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Planet of Zeus est un groupe de heavy rock et southern metal qui vient d'Athènes, Grèce.

Formé en 2000, le groupe a joué en Grèce dans des salles allant du bouge local à des stades. Leur renommée a dépassé les frontières du pays et leur a permis de partager la scène de Monster Magnet,Karma to Burn, Eyehategod, ou encore Church of Misery.

Voici leur chanson intitulée "Leftovers" :

Planet of Zeus a sorti deux albums : Eleven the hard way (2008) et Macho Libre (2011). Les deux albums sont épuisés et en attente de réédition.

Le succès de l'album “Macho Libre” est dû au fait que ses chansons s'inspirent de la crise économique et sociale grecque et expriment la frustration, la colère et une certaine soif de revanche.

Cette année, le groupe a joué à Athènes avec Paradise Lost, Machine Head et Black Sabbath et sont actuellement en train d'écrire les chansons du troisième album.

  1. Indecision is the key to flexibility.
  2. There is absolutely no substitute for a genuine lack of preparation.
  3. Happiness is merely the remission of pain.
  4. Nostalgia isn't what it used to be.
  5. The facts, although interesting, are irrelevant.
  6. The careful application of terror is also a form of communication.
  7. Someone who thinks logically provides a nice contrast to the real world.
  8. Things are more like they are today then they have ever been before.
  9. Anything worth fighting for is worth fighting dirty for.
  10. Everything should be made as simple as possible but no simpler.
  11. Friends may come and go, but enemies accumulate.
  12. I have seen the truth and it makes no sense.
  13. Suicide is the most sincere form of self-criticism.
  14. If you think that there is good in everybody, you haven't met everybody.
  15. If you can smile when things go wrong, you have someone in mind to blame.
  16. One-seventh of your life is spent on Monday.
  17. By the time you can make ends meet, they move the ends.
  18. Not one shred of evidence supports the notion that life is serious.
  19. There is always one more imbecile than you counted on.
  20. The older I get, the faster I was.

Roman Abramovich's bill restaurantRoman Abramovich est un homme d'affaires russe. Riche, très riche même vu qu'il est milliardaire et qu'il possède Chelsea FC.

Et lorsqu'il invite 5 personnes à déjeuner au restaurant Nello's à New York le 30 octobre 2009, il commande du filet mignon, des truffes blanches, des plats italiens et quelques bouteilles de bons vins plutôt onéreux - La Tâche et Pétrus -, un magnum de Cristal Rosé et 5 verres de Porto.

Un bon petit repas frugal même si, en regardant un peu ce qu'ils ont commandé, on se rend compte que le menu est bien désordonné... je peine à trouver l'agencement de ce repas !

Mais ce n'est pas tout. L'addition s'élève à 47 221,09 dollars. Abramovich ajoute un tip de 5 000 dollars (en plus du tip de $7 328 dollars déjà inclus dans le total). Ce qui fait donc un petit déjeuner entre amis à 52 221,09 dollars. En gros, cela revient à 8 000 dollars le repas par tête de pipe. Pas mal. Je pense que le serveur aura bien gagné sa soirée !

Selon le magazine Forbes, Abramovich est la 51ème personne la plus riche du monde avec une fortune estimée à 8,5 milliards de dollars. Pour le plaisir de la comparaison, lorsqu'Abramovich dépense 52 000 dollars pour un repas c'est comme si quelqu'un qui travaille mangeait pour 0.38 dollar. Une peccadille ce repas finalement.

Il est bon de savoir que la "crise" ne touche pas tout le monde. Cela rassure en un sens, non ?

Tiens, j'ai retrouvé un brouillon d'article qui date du 16 octobre 2008, soit un an ou presque. Je le laisse tel quel et barre ma prédiction, qui s'est avérée juste !

On entend cela tous les jours : c'est la crise, plus de pouvoir d'achat (on n'aura jamais entendu autant cette expression depuis une bonne décennie !), une récession de l'activité économique, voire même une dépression si les mesures prises ne peuvent faire face aux dysfonctionnements du système capitaliste, ultra-libéral et mondialisé.

Voilà ce qui pourrait arriver dans quelques mois :

Je viens d'apprendre qu'un de mes anciens élèves a été arrêté pour avoir poignardé un lycéen à la sortie des cours la semaine dernière. Sa victime, atteinte de plusieurs coups de couteaux à la moëlle épinière, est décédée cette semaine des suites de ses blessures - il avait 16 ans.

Trois jeunes gens mineurs ont été blessés, dont l'un grièvement à proximité de la colonne vertébrale au cours d'une bagarre "entre une dizaine de jeunes", a précisé à l'AFP une source judiciaire. Une source proche de l'enquête avait auparavant indiqué que les violences avaient eu lieu en présence "d'une centaine" de jeunes de deux cités en conflit larvé depuis plusieurs mois.

Un jeune âgé de 16 ans et demi a été transporté "dans un état sérieux" à l'hôpital après avoir été blessé près de la colonne vertébrale par un ou plusieurs coups de couteaux, selon une source proche de l'enquête. "Il pourrait être touché à la moëlle épinière", selon une autre source judicaire interrogée.

Le jeune grièvement blessé a été retrouvé à quelques dizaines de mètres de l'entrée du lycée. Selon la source judiciaire, trois jeunes gens, dont l'un était porteur d'un couteau, sont recherchés. Ils avaient, peu avant la bagarre, "tenté de s'introduire dans le lycée", sans semble-t-il y parvenir.

Source : AFP.

I - Etat-Providence : Etat de bien être

Au sens strict, l'Etat-Providence est l'intervention de l'Etat dans le domaine social par l'intermédiaire du système de la sécurité sociale (créée en 1945), lequel vise à garantir un revenu aux personnes touchées par certains riques sociaux : vieillesse, maladie, chômage, accidents du travail, maternité...

Au sens large, l'Etat-Providence représente les interventions économiques et sociales de l'Etat. Les allocations sociales sont apparues dès la fin du 19ème siècle en Allemagne avec Bismarck et concernaient les accidents du travail et le capital vieillesse. En 1942 paraît le Rapport Beveridge (Beveridge Report) qui crée l'Etat Providence (Welfare State). Cette forme de l'action sociale de l'Etat est devenue primordiale pour la cohésion sociale. L'Etat-Providence a contribué à l'intégation des individus dans la société pendant les 30 glorieuses (revenus de transfert). L'Etat-Providence distribue des revenus et relie les individus entre eux : création de solidarité.

II - La citoyenneté sociale

Avec le développement de la protection sociale, la solidarité cesse d'être exclusivement une affaire de famille ou de village pour devenir une affaire nationale. Les individus bénéficient des mêmes droits sociaux, d'où la naissance de la citoyenneté sociale, qui complète la citoyenneté politique et la citoyenneté civile. Cela favorise le sentiment d'appartenir à une communauté nationale.

