Encoder une vidéo en MP4, MKV ou WebM avec HandBrake et FFmpeg

Encoder une vidéo consiste à la convertir dans un format plus adapté à son usage : lecture sur ordinateur, télévision, smartphone, NAS, site web ou archivage personnel. En 2004, on parlait surtout d’AVI, de DivX, de Xvid, d’OGM et de MKV. Aujourd’hui, les choix les plus pratiques sont plutôt MP4, MKV et WebM.

L’ancien tutoriel reposait sur Ripp-it After Me, un outil Windows très populaire à l’époque pour convertir des fichiers MPEG-2 vers Xvid, AVI, OGM ou MKV. Il a rendu service, clairement. Mais il n’est plus le meilleur point de départ pour encoder proprement une vidéo aujourd’hui.

Pour un encodage simple, utilisez HandBrake. Pour un encodage précis, automatisable ou reproductible, utilisez FFmpeg. Voilà le duo moderne. Pas besoin de réveiller DivX depuis son sarcophage numérique.

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Quel format choisir aujourd’hui ?

Avant de cliquer sur “Convertir”, il faut distinguer deux choses : le conteneur et le codec.

  • Le conteneur est le fichier final : .mp4, .mkv, .webm, .avi.
  • Le codec est la méthode de compression : H.264, H.265/HEVC, AV1, VP9, AAC, Opus, Vorbis.

Un fichier MKV n’est donc pas un codec. C’est une boîte. Elle peut contenir une vidéo H.264, H.265, AV1, plusieurs pistes audio, des sous-titres et des chapitres. Même logique pour MP4, avec moins de souplesse mais une compatibilité souvent meilleure.

BesoinFormat conseilléCodec conseillé
Compatibilité maximaleMP4H.264 + AAC
Archivage avec plusieurs pistes audio et sous-titresMKVH.264, H.265 ou AV1
Vidéo pour le web libreWebMVP9 ou AV1 + Opus
Ancien lecteur de salonAVIXvid ou DivX
Audio libre ancienOGGVorbis

Dans la plupart des cas, choisissez simplement MP4 avec H.264 et AAC. C’est banal, mais c’est lu presque partout. Pour conserver plusieurs pistes audio et des sous-titres, choisissez MKV. Pour une intégration web moderne, regardez WebM.

MKV, MP4, AVI, OGG : le point rapide

MP4 : le format le plus compatible

MP4 est le choix le plus sûr pour lire une vidéo sur ordinateur, smartphone, tablette, télévision connectée ou navigateur. Avec H.264 pour la vidéo et AAC pour l’audio, vous obtenez une excellente compatibilité.

C’est le format à choisir quand vous voulez éviter les surprises. Il n’est pas le plus flexible, mais il fait le travail, un peu comme un tournevis cruciforme dans une boîte à outils.

MKV : le conteneur le plus souple

MKV, ou Matroska Video, est idéal pour conserver plusieurs pistes audio, plusieurs sous-titres, des chapitres et des métadonnées. C’est souvent le meilleur choix pour archiver une vidéo proprement.

Son seul vrai défaut : certains vieux appareils le lisent mal. Sur ordinateur, avec VLC, mpv ou un lecteur moderne, aucun souci dans la plupart des cas.

WebM : le format web ouvert

WebM est basé sur Matroska et vise surtout le web. Il utilise généralement VP9 ou AV1 pour la vidéo, et Opus pour l’audio. C’est un bon choix pour publier des vidéos légères dans une page web, surtout si vous maîtrisez vos lecteurs et vos navigateurs cibles.

Sur WordPress, vous pouvez aussi consulter mon article sur la conversion d’une vidéo MP4 au format WebM sous Linux.

AVI : à réserver aux vieux appareils

AVI a marqué l’époque DivX/Xvid. Mais aujourd’hui, il faut surtout le considérer comme un format de compatibilité ancienne. Il gère mal certains usages modernes, notamment les sous-titres avancés, les chapitres ou les codecs récents.

Gardez AVI seulement si vous devez alimenter un vieux lecteur de salon qui ne comprend rien d’autre. Oui, celui qui met trois secondes à ouvrir le tiroir.

OGG et OGM : utiles surtout historiquement

OGG est un conteneur ouvert historiquement associé aux codecs Xiph, comme Vorbis pour l’audio. OGM, de son côté, a été utilisé pour des vidéos avec pistes audio et sous-titres, mais il a largement été remplacé par MKV.

Pour l’audio, Vorbis reste lisible, mais Opus est souvent préférable aujourd’hui. Pour la vidéo, MKV ou WebM sont de meilleurs choix que OGM.

