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Ben Falk est un architecte-designer qui habite dans l'État du Vermont, aux États-Unis et qui s'est mis petit à petit à transformer une ferme auto-suffisante et ses champs en une oasis qui lui fournit pléthore de fruits et de légumes bio toute l'année.

Son ballon d'eau chaude est réchauffé grâce à son poëlle à bois qui chauffe la maison en permanence. La citerne qui récupère l'eau de pluie est enterrée sous des mètres de compost, ce qui garde l'eau tiède et permet d'arroser et de réchauffer les serres : il peut donc commencer ses cultures plus tôt, en mars/avril, et les finir plus tard, vers novembre.

Il ne vit pas en complète autarcie car il cherche à développer des liens avec ses voisins qui, par exemple, sont meilleurs que lui dans la production de sirop d'érable. Les échanges de produits sont donc courants et encouragés, ce qui favorise l'entraide et le renforcement du lien social.

Je trouve cela vraiment génial, non seulement il réduit son empreinte mais il arrive à produire mieux et plus intelligemment, grâce à des optimisations permanentes de son mode de vie.

Je compte bien m'en inspirer pour le jardin (à mon échelle, bien plus modeste). Cela doit être très intéressant de réfléchir à ce type de projet avant même la construction d'une maison, de manière à avoir tous les raccords, tranchées déjà prêts. Clairement, c'est l'avenir.

Le fonctionnement des réseaux sociaux photo 1

Comment les réseaux sociaux fonctionnent-ils ?

Cette question est au coeur de la problématique des groupes sociaux et de l'intégration des inidividus à la société.

I. Les réseaux sociaux relient les individus entre eux

A. Définition et exemples de structuration

Les réseaux sociaux peuvent être définis comme l'ensemble des relations que les individus et les groupes sociaux entretiennent les uns avec les autres. Ce sont donc les relations des individus.

On parle d'analyse de réseaux à partir du moment où l'on étudie au moins trois unités (individus) - ils constituent une triade. C'est seulement à partir de cette unité que l'on peut, en effet, étudier les liens d'interdépendance qu'entretiennent les individus à l'intérieur d'un réseau.

Traditionnellement, il existe deux formes d'analyse de réseau. Soit on se centre sur un individu ou un groupe et on regarde quelles sont ses relations, on parle alors d'étoile ; soit on prend également en compte les relations que les contacts de l'individu peuvent entretenir entre eux, on parle alors de zone.

Dans l'analyse de réseaux, on différencie les liens qu'entretiennent les individus selon leur degré d'intimité. Les liens forts relient un individu le plus souvent aux membres de sa parenté et à ses amis proches et se caractérisent par une forte affectivité et des relations très fréquentes. Les liens faibles quant à eux sont des liens qui le relient à de simples connaissances ou encore à des relations de ses contacts personnels (ils sont beaucoup moins fréquents et très peu chargés d'affectivité).

B. Les réseaux forment la sociabilité

La sociabilité est un ensemble de relations qu'un individu entretient avec les autres et les formes que prennent ses relations. L'analyse des réseaux étudie bien plus la sociabilité réelle (réception à domicile, sorties, fréquentation des bals, cafés, pratique du sport...) que la sociabilité virtuelle sur des sites tels que Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat... Malgré tout, la sociabilité virtuelle peut rejoindre des réseaux réels. En effet, certains réseaux virtuels comme LinkedIn sont un moyen de se créer des relations dans le domaine professionnel.

Il faut noter que la sociabilité prend en compte des relations choisies tout comme des relations non choisies (échange avec un commerçant par exemple). L'amitié va être définie comme les relations électives et affinitaires qu'entretient l'individu. On note alors de l'homophilie : les individus sont amis avec des personnes qui leur ressemblent socialement : même PCS, même religion, même âge... Les explications sont les mêmes que celles concernant l'homogamie(mariage entre personnes socialement proche) : fréquentation des mêmes lieux, mêmes centres d'intérêts, amis communs...