III - La redistribution

Est la fonction essentielle de l'Etat-Providence. La politique de redistribution est une politique économique et sociale qui consiste à prélever des impôts et des cotisations sur les revenus primaires (salaires, loyers, bénéfices) et à en redistribuer une partie sous forme de revenus de transferts. Toute redistribution n'est pas réductrice d'inégalités :

  • la redistribution horizontale cherche à maintenir les ressources des individus atteints par des risques sociaux (ex : frais de maladie remboursés pareil pour toutes les PCS). La redistribution horizontale ne réduit pas les inégalités entre riches et pauvres.
  • la redistribution verticale consiste à transférer les richesses des plus aisés vers les plus pauvres (l'ISF finance le RMI par exemple).

IV - L'Etat-Providence face à la nouvelle pauvreté

A - Le "workfare"

L'Etat-Providence est confronté à une nouvelle question sociale aujourd'hui : la pauvreté issue du chômage de masse. Les libéraux reprochent à l'Etat-Providence d'entretenir une exclusion sociale alors qu'il est censé la combattre. Par exemple, les allocations chômages transforment les chômeurs occasionnels en chômeurs longue durée, donc en exclus du monde du travail (chômeurs de masse) - or l'employabilité diminue avec la durée du chômage. Pour les libéraux, l'Etat-Providence nuit à l'emploi à cause de la hausse des prélèvements obligatoires qui pénalise l'activité économique : l'augmentation des cotisations renchérit le coût du travail, ce qui freine la création d'emplois.

Les libéraux préconisent la réduction des programmes sociaux et la mise sous conditions des aides (travail d'intérêt général [T.I.G.], formations...). C'est ce que l'on appelle le workfare, contraction de work et welfare state. Ce système a pris naissance aux Etats-Unis et la Grande Bretagne l'a ensuite développé. Ce n'est plus l'aide systématique, il faut qu'il y ait des contreparties et des conditions.

B - Les droits sociaux

La France propose l'extension des droits sociaux aux exclus parce que le système libéral est trop inégalitaire (augmentant la pauvreté). La Couverture Maladie Universelle (C.M.U.) généralise ainsi la santé à tous.

V - La crise de l'Etat-Providence

L'Etat a développé ses actions dans tous les secteurs de la société. L'Etat-Providence s'étend et prend beaucoup d'importance mais il est pourtant fortement contesté, menant à à ce que l'on nomme la crise de l'Etat-Providence.

A - Crise financière

Les recettes (cotisations et prélèvements) sont inférieures aux dépenses (prestations et versements) et il existe des facteurs structurels :

  • rapport actifs/inactifs : plus de retraités qu'avant.
  • problème du chômage : pas de cotisations mais des prestations
  • espérance de vie : dépenses maladie, dépendances
  • évolution démographique : le taux de natalité n'augmente plus
  • médicalisation des problèmes sociaux : on utilise plus de médicaments qu'auparavant
  • lois d'Engel : plus le revenu augmente, plus les dépenses d'alimentation baissent et plus les dépenses liées à la santé/culture/loisirs augmentent. Avec la moyennisation de la société, les gens vont plus souvent chez le médecin.

Le coût de l'Etat-Providence est jugé exorbitant, avec des conséquences sur la compétitivité économique d'un pays (baisse de l'emploi, délocalisations -> dumping social).

B - Crise d'efficacité

La gestion est trop bureaucratique : gaspillages, manque de transparence et lourdeur du système. Il existe un usage peu efficace des ressources. Les libéraux considèrent que ce système est inefficace parce qu'il est à l'abri de toute concurrence. Les libéraux sont bien évidemment pour une moindre intervention de la part de l'Etat.

C - Crise de légitimité

L'Etat-Providence a une fonction d'utilité collective et de lutte contre la pauvreté mais il crée des inégalités alors qu'il est censé les réduire. Si l'on prend les différentes professions et catégories professionnelles (PCS), les cadres et professions supérieures sont les privilégiés de la culture et du revenu alors que les ouvriers et employés sont plutôt exclus. Il y a donc une remise en cause de la solidarité collective : on aboutit à l'individualisme, au "chacun pour soi". L'Etat-Providence est aujourd'hui en état de fragilité. Les centres de soins gratuits ouverts par les associations reçoivent de plus en plus de monde alors que les gens pourraient bénéficier de l'Etat-Providence s'ils étaient plus informés.

Il faut toutefois maintenir la cohésion sociale. En France, l'attachement à la Sécurité Sociale fait partie de l'identité nationale.

VI - Le financement des retraites

Le système des retraites connaît :

  • une crise financière (déséquilibre structurel) : les pensions (retraites) augmentent plus vite que les cotisations. Comment combler ce déficit ?
  • la crise du système : le système par répartition (les actifs de 2000 financent les inactifs de 2000 par exemple) renforce la solidarité entre-générations. Faut-il maintenir le système actuel ? Le supprimer ? Le réformer ? Faut-il associer répartition et capitalisation (fonds de pension) ? C'est un choix de société.

A - L'organisation actuelle

  • salariés du privé, de l'industrie et du commerce [régime général]
  • salariés du secteur public et des antreprises nationalisées [régimes spéciaux]
  • non salariés : professions indépendantes [régime des non-salariés]

B - Les différents régimes

  • le régime de base : géré par la sécurité sociale
    • Cotisations : pourcentage du salaire brut, le salarié paye pour lui et le patron paye pour son salarié. 40 ans de cotisation.
    • Prestations : pension calculée sur les 25 meilleures années (contre 10 auparavant). Retraite à 60 ans.
  • le régime complémentaire : complète le régime de base et est géré par les patrons et les syndicats.
    • ARRCO : salariés non-cadres.
    • AGIRC : salariés cadres

Les cotisations (points) donnent lieu à des prestations (retraite complémentaire).

C - Pourquoi ce système de retraite par répartition a bien fonctionné pendant de nombreuses années ?

  • accroissement de la population active : hausse du taux d'activité des femmes et accroissement de la population avec le baby-boom (1946).
  • période de prospérité économique : pas beaucoup de chômeurs pendant les 30 Glorieuses. Lorsque les salaires augmentent plus vite, les cotisations suivent la même progression puisque calculées sur ces salaires.
  • retraités : carrière incmplète car la retraite date de 1946 (retraite incomplète), le nombre de retraités était moins important et il y avait peu de femmes retraitées.

D - Pourquoi ce système est-il remis en cause ?

Les baby-boomers de 1946 arrivent à la retraite en 2006... et comme il y a moins d'actifs que de retraités, cela crée un déséquilibre. Après le baby-boom vient le temps du baby-crack.

