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Cette année, avec mes classes de Premières, je me suis amusé avec le film V for Vendetta - réalisé par les frères Wachowski et inspiré des personnages créés par Alan Moore et David Lloyd - pour illustrer la notion Seats and Forms of Power.

Nous avons abordé la notion sous l'angle pouvoirs/contre-pouvoirs et on s'est demandé comment le peuple pouvait se rebeller contre un ordre établi qui pourrait s'avérer despotique totalitaire et dictatorial.

J'aime bien cette notion, c'est pour moi la seule qui permet réellement d'entendre l'opinion personnelle des élèves et un semblant de réflexion sur les libertés individuelles et ce qu'est vraiment la démocratie. Elle permet de se projeter et d'analyser notre société un peu plus sérieusement, de se poser des questions et d'exercer un peu de sens critique.

Et cela permet aussi de travailler sur la langue et les figures de style, comme cette magnifique introduction de V à base d'allitérations en "v", d'accumulation et de gradation:

Et dans un registre soutenu en plus. Un vrai régal pour qui aime les lettres.

Lazy Teenage Superheroes est un court-métrage réalisé par Michael Ashton avec un budget de seulement 300 dollars.

Nous suivons Ty qui essaie de motiver ses "super" amis - Mitch, Cal et Rick - pour arrêter de jouer aux jeux-vidéo, quitter le canapé et utiliser leurs pouvoirs pour essayer de sauver le monde.

Les effets spéciaux sont plutôt sympas, a mi-chemin entre Heroes et Misfits. Site officiel.

Rome est une série coproduite par HBO et la BBC qui relate les événements ayant entraîné la chute de la République romaine et la naissance de l'Empire romain.

rome

La première saison débute lorsque Jules César revient de Gaule à la fin de son mandat de proconsul, refuse de libérer ses légions selon l'ordre du Sénat, et s'apprête à franchir le Rubicon à la tête de ses légions et à marcher sur Rome.

Dès lors, on suit les luttes de pouvoir entre Pompée et César, jusqu'à l’assassinat de ce dernier aux ides de mars 44 avant Jésus Christ. La seconde saison se termine sur le suicide de Marc Antoine et de Cléopâtre en Égypte.

Les deux personnages principaux de l'histoire, le centurion Lucius Vorenus et le légionnaire Titus Pullo, de retour à Rome en ces temps agités, croisent et mêlent sans cesse leur destin avec les grands personnages de la Rome antique : Pompée, César, le jeune Octave — futur empereur Auguste — et sa mère, Atia Julii (Atia Balba Caesonia de son vrai nom), la vénéneuse nièce de César, Cicéron, Marc Antoine, Brutus, Caton le Jeune, Cléopâtre, etc.

Les deux légionnaires, Lucius Vorenus et Titus Pullo sont deux personnages anecdotiques cités dans les commentaires sur la Guerre des Gaules par Jules César (cinquième livre : voir chapitre 44). Ils y sont deux centurions rivaux qui se sauvent la vie à tour de rôle au combat.

Durkheim a donné une image harmonieuse de l'organisation sociale. Ce qu'il privilégie, c'est la stabilité qu'entraîne la solidarité. La source des conflits vient de la nature des liens sociaux. Le conflit est le résultat d'un manque : l'anomie. Marx, Dahrendorf et Touraine insistent sur le rôle du conflit en tant que moteur du changement social. Le point de départ de cette analyse est bien sûr l'analyse marxiste. On peut alors se demander si l'analyse marxiste du conflit est toujours d'actualité.

I - La notion de conflit

A - Qu'est-ce qu'un conflit ?

Le conflit général met en présence 2 acteurs (individus ou groupes) aux intérêts divergents. Le conflit social a des enjeux politiques, économiques et sociaux.

Le conflit du travail reprend ces 3 enjeux, cependant les acteurs appartiennent à la même unité de production. Il a un caractère légal : c'est la défense collective des intérêts individuels. L'enjeu du conflit peut être interne à l'entreprise ou se répercuter au niveau de la collectivité (réaction en chaîne comme en mai 1968).