II. Les réseaux peuvent constituer une véritable ressource

A. Le capital social

Les relations d'un individu peuvent constituer pour lui une forme spécifique de ressources : le capital social. Cela est d'autant plus vrai que les relations qu'il entretient détiennent un capital économique (ressources financières) et un capital culturel important (niveau de diplôme élevé, détention de biens culturels). Les relations constituent alors ce que l'on nomme le carnet d'adresses de l'individu et il est d'autant plus utile que les personnes qui y figurent sont influentes.

Ce n'est donc pas tellement la taille du réseau qui compte mais plutôt ce que l'individu peut en faire. L'influence du capital social est très marqué en ce qui concerne l'obtention d'un emploi. Il apparaît ainsi qu'environ un tiers des emplois sont trouvés grâce à des réseaux de relations.

La cohésion sociale est-elle menacée ? La remise en cause de la légitimité de certaines institutions entraînent une baisse de la conscience collective, une moindre adhésion à des valeurs communes (exemples : famille, Eglise, syndicats). Le lien social se construit à partir de groupes dans lesquels les individus évoluent et effectuent leur apprentissage (socialisation).

I - La famille

A - Constatations : la famille se transforme

Ce sont les formes traditionnelles de la famille qui sont remises en cause aujourd'hui. Des formes nouvelles apparaissent : la famille n'est plus un modèle unique. Facteurs de cette évolution :

  • baisse de la fécondité
  • hausse du taux de divorce (39%)
  • nombre de mariages
  • hausse du nombre de familles mono-parentales
  • hausse du nombre de familles recomposées
  • développement de l'union libre
  • hausse du célibat
  • hausse du nombre de couples homosexuels (avec ou sans enfants)
  • hausse des naissances hors-mariage (40%)

On peut aujourd'hui parler d'éclatement du modèle unique de la famille même si la famille nucléaire reste encore le modèle le plus répandu.

B - Les causes de cette évolution

  • hausse du taux d'activité des femmes : 80% des femmes entre 25 et 49 ans travaillent.
  • importance du statut professionnel, du choix de la carrière (conséquences sur le divorce et l'indice de fécondité), hausse de la durée des études.
  • émancipation des femmes et évolutions des mentalités. Les rôles masculins et féminins évoluent et se rapprochent. L'homme n'est plus le seul à assurer le financement de la famille.
  • urbanisation : anonymat plus important. La famille se transforme beaucoup plus : moindre importance du contrôle social informel.
  • individualisme
  • hédonisme
  • baisse de l'influence de la religion
  • planification des naissances
  • hausse de l'espérance de vie
  • âge du mariage plus tardif
  • développement du chômage et de la précarité
  • PACS

C - La famille reste toujours un important agent de socialisation et demeure une source de solidarité

La famille transmet des valeurs et des normes, produit un lien social et assure la cohésion sociale. Elle reste toujours présente dans la vie quotidienne même si elle connaît des changements et des formes multiples. Il existe toujours une solidarité familiale inter-générationnelle : aide en nature ou matérielle, support moral. La génération intermédiaire - les parents - est très sollicitée : importance du cocooning : plus de 50% des 20-24 ans vivent chez leurs parents. La famille permet l'identification de chacun grâce à ses références familiales.

La solidarité augmente avec le chômage : la famille joue un rôle actif face à l'exclusion, c'est un refuge. Le lien familial peut être essentiel pour empêcher l'exclusion :malgré son éclatement, la famille retrouve ses vertus protectrices. Elle agit là où la protection sociale se révèle insuffisante. La famille est un facteur d'intégration sociale : elle protège contre les risques de chômage et d'exclusion.

Conclusion

Plutôt que de parler de crise de l'institution familiale, il faudrait parler de mutations de la famille. Il existe un risque d'anomie temporaire : on peut parler de perte d'influence de la famille traditionnelle mais cela ne veut pas dire une rupture des liens entre les membres de la famille. On peut parler de l'épanouissement des familles recomposées. Aujourd'hui, les liens sont moins imposés - les rapports entre les individus sont marqués par le choix - et augmentent la liberté des individus. La fonction d'intégration sociale de la famille n'est pas remise en cause même si ce rôle d'intégration est différent et que son fonctionnement n'est plus le même. L'attachement des individus à l'institution familiale reste intact malgré un environnement social instable.

II - La religion

A - Quel était son rôle ?