Pour l’audio, j’ai aussi un tutoriel dédié à la conversion de fichiers MP3 en Ogg Vorbis avec Bash.

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Méthode simple : encoder avec HandBrake

HandBrake est le meilleur choix si vous voulez convertir une vidéo sans écrire de commande. Il fonctionne sous Windows, macOS et Linux. Il sait ouvrir de nombreux formats sources, puis exporter vers MP4, MKV ou WebM.

Voici la méthode simple :

  1. Ouvrez HandBrake.
  2. Choisissez votre fichier vidéo source.
  3. Sélectionnez un preset, par exemple Fast 1080p30 ou HQ 1080p30 Surround.
  4. Choisissez le conteneur : MP4, MKV ou WebM.
  5. Vérifiez la piste audio et les sous-titres.
  6. Choisissez le dossier de sortie.
  7. Lancez l’encodage.

Pour un usage courant, commencez par un preset officiel. Ensuite seulement, ajustez les réglages. C’est plus sûr que de tout modifier au hasard et d’obtenir un fichier de 12 Go qui ressemble à une webcam de 2003.

Réglages recommandés dans HandBrake

Pour convertir une vidéo familiale, une capture ou une ancienne source MPEG-2, utilisez ces réglages de base :

RéglageValeur conseillée
FormatMP4 pour compatibilité, MKV pour archivage
Codec vidéoH.264 pour compatibilité
FramerateIdentique à la source
Qualité constanteRF 20 à 22 pour H.264
AudioAAC 160 à 192 kb/s pour stéréo
Sous-titresÀ intégrer ou conserver selon le besoin

Si vous voulez réduire davantage le poids, vous pouvez tester H.265/HEVC ou AV1. Attention toutefois : ces codecs prennent plus de temps à encoder, et tous les appareils ne les lisent pas aussi bien que H.264.

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Quand choisir MKV plutôt que MP4 ?

Choisissez MKV si vous voulez conserver plusieurs éléments dans un seul fichier :

  • plusieurs pistes audio ;
  • plusieurs langues ;
  • des sous-titres internes ;
  • des chapitres ;
  • une source complexe ;
  • un fichier d’archive propre.

Par exemple, si vous encodez une vidéo avec une piste française, une piste anglaise et des sous-titres, MKV est beaucoup plus confortable que MP4.

C’est aussi pour cela que le MKV s’est imposé dans beaucoup d’usages vidéo. J’en parlais déjà dans l’article Séries TV : la scène délaisse le conteneur MP4 et passe au MKV.

Méthode avancée : encoder avec FFmpeg

FFmpeg est l’outil à utiliser si vous voulez automatiser, traiter plusieurs fichiers, contrôler finement les codecs ou travailler sur serveur Linux.

Pour convertir une vidéo en MP4 compatible :

ffmpeg -i source.mpg -c:v libx264 -crf 21 -preset medium -c:a aac -b:a 160k sortie.mp4Langage du code : CSS (css)

Cette commande utilise H.264 pour la vidéo et AAC pour l’audio. Le paramètre -crf contrôle la qualité. Plus la valeur est basse, meilleure est la qualité, mais plus le fichier est lourd.

Repères simples pour H.264 :

  • -crf 18 : très bonne qualité, fichier plus lourd ;
  • -crf 21 : bon équilibre ;
  • -crf 23 : fichier plus léger, qualité encore correcte selon la source ;
  • -crf 28 : compression forte, pertes visibles possibles.
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Créer un fichier MKV avec FFmpeg

Pour encoder en MKV avec H.264 et AAC :

ffmpeg -i source.mpg -c:v libx264 -crf 21 -preset medium -c:a aac -b:a 160k sortie.mkvLangage du code : CSS (css)

Vous pouvez aussi conserver toutes les pistes audio et sous-titres si la source en contient :

ffmpeg -i source.mkv -map 0 -c:v libx264 -crf 21 -preset medium -c:a copy -c:s copy sortie.mkvLangage du code : CSS (css)

Ici, -map 0 demande à FFmpeg de reprendre toutes les pistes de la source. Les pistes audio et sous-titres sont copiées sans réencodage grâce à -c:a copy et -c:s copy.