E - Ce qui a été fait

  • la réforme Balladur : allongement de la durée du travail de 37.5 ans à 40 ans, pensions calculées sur les 25 meilleures années au lieu de 10, indexation des retraites sur les prix.
  • la réforme Jospin : fonds de réserve.

VII - Pour ou contre l'Etat-Providence ?

A - Arguments pour le maintien de l'Etat-Providence (Keynes)

Acquis sociaux : aboutissement de la lutte sociale. La protection sociale sert à amortir les effets de la crise (revenus de transferts => hausse de la demande).

Etat-Providence : fonction de prévention des risques (maladie...), fonction d'assistance (R.M.I.), fonction de solidarité et de réduction des inégalités sociales. Les systèmes de retraite par capitalisation créeraient encore plus d'inégalités. Il faut d'abord lutter contre la crise et le chômage.

B - Remise en cause de l'Etat-Providence (Libéraux)

Coût élevé (retraits, maladie, chômage...)
Mentalité d'assistés (pour le chômage surtout) : chômage volontaire, baisse d'incitation au travail.

Les cotisations alourdissent le coût du travail et représentent un frein à l'embauche. Les libéraux sont favorables au système de capitalisation parce que cela ne dépendra plus de l'évolution démographique ("chacun pour soi").

La révolution transforme profondément le monde occidental entraînant une croissance économique jusque là inconnue. La croissance économique peut aussi s'accompagner de développement.

I - La croissance économique

A - Qu'est-ce que la croissance économique ?

La croissance économique est une notion quantitative et économique. C'est un phénomène mesurable dans le temps et dans l'espace (exemple : la France en 1998). C'est l'accroissement des richesses d'un pays, mesuré par le Produit Intérieur Brut (l'agrégat PIB). Le PIB peut être exprimé en valeur ou en volume.

Taux de croissance = ( (PIB T2 - PIB T1) / PIB T1 ) * 100

Le PIB marchand est évalué au prix du marché. Le PIB non-marchand est évalué au coût des facteurs (salaires, impôts, amortissements...). Le PIB est la somme des valeurs ajoutées.

Produit National Brut (PNB) = PIB + Revenus reçus de l'extérieur - Revenus versés à l'extérieur.

Croissance extensive : hausse des quantités des facteurs de production (plus de main d'oeuvre, plus de facteur capital, plus de matières premières).

Croissance intensive : hausse de la productivité (meilleure organisation du travail).

B - Les limites du PIB comme indicateur de la croissance

1 - Certains éléments ne sont pas pris en compte dans le calcul du PIB :

  • travail domestique
  • économie souterraine = économie informelle
  • bénévolat
  • troc

Note : l'économie informelle est très importante dans les Pays en Développement (PED), le PIB est donc sous-évalué.

2 - Le calcul du PIB est équivoque

Pour le PIB, un mal et son remède équivaut à 2 biens (double progrès).
Exemples : pollution, voitures...

C - Expansion et récession

La croissance peut être accompagnée de périodes plus courtes :

  • d'expansion
  • de récession
  • de dépression

1 - Expansion

Phénomène conjoncturel (court terme) caractérisé par une hausse importante du PIB et donc une hausse importante de l'activité économique. Le taux de croissance est supérieur au taux de croissance observé sur une longue période.

2 - Récession

Phénomène conjoncturel (court terme) caractérisé par une faible hausse du PIB et donc une faible hausse de l'activité économique. Le taux de croissance est inférieur au taux de croissance observé sur une longue période.

3 - Dépression

Phénomène à court terme caractérisé par une baisse du PIB et donc une baisse de l'activité économique. Le taux de croissance est négatif (ex : la France en 1993).

D - Les cycles économiques

La mise en place et le développement du capitalisme ne se sont pas faits de manière linéaire. La période a été marquée par des crises de durées et d'amplitudes variables.

1 - Qu'est-ce qu'un cycle économique ?

C'est une période d'une durée déterminée qui correspond plus ou moins exactement au retour d'un même phénomène. Un cycle présente 2 caractéristiques :

  • la périodicité (axe des abscisses)
  • l'amplitude (axe des ordonnées)

Chaque cycle comporte 4 phases :

  • expansion
  • crise
  • dépression
  • reprise

Remarque : les cycles successifs sur une longue période n'ont pas la même amplitude. L'allure générale peut être ascendante ou descendante : c'est la tendance sur une longue période (trend).


2 - Les différents cycles économiques

On distingue plusieurs cycles économiques qui portent le nom de ceux qui les ont découverts :

  • le cycle Juglar (Français)
  • le cycle Kitchin (Américain)
  • le cycle Kondratiev (Russe)

Le cycle Juglar est le cycle majeur ou cycle des affaires. Sa durée est de 6 à 10 ans. Il a été mis en évidence en 1860 et connaît les 4 phases.

Le cycle Kitchin est le cycle mineur ou cycle court. Il a été mis en évidence en 1923. Sa durée est de 3 à 4 ans. Ce cycle ne connaît pas de crises mais une détérioration du phénomène d'expansion perçu dans le cycle Juglar.

Le cycle Kondratiev est un cycle de longue durée. Il a été mis en évidence en 1925 et connaît 2 phases : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B). Sa durée est de 40 à 60 ans. Phase A : hausse de la production et hausse des prix. Phase B : baisse de la production et baisse des prix.

E - La carré magique

Le carré magique est la représentation graphique qui permet de mesurer l'état de santé d'un pays à partir de 4 critères :

  • emploi
  • croissance
  • équilibre extérieur
  • prix

II - Le développement

A - Qu'est-ce que le développement ?

Le développement est un phénomène qualitatif (transformation des comportements, évolution des mentalités...) ayant un aspect structurel (industrialisation, urbanisation, extension du salariat...) et entraînant des changements économiques, sociaux, techniques, démographiques et institutionnels.

B - Comment mesurer le développement ?

Le développement d'un pays est souvent assimilé à sa richesse : les pays riches sont les pays développés et les pays pauvres sont les pays sous-développés. Or la répartition des richesses n'est pas toujours égalitaire.

L'Indicateur de Développement Humain (IDH), créé en 1990, sert à mesurer le développement. Il est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et prend en compte 3 facteurs :

  • l'espérance de vie
  • le niveau d'instruction : taux d'alphabétisation des adultes et nombre d'années d'étude
  • le PIB par habitant : parité de pouvoir d'achat.

L'IDH est la moyenne des notes obtenues par les 3 composantes.

L'Indicateur de Pauvreté Humaine (IPH) a été créé en 1997. Il tient compte des conditions de vie :

  • accès aux services publics : eau potable, santé...
  • niveau de malnutrition : part des enfants de moins de 5 ans

Remarque : les PDEM ont eux aussi leur IPH qui tient compte de la population ayant une espérance de vie de moins de 60 ans, des analphabètes et des chômeurs d'un an ou plus.

