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L’autre soir, tranquillement installés dans le canapé au coin du feu, nous dégustions un bon plateau de fromage et prenions connaissance des résultats de cette vie politique actuellement tourmentée, lorsqu’une question d’orthographe pour le moins brûlante a interrompu notre bouchée de Maroilles.

Questions d'orthographe : "1, 9 gramme ou 1, 9 grammes" ? "moins de deux heures suffira" ou "moins de deux heures suffiront" ? photo

Faut-il écrire: “1,5 million” ou “1,5 millions” ? “1,9 gramme” ou “1,9 grammes” ?

Puisque, concernant ce sujet, les articles sont quasiment inexistants sur le web et les grammaires peu prolixes, j’ai compris qu’il était grand temps d’élucider ce mystère.

J’ai sorti mon ultime outil, mon bon vieux livre vert de grammaire* qui fait plus d’un millier de pages en papier à cigarettes avec de tout petits petits caractères. Je dois écrire ici que je suis extrêmement et paradoxalement attachée à ce livre vert de grammaire qui fut le bourreau de mes nuits durant deux années de préparation au CAPES puis à l’Agrégation. J’ai consacré un nombre d’heures infini à m’efforcer de comprendre puis d’engloutir ce millier de pages qui recense et finalement, expose l’implacable logique de toutes les subtilités offrant toute leur saveur à la langue française. J’aime donc intimement ressortir ce bon vieux livre vert de grammaire de mon étagère, qui me fait revivre ces moments d’intense concentration finalement couronnés par la satisfaction d’avoir progressé, ne serait-ce que très humblement.

Alors, faut-il écrire “1,9 gramme” ou “1,9 grammes” ?

  • La solution :

On écrit 1.9 gramme.

  • L’explication :

Peu importe la présence de la décimale, c’est le numéral “un” qui commande l’accord. De fait, l’accord se fait au singulier. Très logiquement, le verbe se conjuguera lui aussi au singulier.

La même règle s’applique à des tournures telles que “plus d’un” : l’accord du verbe se fait au singulier car le numéral “un” est considéré comme le noyau du groupe nominal. Ainsi, on écrira “plus d’un citoyen est venu”.

Faut-il écrire: “1,5 millions de votants” ou “1,5 million de votants” ?

  • La solution :

On écrit 1, 5 millions.

  • L’explication :

Les numéraux cardinaux sont en principe invariables, à l’exception de un, vingt, cent, millier, million, billion et milliard. Ils sont considérés comme des noms.

Avec le substantif numéral million on fait toujours l’accord avec son complément, y compris lorsque celui-ci est implicite. Ainsi, 1, 2 millions de votants se sont déplacés aujourd’hui.

Faut-il écrire: “moins de deux heures suffira” ou “moins de deux heures suffiront” ?

  • La solution :

On écrit “moins de deux heures suffiront pour effectuer ce trajet”.

  • L’explication :

La logique est exactement la même lorsqu’il s’agit d’expressions telles que “moins de deux”: là encore, c’est le numéral “deux” qui commande l’accord. Puisque “deux” est pluriel, on accordera le verbe au pluriel et on écrira donc : “moins de deux heures suffiront pour effectuer ce trajet”.

Ca y est, on peut enfin terminer cette bouchée de Maroilles…

* Si vous aussi, vous souhaitez vous plonger dans ce bon vieux livre vert de grammaire que je vous recommande chaleureusement, en voici les références : Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat, René Rioul, Grammaire Méthodique du français, PUF, 1994. A la fac, on l’appelait le “RPR”, acronyme formé des initiales de ses trois auteurs. Un nom comme cela, ça ne s’oublie pas !

Introduction au Code

Aujourd’hui, je vous fais part d’un document que j’utilise chaque année lorsque j’enseigne au collège : le Code du Collégien.

C’est la base sur laquelle je m’appuie pour établir les règles de vie de classe et c’est l’une des premières feuilles que l’on colle dans le cahier.

Le but est d’avoir en tout et pour tout dix règles de vie commune qui permettent de mieux vivre ensemble en société, de manière respectueuse.

C’est primordial au collège où les élèves n’ont pas forcément une idée de ce qui est acceptable au non. Cela leur donne un cadre, des normes et des valeurs.

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Pour bien vivre ensemble, travailler et réussir!

Règle n ° 1 :

J’obéis à tous les adultes de l’établissement.
Je ne discute pas les décisions ni les sanctions d’un adulte.

Règle n ° 2 :

Je suis poli(e) et je n’utilise pas de langage vulgaire ni un ton agressif
envers qui que ce soit.

Règle n ° 3 :

Je ne règle pas mes problèmes par la violence (même pour jouer).

Règle n ° 4 :

J’ai une tenue vestimentaire correcte.
Je n’ai pas de téléphone portable, ni de lecteur MP3, etc…

Règle n ° 5 :

J’arrive à l’heure.
Dès la sonnerie, je me range calmement sur la base.
J’assiste à tous les cours (je justifie mes absences dès mon retour).