Créer un fichier WebM avec FFmpeg

Pour produire un fichier WebM moderne avec VP9 et Opus :

ffmpeg -i source.mp4 -c:v libvpx-vp9 -crf 32 -b:v 0 -c:a libopus -b:a 128k sortie.webmLangage du code : CSS (css)

Pour AV1, la commande peut ressembler à ceci, si votre installation FFmpeg inclut l’encodeur adapté :

ffmpeg -i source.mp4 -c:v libsvtav1 -crf 35 -preset 6 -c:a libopus -b:a 128k sortie.webmLangage du code : CSS (css)

AV1 compresse très bien, mais il peut être plus lent à encoder. Pour un petit fichier web, cela vaut souvent le coup. Pour convertir une grosse collection de vidéos sur un vieux portable, préparez le café. Peut-être même le thermos.

Remuxer sans réencoder

Parfois, vous n’avez pas besoin de réencoder. Vous voulez seulement changer de conteneur. C’est ce qu’on appelle le remuxage.

Par exemple, pour passer un fichier MKV en MP4 sans réencoder, si les codecs sont compatibles avec MP4 :

ffmpeg -i source.mkv -c copy sortie.mp4Langage du code : CSS (css)

Cette opération est très rapide, car FFmpeg copie les flux au lieu de les recompresser. En revanche, elle échoue si le conteneur de sortie ne supporte pas les codecs présents dans la source.

Pour passer de MP4 vers MKV sans réencoder :

ffmpeg -i source.mp4 -c copy sortie.mkvLangage du code : CSS (css)

MKV accepte beaucoup de pistes et de codecs. Il est donc souvent plus tolérant que MP4 pour ce genre d’opération.

Convertir plusieurs vidéos en lot

Pour convertir tous les fichiers MPEG d’un dossier en MP4 sous Linux ou macOS :

for file in *.mpg; do
	ffmpeg -i "$file" -c:v libx264 -crf 21 -preset medium -c:a aac -b:a 160k "${file%.mpg}.mp4"
doneLangage du code : JavaScript (javascript)

Pour des fichiers AVI :

for file in *.avi; do
	ffmpeg -i "$file" -c:v libx264 -crf 21 -preset medium -c:a aac -b:a 160k "${file%.avi}.mp4"
doneLangage du code : JavaScript (javascript)

Avant de traiter une grosse collection, faites toujours un test sur un seul fichier. Cela évite de découvrir après huit heures d’encodage que l’audio est en mono, que les sous-titres ont disparu, ou que la qualité ressemble à une cassette VHS tombée dans une piscine.

Vérifier les pistes d’une vidéo

Avant d’encoder, inspectez la source avec ffprobe :

ffprobe -hide_banner source.mkvLangage du code : CSS (css)

Vous verrez les pistes vidéo, audio, sous-titres, codecs, résolutions et durées. C’est la meilleure manière de comprendre ce que contient vraiment un fichier avant de le convertir.

Pour obtenir une sortie plus lisible au format JSON :

ffprobe -v quiet -print_format json -show_format -show_streams source.mkvLangage du code : CSS (css)

Qualité, taille et vitesse : le triangle infernal

L’encodage vidéo repose toujours sur un compromis entre qualité, taille et temps de calcul.

  • Meilleure qualité : fichier plus gros ou encodage plus lent.
  • Fichier plus petit : pertes plus visibles ou codec plus exigeant.
  • Encodage plus rapide : compression souvent moins efficace.

Avec H.264, le réglage -preset influence surtout le temps d’encodage et l’efficacité de compression. Un preset plus lent produit souvent un fichier plus petit à qualité équivalente.

ffmpeg -i source.mp4 -c:v libx264 -crf 21 -preset slow -c:a aac -b:a 160k sortie.mp4Langage du code : CSS (css)

Le preset slow peut être intéressant pour une vidéo finale. Pour tester rapidement, utilisez fast ou medium.

Que faire des anciennes vidéos DivX, Xvid ou AVI ?

Si vous avez de vieilles vidéos AVI en DivX ou Xvid, deux options existent.

  • Si elles se lisent encore partout où vous en avez besoin, ne touchez à rien.
  • Si elles posent problème sur des appareils récents, convertissez-les en MP4 H.264/AAC.

Commande simple :

ffmpeg -i ancienne-video.avi -c:v libx264 -crf 21 -preset medium -c:a aac -b:a 160k nouvelle-video.mp4Langage du code : CSS (css)

Évitez de réencoder plusieurs fois la même vidéo. Chaque compression avec pertes dégrade le fichier. Si vous avez encore la source originale, partez toujours de cette source.

Et les DVD dans tout ça ?

L’ancien article parlait de compression de DVD vidéo, ce qui était un usage très courant à l’époque de DivX. Techniquement, HandBrake peut convertir des sources vidéo lisibles par votre système. Mais il ne faut pas confondre encodage, sauvegarde personnelle et contournement de protections.