La religion (cf. latin religare : relier) peut relier les individus entre eux et contribuer à la cohésion sociale : elle crée des liens sociaux. Les mêmes normes et valeurs orientent le comportement des individus (soumission). Les croyances religieuses constituent un élément de la conscience collective : solidarité mécanique. La religion était au coeur de la vie collective et des existences individuelles. Tout événement local avait une dimension religieuse (ex : les pardons en Bretagne). Le curé était une personnalité majeure.

B - Evolution et constatations

Le taux de pratique religieuse dépend de l'âge. Un français sur quatre affirme ne pas avoir d'appartenance religieuse. On assiste à une baisse des vocations et à une remise en cause des conduites prônées par le Pape.

C - La fonction de la religion aujourd'hui

Même si le taux de pratique religieuse a baissé, la religion demeure un point d'attache historique et un héritage familial à transmettre : les identités mémoires. La religion est une référence identitaire dûe à une culture religieuse. Les 4 rites (ou 4 saisons de la vie) sont toujours importants : le baptême, la communion, le mariage, les obsèques. Ces rites marquent symboliquement les événements clés et tissent des liens entre les générations.

On assiste aujourd'hui à la montée de croyances parallèles (voyance, astrologie, transmission de pensée...). Le catholicisme n'est plus globalisant mais en pièces détachées : on prend désormais ce qui nous convient. La religion n'est plus apte à prescrire des normes de conduite : les individus s'autonomisent.

III - Le travail et l'intégration sociale

Le travail est source de richesses pour Adam Smith. Le lien social est essentiellement marchand. Pour Marx, le travail est source d'aliénation. Pour Durkheim, le travail est le déterminant du lien social à cause de leur complémentarité. Pour Weber, le travail est un moyen pour devenir un élu de Dieu.

A - La place du travail

Le capitalisme s'est accompagné d'une organisation de la société autour de la notion de travail. Notre société valorise le travail. C'est un moyen d'avoir le sentiment d'une utilité sociale (objectifs collectifs). Le travail est un moyen de se positionner socialement : il est vecteur d'identité et de statut social. C'est un moyen de posséder un revenu qui permettra d'assurer et de conserver son indépendance. Le travail permet aussi de consommer et assure un réseau de sociabilité (collègues, amis...).

Par contre, l'absence de travail est dévalorisée socialement parce que l'absence de revenus condamne l'individu à être dépendant de la redistribution collective, ce qui induit une perte de liberté individuelle (position d'assisté) et du contrôle social. Le chômeur est stigmatisé.

B - L'entreprise sélective

Les entreprises sont de plus en plus sélectives : elles recherchent l'excellence et embauchent à un niveau plus élevé que par le passé. On devient vieux professionnellement de plus en plus tôt. La conséquence est le processus d'exclusion des non-qualifiés et des chômeurs de longue durée (pertes des repères professionnels et sociaux) : ils deviennent de moins en moins employables et de plus en plus exclus.

C - Le travail intègre ceux qui sont déjà intégrés : les effets de la tertiarisation

Le travail devient de plus en plus immatériel et relationnel. Les compétences sont de plus en plus sociales. La qualification sociale est aussi très importante aujourd'hui : le savoir-être importe plus que le savoir-faire. Cette compétence dépend de ce qui est vécu en dehors du travail : l'expérience familiale, la qualité de vie relationnelle, les associations, les activités culturelles et politiques.

[cf. Pierre Bourdieu : l'habitus et les 3 formes de capital.]

D - Les risques de fragilité

Constatations

  • les actifs occupés peuvent présenter des signes de fragilité car le travail est de moins en moins à même de conférer un statut durable.
  • le travail perd de son efficacité en temps que facteur d'intégration sociale

Causes

  • flexibilité du travail : emplois précaires : pas d'intégration
  • mutations
  • perte de confiance
  • concurrence
  • peur du licenciement
  • individualisme

Conséquences

Tout cela détruit le collectif du travailleur et les préoccupations individuelles prédominent au détriment des intérêts communs. L'individualisme a gagné la sphère professionnelle.

Conclusion : il devient utopique aujourd'hui d'envisager une réelle solidarité.

E - Le travail est-il le seul facteur d'intégration ?