III - Niveau de vie et genre de vie

La croissance s'accompagne souvent de l'amélioration du niveau de vie et du genre de vie.

A - Définitions

Niveau de vie : quantité de biens et services qu'un individu peut acquérir. Il est quantitatif et est traduit par un indice global : le pouvoir d'achat (PA)

Genre de vie : ensemble des différentes manières de vivre. Il est qualitatif et ses éléments sont hétérogènes : ce n'est pas un indice global (ex : type de loisirs).

B - Mesures du niveau de vie

Pour mesurer le niveau de vie, on utilise le pouvoir d'achat (PA).

Le pouvoir d'achat est la quantité de biens et services qu'une somme d'argent permet d'acheter. Cette quantité dépend du niveau des prix.

1 - On évalue le pouvoir d'achat (PA) à partir d'une certaine quantité de biens et services

Pouvoir d'Achat = Revenu d'une certaine période / Prix d'1 unité d'1 produit de référence    =>    résultats en quantité

Exemple : le salaire horaire d'un manoeuvre en 1964 est de 3.15 F. Un kilo de pain s'élève à 0.80 F.

PA = 3.15 / 0.80 = 3.9 kg. En travaillant une heure, un manoeuvre peut s'acheter 3.9 kg de pain.

Note : on peut aussi inverser le rapport.

Prix réel = Prix d'1 unité d'1 produit de référence / Revenu d'une certaine période    =>    résultats en temps

Exemple:
PR = 0.8 / 3.15 = 0.25 = 1/4 h
Un manoeuvre doit travailler 1/4 h pour s'acheter 1 kg de pain.

On peut calculer le PA à partir de différents biens et services mais l'amélioration du PA apparaît très différent selon le bien ou service retenu. En effet, dans le cas des produits industriels, si le PA augmente et que les prix baissent alors le niveau de vie augmente. Dans le cas des services, si le PA baisse et que les prix augmentent alors le niveau de vie baisse. Il est donc préférable de calculer le PA à partir de l'ensemble des produits consommés par les ménages à partir de l'indice des prix.

2 - On évalue le pouvoir d'achat (PA) à partir de l'indice des prix

L'indice des prix est l'indice synthétique qui mesure l'évolution des prix des produits que consomment les ménages.

Indice des prix = Inflation + 100

Pouvoir d'Achat ou Prix Réel = ( Revenu nominal / Indice des prix ) * 100

3 - Les comparaisons internationales : méthode des Parités de Pouvoir d'Achat (PPA)

Les comparaisons internationales posent de sérieux problèmes de méthode. Dans un pays, les valeurs sont exprimées en monnaie nationale. Il faut donc les convertir en monnaie internationale ($) à l'aide d'un taux de change. Mais les taux de change varient et il est donc nécessaire de calculer un taux de change reflétant correctement la valeur des choses. D'où la méthode des Parités de Pouvoir d'Achat (PPA) : quand un document indique que les unités sont en PPA, cela veut dire qu'on a éliminé les difficultés d'évaluation liées aux variations des taux de change. Ainsi, la valeur d'une monnaie par rapport à une autre monnaie peut doubler sans que cela corresponde à un doublement du niveau de vie d'un pays par rapport à un autre. C'est pourquoi il y a autant de taux de change que de produits. Les statisticiens font donc une moyenne pondérée des différents taux de change en PPA des différents pays.

C - La consommation des ménages

La propension à consommer est la part du revenu consacré à la consommation. La part du revenu disponible non consommée correspond à l'épargne.

Propension Moyenne à Consommer (PMC) = ( Consommation / Revenu disponible ) * 100
Propension marginale à Consommer (PmC) = ( évolution de la consommation / évolution du revenu ) * 100
PMC + PME = 1 ou 1000%
PmC + PmE = 1 ou 100%

Taux de variation = ( ( T2 - T1 ) / T1 ) * 100

Indice :

  • I = Taux de variation +100
  • I = (T2 / T1 ) * 100

Elasticité de la demande par rapport au revenu :

  • E d/r = variation de la consommation (%) / variation du revenu (%)

Coefficient budgétaire :

  • Cb = ( Dépenses du poste de consommation / Budget total ) * 100

Taux d'équipement :

  • Tx = ( nombre de ménages possédant un bien de consommation durable / nombre de ménages ) * 100

Lois d'Engel :

  • La part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages diminue avec l'augmentation du revenu au profit des loisirs.

Ernest Engel, statisticien allemand, a montré au 19ème siècle que la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages diminuent avec l'augmentation du revenu. Cela a donné lieu aux lois d'Engel: les dépenses alimentaires augmentent moins vite que le revenu.

La consommation est un acte économique mais c'est aussi un acte social ; l'offre influence la demande. John Galbraith, économiste américain, a décrit un phénomène de filière inversée. Pour lui ce sont les producteurs qui imposent leurs produits et non l'inverse.

1 - Tout produit a une valeur d'usage et une valeur sociale

La valeur d'usage est destinée à satisfaire un besoin : c'est la fonction manifeste de la consommation. Exemple : achat d'une voiture pour se déplacer.
La valeur sociale est la fonction latente de la consommation. Exemple : la marque d'une voiture, symbole de richesse et de puissance.

2 - L'effet Verblen

Verblen (1857-1929), économiste et sociologue américain, a défini un paradoxe : l'effet Verblen : les dépenses des classes supérieures reposent sur le principe du gaspillage ostentatoire. Un prix élevé équivaut à une marque de statut social élevé.

3 - La théorie du rattrapage : effet de démonstration

L'économiste Duesenberry a développé l'effet de démonstration pour souligner que toute Profession et Catégorie Socioprofessionnelle (PCS) cherche à acquérir les biens possédés par la PCS supérieure. La bourgeoisie (représente la norme) donne la ligne directrice et les autres les imitent. Une fois le retard comblé, la bourgeoisie se lance dans des consommations distinctives car le produit se banalise. Ainsi se développe un processus de rattrapage. On peut rapprocher cette analyse de la courbe de diffusion d'un produit.

Phase 1 : apparition du produit sur le marché. Distinction. Prix élevé.
Phase 2 : diffusion rapide. Imitation. Baisse du prix.
Phase 3 : saturation. La valeur symbolique attachée au bien possédé disparaît.

Ce phénomène de distinction puis de rattrapage est en partie créé puis exploité par les producteurs. On assiste donc à une élévation de la frustration : certains sont insatisfaits.

4 - Appartenance sociale et culturelle

La consommation dépend aussi des groupes sociaux auxquels on appartient. Toutes les valeurs transmises par le milieu d'origine ne sont pas les mêmes (habitus).