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Il arrive fréquemment que l’on me pose cette question : “elles se sont succédées” ou “elles se sont succédé”?

Une question épineuse, dont la réponse est surprenante… alors je vous propose un petit point grammaire.

L’accord correct

C’est : “elles se sont succédé”.

La règle

L’exemple présenté fait partie des verbes pronominaux: ce sont des verbes qui se construisent avec “se”, pronom qui renvoie au sujet de la phrase. Par exemple, dans “Jean se regarde”: Jean regarde quoi ? -> “se”, c’est-à-dire lui-même. Même exemple dans “Je me maquille”, “Ils se coiffent”, “Nous nous parlons”, etc…

Comment savoir si le participe s’accorde ou non ? Tout dépend de la construction du verbe:

1. Le participe passé s’accorde avec le sujet de la phrase

  • Si le verbe se construit avec un COD
    • dans ce cas, le pronom “se, me, te…” est COD du verbe, c’est à dire répond à la question QUOI / QUI ?
      • Par exemple, “Je me suis coiffée” : j’ai coiffé QUI ? -> me, c’est-à-dire moi. Autre exemple, “Elles se sont lavées”: Elles ont lavé QUI ? -> Se, c’est-à-dire elles-mêmes.

2. Le participe passé reste invariable

  • Si le verbe se construit avec un COI
    • dans ce cas, le pronom “se, me, te, …” est COI du verbe, c’est à dire qu’il répond à A QUOI / A QUI ?
      • par exemple : “je lui parle” : je parle A QUI ? -> à lui. Autre exemple, “Je leur succède”: je succède A QUI ? -> à eux.

Donc, dans “elles se sont succédées”, on dit “succéder A quelqu’un” et pas “succéder quelqu’un”, donc, succéder se construit avec un COI.

Donc, “elles se sont succédé”, elles se sont parlé, …

Ça y est, vous êtes incollables !

applebookAujourd’hui, dans Questions d’orthographe, nous allons nous intéresser à l’accord du participe passé.

L’accord correct

C’est “les pommes que j’ai mangées“.

La règle

Cette phrase interroge sur l’accord du participe passé :

Mini-rappel pour ceux à qui ce terme paraît flou : le participe passé est cette forme du verbe qui sert, à l’aide de l’auxiliaire être ou avoir, à former les temps composés des verbes. Par exemple, dans “j’ai mangé”: “j” est le sujet, “ai” est l’auxiliaire avoir et “mangé” est le participe passé du verbe manger.

Comment faire pour savoir s’il faut accorder ou non le participe passé ?

Pour savoir si le participe passé s’accorde ou non, on regarde tout simplement l’auxiliaire qui l’accompagne:

  • si c’est l’auxiliaire ETRE qui accompagne le participe passé :  le participe passé s’accorde toujours avec le sujet de la phrase.
    • Par exemple: “Claudine est sortie”: Claudine est un sujet féminin, donc accord du participe passé au féminin.
  • Si c’est l’auxiliaire AVOIR qui accompagne le participe passé, peu importe le sujet, on regarde le COD. (Rappel, pour trouver le COD, on pose la question “quoi?/”qui?” après le verbe. Par exemple,  “je mange des pommes” : je mange quoi ? -> des pommes.)
    • si le COD est placé devant le verbe, le participe passé s’accorde avec le COD.
      • Par exemple, “les pommes qu‘il a mangées”: le COD “que” est placé avant le verbe. Comme il renvoie aux pommes (féminin pluriel) le participe passé s’accorde au féminin pluriel.
    •  Si le COD est placé après le verbe, le participe passé reste toujours invariable
      • Par exemple, “il a mangé des pommes”.

Et voilà, maintenant, on peut manger des pommes en toute tranquillité !

clippyAu cours d’un déjeuner avec Jac, on en est venus à parler grammaire et nous avons évoqué ce problème récurrent qui se pose souvent lorsque l’on écrit un mail : doit-on écrire des pièces”ci-joint” ou “ci-jointes” lorsque l’on attache des fichiers ?

Alors, voici la règle pour savoir quand on doit l’accorder.

1. “Ci-joint” reste invariable:

  • si votre phrase commence par “ci-joint” : (par exemple : “ci-joint ces documents”). Dans ce cas, “ci-joint” est comparable à “il y a” (“il y a des pièces jointes”) qui ne s’accorde pas.
  • quand “ci-joint” se trouve juste après un verbe : (exemple : “vous trouverez ci-joint les documents”). Dans ce cas, “ci-joint” est comparable à “ici” (par exemple: “vous trouverez ici des documents”). Il joue alors le rôle d’un adverbe et ne s’accorde donc jamais.

2. “Ci-joint” s’accorde:

  • quand “ci-joint” est placé juste après le nom qu’il accompagne : (exemple : “vous trouverez les fiches ci-jointes”). Dans ce cas, “ci-joint” est envisagé comme un adjectif qualificatif (exemple : “vous trouverez des fiches vertes”) et doit donc impérativement s’accorder.