Toute forme d'intégration sociale ne passe pas forcément par le travail. Beaucoup d'associations donnent aux individus la possibilité de s'intégrer, d'occuper une place sociale valorisée (associations d'étudiants, chômeurs, 3ème âge...).

Conclusion

La travail facilite certainement l'intégration sociale mais il génère de moins en moins de cohésion sociale à cause des mutations de l'appareil productif. Il existe aussi aujourd'hui un moindre sentiment de partager des intérêts communs. Le temps de travail baisse, les individus développent donc des activités en dehors de leur travail mais rien n'indique que l'on sorte de cette civilisation du travail. On peut donc parler de crise d'intégration par le travail.

IV - Le syndikrack ou la baisse du taux de syndicalisation

Pour Durkheim, l'Etat ne peut seul assurer la cohésion sociale : il doit donc être relayé par des groupes intermédiaires facteurs de liens sociaux (syndicats). Selon Marx, les syndicats vont permettre la mobilisation de la classe laborieuse. Les syndicats participent à la conscience de classe et sont facteurs de changements sociaux.

A - Origine des syndicats

C'est la loi du 21 mars 1884, la loi Waldeck-Rousseau, qui autorise la liberté syndicale. En décembre 1968, la liberté syndicale est reconnue dans l'entreprise. Dans chaque entreprise, tout syndic représentatif peut constituer une section syndicale. Les lois Auroux de 1982 ont favorisé l'extension de l'expression syndicale dans les entreprises (obligation de négociation dans les entreprises ayant une section syndicale).

B - Définition et fonction

Les syndicats sont des regroupements d'individus qui permettent la défense des intérêts professionnels, moraux et matériels, collectifs comme individuels. Les syndicats sont les médiateurs entre les salariés et les employeurs et sont indispensables à la gestion d'une démocratie socioprofessionnelle. Le syndicat à une fonction de revendication, de défense, d'information, de négociation, de représentation et de contre-pouvoir.

C - La représentativité des syndicats

Elle s'apprécie de différente façons selon :

  • le nombre d'adhérents
  • l'implantation dans les entreprises : élections dans le comité d'entreprise
  • les élections aux conseils de prud'hommes

Cependant, on constate aujourd'hui une érosion syndicale :

  • baisse du nombre d'adhérents : crise d'adhésion
  • baisse de la participation électorale (CE + prud'hommes)
  • augmentation des élus de listes non-syndiquées
  • baisse de l'influence des syndicats contestataires (CGT)
  • importance des coordinations

D - Les causes conjoncturelles et structurelles de la baisse du taux de syndicalisation

Les facteurs conjoncturels

  • avec la crise l'action collective est beaucoup plus incertaine (baisse de l'efficacité des syndicats)
  • crainte d'être licencié
  • augmentation du nombre d'emplois précaires
  • les bastions industriels ne sont plus des zones de recrutement
  • cotisations trop chères
  • "le passager clandestin", la théorie de l'américain Mancur Olson (1932-1998) : une action collective est toujours plus rentable pour ceux qui ne s'engagent pas mais qui en profitent quand même. L'individu rationnel n'a aucun intérêt à s'acquitter de sa cotisation, ni à passer son temps pour l'action puisqu'en temps que travailleur, il bénéficiera quand même de l'action de ceux qui se mobiliseront.

Les facteurs structurels

L'évolution de la structure de la population active modifie la clientèle traditionnelle :

  • le nombre d'ouvriers baisse, ce qui accentue le clivage entre ouvriers spécialisés (OS) et ouvriers polyvalents (OP)
  • expansion du tertiaire : importance des cols blanc (moins syndiqués que les cols bleus)
  • plus de cadres et de professions intermédiaires
  • plus de femmes, moins syndiquées que les hommes
  • le niveau culturel de la population augmente
  • les contrats emploi solidarité (CES) sont différents des contrats à durée indéterminée (CDI) : les revendications sont donc différentes

Les autres formes d'expression dans l'entreprise :

  • les cercles de qualités font baisser le taux de syndicalisation
  • institutionnalisation du droit d'expression avec les lois Auroux de 1982

Le changement de valeurs :