IV - La notion de sous-développement

A - Termes utilisés

  • PED : Pays en Développement
  • Sud / Nord
  • Périphérie / Centre
  • le Tiers-Monde, terme géopolitique créé par Alfred Sauvy en 1952 en référence au Tiers Etat.

B - Un monde peu différencié avant la révolution industrielle

On situe la prise de conscience du sous-développement au début des années 1950 avec la Conférence de Bandoung en Indonésie en 1955. En 1962 eut lieu la Conférence de Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED). Cette conférence à lieu tous les 4 ans.

C - Analyse du sous-développement

1 - Le sous-développement est un phénomène naturel (années 1950)

Le climat, le manque de ressources naturelles, la situation géographique peuvent être des freins au développement mais ces causes n'expliquent pas tout.

2 - Le rôle des valeurs : mentalité, culture, religion

Peuvent être des freins au développement :

  • mentalité tournée vers le passé
  • religion irrationnelle
  • culture individualiste

3 - Le sous-développement, un simple retard ou l'analyse en terme de développement linéaire ou encore les étapes de la croissance selon Rostow

- Dans les années 1960, le courant libéral adopte un concept universel et linéaire : "le développement est une succession d'étapes par lesquelles passeraient tous les pays".

- Les étapes de la croissance selon Rostow :

  • la société traditionnelle est caractérisée par la stagnation de la productivité. En conséquence, les ressources consacrées à l'agriculture sont importantes : la civilisation est agricole.
  • les conditions préalables au démarrage : l'idée de progrès et les comportements qui lui sont associés se diffusent. L'instruction s'étend et s'adapte aux besoins de l'activité économique moderne. L'esprit d'entreprise se développe et avec lui l'épargne et l'investissement ainsi que les échanges intérieurs et internationaux. Le développement de l'agriculture est essentiel pour nourrir une population croissante, accroître les exportations et obtenir ainsi les devises nécessaires aux importations de biens d'équipement. La croissance agricole assure également à l'industrie débouchés et capitaux.
  • le démarrage (ou take off) "est la période pendant laquelle la société finit par renverser les obstacles et les barrages qui s'opposaient à sa croissance régulière" (Rostow). Les facteurs du progrès dominent désormais la société. Trois conditions permettent la réalisation du démarrage qui va s'étaler sur une période de 20 ans :
    • une élévation du taux d'investissement de moins de 5% du PNB à plus de 10% qui doit permettre une croissance de la production réelle par habitant malgré une forte pression démographique.
    • la création d'un ou de plusieurs secteurs industriels jouant un rôle d'entraînement important du fait de leur croissance élevée.
    • l'existence ou la mise en place d'un "appareil politique social et institutionnel" qui facilite la poursuite de la croissance. Rostow insiste notamment sur le rôle de l'Etat dans la mobilisation des capitaux nécessaires à l'industrialisation : importations de capitaux en provenance des pays développés et constitution d'un système bancaire permettant le drainage de l'épargne.
  • le marché vers la maturité est "l'étape au cours de laquelle l'économie prouve qu'elle en mesure d'aller au-delà des industries qui l'ont fait démarrer à l'origine". Les techniques modernes s'étendent à tous les secteurs de l'économie.
  • l'ère de la consommation de masse est celle où la production de biens de consommation durables et les services deviennent les principaux secteurs de l'économie.

Critiques :

  • la concurrence aujourd'hui serait plus importante
  • la mondialisation a des répercussions
  • les firmes multinationales (FMN)
  • la Division Internationale du Travail (DIT) provoque des déséquilibres.

Les structures économiques et sociales ont changé. Le contexte n'est plus le même (aides des pays industrialisés).

4 - Le sous-développement des uns, produit du développement des autres : les analyses en termes de domination

C'est le courant des Tiers Mondistes (années 1960) avec Samir Amin et Arghiri Emmanuel : le sous-développement n'est pas un retard, ce n'est pas un phénomène naturel mais un phénomène structurel. Le sous-développement est le produit de la domination exercée par les pays riches : les PED sont dans une situation de dépendance. Cet impérialisme se manifeste par les firmes multinationales (FMN), la Division Internationale du Travail (DIT), les salaires faibles, la fuite des cerveaux...

Samir Amin et Arghiri Emmanuel adhérent à la théorie néo-marxiste : le Nord exploite le Sud :

  • Nord = centre = pays industrialisés = "bourgeoisie"
  • Sud = périphérie = pays en développement = "prolétariat"

5 - La théorie de François Perroux

C'est la théorie :

  • des effets de la domination : rapport de force entre pays industrialisés et pays en développement.
  • de la désarticulation : situation d'un pays dans lequel les secteurs d'activités sont juxtaposés et ne comportent que peu d'échanges entre eux. Situation caractéristique des PED. Le dualisme est la coexistence d'une société traditionnelle surtout rurale et d'une société moderne (industries, banques, plantations) qui peut se résumer à une enclave contrôlée par l'étranger.
  • de la non couverture des coûts de l'homme : les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits. Perroux offre la situation du "nouveau développement" autocentré et endogène, donnant plus d'importance à l'agriculture. C'est une approche qualitative.

6 - La théorie de l'échange inégal

L'échange est inégal entre pays industrialisés (PI) et pays en développement (PED).
PED : production de produits de base : prix peu élevés à l'exportation (importations à des prix élevés)

PI : production de biens à forte valeur ajoutée (VA) : prix élevés à l'exportation (importations peu élevées) => détérioration des termes de l'échange

Indice des termes de l'échange = ( Indice des prix à l'Exportation / Indice des prix à l'Importation ) * 100

- si indice supérieur à 100 alors prix à l'exportation est supérieur au prix à l'importation donc amélioration des termes de l'échange.

- si indice inférieur à 100 alors prix à l'exportation est inférieure au prix à l'importation donc détérioration des termes de l'échange.

On doit cette théorie à Emmanuel (Tiers Mondiste et néo-marxiste) qui critique l'exploitation du Commerce International : il veut un Nouvel Ordre Economique International (NOEI).

NB : Smith et Ricardo disent le contraire : le commerce est favorable au développement.

I - Définitions

L'Etat Providence (Welfare State) désigne les différentes fonctions de l'Etat liées à la protection sociale (chômeurs, vieillesse...) et l'action de l'Etat en faveur de la justice sociale et de l'obtention du plein emploi (intervention sociale de l'Etat).

La protection sociale consiste à protéger les individus contre certains risques (chômage, maladie, vieillesse, pauvreté).

Les prestations sociales sont les différents versements effectués par les organismes de la Sécurité Sociale (assurance maladie, retraites, allocations familiales, indemnités chômage, assurance invalidité, accidents du travail, maternité...).