La forme la plus fréquente du conflit est la grève, qui a un caractère légal. C'est le meilleur moyen de pression. La manifestation sur la place publique est le moyen traditionnel de prolonger le conflit ( car très médiatisée). Les conflits de classes (cf. Marx et la lutte des classe) sont différents des conflits sociaux qui sont des oppositions entre groupes sociaux.

B - Le conflit peut être facteur de changement social

Le changement social est la transformation durable de l'ensemble ou d'une partie du système social dans son organisation, dans sa structure et dans ses modèles culturels. Le changement social est caractérisé par les transformations sociales importantes de la société (les congés payés en 1936 par exemple).Le conflit est créateur : il pousse les acteurs à inventer de nouvelles formes sociales. Le conflit social a une action dynamique sur l'organisation sociale qui l'oblige à évoluer. Le conflit a une fonction d'intégration des acteurs sociaux car il se déroule au nom d'objectifs communs. Selon Simmer (1858-1918), le conflit remplit 2 fonctions :

  • il révèle les antagonismes sociaux
  • il permet de reconstruire l'unité de la société en suscitant des transformations

Selon Marx, le changement social passe par la lutte des classes, qui est le moteur de l'histoire. Chaque société est supposée connaître une succession d'étapes, chacune se caractérisant par un mode de production spécifique mais qui dans tous les cas de figure est à l'origine d'une césure entre dominants et dominés. Cette opposition conduit à la lutte, le système éclate lorsqu'elle devient exacerbée. Dans le cadre des sociétés capitalistes, la lutte découle de la confrontation entre la bourgeoisie seule détentrice des moyens de production et le prolétariat, détenteur de sa seule force de travail.

Depuis le 19ème siècle, les conflits de travail ont beaucoup marqué le changement social. Les conflits ont permis des progrès significatifs dans l'amélioration des conditions de vie, de travail, de la durée du travail, des droits sociaux. Les conflits de travail sont profondément liés au mouvement ouvrier et à sa représentation au sein des syndicats. Temps forts du changement social :

  • 1936 : congés payés
  • 1945 : comité d'entreprise et sécurité sociale
  • 1950 : SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti). Il devient le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) en 1970
  • 1968 : section syndicale dans les entreprises et 4ème semaine de congés payés
  • 1982 : lois Auroux

Toutes ces avancées sociales ont été obtenues à partir de conflits massifs et généralisés : les conflits de travail ont donc profondément marqué le changement social.

C - Les conflits de travail existent toujours mais ils sont moins nombreux

On assiste à une baisse de ces conflits à la fin des années 1970. Cette époque marque un tournant avec la baisse du taux de syndicalisation. Les conflits de travail ont laissé la place à d'autres formes de conflits sociaux, les nouveaux mouvements sociaux, qui ont aussi un rôle à jouer dans le changement social. Ces conflits dépassent le cadre du travail et mettent en jeu des acteurs sociaux éloignés du mouvement ouvrier traditionnel : ils dépassent le clivage traditionnel salariés/employeurs et syndicats/patronat.

Chez Alain Touraine, les nouveaux mouvements sociaux sont de nouvelles formes de conflits sociaux (mouvements féministes, écologistes, régionalistes...) apparus en réponse aux modifications économiques et sociales et au renforcement du pouvoir des technocrates caractérisant la société post-industrielle.

II - L'analyse marxiste du conflit

Le sociologue allemand Karl Marx (1818-1883) est l'auteur du Manifeste du Parti Communiste (1848) et Le Capital (1867). L'objet central de l'analyse de Marx est la critique du système capitaliste. Toute l'histoire des sociétés est structurée autour d'un conflit binaire : on parle alors de bipolarisation de la société. C'est la lutte des classes qui fait avancer la société par le changement social. La lutte des classes est le moteur de l'Histoire et du changement social. Selon Marx, les classes sociales ont 3 caractéristiques.

