Educating Yorkshire saison 1

Voici Educating Yorkshire, une série produite et diffusée par Channel 4.

educating yorkshire Educating Yorkshire saison 1

Jonny Mitchell, le principal de Thornhill Community Academy à Dewsbury (Angleterre) a accepté les caméras dans son collège. Ce collège avait une une mauvaise réputation et faisait partie des 6% d’établissements les moins performants d’Angleterre en 2007. En 2012, ce collège est arrivé dans les 6% des meilleurs établissements.

La série a utilisé 64 caméras fixes placées dans tout le collège et filmant de 7h à 17h, ainsi que plusieurs caméras à l’épaule et 22 microphones. Il a fallu 6 mois de préparation avant le tournage : les parents et les élèves ont été consultés et des psychologues ont rendu visite à une centaine de familles.

2000 heures de film ont été enregistrées en 7 semaines. Mitchell et l’équipe éducative ont dit qu’ils se sont surveillés au début mais qu’ils ont vite oublié la présence des caméras, tout comme les élèves d’ailleurs.

Je vous recommande la série, c’est un très bon aperçu de la vie d’un collège en Angleterre, autant du point de vue de l’administration que des collégiens. Très sympa à regarder et exploitable avec nos élèves !

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Spacehog – In the Meantime

Spacehog est un groupe de rock anglais qui s’est formé à New York en 1994, bien que tous ses membres viennent de Leeds, West Yorkshire.

Ils ont été influencés par David Bowie, Queen, T.Rex et ont ouvert pour Pearl Jam, Supergrass, Oasis et The Black Crowes. Le chanteur Royston Langdon s’est marié avec Liv Tyler (fille de Steven Tyler, frontman d’Aerosmith) en 2005 mais ils se sont séparés en 2008.

La chanson la plus connue du groupe est très certainement “In the Meantime” :

Cela s’écoute très bien et c’est à retrouver sur l’album Resident Alien (1996).


Qui veut enterrer les langues mortes ?

Ki veu antéré lé langue morthes ?

« Je ne suis pas très optimiste, ni pour mes chères langues anciennes, ni pour la française d’ailleurs, ni pour les humanités en général et, pis, guère plus pour l’avenir de notre civilisation. S’il n’y a pas un sursaut, nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie. Il y a un désintérêt et même un dédain pour la Raison et les Lumières. »

– Jacqueline de Romilly

Le constat est sans appel : «On» enferme la langue de Platon et plus largement la culture qui s’y rattache dans une sombre caverne, lui laissant entrevoir un funeste destin. La civilisation et la langue de Cicéron doivent elles aussi s’apprêter à passer une nouvelle fois sous les Fourches Caudines et tomber sous les coups d’impitoyables ennemis : le désintérêt, le dédain et l’oubli. Dans les esprits, ces langues et cultures sont mortes et enterrées depuis longtemps.

Mortes dites vous ? NON ! Il semble que, irréductibles, elles parviennent malgré tout à résister encore et toujours aux affres du temps. Les civilisations grecque et latine nous sont parvenues, plus vivantes et loquaces que jamais, à travers l’épopée homérique, les pensées socratiques, les traités de rhétorique, et la politique. Tout ce qui est « cher » (dans tous les sens du terme) à la société actuelle n’est rien d’autre qu’un héritage de ce passé, aujourd’hui tant dénigré. Voyons plutôt: Eglise, démocratie, Sénat, Jeux Olympiques, forum, et caetera… D’ailleurs, nous parlons encore aujourd’hui le grec et le latin. Que celui qui n’a jamais prononcé « album », crié au « referendum », écrit avec un « stylo », ou n’a jamais fait « caca », jette la première pierre!

Il suffit de prononcer les mots « bénéfice », « profit » ou « politique » pour sentir les vibrations de ces langues qui vivent encore en chacun de nous. Comment comprendre le système politique actuel si l’on ne garde pas à l’esprit le modèle démocratique grec ? Comment apprécier et jouir pleinement de la saveur de nos langues modernes tout en ignorant leurs origines?

Ces langues et civilisations, berceau et fondements de notre culture sont pourtant bel et bien en voie de disparition, restrictions budgétaires obligent… C’est dans cette optique que l’ « On » s’emploie, faute aux bourses pleines de toiles d’araignées, à supprimer à coup de hache toutes les filières qui ne rapportent pas assez : au collège, au lycée ou à l’université, faire du latin et du grec, c’est dépassé.

Le monde contemporain, dans la plupart des domaines, rejette les modèles classiques hérités du passé. «On » pense aujourd’hui, et à tort, que l’étude des cultures anciennes se réduit à une spécialité étroite réservée à une minuscule élite, constituée de marginaux à lunettes, croulant sous le poids des livres et du savoir.

A l’image des lettres anciennes, de nombreuses filières, faute de moyens, sont hachées menu. Dites « plus rares », elles sont de fait stigmatisées et mises à l’écart puisque considérées comme onéreuses et donc, inutiles. Elles sont enfermées dans le carcan des préjugés, véhiculés et entretenus par la culture de masse. «On» prône de la même façon des idéaux sociaux basés exclusivement sur le chiffre, qui façonnent alors une société d’automates déshumanisés, qui exclut toute sensibilité et renie ses racines, au profit du bénéfice et du gain. Ces filières qui ne cadrent pas dans le moule de l’idéal « bling bling » et qui ne font pas «gagner des millions» souffrent alors d’un désintérêt criant.

De plus, réside un terrible paradoxe: à l’heure où l’on prône l’identité nationale et l’on façonne de grands projets pour fonder une identité européenne, on tend à dénigrer et à anéantir les fondements même de cette identité.

Comment réfléchir en effet à de telles questions si l’on laisse à l’abandon les civilisations antiques qui constituent les fondements de cette identité commune, tant sur le plan culturel, institutionnel, intellectuel et linguistique ? Comment fonder un monde nouveau en ignorant et en dénigrant le passé?

Qui veut la peau des langues anciennes ? « On », bien sûr.