  • montée de l'individualisme a supprimé les vastes mouvements unitaires mais a amplifié la recherche d'une revendication identitaire. Or les syndicats continuent de valoriser le groupe.
  • la conscience de classe s'effrite (ex : la classe ouvrière)

E - L'utilité des syndicats

Les syndicats représentent la principale institution du monde du travail dans les pays industrialisés (PI). Ils agissent sur les salaires, l'organisation du travail, les conditions de travail... Le syndicalisme a mené beaucoup de combats et remporté beaucoup de victoire (la durée du travail par exemple). Les syndicats ont une influence bénéfique dans les négociations collectives (ex : les 35 heures). Ce sont des acteurs indispensables dans la prévention et la régulation des conflits : ils participent toujours à la socialisation des individus car ils produisent un lien social avec leurs membres. Malgré le déclin historique du taux de syndicalisation, il existe toujours des grands mouvements sociaux.

F - Une adaptation à la société est nécessaire

Le syndicalisme connaît une crise d'adhésion, une crise d'identité et une crise de représentativité. Les syndicats ne doivent plus se cantonner aux revendications collectives. Aujourd'hui, il faut tenir compte des préoccupations individuelles. Les jeunes générations ont du mal à s'identifier à des organisations historiques bâties sur la référence à l'ouvrier de la Grande Industrie. Les jeunes refusent aussi le syndicalisme politisé et idéologisé (CGT : communiste).

Conclusion

Le syndicalisme est aujourd'hui dans une période de transition, à la recherche d'une nouvelle légitimité. Mais les conflits existent toujours et sont sans doute plus localisés et plus tertiaires. Les coordinations ont plus de succès. Les voies de la re-syndicalisation passent plus que jamais par la fourniture de services aux adhérents (services juridiques, de conseils...). Il faut que le syndicalisme soit de proximité et tenir compte des aspirations individuelles et non unitaires.

VI - La pauvreté et l'exclusion

A - Comment mesurer la pauvreté ?

Le seuil de pauvreté est conventionnel, il n'existe pas de précision absolue. La pauvreté est un phénomène relatif dans le temps (1950 ≠ 2004) et dans l'espace (pays en développement ≠ pays industrialisés). On essaie cependant de définir la pauvreté par 3 critères :

  1. le niveau des ressources (revenu mensuel)
  2. les conditions d'existence : la pauvreté renvoie à des manques, des insuffisances et des handicaps. Etre pauvre, c'est ne pas avoir accès à un mode de vie jugé normal par la société dans laquelle nous vivons (logement indécent, incapacité de satisfaire les besoins primaires...).
  3. l'approche subjective, basée sur des enquêtes faites auprès des ménages. Est déclaré pauvre celui qui considère que son revenu ne lui permet pas d'atteindre un niveau de vie minimal. Ce revenu est différent selon les individus.

B - Caractéristiques de la pauvreté

  • problèmes de logement : mal logés ou sans abri
  • problèmes de santé : non couverts par la sécurité sociale
  • pas de diplômes : échec scolaire
  • ressources faibles : revenus de transferts, minima sociaux
  • chômage : chômeurs en fin de droits et RMIstes
  • taux de natalité élevé
  • personnes âgées pauvres
  • familles mono-parentales
  • surendettement
  • de plus en plus de jeunes pauvres

La pauvreté est nouvelle : elle n'est pas obligatoirement dûe à la reproduction sociale mais est acquise à cause des difficultés économiques et sociales. La pauvreté est un processus : on ne naît pas pauvre, on le devient. Le cumul des handicaps entretient l'engrenage de la pauvreté, signe d'un grave dysfonctionnement social. C'est aujourd'hui un phénomène pluri-dimensionnel :

  • dimension physique
  • dimension morale
  • dimension politique

La pauvreté est aujourd'hui plus visible, plus intense et très médiatisée. La pauvreté était bien présente pendant les 30 Glorieuses mais elle n'apparaissait pas comme excluante et ne résultait pas du chômage.

C - Qu'est-ce que l'exclusion ?

La pauvreté est de nature économique, l'exclusion est de nature sociale et marque une rupture du lien social : être exclu, c'est ne plus participer à la plupart des domaines considérés comme indispensables dans la société (travail, famille,...). C'est l'absence de réseau relationnel et de perspectives de réinsertion dans les réseaux de socialisation. Un exclu est privé de repères traditionnels. L'exclusion est devenue dans les années 1980-1990 un phénomène de plus en plus médiatisé et placé au coeur des discussions politiques.