1 - La place dans les rapports de production

La bourgeoisie est propriétaire des moyens de production alors que le prolétariat ne possède que sa force de travail. Cette force de travail, les prolétaires sont obligés de la vendre contre un salaire sous-rémunéré, ce qui permet à la bourgeoisie de réaliser un plus-value. Une plus-value est une augmentation de valeur, dans le cadre de l'analyse marxiste, c'est la différence entre la valeur crée par la force de travail et la rémunération de cette force de travail, le salaire, qui ne correspond qu'au coût de la reproduction de la force de travail.

2 - La conscience de classe

Les membres de la classe prennent conscience de leur unité et de leur séparation avec les autres classes. Marx ne sépare pas la notion de classe de celle de lutte de classe : la bourgeoisie exploite le prolétariat, ce sont donc deux classes antagonistes.

3 - La lutte pour le pouvoir

Les prolétaires vont s'organiser et lutter de façon à se réapproprier les moyens de production. La lutte mène donc à la dictature du prolétariat. Cette dictature ne représente qu'une transition vers l'abolition des classes, vers une société sans classes.

Conclusion

Les conflits de classes, selon Marx, peuvent être moteurs du changement social (rôle primordial des syndicats et du parti communiste dans la lutte des classes). Les classes sociales sont des regroupements d'individus ayant des conditions matérielles d'existence identiques (revenu, habitat...) et qui, de ce fait, partagent des intérêts communs qui les opposent aux autres groupes sociaux. Autrement dit, la classe sociale se définit de façon conflictuelle. Pour Marx, une classe sociale n'est réelle qu'à partir du moment où il y a conscience de classe ; aussi convient-il de distinguer la classe en soi qui n'est que le regroupement d'individus partageant des conditions de vie objectives identiques, de la classe pour soi qui correspond au regroupement d'individus qui ont pris conscience de la similitude de leurs intérêts et qui entreprennent une lutte commune.

III - Les analyses du conflit selon Dahrendorf et Touraine

Dahrendorf et Touraine placent le conflit au centre du changement social. Ces deux sociologues ne considèrent pas que l'origine du conflit soit essentiellement la recherche de la détention des moyens de production.

A - L'analyse de Dahrendorf : la lutte pour le contrôle de l'autorité

Ralf Dahrendorf est un sociologue allemand, auteur de Classes et conflits de classes dans la société industrielle (1957). C'est un théoricien du courant d'analyse des conflits d'intérêts. Dahrendorf est dans la lignée de Marx. Tout en critiquant l'analyse marxiste, il est d'accord sur plusieurs points :

  • la structuration en classes
  • l'existence d'un rapport dominants/dominés
  • le rôle du conflit comme moteur du changement social

Le conflit est dû à la distribution inégale de l'autorité. Certains exercent une autorité et d'autres y sont soumis : une division s'opère en tre les dominants (détenteurs de l'autorité) et les dominés (soumis à l'exercice de cette autorité). Il existe un pluralisme de conflits : l'autorité peut s'exercer dans plusieurs domaines (autorité politique, professionnelle, syndicale, religieuse...). Il n'existe pas seulement 2 classes aux frontières bien établies. Les classes se structurent selon les intérêts à défendre. Ces regroupements sont multiples et évoluent.

Dahrendorf établit une différence entre :

  • les intérêts latents : mal explicités, au degré de conscience collective faible : incapables de lutter de manière organisée : conflits d'intérêts non-organisés (conflits latents)
  • les intérêts manifestes : explicités, au degré de conscience collective important : lutte organisée, conflits d'intérêts organisés (conflits ouverts)

B - L'analyse de Touraine : la lutte pour le contrôle de l'historicité

Alain Touraine (1925 - ....) est un sociologue français, auteur de La conscience ouvrière (1966) et La société post-industrielle (1969). Comme pour Marx, il existe aussi une opposition entre dominants et dominés. La domination résulte de la capacité qu'a un groupe à maîtriser les grands choix de la société, les grandes orientations (35 heures) qui modèleront le devenir de la société. Les dominants définissent l'orientation et l'image de la société et imposent leur modèle culturel. Ils possèdent le savoir, l'information et ces différentes actions entraînent le changement social. Touraine dit que dans les sociétés post-industrielles, les décisions sont prises par les l'appareil économique et politique.