Ça y est, vous pouvez maintenant envoyer des mails en toute tranquillité !

L’envie me prend de commencer une série sur des questions de langue épineuses : avez-vous d’autres points d’orthographe ou de grammaire à élucider ?

Quand vous êtes prof de français, votre entourage vous considère comme une grammaire sur pattes. Ainsi, dès que par malheur, vous laissez traîner une faute dans la carte de noël que vous envoyez, c’est parti pour dix ans de brimades ! Et puis, quand se pose une question d’orthographe épineuse, votre portable devient une véritable hotline…

dictionnaire

Les accords du verbe

La règle générale est simple : le sujet s’accorde en nombre avec le verbe. Ainsi, de façon tout à fait logique, si le verbe a plusieurs sujets, il se met au pluriel.

Pour le moment, aucun problème. Mais certains cas particuliers posent souvent question et sont donc bons à connaître:

1. Doit-on dire “c’est des beaux enfants” ou “ce sont de beaux enfants” ?

En langage de grammaire, cette formule “c’est” ou son équivalent pluriel “ce sont” s’appelle un présentatif. En fait, qu’importe son nom pour comprendre cette règle qui est totalement logique:

  • Lorsque le présentatif est suivi d’un nom singulier, le verbe est au singulier: “c’est”. Exemple : c’est un bel enfant.
  • Lorsque le présentatif est suivi d’un nom pluriel, le verbe est au pluriel : “ce sont”. Exemple : ce sont de beaux enfants.

Mais attention, au risque de choquer les puristes, depuis les années 70, devant un nom au pluriel, on admet aussi bien le verbe au singulier ou au pluriel.

En bref, c’est comme vous voulez : “ce sont de beaux enfants” ou “c’est de beaux enfants”sont tous deux acceptés !

2.  Doit-on dire “une multitude de personnes viendra” ou “une multitude de personnes viendront” ?

Ce type de mots (une foule de, une armée de, une multitude, un tas, etc) s’appelle un nom collectif.

  • Si le nom collectif est employé seul (par exemple : une foule viendra/ une armée se battra / un tas se trouve là), aucun problème, l’accord est simple et logique :
    • si le nom est au singulier, le verbe est au singulier.
    • Si le nom est au pluriel, le verbe est au pluriel.

    Par exemple : Une foule se disperse / Des foules se dispersent.

  • Mais attention, si le nom collectif est suivi d’un complément au pluriel (exemple : une foule de personnes / une armée de guerriers / un tas de cailloux), c’est là qu’il faut réfléchir à ce que l’on veut vraiment dire. Deux cas de figure:
    1. soit le nom collectif (le tas, l’armée) est ce dont on parle vraiment.Par exemple, dans “quel tas de cailloux énorme !“, c’est le tas qui est gros, et peu importe qu’il soit de cailloux ou de terre, c’est de lui dont on parle.Dans ce cas, on accorde le verbe au singulier. Le tas de cailloux est très haut.
    2. soit le nom collectif sert à désigner la quantité, le grand nombre.Par exemple : un tas d’hommes ont combattu : c’est sur la quantité, le grand nombre d’hommes que l’on cherche à insister (et on pourrait remplacer le mot “tas” par “multitude”, sans que ça change le sens de la phrase).Dans ce cas, on accorde le verbe au pluriel pour mettre en valeur cette notion de grand nombre.

En bref, dans “une multitude de personnes”, le nom collectif “multitude” sert à désigner le grand nombre de personnes : il faudra dire par conséquent “une multitude de personnes viendront”.

Maintenant, vous êtes incollables sur les accords du verbe !

Quatre semaines. C’est à peu près ce qu’un professeur de ZEP tient avant de pousser une gueulante dans ses classes pour toutes les choses qui devraient aller mais qui ne vont pas dans le sens du cours. On lève la main avant de parler. On fait ses devoirs. On rend les devoirs en temps et en heure. On n’insulte pas ses camarades.

Au bout de trois semaines, voici ce que l’on se surprend à chantonner tout en montant les escaliers qui mènent à la salle de cours :

Caesars Palace – Jerk It Out

Wind me up
Put me down
Start me off and watch me go
I’ll be running circles around you sooner than you know
A little off center and I’m out of tune
Just kickin this can along the avenue
But I’m alright

‘Coz it’s easy once you know how it’s done
You can’t stop now it’s already begun
You feel it… running through your bones

And you jerk it out
You jerk it out

Shut up
Hush your mouth
Can’t you hear you talk too loud?
No, I can’t hear nothing ’cause I got my head up in the clouds
I bite off anything that I can chew
I’m chasing cars up and down the avenue
But that’s okay

‘Coz it’s easy once you know how it’s done
You can’t stop now it’s already begun
You feel it… running through your bones

And you jerk it out
Jerk it out

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