D - La pauvreté peut être cause d'exclusion

Quand la pauvreté matérielle s'installe, elle peut se répercuter dans d'autres domaines. Fautes de relations professionnelles, le réseau de sociabilité se restreint. La famille ne fournit pas toujours l'aide matérielle. La pauvreté dévalorise l'ensemble des dimensions de l'identité d'un individu. Elle entraîne un processus de disqualification sociale. Le refus ou l'impossibilité d'assumer une telle image de soi peut conduire à une rupture du lien social. Le statut d'assisté entraîne une modification en profondeur de son identité.

E - La pauvreté peut être conséquence d'exclusion

La pauvreté peut être la conséquence de la décomposition du lien social :

  • crise des grandes institutions intégratrices : famille, école, religion
  • l'entreprise est de plus en plus sélective
  • le chômage poursuit ce processus d'exclusion et entraîne la pauvreté.

Introduction

Emile Durkheim (1858-1917) est l'un des pères fondateurs de la sociologie. Il est l'auteur de deux ouvrages prépondérants : De la division du travail social (1893) et Le suicide (1897). A la fin du 19ème siècle, il est préoccupé par les problèmes sociaux liés à la révolution industrielle en France : la cohésion sociale semble menacée. Une question se retrouve dans toute l'oeuvre de Durkheim : quel ciment peut bien lier tous les individus les uns aux autres et faire tenir la société ? Durkheim pose alors le problème du lien social. Il va créer une science nouvelle destinée à permettre d'analyser objectivement la réalité sociale. Il va imposer la sociologie comme discipline à part entière : l'objet de la sociologie est la société. Pour comprendre le fonctionnement de la société, Durkheim va définir les règles de la méthode sociologique. Sa démarche est objective et il explique un fait social par rapport à d'autres faits sociaux. Son but est de dégager les réalités sociales à l'origine des comportements individuels. Durkheim est partisan du holisme ou déterminisme social. Il s'oppose à Weber, partisan de l'individualisme méthodologique.

I - Individu et société

A - Etude d'un fait social : le choix du prénom

Fait social

Selon Durkheim, est fait social toute manière de faire susceptible d'exercer sur un individu une contrainte extérieure. C'est une manière d'agir ou de penser où s'exprime la contrainte que fait peser sur chacun l'appartenance à un groupe.

Le modèle classique

Devait faire face à des contraintes collectives :

  • lignée familiale (Famille)
  • communauté religieuse (Eglise)
  • collectivité locale

Les familles n'ont pas le libre choix du prénom (règles sociales contraignantes). Le prénom sert à rattacher l'individu à une identité collective. L'individu n'est pas d'abord identifié par sa personnalité mais par sa présence au sein d'un groupe.

Le modèle actuel

Aujourd'hui on veut individualiser l'enfant. Le choix est libre mais il y a l'influence de la mode. C'est une manière de se distinguer. Certains prénoms sont rattachés à des classes sociales. Le prénom devient un bien de consommation.

B - Le lien social

Le lien social est l'ensemble des liens qui unissent les individus (même s'ils ne se connaissent pas directement) et qui les amènent à se sentir membres d'une même société.

La question du lien social se pose à Durkheim parce que l'on se trouve dans une période d'industrialisation (révolution industrielle) et que les intérêts personnels mènent à l'individualisme et aux initiatives privées. Durkheim s'interroge sur les moyens de renforcer la cohésion sociale et de réformer une société perturbée par des changements trop rapides.

II - La Division du Travail Social (DTS)

A - Définition et fonction

La Division du Travail Social (DTS) est la spécialisation des fonctions des individus dans la société toute entière. Pour Durkheim, la DTS déborde largement la sphère économique et s'inscrit aussi dans les domaines artistiques, administratifs, politiques, scientifiques... tous sont touchés par la spécialisation des fonctions. Durkheim critique les économistes qui ne voient qu'un but économique à la division du travail.