Société industrielleSociété post-industrielle
- l'ordre économique est dominant - l'ordre économique n'est plus l'ordre dominant
- le combat se structure autour du monde ouvrier- le monde ouvrier n'est plus au coeur du conflit
- les conflits sont concentrés dans l'entreprise- les conflits se diffusent dans la société toute entière
- travail ≠ capital- appareil de décision économique et politique ≠ ceux qui en dépendent (usagers)
- forme classique du conflit- la forme classique du conflit est bousculée
- acteurs sociaux : salariés, employeurs, syndicats- acteurs sociaux : femmes, minorités, jeunes...
- champ concerné : le travail- champ concerné : valeurs, ville, culture...
Moteur du changement social
Moteur du changement social

Conclusion

Ces mouvements ne se revendiquent plus d'une identité de classe. Ils sont souvent l'émanation de classes moyennes salariées qui ont un certain niveau culturel. Leur force de pression est souvent importante lorsqu'elle est relayée par les média. En dehors des élections, les citoyens peuvent donc se faire entendre par ces groupes de pression.

IV - La réalité des classes sociales : peut-on parler de la "fin des classes ouvrières" ?

A - Le passé historique

Les ouvriers constituaient une image homogène : conditions de travail identiques (travail d'exécution directement sur la matière) et conditions de vie semblables (quartiers ouvriers, uniformisation de leur consommation). Ce monde était clos sur lui-même et prônait l'hérédité sociale : fierté d'être ouvrier et endogamie. Les ouvriers sont porteurs et symboles du changement politique et social car ils créent de la solidarité. Ils sont associés au syndicalisme (lutte collective) et votent majoritairement à gauche. Ils avaient donc une identité et un projet fort.

B - Un monde en évolution : l'éclatement de la classe ouvrière

Au niveau des conditions de travail, il y a de plus en plus d'ouvriers spécialisés (OP) et un développement des fonctions de contrôle. Il existe un clivage entre OS et OP. Il n'y a plus de mode de vie spécifique aux ouvriers bien que leur taux d'équipement soit moins important que celui des autres classes sociales. Ils vivent dans des quartiers socialement composites et ont accès à la propriété immobilière et aux voitures (éloignement du lieu de travail). Les conditions de vie diffèrent cependant selon les ouvriers. Au niveau de la psychologie sociale, on assiste à une baisse de la fécondité et à une baisse de l'endogamie. Le destin n'est plus tracé à l'avance, il existe désormais une mobilité sociale ascendante et un changement du rôle socialisateur de l'école et de la famille. Mais, il reste un clivage entre ceux qui s'en sortent ("aristocratie ouvrière") et les autres ainsi qu'un dualisme : le recul de l'identité ouvrière et la baisse de la culture ouvrière. La baisse du taux de syndicalisation et la crise du militantisme marquent la fin des projets communs et de la solidarité.

Le monde ouvrier semble se scinder en deux : un groupe plus âgé (tradition ouvrière) et un groupe plus jeune (plus promotionnel, plus individualiste, imprégné de la logique de rentabilité). Les freins à la solidarité sont :

  • l'âge
  • la qualification
  • le statut de l'emploi (CDD/CDI)
  • la nationalité

V - La remise en cause de l'analyse marxiste ?

A - Les raisons

  • déclin quantitatif du nombre de conflits
  • acteurs, formes, enjeux... sont-ils toujours les mêmes ?
  • importance des nouveaux mouvements sociaux (NMS)
  • recul général de l'action collective
  • baisse du taux de syndicalisation
  • hausse de l'individualisme
  • passage de la société industrielle à post-industrielle
  • la moyennisation de la société
  • la baisse des conflits de classe

B - La classe moyenne

Subit de plus en plus la taylorisation. Certains parlent même de moyennisation mais aussi de prolétarisation de la classe moyenne. Il y a une remise en cause des privilèges de la classe moyenne qui revendiquent comme les ouvriers auparavant.

Conclusion

Les conflits de travail existent toujours. Avec les eurogrèves, les euroconflits et les euromanifestations, c'est l'Europe sociale qui se construit.