Pour vos propres vidéos, captures, exports, rushes ou contenus libres, aucun problème : HandBrake et FFmpeg sont parfaits. Pour les DVD commerciaux protégés, la question dépend du droit applicable et des protections en place. Ici, on reste sur l’encodage de fichiers que vous pouvez traiter légitimement.

Ripp-it After Me : à garder comme souvenir, pas comme outil principal

Ripp-it After Me a eu son moment. Il gérait la compression de DVD, le réencodage de vidéos, les sorties AVI, MKV, OGM, RMVB, VCD, SVCD, le muxage, le demuxage, les décalages audio/vidéo et les filtres Avisynth. Pour 2004, c’était impressionnant.

Mais aujourd’hui, l’écosystème a changé. Les codecs modernes, les systèmes récents, la compatibilité web, les lecteurs mobiles et les besoins d’automatisation rendent HandBrake et FFmpeg beaucoup plus pertinents.

Vous pouvez donc lire l’ancien conseil comme une archive technique. Pour encoder réellement aujourd’hui, partez sur HandBrake en interface graphique ou FFmpeg en ligne de commande.

Résumé pratique

ObjectifChoix recommandé
Vidéo compatible partoutMP4, H.264, AAC
Archivage avec plusieurs pistesMKV
Vidéo web ouverteWebM, VP9 ou AV1, Opus
Conversion simpleHandBrake
Automatisation ou serveurFFmpeg
Vieux lecteur DivXAVI/Xvid seulement si nécessaire

Conclusion

Encoder une vidéo n’a plus grand-chose à voir avec les choix de 2004. MKV reste excellent, AVI a vieilli, OGM a quasiment disparu des usages courants, et MP4 domine par sa compatibilité.

Pour convertir rapidement une vidéo, installez HandBrake, choisissez un preset, puis exportez en MP4 ou MKV. Pour aller plus loin, utilisez FFmpeg : il est plus austère, mais redoutablement efficace.

La bonne règle reste simple : MP4 pour partager, MKV pour archiver, WebM pour le web, FFmpeg pour automatiser. Le reste, c’est surtout de l’archéologie vidéo. Charmante, mais poussiéreuse.

Sources et ressources utiles

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4 réflexions au sujet de “Encoder une vidéo en MP4, MKV ou WebM avec HandBrake et FFmpeg”

  1. Bonjour,
    Je rêve actuellement de stocker tous mes DVD sur mes disques durs extrernes afin d’avoir un MégaJukeBoxVidéo. le format MKV me fait rêver! : toutes les langues en audio et en sous-titres!
    Mais voilà, COMMENT ON FAIT? Moi pas comprendre tout le vocabulaire de la république du RIAM et je ne fais que me « repéter after it. »
    Alors, si vous lisez ce mail et si vous avez le temps (je ne voudrais pas non plus abuser), pourriez vous me donner un lien ou un fichier qui explique pas à pas, en french ou en français, éventuellement en belge, « L’ENCODAGE MKV pour les NULS! »
    D’avance Thank you beaucoup much!
    Patrick

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  2. bah voyons… quand on va sur le site de RIAM, on voit qu’il faut apeller un numéro surfacturé pour l’avoir. c’est malin, meme si le coup de téléphone (a 1.79 ¤ l’arnaque… heu l’appel pardon) ne donne rien, qui va aller se plaindre étant donné que le rip est illégal a la base… « gratuit ou presque » mmh ca sent fort l’embrouille.

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  3. Salut,

    @ Matroboy : le logiciel est très simple à manipuler, tout est guidé ou presque. Essaie ce tutoriel, c’est bien expliqué.

    @ stef :

    …le rip est illégal a la base…

    Oula, pas d’amalgames. Ripper n’est pas interdit. Tu peux faire ce que tu veux de ce que tu as légalement acheté tant que cela ne sort pas du cercle familial. Par contre la mise à disposition d’oeuvres protégées est sanctionnée pénalement.

    Télécharger Ripp-it After Me v5.0g + Ripp-it codec pack v4.2.0 !

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  4. @#5023 : désolé mais avant de raler tu aurais du lire ce qui se passait dans toute la page….
    C’est bien Gratuit, mais tu as la possibilité de lui envoyer de l’argent en faisant un paypal … mais ce n’est pas obligatoire !

    tu cliques tout bêtement sur le lien en bas de page et tu arrives dans la section telechargement… gratuite!

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