La Sécurité Sociale fut créée par la loi de mai 1946, c'est une institution indépendante de l'Etat. Elle a un budget spécifique avec des recettes propres (cotisations sociales) et des dépenses spécifiques. Le système de sécurité sociale est inspiré du rapport Beveridge. Le fondateur de la sécurité sociale en France est Pierre Laroque.

Les cotisations sociales sont les prélèvements obligatoires effectués sur les salaires. Elles proviennent de 2 sources :

  • du salarié lui-même
  • de son employeur

La C. S. G. est la Contribution Sociale Généralisée introduite en 1990 par Michel Rocart afin de mieux équilibrer le financement de la protection sociale.

Les revenus de transfert sont les revenus alloués par les pouvoirs publics au titre de la solidarité nationale. Ce sont les prestations familiales, les allocation chômage, les pensions retraite, le RMI.

La redistribution est le mécanisme qui consiste à prélever des impôts et des cotisations sociales sur les revenus primaires et d'en redistribuer une partie sous forme de revenus de transfert. C'est prendre d'une poche pour mettre dans une autre.

Le revenu disponible est le revenu utilisable par les ménages. Le revenu est la somme de l'épargne et de la consommation ( R = E + C ). Revenu disponible = Revenu primaire du salarié + Revenus de transfert - Cotisations sociales - Impôts.

II - Naissance et évolution de la protection sociale

Au début du XXème siècle (vers 1910), la législation sociale française est nettement en retrait de celle qui a été élaborée dans de nombreux autres pays européens (Allemagne et Grande Bretagne). La première loi de protection sociale moderne est celle du 9 avril 1898 sur les accidents du travail. Dès 1890, un projet de loi avait été déposé par Laisant sur les retraites ouvrières et paysannes (R. O. P.). Cette proposition ne devint réalité que le 5 avril 1910. Elle fixait des cotisations extrêmement faibles : les pensions étaient donc elles-mêmes très faibles et ne dépassaient pas le montant attribué antérieurement pour l'assistance aux plus indigents. En matière d'assurance chômage, la France prit également un grand retard sur ses voisins. Alors que les législations avaient été élaborées en 1911 en Grande-Bretagne et en 1927 en Allemagne, législations qui seront étendues et améliorées dans les années 1930, un véritable système d'assurance-chômage ne fut mis en place en France qu'en 1958 avec la création des ASSEDICS.

Le débat sur les assurances sociales se développa à partir de 1920 et c'est le 30 avril 1930 que la loi définitive sur les assurances sociales vit le jour. Le 11 mars 1932 fut votée la loi sur les allocation familiales. C'est après la Seconde Guerre mondiale que se mettra en place le système qui est actuellement en vigueur. On notera la grande influence du rapport Beveridge sur les rédacteurs du programme du Conseil National de la Résistance.

Après une première ordonnance du 4 octobre 1945 (institution du "régime général", principe de gestion mutualiste ouvrière), c'est la loi du 22 mai 1946 qui institua un système généralisé de sécurité sociale pour toute la population.

III - La crise de l'Etat Providence

L'Etat Providence connaît 3 types de crise :

  • une crise financière
  • une crise d'efficacité
  • une crise de légitimité

A - Une crise financière

Les dépenses (prestations) et les recettes (cotisations) dépendent de l'activité économique. Or s'il y a crise :

  • hausse des demandeurs d'emploi = plus d'indemnités chômage = hausse des prestations sociales
  • hausse des demandeurs d'emploi = moins de cotisations

Les dépenses de santé :

  • Offre :
    • liberté de prescription
    • investissement coûteux
    • développement de la spécialisation
  • Demande
    • médicalisation des problèmes sociaux
    • surconsommation médicale
    • prévention
    • déresponsabilisation des patients
    • vieillissement de la population
    • problème de la dépendance

B - Une crise d'efficacité

Les solutions étatiques (sécurité sociale) entraînent le gaspillage et un usage peu efficace des ressources. Il existe aussi une absence de concurrence. Les libéraux souhaitent une moins grande intervention de l'Etat afin de réduire les coûts.

C - Une crise de légitimité

L'objectif de la Sécu est de garantir contre les risques sociaux. Elle a une fonction d'utilité collective et de réduction des inégalités car il existe des inégalités :

  • les privilégiés (cadres, intellectuels) ont une consommation médicale importante
  • les exclus n'ont aucune immatriculation sociale

Cela crée une société à deux vitesses : le nombre de personnes fréquentant les centres de consultation est en augmentation. Notons la création de la Couverture Médicale Universelle (C. M. U.) le 27 juillet 1999.

IV - Pour ou contre l'Etat Providence ?

A - Les arguments pour le maintien de l'Etat Providence (keynésiens)

  • éviter aux démunis d'être encore plus démunis
  • création du RMI pour les démunis pour qu'ils aient un minimum pour vivre
  • on ne peut remettre en cause les acquis sociaux car c'est l'aboutissement des luttes sociales

Malgré ses défauts, la Sécu rend des services essentiels :

  • amortir les effets de la crise : revenus de transfert
  • prévention des risques
  • réduction des inégalités
  • solidarité horizontale : fonction de redistribution

Il serait difficile aujourd'hui de réduire la protection sociale dans une période où le chômage longue durée augmente et où se développe l'exclusion.

B - Remise en cause de l'Etat Providence

  • coût élevé de l'Etat Providence : abus de santé, retraites (espérance de vie qui s'allonge), indemnités chômage
  • la protection sociale peut engendrer une mentalité d'assisté (indemnité chômage trop élevée)
  • coût pour les employeurs freine l'emploi
  • hausse de la part des dépenses de santé de chaque patient (ticket modérateur)
  • revoir le système des retraites

Il existe deux régimes de retraites.

1 - Le régime de répartition

Le régime de répartition veut que les retraites versées au cours d'une année soient financées directement par un prélèvement sur les revenus d'activité de la même période.

  • Avantages :
    • certaine sécurité pour les actifs
    • assurance de recevoir une retraite gagée et indexée sur les revenus des actifs futurs
    • solidarité forcée
  • Inconvénients :
    • problème des retraites
    • évolution démographique :
      • 25% de retraités en 1950
      • 50% en 1990
      • 70% en 2010
    • coût élevé

2 - Le régime de capitalisation

Dans un régime de capitalisation, au lieu de cotiser pour financer les retraites actuellement versées, les actifs se constituent - individuellement ou collectivement - un capital qu'ils consommeront pendant leur retraite.