Introduction

Max Weber (1864-1920), sociologue allemand, a écrit l'Ethique Protestante et l'Esprit du Capitalisme en 1905 et a essayé d'expliquer le sens profond du passage d'une société traditionnelle à une société moderne.

Il s'interroge sur les origines du capitalisme, la rationalisation des activités économiques et sociales et la bureaucratie. Le Protestantisme est pour Weber lié à l'esprit du capitalisme.

I - La rationalisation des sociétés occidentales selon Weber

A - Rationalité ?

Calcul, objectif, contraintes : adaptation des moyens aux fins. Dans les sociétés modernes on accorde de l'importance :

  • aux calculs
  • aux prévisions
  • aux méthodes rigoureuses
  • aux techniques de gestion
  • le droit codifie les relations
  • la loi définit les principes généraux

Weber distingue 2 types de rationalité :

  • la rationalité par rapport aux fins
    • exemple : une entreprise a un objectif ( le profit), elle va faire des calculs et s'adapter au contraintes (concurrence).
  • la rationalité par rapport aux valeurs
    • exemple : l'éthique protestante

Chaque individu est marqué par des manières de faire et de penser : les hommes ont un éthos. Le capitalisme est avant tout la rationalité appliquée à l'économie (mode de pensée particulier).

B - Rationalisation ?

La rationalisation est un processus des sociétés occidentales qui prône l'extension de la rationalité à l'ensemble du monde social :

  • l'entreprise : taylorisme, techniques de gestion
  • les administrations : bureaucratie
  • la vie politique
  • l'organisation syndicale

Les sociétés modernes sont donc des sociétés rationnelles désenchantées car elles accordent peu d'importance aux croyances, au sacré, aux mythes et au surnaturel. La rationalisation est le thème central de son interprétation de la société moderne.

C - Les différents types d'action

Weber distingue 4 types d'action :

  • l'action rationnelle par rapport à un but : l'acteur conçoit clairement le but et combine les moyens en vue d'atteindre celui-ci.
  • l'action rationnelle par rapport à une valeur : l'acteur accepte tous les risques, non pour obtenir un résultat extrinsèque mais pour rester fidèle à l'idée qu'il se fait de l'honneur.
  • l'action affective : est dictée immédiatement par l'état de conscience ou par l'humeur du sujet. L'action est définie non pas par référence à un but mais par la réaction émotionnelle de l'acteur placé dans les circonstances données.
  • l'action traditionnelle : est dictée par des habitudes, des coutumes, des croyances. L'acteur n'a besoin ni de se représenter un but, ni de concevoir une valeur, ni d'être animé par une émotion : il obéit simplement aux réflexes enracinés par une longue pratique.

Les critères utilisés pour bâtir cette typologie sont l'existence ou l'absence de signification donnée par l'acteur à son action. Pour le sociologue, l'action par rapport à un but et l'action par rapport à une valeur sont les plus intéressantes car elles sont rationnelles.

D - Les 3 formes de domination

1 - Le pouvoir légitime

Le pouvoir légitime est le pouvoir auquel on consent et que l'on ne conteste pas dans son principe. Il existe 3 raisons qui justifient la domination. Selon Weber, il existe 3 types de pouvoir fondés chacun sur une légitimité différente.

2 - Les 3 formes de domination

  • domination traditionnelle : (dans les sociétés traditionnelles) : par les habitudes, croyances aux traditions, on obéit à des personnes d'un rang différent (patriarche, seigneur).
  • domination charismatique : repose sur la personnalité, les qualités, la confiance d'une personne (prophète, souverain). Jésus et Hitler sont des chefs charismatiques. La seule qualité du chef charismatique est la compétence à persuader ceux dont il cherche à obtenir l'obéissance qu'il possède un ou plusieurs dons extraordinaires.
  • domination légale rationnelle : fondée sur la loi, la légalité. Pouvoir dû à des règles établies rationnellement (gouvernement, fonctionnaires). La bureaucratie est l'acceptation de la loi et du droit. Pour Weber, la bureaucratie représente le mode de fonctionnement des sociétés modernes (processus de rationalisation). Ceux qui exercent cette domination doivent faire preuve de neutralité : ce sont des agents spécialisés qui agissent de manière impersonnelle. Ils sont nommés par concours et Weber affirme que la bureaucratie n'existe pas que dans l'administration mais aussi dans les grandes entreprises, les partis politiques et les organisations syndicales. C'est pour Weber la forme d'organisation la plus efficace quant à ses résultats car elle est rationnelle. Elle caractérise les sociétés modernes.