Produire de la solidarité est la fonction morale de la DTS. Le but est de relier les individus entre eux parce que la spécialisation créé une interdépendance entre les individus et une prise de conscience de cette interdépendance. La DTS entraîne donc aussi une complémentarité, amenant ainsi les individus à coopérer.

Note : La Division du travail social a été écrit dans un contexte individualiste. Durkheim est un sociologue de l'intégration et non du conflit.

Note : Marx parle de la Division Sociale du Travail (DST) : la division du travail est synonyme d'aliénation. Marx est un sociologue du conflit.

B - Les causes de la division du travail (DT)

Sous l'effet de leur nombre croissant et de leur concentration accrue en un même lieu, les hommes entrent de plus en plus en concurrence et sont poussés à se spécialiser. Ils occupent donc des fonctions différentes et complémentaires. Ils peuvent coexister au lieu de devoir éliminer des rivaux menaçants leur survie.

3 facteurs se combinent pour expliquer la division du travail :

  • la croissance du volume de la population
  • la densité matérielle : population / superficie
  • la densité morale ou dynamique de la société : intensité des rapports sociaux

III - Les formes de solidarité

A - Lien entre DTS et solidarité

La fonction de la DTS et de lier les individus entre eux. Ce qui pousse les individus à entretenir des relations sociales s'explique par un certain type de socialisation, par des valeurs et des normes intériorisées.

La socialisation est le processus d'apprentissage des normes, des valeurs, des comportements attendus au sein d'un groupe. Il peut prendre deux formes, inculcation ou familiarisation, selon qu'il résulte d'injonctions précises ou d'une imitation de comportements observés. Les principales instances de socialisation sont la famille et l'école pour ce qui est de la socialisation primaire (apprentissage au cours de l'enfance), auxquelles on peut rajouter l'entreprise pour la socialisation secondaire. C'est le processus par lequel un individu apprend et intériorise les différents éléments de la culture de son groupe, ce qui lui permet de former sa propre personnalité sociale et de s'adapter au groupe dans lequel il vit.

Les valeurs sont les principes qui orientent l'action des hommes en société en leur fixant des buts, des idéaux et donc des moyens de juger de leurs comportements.

Les normes sont des règles de conduite, plus ou moins institutionnalisées, fondées sur des valeurs. Ces règles de conduites doivent être conformes avec les moeurs de la société. Les conduites qui s'en écartent sont sanctionnées par le contrôle social formel et informel.

Le contrôle social est l'ensemble des moyens et des processus par lesquels une société parvient à faire respecter ses normes.

B - Les 2 formes de droit

Le droit codifie les règles de conduite qui s'opposent à la société. Le droit est indicateur de solidarité :

  • le droit répressif (ex : droit pénal) accorde de l'importance à la "conscience collective". La réaction est passionnelle avec désir de vengeance. La sanction est répressive : ex : infliger une peine aux criminels.
  • le droit restitutif (ex : droit commercial) remet les choses en état par une réaction raisonnée avec objectif fonctionnel. Cela ne concerne que des parties spécialisées du groupe. La sanction est réparatrice. Ex : commerçants.

La conscience collective est la notion employée par Durkheim pour désigner "l'ensemble des croyances et des sentiments communs" des membres d'une société. Elle s'impose aux individus et se transmet d'une génération à une autre par le biais de la socialisation.

C - Les 2 formes de solidarité

Durkheim oppose 2 types de solidarité s'exprimant dans 2 types de droit et correspondant à 2 types de société.

Les sociétés traditionnelles à solidarité mécanique (droit répressif)

Ont une solidarité par similitude. Ce sont des sociétés fondées sur la ressemblance qui existe entre les individus et sur la force des sentiments communs à tous. Le lien social repose sur une forte conscience collective. Il s'agit de sociétés de taille réduite, à faible division du travail : la tradition joue donc un rôle prépondérant. L'individu ne peut se distinguer de l'ensemble du groupe. Il existe 3 liens :

  • sang : famille
  • voisinage, sol : village
  • spirituel : religion

Il n'y a aucune place pour l'individualisme. La pression du groupe est très forte sur l'individu. Le droit est répressif pour renforcer la conscience collective. Le contrôle social informel est important.

Les sociétés modernes à solidarité organique (droit restitutif)

Ont une solidarité par différenciation. Le lien social ne disparaît pas, il prend une autre forme. Ce sont des sociétés fondées sur la différence qui existe entre les individus. Les individus sont autonomes et possèdent une conscience individuelle : l'individualisme existe bel et bien. Les sociétés sont très complexes, à forte division du travail : la complémentarité des fonctions permet cette solidarité. La tradition a moins d'importance. L'infraction aux règles sociales est sanctionnée par le droit restitutif.

IV - La pathologie des sociétés modernes

Malgré la confiance qu'il affiche dans son ouvrage envers la capacité de la division du travail social à produire de la cohésion sociale, Durkheim s'inquiète de l'ampleur des changements sociaux : la DTS peut prendre des formes pathologiques.

A - L'anomie

Etymologiquement, l'anomie est l'absence de règles, de normes, de lois. En 1893, dans De la division du travail social, Durkheim définit l'anomie comme un affaiblissement, une "dérégulation" du lien social. C'est une pathologie de la division du travail qui ne crée plus alors de solidarité, les individus ne savent plus comment se conduire, manquent de repères. Plus tard, dans Le Suicide (1897), Durkheim caractérise l'anomie comme "le mal de l'infini", c'est-à-dire une situation psychologique d'absence de limite aux désirs, aux passions individuelles. Lorsque les règles morales disparaissent, les désirs de l'individu deviennent illimités et donc impossible à satisfaire.

Pour Robert King Merton (1910-2003), l'anomie se produit lorsque l'individu est confronté à une inadéquation entre les finalités légitimes (les buts valorisés) dans une société donnée et les moyens légitimes dont il dispose réellement.

B - L'égoïsme

L'égoïsme est le détachement excessif envers la collectivité, un repli sur son ego.

C - Le suicide

Anomie et égoïsme peuvent conduire au suicide. Le taux de suicide est un indice du malaise social. Les causes du suicide sont : la perte de l'identité (langue, sol), l'urbanisation et l'industrialisation rapide qui ont perturbé la société rurale (après la Seconde Guerre Mondiale), l'anticipation de la crise économique actuelle (crainte d'être licencié), le chômage, la diminution de la pratique religieuse, la crise de la famille, l'isolement et la solitude, l'appartenance à une classe sociale, la réduction du niveau de vie, l'anomie.

D - Intégration sociale et régulation sociale

Pour qu'il y ait cohésion sociale, Durkheim distingue 2 processus de socialisation : l'intégration sociale et la régulation sociale. Quand ces deux processus ne peuvent s'effectuer convenablement, la société et les individus sont dangereusement fragilisés.

L'intégration sociale caractérise le phénomène d'intériorisation des normes et des valeurs ayant cours dans un groupe ou une société donnés. C'est donc le processus par lequel une société parvient à s'attacher les individus, à leur rendre désirable la poursuite des idéaux collectifs.

Facteurs sociaux susceptibles de provoquer un affaiblissement de ce processus : affaiblissement de la morale conjugale (divorce par consentement mutuel), affaiblissement de la morale économique, essor de l'industrie. Effets sociaux entraînés par l'affaiblissement de ce processus: égoïsme. Indicateur exprimant l'affaiblissement de ce processus : hausse du taux de suicide (de type égoïste).

La régulation sociale est le processus par lequel une société parvient à réglementer les désirs individuels, les limitant et les rendant ainsi possibles à satisfaire.

Facteurs sociaux susceptibles de provoquer un affaiblissement de ce processus : baisse de nuptialité et de la fécondité qui entame la cohésion sociale, déclin de l'influence religieuse.
Effets sociaux entraînés par l'affaiblissement de ce processus: anomie.
Indicateur exprimant l'affaiblissement de ce processus : hausse du taux de suicide (de type anomique).

Conclusion

Durkheim distingue dans la société des risques accrus d'égoïsme et d'anomie à cause de l'affaiblissement des institutions socialisatrices (famille, Eglise, Etat) qui assuraient traditionnellement les fonctions d'intégration et de régulation sociale. C'est pourquoi il propose de renforcer les groupes intermédiaires (groupes professionnels, syndicats, associations) afin de réduire le risque de fracture sociale.

Rapport de faute d’orthographe

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