Tchak-a-ta-chak-a-ta-chak-a-ta-chak.

Les lettres défilent devant mes yeux à demi-clos. Le bruit me rappelle une arme automatique. Je ferme les yeux un bref instant.

Lorsque je les rouvre, je suis embourbé jusqu'aux genoux. Mes vêtements humides me collent à la peau alors que quelques gouttes de transpiration coulent lentement le long de ma colonne vertébrale. Une patrouille de trois militaires passe devant moi sans me voir. Le vacarme est assourdissant, l'air est à la fois humide et âcre à cause des fumées. On ne voit rien à cinq mètres mais on entend des cris et des injonctions en plusieurs langues, dont plusieurs exotiques que je ne comprends pas. Je continue d'avancer, mon paquetage tapant durement contre mes reins, baïonnette au fusil.

Tchak-a-tachak-a-tachak-a-tachak.

Mes tympans bourdonnent. Putain de mission. Mais où est donc le reste de mon unité ?

Tchak-a-ta-chak-a-ta-chak-a-ta-chak.

Je cligne des yeux, jette un regard circulaire. Des hommes et des femmes courent dans tous les sens, parfois accompagnés de leurs enfants et de quelques sacs. Je les vois disparaître les uns après les autres, comme engloutis entre deux bâtiments.

Tchak-a-ta-chak-a-ta-chak-a-ta-chak. Tchak. Ka-tchick.

Le silence dure à peine une demi-seconde. Tous les regards se lèvent vers le panneau d'affichage. Paris -Quimperlé : quai numéro 6. Une vague d'agitation extatique reprend alors le contrôle de la foule et, semblable à une de ces images d'exode que l'on trouve dans les vieux livres d'histoire, m'emporte au loin vers le quinzième wagon.

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