II - Protestantisme et esprit du capitalisme

A - La thèse de Weber

Economie et religion sont deux thèmes étudiés par Weber dans son ouvrage l'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme en 1905 et dans lequel il cherche à étudier l'influence que peut avoir la religion dans l'économie. Weber veut prouver que l'ascétisme préconisé par les protestants entre le 16ème et le 18ème siècle a favorisé l'essor du capitalisme en Angleterre. La religion protestante produit une certaine éthique et l'intériorisation de cette éthique conduit à un certain éthos. Weber s'intéresse plus particulièrement au protestantisme puritain (calvinisme). Il existe donc une relation entre religion et changement social. En mettant en pratique cet éthos, les individus ont adapté des comportements favorables à l'essor du capitalisme.

B - Explications

1 - la rationalisation et l'ascétisme religieux

Les protestants doivent avoir une conduite rationnelle :

  • but : accéder au salut éternel
  • rationalité par rapport à une valeur
  • moyen : en menant une vie ascétique rationalisée

2 - la prédestination

Calvin a introduit l'idée de prédestination : le calviniste ne peut savoir s'il sera sauvé ou damné ; de Dieu seul dépend le salut au-delà de la mort.
Pour les catholiques, c'est en fonction de leurs actions qu'ils seront sauvés ou non. Pour les calvinistes, leur conduite sur Terre ne change rien : le protestant est prédestiné. Il faut cependant que sa conduite ne soit pas immorale.

Suis-je un élu ? Le travail sans relâche dans un métier est le meilleur moyen pour dissiper le doute religieux. Le calviniste doit mener une vie laborieuse et austère : la prospérité de ses affaires est le signe de l'élection divine. L'ascétisme protestant est donc l'esprit du capitalisme car deux rationalités sont liées :

  • la rationalité par rapport à une valeur : éthique protestante
  • la rationalité par rapport à un but (économiste) : esprit du capitalisme

3 - la valorisation du travail

Le travail est une forme d'ascèse qui permet de se rapprocher de Dieu, d'éviter de trop s'adonner au plaisir et de ne pas gaspiller son temps.

4 - le métier : une vocation

Le métier a une connotation religieuse de vocation : c'est Dieu qui appelle chaque homme à exercer une activité professionnelle. Ce concept à connotation religieuse valorise l'activité lucrative capitaliste : il s'agit d'une rationalité par rapport à une valeur. Pour un puritain, l'enrichissement n'est pas une fin en soi, il répond simplement à l'appel de Dieu.

5 - l'épargne

L'ascétisme puritain freine la consommation lorsqu'elle porte sur le superflu et l'ostentatoire. Si la consommation baisse alors l'épargne augmente, de même que l'investissement (E = I).
L'ascétisme protestant a contribué à développer l'esprit du capitalisme : l'enrichissement est un signe que le protestant est promis au salut éternel.

III - L'irrationnalité de certains Pays En Développement (PED)

Les blocages culturels sont souvent évoqués pour expliquer la stagnation de certains PED qui sont encore sous l'emprise d'une pensée magique, irrationnelle ou issue de la tradition. Ils n'ont pas la rationalité nécessaire au développement dans leur culture. Les modèles de développement capitalistes sont le travail, l'investissement, la recherche du profit, la productivité...

IV - Les Pays En Développement et la bureaucratie

Les dominations importantes dans les PED sont traditionnelles et charismatiques. Or le modèle des pays développés est la domination légale-rationnelle (bureaucratique). La bureaucratie existe aussi dans les PED mais elle fonctionne sur un modèle clientéliste. L'existence d'une bureaucratie pléthorique est coûteuse pour des pays aux budgets limités.