  • Avantages :
    • sensibilité plus faible à l'évolution démographique
    • constitution d'une épargne mobilisable par l'industrie
    • chacun pour soi
  • Inconvénients :
    • hausse des cotisations (hausse du taux d'intérêt) ne réduit pas le coût du régime
    • augmente les inégalités sociales
    • gestion du capital soumis aux aléas de l'activité économique
    • fin de la solidarité

Conclusion sur l'Etat Providence : des réformes ont déjà été réalisées :

  • 1er janvier 1994 : la retraite passe de 37.5 ans à 40 ans. Le calcul des retraites se fait désormais sur les 25 meilleures années, contre 10 auparavant. C'est donc plus de cotisations pour moins de prestations.
  • incitation au système de capitalisation avec les Plans Epargne Retraite.
  • baisse du remboursement des frais de maladie.
  • indemnités de chômage dégressives.
  • plan de lutte contre le déficit de la Sécurité sociale et de ses différents organismes.

V - Le Revenu Minimal d'Insertion (R. M. I.)

Le RMI a été créé le 1er décembre 1988 et fut consolidé avec la loi du 29 juillet 1992. Il est destiné à assurer un revenu minimum provisoire à son allocataire. Il permet de se réinsérer dans la vie active. Le RMI est accordé à toute personne âgée de plus de 25 ans et dont les ressources sont inférieures à ce revenu. Le RMI est financé en partie par l'ISF, par l'Etat (qui prend en charge l'allocation logement, le montant du RMI et les dépenses liées à l'insertion) et les conseils généraux (assurance maladie).

Le RMI est une allocation différentielle : tous les autres revenus sont déduits de ce montant. Le versement de l'allocation permet d'obtenir 2 droits :

  • droit à la protection sociale (Sécurité sociale)
  • droit à l'aide au logement

Le Rmiste signe aussi un contrat d'insertion l'obligeant à faire un effort pour se réinsérer et retrouver son autonomie personnelle. Les candidats doivent déposer leur dossier dans les centres communaux d'action sociale. Les dossiers sont ensuite vérifiés et le préfet accepte ou rejette la demande. S'il est accepté, l'allocataire doit signer le contrat d'insertion. En 1997, plus d'un million de foyers recevaient le RMI. Un tiers des personnes sortent de ce système après un an. Beaucoup hésitent à toucher le RMI à cause de leur fierté.

Conclusion : il y a de plus en plus de rmistes à cause de la hausse du chômage, des indemnités de chômage dégressives et de la difficulté des non-qualifiés à trouver un emploi.

I - Evolution de l'intervention de l'Etat

Le XIXéme siècle est dominé par l'idéologie libérale avec l'influence d'Adam Smith (1723-1790) et de David Ricardo (1772-1823) qui prêchent l'individualisme, la concurrence et la non-intervention de l'Etat. Ils sont partisans de l'Etat minimal : les fonctions régaliennes (Police, Armée, Justice), la construction d'édifices publics, le respect des règles de la concurrence.

La réalité historique est cependant différente : au cours de la Révolution Industrielle, l'Etat va intervenir pour assurer le "décollage" (take-off) des économies. En France, l'Etat est intervenu pour le développement des chemins de fer et dans l'agriculture (tarifs Méline vers 1896). L'Angleterre adopta les Enclosures Act pour les terrains agricoles. Les USA intervinrent dans le développement du chemin de fer. L'Allemagne mit en place des mesures protectionnistes avec Frederic List (1789-1846). Au Japon, avec l'ère Meiji (vers 1868), l'Etat créa les premières entreprises pour les revendre ensuite aux familles (les zaïbatsus).

La crise de 1929 : le New Deal eut un impact idéologique important aux Etats-Unis avec un changement considérable dans la conception du rôle de l'Etat : l'Etat devient interventionniste.

Après 1945, l'Etat intervient de plus en plus dans la vie économique et sociale. Selon Keynes (1883-1946), l'Etat doit intervenir lorsque l'économie est défaillante et les moyens d'actions se perfectionnent :

  • politique monétaire
  • politique fiscale
  • politique de planification
  • politique de nationalisation...

La politique d'intervention économique est liée à une politique sociale de réduction des inégalités. On passe d'un Etat-gendarme à un Etat-providence.

Depuis le début des années 1980, on assiste à l'avènement des politiques libérales car les politiques keynésiennes n'ont pas réussi à résoudre le problème de la crise :

  • GB - 1979 : Thatchérisme.
  • USA - 1980 : Reaganomics.
  • France - 1986 : privatisations, liberté des prix, flexibilité du marche du travail (emplois précaires).

Durant les années 1990, les pays n'adoptent pas purement une politique libérale ou une politique keynésienne. Ils cherchent un compromis entre les deux et les débats portent plus sur la nature de l'intervention publique.

II - Comparatif des politiques économiques

A - Politique conjoncturelle

Une conjoncture est une situation économique à un moment donné.

La politique conjoncturelle est une politique à court terme ou à moyen terme et son action est limitée dans le temps :

  • elle a une fonction de régulation (stabilisation).
  • c'est l'ensemble des interventions de l'Etat susceptibles de modifier à court terme et à moyen terme l'évolution de l'économie.

Elle cherche à maintenir les grands équilibres :

  • emploi
  • stabilité des prix
  • croissance
  • équilibre extérieur

Exemples : politique de relance, politique de rigueur.

B - Politique structurelle

La structure est la manière dont les parties d'un tout sont arrangées entre elles.
La politique structurelle est une politique à long terme dont les effets sont durables :

  • elle modifie en profondeur le fonctionnement de l'économie.
  • c'est l'ensemble des interventions de l'Etat susceptibles de modifier à long terme l'évolution de l'économie.

Elle cherche à améliorer les structures et les bases de l'économie.

Exemples : politique fiscale, politique de nationalisation, politique agricole.

III - Les politiques conjoncturelles : objectifs et moyens

A - Objectifs

  • Améliorer la croissance : hausse du PIB
  • Améliorer l'emploi : réduire le chômage
  • Assurer la stabilité des prix : limiter l'inflation
  • Assurer l'équilibre extérieur : améliorer le solde de la balance commerciale

B - Moyens

Pour atteindre ces objectifs, différents moyens vont être utilisés :

  • politique monétaire :
    • relance : baisse du taux d'intérêt
    • rigueur : hausse du taux d'intérêt
  • politique fiscale :
    • relance : baisse des impôts
    • rigueur : hausse des impôts
  • politique budgétaire :
    • relance : hausse des dépenses de l'Etat
    • rigueur : baisse des dépenses de l'Etat
  • politique de revenus :
    • relance : hausse du SMIC et du RMI
    • rigueur : baisse des revenus de transferts

C - La carré magique

Il existe de très nombreux objectifs mais on résume souvent les 4 principaux à l'aide d'une représentation graphique appelée carré magique et due à l'économiste britannique Nicholas Kaldor. Ces 4 objectifs sont l'emploi, la croissance, la stabilité des prix et l'équilibre extérieur (balance commerciale équilibrée). Le schéma suivant présente les 4 indicateurs propres à ces objectifs. En rejoignant les points, on obtient un quadrilatère qui représente d'autant mieux une situation économique favorable qu'il est proche du carré magique.

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IV - Les politiques conjoncturelles et les phases de la conjoncture

Les politiques conjoncturelles ont une fonction de régulation selon la situation économique. La recherche des grands équilibres se fera donc par la relance ou la rigueur.

A - La politique de relance

Elle a pour but de dynamiser l'économie en produisant plus : la hausse du PIB entraîne la croissance. Elle a aussi pour but de réduire le chômage. Il existe deux types de politique de relance : la relance par la demande des keynésiens et la relance par l'offre des libéraux.

1 - La politique de relance keynésienne (par la demande)

John Maynard Keynes a écrit la Théorie Générale de l'Emploi, de l'Intérêt, de la Monnaie en 1936. Il préconise une relance par la demande.

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Le plein-emploi n'est pas atteint : on parle d'équilibre de sous-emploi. Lorsque cette demande est insuffisante, l'Etat doit intervenir avec :

  • la politique monétaire : baisse du taux d'intéret (c'est insuffisant)
  • la politique budgétaire : hausse des dépenses de l'Etat (politique de grands travaux)
  • la politique fiscale : baisse des impôts des plus défavorisés
  • la politique de revenus : hausse des revenus de transfert

Lorsque l'économie de marché est défaillante, l'Etat doit intervenir. Le déficit budgétaire est un des moyens dont dispose l'Etat pour relancer l'économie : ce déficit pourra se résorber par des rentrées fiscales :

  • plus de revenus distribués = plus de IRPP
  • plus de revenus distribués = hausse de la consommation = plus de TVA
  • plus d'investissement par les entreprises = relance de l'activité économique = plus de profits = plus d'IS

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Cette politique de relance keynésienne présente toutefois des limites :

  • la contrainte extérieure : la relance par la demande entraîne une hausse des importations donc un déficit de la balance commerciale car la France est un pays "ouvert". Le plan de relance de 1981 a créé un déficit de 92 milliards de francs en 1982.
  • l'inflation : plus de revenus entraîne plus de demande (plus de consommation et plus d'investissement) or selon la loi de l'offre et de la demande, si la demande est supérieure à l'offre l'inflation augmente.
  • l'effet boule de neige et le déficit budgétaire : il faut que la richesse créée soit suffisante pour payer les intérêts de la dette sinon ces derniers seront de plus en plus lourds et la dette va s'aggraver. On appelle cela l'effet boule de neige de la dette.

2 - La politique de relance libérale (par l'offre)

Le précurseur de cette politique est le libéral français Jean-Baptiste Say (1767-1832), théoricien de l'offre. Il est à l'origine de la loi des débouchés : "l'offre créé sa propre demande" ou "les produits s'échangent contre des produits".

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La courbe de Laffer aurait été tracée pour la première fois sur la nappe d'un restaurant de Washington en décembre 1974. Cette théorie allait dans le sens des revendications américaines contre l'impôt. Laffer est un libéral américain. Il était le conseiller de Reagan et s'opposait à Keynes. Sa théorie veut que jusqu'à un certain niveau, l'impôt est accepté par les contribuables mais qu'au delà d'un certain taux d'imposition, les recettes fiscales diminuent. En effet, lorsque le taux augmente jusqu'au point T, les recettes discales augmentent et atteignent un maximum M. Au delà du point T, le taux devient dissuasif et les agents économiques sont incités à travailler moins ou à recourir à des activités non déclarées (baisse des recettes de l'Etat). Le point M est le sommet de la courbe, il correspond aux recettes maximales de l'Etat. Ce n'est pas un taux de pression fiscale immuable. On peut résumer cette théorie ainsi : "trop d'impôts tuent l'impôt" ou "les hauts taux tuent les totaux".

La courbe de Laffer

Lorsqu'un ménage voit sa pression fiscale augmenter, il peut réagir de 2 façons :

  • effet revenu : pour faire face à cette augmentation d'impôts, l'individu serait prêt à travailler plus (Laffer n'en parle pas).
  • effet prix : pour faire face aux impôts, l'individu travaillera moins ou travaillera au noir.

L'économie de l'offre est l'économie de l'incitation à travailler et à investir par une baisse de la pression fiscale. Parallèlement, les prestations sociales doivent diminuer pour rétablir l'incitation au travail (lutte contre le chômage). Un taux d'imposition trop élevé entraîne :

  • une baisse de l'investissement = baisse de l'activité économique = baisse des profits = baisse de l'IS = baisse des recettes fiscales
  • une baisse du travail = baisse de l'activité économique = baisse des salaires = baisse de l'IRPP = baisse des recettes fiscales

Les libéraux critiquent l'intervention de l'Etat et ne sont pas favorables à l'Etat-providence. Ils ont pour une protection sociale "allégée" et préconisent l'équilibre budgétaire (USA - GB). Cette théorie a des limites : les libéraux préconisent une baisse des dépenses sociales donc une aggravation des inégalités : hausse de la pauvreté et de l'exclusion.

B - Politique de rigueur (libérale)

Les objectifs sont :

  • la lutte contre l'inflation
  • l'amélioration du solde de la balance commerciale : rendre l'économie compétitive

Les moyens :

  • rigueur salariale : freiner la croissance des salaires
  • rigueur budgétaire : réduire les dépenses de l'Etat
  • rigueur monétaire : augmenter les taux d'intérêt

Ces mesures de rigueur ont l'effet inverse de la relance par la demande :

  • freiner la croissance des salaires entraîne une baisse de la demande des ménages
  • augmenter les taux d'intérêt fait baisser la demande des entreprises

=> le demande est inférieure à l'offre ce qui fait baisser l'inflation.

  • baisse de la demande = baisse de la consommation de produits étrangers : baisse des importations
  • baisse de la demande = baisse de l'inflation = les produits français sont moins chers = hausse des exportations

Les limites de cette politique :

  • baisse de la production = baisse de la croissance = augmentation du chômage

Conclusion : il devient difficile de concilier les 4 grands équilibres.

V - Les politiques structurelles

A - Nationalisations et privatisations

La nationalisation est le transfert de propriété du capital d'une entreprise privée à l'Etat dans le but d'en modifier la logique de fonctionnement.

La privatisation est l'opération de transfert du capital d'une entreprise publique à des actionnaires privés.

B - Les politiques industrielles

Les politiques industrielles sont l'ensemble de mesures prises par le gouvernement afin d'améliorer les performances de l'appareil de production pour l'adapter à la compétition économique mondiale. Moyens :

  • réglementation
  • aides fiscales à la recherche et à la formation
  • stimulation de l'investissement
  • encouragement à des rapprochements entre entreprises et groupes nationaux
  • commandes publiques
  • grands projets financés par l'Etat
  • développement du secteur publique
  • grands travaux
  • planification

Rapport de faute d’orthographe

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