorsque mes élèves ont vu mon formateur débarquer avec son chapeau en classe avec un jour d’avance, j’ai perçu comme un léger frémissement de frustration dans le couloir avant de rentrer en classe. Ach ! Kinders…

Le cours s’est assez bien déroulé, à peu près comme je l’avais prévu. Bien évidemment, j’ai dû rappeler à l’ordre 3 élèves qui ont essayé de faire les malins. Résulats : 2 carnets collectés. Et j’ai même été félicité pour ça. Comme quoi il faut sévir. Je sens que je vais bientôt ressortir ma vieille batterie.

Autre surprise : une assistante d’éducation qui vient taper à la porte pour dire aux élèves qu’ils n’auront pas cours lundi après-midi. Je vous laisse imaginer le bocson que cela a déclenché. Mon tuteur se prenait la tête à deux mains en maugréant à ce moment-là. Du coup, il a fallu que je réagisse assez vite : “there’s no class on Monday afternoon folks ! No be quiet and get down with your work“. Et cela a marché. Incroyable.

Entretien : 1h10. Quand même. J’ai cru un moment que je me trouvais à l’oral du CAPES : même disposition des tables, mêmes questions un peu retorses ou l’on ne voit pas bien où ils veulent en venir. Mais bon au final, cela s’est bien passé.

Allez, c’est officiel : mon responsable de groupe de référence (RGR comme on l’appelle affectueusement) vient me rendre une petite visite de courtoisie dans exactement deux semaines. J’ai déjà briefé mes élèves sur sa visite, il ne reste plus qu’à aller brûler un cierge pour que tout roule comme sur les roulettes prévues. Keep your fingers crossed people ! Le plus ironique, c’est que comme personne n’a osé lui demandé quand il comptait venir, c’est moi qui me suis lancé et qui lui ai posé la question. Et comme par hasard, c’est moi qui suis inspecté en premier, à 8h du mat’. Cela m’apprendra à vouloir m’impliquer ! Trop bon, trop…

Mais bon, cela ne sert à rien de baliser : de toute façon cela ressemble plus à une visite de courtoisie qu’autre chose – l’essentiel de la note du stage est assurée par les tuteurs. Allez, avouons-le, j’ai tout de même une petite appréhension ;-)

C’est la période inspection en ce moment : j’ai reçu la visite d’un de mes collègues au Collège vendredi matin, je rend visite à une autre collègue lundi après-midi juste avant mes cours et mon tuteur vient m’inspecter jeudi… d’ici à ce que mon RGR m’envoie une petite notification comme quoi il débarque, il n’y a qu’un pas que je m’empresse de franchir.

De toute façon, tout le monde sera inspecté en novembre/décembre alors… et puis le plus tôt sera le mieux. J’ai encore une ébauche de mémoire à commencer donc je vais être pas mal pris.

Et en plus les visites parents-professeurs commencent la semaine prochaine. J’espère qu’il y aura du monde parce que j’ai beaucoup de choses à dire. Faut que je pense à ramener un petit ruban rouge pour m’en ceindre le front. Cela fait toujours son petit effet.

Watta!!!J’ai “recadré” aujourd’hui mes deux classes : je les ai d’abord accueillis avec un masque de fer glacial dans le couloir où je les ai fait se ranger contre les mur deux par deux et en silence. Puis, je leur ai demandé de se tenir debout au fond de la classe pendant que je leur exposai toutes les nouvelles règles de classe : j’ai introduit un système de croix (travail oublié, affaires manquantes : une croix ; un travail supplémentaire au bout de 2 croix ; la colle au bout de 5 croix ; le rendez-vous avec les parents ensuite) ainsi qu’un nouveau sytème pour le carnet de liaison. Désormais, je prends le carnet comme un carton jaune si je constate une infraction et je le pose sur mon bureau. Si l’élève se tient à carreaux pendant l’heure, je lui rends son carnet. Sinon, carton rouge : mot dans le carnet plus punition si nécessaire. Cela m’aurait semblé complètement fou de faire cela en 4ème il y a encore un mois. Maintenant je trouve cela plus que normal, voire impératif : c’est fou comme notre conception des choses peut changer rapidement.

Suite à ce recadrage plus que vital pour ma sanité d’esprit, j’ai noté un subtil changement d’attitude : dès que je remarque quelqu’un qui bavarde ou qui ne travaille pas, je retourne vers le bureau et annote une croix près de son nom. Tous les élèves ont alors leur regard braqué sur le mien. C’est à croire qu’ils sont masochistes : ils savent qu’ils vont être punis mais continuent et se prennent la punition, qu’ils font par ailleurs ! Enfin, maintenant que j’ai repris le contrôle des opérations, on va enfin pouvoir faire de l’anglais. Pourvu que ça dure…

L’avantage La plaie de ne plus avoir Internet, c’est que lorsqu’on allume son micro, on tourne vite en rond parce qu’à part écouter les quelques musiques sauvegardées depuis le dernier format de l’iPod ou les quelques clips rarissimes de votre groupe préféré, tous encodés en 60 KBps avec des rayures qui vous arrachent les yeux, et bien il n’y a pas grand chose à faire : finies les petites mises à jour McAfee, la petite dizaine de comptes mails relevés par MailWasher, les mises à niveau des extensions de FireFox… bref, tout fout le camp.

Ce qui m’amène au but de ce post : mes premiers plâtres pédagogiques. Sous ce titre (d)étonnant – et qui claque assez bien IMHO – je regroupe toutes les difficultés auxquelles j’ai été confronté pendant mes 3 premières semaines de cours. Tout d’abord, il me semble important de souligner que je n’éprouve aucun stress ou pression dans ma classe, ce qui m’a étonné de prime abord mais qui maintenant me conforte dans mon choix de carrière. La préparation des cours, très laborieuse au début, commence à se faire plus rapidement une fois que je m’y mets vraiment : il faut maintenant que je me réhabitue à me mettre à table et rester concentré dans ce que je fais dans la durée. Non, ce qui me préoccupe désormais c’est le maintien de l’ordre dans ma classe : j’ai rarement vu une classe aussi indisciplinée que la 4ème qui m’a été confiée et vu la composition de la classe, je soupçonne l’administration de m’avoir fait un “petit cadeau” parce qu’avoir 10 élèves qui mettent le bazar en même temps dans une classe… cela me semble assez peu naturel. To make a long story short, j’ai un petit problème d’autorité – comme la plupart de mes collègues qui enseignent au collège – sauf que ce problème apparaît principalement le lundi en fin d’après-midi. J’ai grondé, pris des carnets de liaison, marqué des mots… je me suis renseigné sur la marche à suivre pour la distribution des colles mais je suis quasiment certain que cela est voué à l’échec – sans compter le temps passé à créer des exercices et à les corriger. Faut-il vraiment en arriver là pour pouvoir faire cours ? Il me semble que nous étions beaucoup plus disciplinés à mon époque. Mais bon, nous avions droit aux punitions corporelles alors forcément…