Le clientélisme est la pratique qui consiste pour le détenteur d'un pouvoir à favoriser des personnes ou groupe de personnes (clientèle) au détriment des autres en échange de la garantie de conserver un pouvoir. Exemple : attribution des postes administratifs en fonction du clientélisme et non du mérite (non rationnel).

I - La société : ses normes et ses valeurs

A - Liens entre valeurs et normes

Les sociétés connaissent une pluralité de valeurs. Le système de valeurs est lié aux normes et ces normes sont indispensables au bon fonctionnement de la société. La cohérence entre les normes et le système de valeurs n'est pas toujours appliqué : Karl Robert Merton, sociologue américain, considère que la réussite sociale est une valeur partagée par la plupart des Américains aux Etats-Unis. Cependant, tous n'ont pas les mêmes moyens (normes) pour atteindre cette valeur (utilisation de moyens illégaux : le vol par exemple). Il existe donc un écart entre valeurs et normes, d'où la nécessité d'un contrôle social.

B - Diversité des normes

1 - les normes explicites : des règles écrites

  • règles juridique qui émanent de pouvoirs publics (lois votées par le Parlement)
  • règles provenant des institutions privées (règlement intérieur) (Ordre des Médecins : code de déontologie)
  • contrats (de vente, de location : bail)

2 - les normes implicites : ne sont pas écrites

Exemple : la conscience professionnelle.

C - La fonction des normes

La norme assure la cohésion sociale. C'est l'expression du pouvoir. Le pouvoir est la capacité d'un individu ou d'un groupe d'imposer sa volonté à autrui (ex : le pouvoir politique impose des normes juridiques). Il existe différents lieux de pouvoir ( école, entreprise, associations, famille) et pour exercer un pouvoir et imposer des normes, une institution ou une personne doit mettre en oeuvre différents moyens :

  • la légitimité
  • l'autorité
  • l'influence
  • le charisme
  • la force

Les 3 premiers moyens sont les ressources du pouvoir.

II - Contrôle social et régulation sociale

A - Définitions

Contrôle social : ensemble des moyens et des ressources par lesquels une société parvient à faire respecter ses normes.

Régulation sociale : ensemble des processus permettant un fonctionnement correct de la société (réduction des conflits).

Le contrôle social s'exprime par 2 types de régulation :

  • les régulations externes : règles obligatoires s'imposant aux individus en dehors de leur volonté.
  • les régulations internes : les hommes réussissent à s'imposer eux-mêmes le maintien d'un minimum de conformité dans leur conduite. C'est l'intériorisation des normes par les membres d'une société. Un individu peut se plier à ces normes en ayant l'impression d'obéir à lui-même.

B - Les différentes attentes

Les attentes nécessaires sont des attentes sanctionnées par une loi ou par tout ce dont dispose la société pour obliger les citoyens à respecter la loi, les gendarmes, le tribunal. Sanctions brutales : un caissier de banque qui tape dans la caisse sera jugé et emprisonné.

Les attentes obligatoires s'exercent au sein d'un groupe social. Les sanctions ne sont pas trop rigides : les membres de ce groupe peuvent plus ou moins se conformer aux règles mais s'ils veulent s'y soustraire, ils peuvent toujours sortir du groupe (ex : Ordre des Médecins).

Les attentes facultatives sont libres et n'entraînent pas de sanctions. Les autres membres du groupe font simplement sentir au contrevenant qu'il agit mal.

C - Les différents types de contrôle social

Le contrôle social informel s'exerce directement entre les membres de la société. C'est le groupe tout entier qui décide des sanctions à appliquer. C'est le contrôle de tous pour tous : réprobation, regard des autres...

Le contrôle social formel est exercé par des institutions spécialisées (police, justice).

Le contrôle social est l'ensemble des moyens formels et informels par lesquels une société s'efforce de faire respecter les normes communes à l'ensemble de ses membres.

D - Récompenses et sanctions

La socialisation des individus n'est pas toujours parfaite. On peut leur infliger des sanctions ou leur attribuer des récompenses. Toutes les sanctions ont un même but : assurer la cohésion sociale. Le contrôle social s'exerce donc de 2 manières : l'une positive et l'autre négative.

  • sanctions positives : prix Nobel, médailles, estime, considération, ovation, sourire...
  • sanctions négatives : sanctions formelles (prison, amendes) et sanctions informelles (moquerie, exclusion, rejet).

E - Différents types de sanctions

Il existe 4 types de sanctions :

  • les sanctions physiques touchent à l'intégrité physique de la personne (châtiments corporels).
  • les sanctions économiques ont généralement des répercussions pécuniaires (salarié trop souvent absent).
  • les sanctions sociales émanent d'un groupe qui décide de ne plus adresser la parole à l'un de ses membres qui n'a pas respecté son code de l'honneur (dénonciation)
  • les sanctions surnaturelles sont religieuses ou magiques (menace de ne pas accéder au paradis).

III - Les principaux comportements sociaux

A - Le conformisme ou la conformité sociale

Le conformisme se comporte conformément à l'idéal défini par le système culturel. Il respecte les normes du groupe ou de la société et utilise les moyens usuels pour parvenir à ses fins.
Il diffère de l'obéissance. La conformité aux normes peut devenir du ritualisme quand l'individu attache de l'importance aux règles. Le ritualiste utilise les moyens usuels pour atteindre des buts qui ne sont pas toujours les siens mais qu'il adopte par habitude, sans convictions.

Il existe 4 rites, que l'on appelle "les 4 saisons de la vie" :

  • le baptême
  • la communion
  • le mariage
  • l'enterrement

B - Les attitudes vis-à-vis du contrôle social selon Karl Robert Merton

Karl Robert Merton distingue 5 grands modes d'adaptation face à la société :

  • le conformisme
  • le ritualisme
  • l'évasion : l'évadé refuse les règles du jeu de la société dans laquelle il vit, il s'évade dans des paradis artificiels, dans le rêve...
  • la rébellion : le révolté refuse les buts de la société et utilise les moyens les plus illégaux pour la combattre.
  • l'innovation : l'innovateur se donne des objectifs très appréciés par la société mais trouve des moyens peu usuels pour y parvenir.

C - La déviance

Le contrôle social peut aussi échouer totalement ou partiellement. Le déviant est l'individu qui ne respecte pas les normes en vigueur dans un groupe : c'est une infraction aux règles sociales. La déviance n'est pas une notion juridique mais sociologique : c'est un jugement que porte la société sur une certaine pratique et non une catégorie objective. La déviance échappe à toute approche statistique car il ne s'agit pas d'un phénomène clairement délimité d'un comportement. Toute société définit sa déviance.

La déviance peut venir de plusieurs facteurs :

  • une intégration sociale insuffisante : l'individu ne se conforme pas aux normes de la société parce qu'il existe une faiblesse de ses relations sociales.
  • une socialisation incomplète : absence d'intériorisation des normes. L'individu ne ressent pas la contrainte sociale faute d'être inséré dans des institutions.
  • une opposition entre 2 cultures : la culture du groupe auquel il appartient est différent de la culture de la société dans laquelle il vit.
  • la stigmatisation : étiquetage, on colle des étiquettes à ceux qui sont susceptibles de ne pas s'intégrer au modèle culturel dominant.
  • l'anomie : absence de freins moraux, de règles sociales : l'individu perd ses repères. Cette absence peut conduire au suicide. Emile Durkheim appelle cela "le suicide anomique" ou "mal de l'infini".

D - La délinquance

La délinquance est une infraction aux normes juridiques, c'est donc une notion juridique et pénale. Elle se mesure statistiquement, c'est un phénomène objectif. Les origines sont les mêmes que la déviance. Karl Robert Merton explique aussi la délinquance par la surintégration : le délinquant a assimilé les normes de la société de consommation mais sans avoir les moyens d'y participer. Il souhaite lui aussi acquérir des biens matériels. La ville est aussi un terrain propice à la délinquance : plus de magasins, richesse plus visible, relâchement du contrôle social avec l'anonymat.

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :