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I - Les politiques conjoncturelles

A - Définition

Une politique conjoncturelle est une politique à court-terme, son action est donc limitée dans le temps. C'est l'ensemble des interventions de l'Etat susceptibles de modifier à court-terme l'évolution de l'économie. L'objectif est de maintenir les 4 grands équilibres du carré magique : croissance, stabilité des prix, emploi et équilibre extérieur. Une politique de relance à pour objectifs la croissance et l'emploi. Une politique de rigueur a pour objectifs la stabilité des prix et l'équilibre extérieur.

B - Les différents instruments

  • politique monétaire : taux d'intérêts (pour la relance, baisse des taux - pour la rigueur, hausse des taux)
  • politique budgétaire : dépenses publiques, investissements publics, grands travaux
  • politique fiscale : impôts
  • politique sociale : revenus de transferts
  • politique de revenus : SMIC, indexation des salaires sur les prix

C - Les 2 grands courants de pensée

Les politiques de relance s'inspirent de 2 courants de pensée : les keynésiens et les libéraux.

1 - Les keynésiens

Les keynésiens sont partisans de l'Etat-Providence et prônent une politique de relance par la demande, la demande anticipée des entrepreneurs formant la demande effective (demande de consommation et demande d'investissement). Les buts sont l'amélioration de l'emploi et de la croissance. La relance par un déficit budgétaire fonctionne avec le multiplicateur d'investissement. Ce déficit sera résorbé par les impôts à long terme. L'intervention de l'Etat est nécessaire lorsque l'économie de marché est défaillante : il faut aider les marchés "myopes" (la myopie des marchés fait référence aux imperfections) comme par exemple les biens collectifs. On parle d'équilibre de sous-emploi. L'Etat intervient pour essayer d'atteindre le plein emploi. La politique monétaire doit jouer un rôle d'accompagnement. Il n'y aura pas de relance si la politique monétaire n'engendre pas une hausse de la demande.

Limites :

  • endettement cumulatif : effet boule de neige
  • inflation
  • dégradation de la balance commerciale (1982 : hausse des importations)
  • fuite des capitaux flottants

2 - Les libéraux

Position des libéraux en général :

  • partisans d'une relance par l'offre
  • Etat-gendarme
  • importance du marché auto-régulateur qui assure l'équilibre
  • partisans de la main invisible
  • baisse de la fiscalité
  • équilibre budgétaire
  • protection sociale allégée
  • politique monétaire stricte

Pour Jean Baptiste Say (1767-1832), l'offre crée sa propre demande : c'est la loi des débouchés. Pour lui, une crise durable est impossible.

[schéma]

Laffer : théoricien de l'offre.

Milton Friedman et les monétaristes :

  • le symptôme majeur de la crise est l'inflation. Il faut mettre en oeuvre une politique de lutte contre l'inflation.
  • une politique d'expansion monétaire keynésienne (crédit facile) favorise le développement de l'inflation. En effet, Friedman constate que la masse monétaire augmente plus vite que l'activité économique. La cause de l'inflation est donc une accroissement anormal de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production.
  • Milton Friedman est donc pour une politique monétaire stricte : théorie quantitative de la monnaie.
  • il remet en cause la courbe de Phillips (keynésien)

[schéma]

Les keynésiens luttent contre le chômage même si l'inflation apparaît. Friedman veut d'abord lutter contre l'inflation : pour lui, l'inflation est gênante car elle remet en cause la possibilité d'un calcul économique rationnel. Il critique donc la politique de relance par la demande parce que les agents économiques ne prennent pas conscience de l'effet inflationniste des mesures keynésiennes. Face à la demande, les entreprises vont produire jusqu'à ce qu'elles réalisent que leurs recettes sont dévalorisées par l'inflation. Les salariés vont connaître une hausse de salaire alors que leur pouvoir d'achat baisse à cause de l'inflation. Les agents économiques comprennent que la hausse de leur rémunération est compensée par celle des prix et vont modifier leur comportement. Pour Friedman, la relance keynésienne est une tromperie des agents économiques. Le but des monétaristes est d'instaurer la confiance en faisant baisser l'inflation : les produits nationaux seront alors plus compétitifs, augmentant le solde de la balance commerciale, entraînant ainsi une hausse de la croissance et de l'emploi. C'est la politique de désinflation compétitive.

D - Les politiques de rigueur

1 - Politique de rigueur libérale

La politique de rigueur libérale a les effets inverse d'une politique de relance : l'objectif est la baisse de l'inflation, les limites sont la récession et le problème de l'emploi.

2 - Les risques de la rigueur généralisée chez les keynésiens

Pour les keynésiens, les politiques de rigueur risquent de déprimer la demande (hausse des taux d'intérêts, baisse des revenus, baisse des dépenses publiques). Les keynésiens vont donner la priorité à la lutte contre le chômage par une politique de relance.

E - Conclusion

Il est difficile de concilier les 4 grands équilibres du carré magique. Il est essentiel aujourd'hui d'adopter des politiques coordonnées au niveau européen. Les années 1990 marque la complémentarité entre la politique de l'offre et la politique de la demande.

II - Les politiques structurelles

A - Définition

Les politiques structurelles ont une action à long terme. Elles modifient en profondeur les structures de l'économie. Elles sont souvent qualifiées par le secteur ou le domaine sur lesquelles elles portent (exemple : politique industrielle).

B - Exemples

  • les nationalisations
  • les privatisations
  • la politique de recherche
  • la politique de l'emploi (baisse du temps de travail)
  • la politique de réglementation de l'environnement

Les années 1980 ont été marquée par l'influence du libéralisme :

  • privatisations
  • flexibilité
  • déréglementation : on veut redonner sa place au marché

III - Les politiques d'emploi : classification

Classification des politiques d'emploi
Politiques d'emploi passivesPolitiques d'emploi actives
Traitement social du chômage
Concernent la population active
Traitement économique du chômage
Concernent les entreprises
But : limiter l'offre de travail ou la demande d'emploiBut : augmenter la demande de travail ou l'offre d'emploi
  • pré-retraites
  • stages de formation
  • contrats emploi solidarité (CES)
  • travail à temps partiel
  • allongement de la durée de la scolarité
  • frein au développement des heures supplémentaires
  • baisse du temps de travail
  • subventions aux entreprises qui ont des difficultés temporaires
  • aides à la création d'entreprise
  • création d'emplois publics
  • assouplissement de la réglementation à l'embauche
  • hausse du niveau des formations pour favoriser l'employabilité
  • meilleure circulation de l'information
  • lutte contre le travail au noir
  • baisses des charges sociales pour les professions libérales

IV - La réduction du temps de travail (RTT)

Ce qui caractérise aujourd'hui le chômage, c'est son caractère structurel. Aussi la réduction du temps de travail (RTT) peut être une solution à ce problème. Comment alors concilier impératif économique et amélioration des conditions de vie ?

A - Définition de la RTT

Il s'agit de partager le travail, c'est-à-dire de répartir la quantité de travail entre un plus grand nombre de personnes afin de :

  • réduire le chômage : volet offensif
  • éviter les licenciements : volet défensif

B - Possibilités de RTT ?

2 grandes formes de RTT existent :

  • la RTT légale : la loi des 35h
  • la négociation avec les partenaires sociaux : syndicats/salariés et employeurs

Ces négociations dépendent de l'activité des entreprises, de leur taille et des salariés. En 1982, la durée du travail est passée de 40h à 39h. En juin 1998, cette dernière est passée à 35h.

C - Pourquoi cet intérêt pour la RTT ?

Ce serait une solution pour résoudre le problème de l'emploi. Ce thème était déjà d'actualité dans les années 1970 où l'on parlait alors de société productiviste : "halte à la croissance". L'objectif était de donner plus de temps libre. Aujourd'hui, le but est de donner du temps à ceux qui n'en n'ont pas. On a donné trop d'importance au traitement social du travail, à la flexibilité qui a entraîné le développement des emplois précaires, au libéralisme qui menace la cohésion sociale. Aujourd'hui, on fait appel à la solidarité : il faut que ceux qui ont du travail le partagent avec les autres. Ce partage du travail concerne toutes les PCS car toutes sont concernées par le chômage.

D - Les conséquences de la loi des 35h

1 - pour les entreprises

Les entreprises doivent reconsidérer le fonctionnement et l'organisation de leurs sociétés. L'aménagement du temps de travail (ATT) est modifié au terme de concertations et de dialogues. C'est l'occasion pour les chefs d'entreprise d'obtenir de leurs salariés une plus grande souplesse. Les entreprises sont plus compétitives. Il faut allonger la durée des équipements : ce sont les gains de productivité qui compenseront la baisse du temps de travail. Le marché des 35h est une aubaine pour les cabinets de conseils, consultants et experts.

Mais...

  • les heures supplémentaires pourront être payées au noir
  • financement de cette réorganisation ? Aides de l'Etat, gains de productivité ?
  • problème des salaires : baisse des salaires et accroissement moins rapide
  • problème des cadres : horaires
  • les 35h, c'est officialiser le déclin car il n'y a qu'un nombre limité d'emplois à répartir. Il faut abandonner tout espoir de croissance. On est incapable de faire croître la quantité de travail.

2 - sur la vie sociale

  • "la société du temps libéré", "vivre à double temps" : un véritable changement de société
  • transformation culturelle : le travail monopolise trop les ressources d'identité. Il faudra créer un monde nouveau où le travail n'aura plus la place centrale.
  • un changement de mentalité : casser les conformismes.
  • hausse du temps libre peut être porteur de projets : participation à la vie collective et politique, bénévolat, développement de nouvelles solidarités.
  • hausse du temps passé en famille : l'essentiel du temps est passé dans la sphère privée, la société se porte mieux.
  • accès à la civilisation des loisirs : plus on a de temps libre et plus on dépense (bricolage, jardinage...)
  • les salariés feront des extras pour compenser.
  • l'entreprise voudra une plus grande flexibilité dans les horaires pour répondre aux attentes des clients.

E - Conclusion

Réduire le temps de travail revient à concilier 3 logiques :

  • la logique sociale
  • la logique de l'entreprise
  • la logique de l'emploi

Alexis de Tocqueville (1805-1859) est un sociologue français, auteur de De la démocratie en Amérique, publié en deux tomes (1835 et 1840). Il croît observer à travers les enquêtes faites en Amérique un phénomène inéluctable : l'égalisation des conditions sociales, qui entraîne la naissance d'une "société démocratique". Les inégalités que connaît la France actuellement sont compatibles avec la démocratie tocquevillienne.

I - La démocratie selon Tocqueville

A - Démocratie ?

Le terme "démocratie" est habituellement entendu au sens politique : c'est un état politique caractérisé par l'égalité de droits. C'est le gouvernement du peuple, élu par le peuple pour le peuple : le gouvernement où le peuple exerce sa souveraineté.

B - La démocratie de Tocqueville

Pour Tocqueville, la démocratie est un Etat social et non une simple forme de gouvernement. La démocratie marque l'égalisation des conditions mais cela ne signifie pas l'égalisation des situations économiques et sociales : il y a des riches et des pauvres. Les peuples démocratiques ont une passion pour l'égalité : ils se pensent et se sentent égaux et semblables. Tocqueville distingue 3 formes d'égalité :

  • l'égalité devant la loi : pas de privilèges
  • l'égalité des chances : méritocratie
  • l'égalité de considération : tous les honneurs sont accessibles à tous

Ce sentiment d'égalité pénètre la société toute entière. Il transforme profondément les relations humaines. Cette passion pour l'égalité amène le changement social. Le passage à la démocratie sera lent et inéluctable. L'égalisation des conditions entraîne le rapprochement des niveaux de vie, donc une montée en puissance des classes moyennes. C'est une société qui connaît une grande fluidité sociale car les inégalités ne viennent pas de l'origine sociale.

C - Le meilleur exemple de démocratie selon Tocqueville

Tocqueville pense que les USA sont l'image de l'avenir promis aux autres pays car il n'y a pas d'aristocratie : " les Américains sont nés égaux avant de le devenir". En France, la transition entre l'Ancien Régime et la démocratie fut beaucoup plus lent et difficile.

D - Les dangers de la démocratie selon Tocqueville

L'individualisme

  • à ne pas confondre avec l'égoïsme
  • chaque citoyen se replie sur lui-même, sur sa famille, ses amis, sa propre sphère d'activité. Chacun s'intéresse à avoir une situation proche de celle de ses voisins. Personne ne s'intéresse à la vie politique
  • individualisme = abstentionnisme

Le despotisme

  • le pouvoir est concentré entre quelques mains
  • l'Etat s'occupe de tout
  • les individus deviennent dépendants de l'Etat
  • la tyrannie de la majorité : refus de vouloir se différencier des autres. La tyrannie peut être morale, intellectuelle ou d'opinion publique : personne ne souhaite différer des idées officielles.

Conclusion

En cherchant prioritairement l'égalité, les citoyens risquent de perdre leur liberté.

E - Pourquoi la démocratie n'a-t-elle pas tourné au despotisme aux USA ?

A cause de :

  • la pratique du fédéralisme : partage du pouvoirs entre les Etats
  • les associations : défense des intérêts et contre-pouvoirs
  • la liberté de la presse
  • les moeurs (valeurs, normes) : goût pour la liberté...

II - Les inégalités et les politiques de lutte contre les inégalités

A - Les inégalités existent

Les inégalité de revenus :

  • ≠ selon les PCS
  • professions indépendantes ≠ salariés
  • ≠ entre les salariés : SMIC
  • hommes ≠ femmes
  • entre les générations : jeunes ≠ retraités

Les inégalités de patrimoine :

  • actifs financiers : actions, obligations
  • actifs non-financiers : immobilier
  • 10% des ménages français détiennent 50% des patrimoines
  • le patrimoine des professions libérales, artisans et commerçants est 6 fois plus important que celui des ouvriers

Les inégalités face à la mort (espérance de vie) :

  • ≠ PCS
  • hommes ≠ femmes
  • conditions de travail
  • parallèle avec le corps (ouvrier ≠ cadres)
  • la culture comme produit biologique lié à l'argent

Les inégalités face à la culture et aux loisirs :

  • les PCS les plus favorisées ont accès aux services culturels
  • accès à la médiathèque, musées, théâtre
  • Pierre Bourdieu et la reproduction sociale

1 - Quel est le profil sociologique et politique des actifs en politique ?

  • hommes
  • jeunes retraités (62-75)
  • ceux qui ont un diplôme de l'enseignement supérieur
  • profession intellectuelle supérieure
  • revenus élevés
  • famille mariée
  • père de famille
  • participe à la vie associative ou à un syndicat
  • intérêt pour la politique

2 - Les deux types d'explication

  • l'intégration (A. Lancelot) : dans la société globale, les jeunes, vieillards, pauvres, minorités, non diplômés s'abstiennent et ne sont pas intégrés. Dans un groupe intermédiaire, il y a participation sociale : les syndiqués et membres religieux votent.
  • la domination (P. Bourdieu) : ce sont les classes dominantes qui participent le plus aux élections donc elles voient leur poids électoral augmenter.

3 - Le "cens caché" de Daniel Gaxie

Le cens est un impôt qu'il fallait payer au 18ème siècle afin de pouvoir être électeur. Les inégalités face aux élections fonctionnent aujourd'hui comme un cens caché et aboutissent au même résultat : les dominés sont écartés.

B - Les politiques de lutte contre les inégalités

  • politique de protection sociale (Etat-Providence)
  • politique de lutte contre l'exclusion
  • politique de lutte contre le chômage
  • politique de lutte contre les inégalités à l'école
  • politique des revenus : le SMIC (Le SMIC est apparu en Angleterre le 1er avril 1999)
  • politique fiscale : IRPP progressif, droits de succession, ISF

Les politiques de réduction des inégalités visent non seulement les inégalités de situation mais aussi les inégalités de chance.

C - Des points de vue différents selon les inégalités

1 - La politique des libéraux

Pour les libéraux, l'économie de marché est le système le plus efficace, malgré les inégalités présentes aux USA et au Royaume Uni. Dans un univers méritocratique, il faut rémunérer plus ceux qui produisent plus, qui s'investissent plus, qui prennent des risques : ceux qui font gagner de l'argent à l'entreprise. Ces inégalités salariales permettent de ne pas gaspiller les compétences des salariés est sont donc facteur de productivité. Le salarié va faire des efforts et se montrer productif grâce à l'émulation.

Milton Friedman conclut à l'inefficacité de la redistribution (revenus de transferts). Tous ne doivent pas en profiter.

Pour Frederick von Hayek, les inégalités sont nécessaires pour assurer la dynamique de l'économie. Il faut récompenser les meilleurs, ce qui entraîne la présence d'inégalités. Les revenus de distribution découragent le travail.

La théorie de Laffer : "trop d'impôts tuent l'impôt".

2 - La thèse de Rawls

John Rawls a écrit Théorie de la justice en 1971. Selon lui, les inégalités peuvent être acceptables tant qu'elles suscitent un surcroît de richesses et qu'elles améliorent le sort des plus démunis : "l'enrichissement des plus riches permet de maintenir le pouvoir d'achat des plus pauvres". Il distingue donc les inégalités positives (justes car tout le monde en profite) des inégalités négatives (injustes car elles réduisent les revenus des moins performants et excluent certaines catégories sociales).

"Si le marché doit aboutir à l'exclusion, la société devra payer un jour". Rawls veut combiner justice sociale, liberté de l'individu et efficacité : l'Etat doit aider les plus démunis. Il rejette le libéralisme sauvage aussi bien que le socialisme autoritaire.

3 - La thèse de Bourdieu

Pierre Bourdieu raisonne en terme de reproduction sociale. Il insiste sur le caractère auto-entretenu et cumulatif des inégalités qui entraînent la reproduction sociale. Ces inégalités sont dûes aux 3 formes de capital :

  • capital économique : fond de commerce, argent...
  • capital social : relations
  • capital culturel : instruction

4 - Le point de vue de Touraine

Alain Touraine parle de sociétés égalitaires et dénonce les dangers de fracture sociale. Les sociétés post-industrielles ne sont plus verticales (hiérarchisées selon les classes sociales) mais horizontales (hiérarchisées in/out, intégrés/exclus).

5 - Le point de vue des keynésiens

Les keynésiens sont favorables à l'Etat-Providence et à la réduction des inégalités. La hausse des revenus de transferts et les aides aux plus démunis entraînent la relance par la demande et le renforcement de la cohésion sociale.

Pour conclure, on s'aperçoit qu'il est difficile de concilier la récompense de l'effort individuel et de l'initiative dans une société marchande et stimulant l'économie avec le désir d'égalité.

D - Les inégalités sont-elles compatibles avec la démocratie tocquevillienne ?

Compatibles

L'égalité de revenu est respectée si elle est acquise par le talent et non la reproduction sociale. Sont également compatibles l'égalité de patrimoine acquise par le travail est les inégalités positives.

Incompatibles

  • les inégalités face à l'école
  • les inégalités face à la mort
  • les inégalités face à la culture
  • les inégalités face à la justice
  • les inégalités cumulatives
  • les inégalités négatives

Conclusion

Si l'égalité devant la loi, l'égalité des chances et de considération sont respectées, les inégalités ne sont pas compatibles avec la démocratie. Mais lorsque ces inégalités semblent se reproduire d'une génération à l'autre et devenir une source d'exclusion (exclusion de l'école, quartiers de délinquants) alors la démocratie tocquevillienne est en péril.

La théorie du libre-échange insiste sur les bienfaits de l'ouverture sur l'extérieur. Elle est en réaction au mercantilisme. Depuis 1945, le libre-échange n'a cessé de progresser et d'entraîner le développement du commerce mondial. Pourtant lorsque l'activité économique ralentit, le protectionnisme s'installe.

I - Les analyses théoriques de l'échange international ou les théories du libre-échange

A - La théorie des avantages absolus

C'est la théorie d'Adam Smith (1723-1790), théoricien du libre-échange et auteur de la Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).

Sa théorie veut que chaque pays se développe dans les productions où il dispose d'un avantage absolu, i. e. dans la production d'un bien pour lequel son coût de production est inférieur (= sa production par unité de facteur supérieure) à celui des pays avec lesquels il commerce : un pays a intérêt à produire davantage qu'il ne consomme, afin d'exporter le surplus et d'importer des biens que d'autres pays produisent mieux que lui.

B - La théorie des avantages comparatifs

David Ricardo (1772-1823) est un économiste libéral classique et un libre-échangiste. Il est l'auteur du Principe de l'économie politique et de l'impôt (1817). Ricardo va compléter la théorie de Smith en se posant la question suivante : que se passe-t-il si un pays ne possède aucun avantage absolu ? Selon Smith, sa production va être nulle.

Ricardo énonce la théorie des avantages comparatifs : tout pays a intérêt à être libre-échangiste même si un pays a un avantage absolu sur tous les autres pays dans tous les domaines. Le pays se spécialise dans la production où il possède un avantage relatif, i. e. là où il est relativement le meilleur ou le moins mauvais. Il faut savoir renoncer à ses avantages les plus faibles pour tirer parti de ses avantages les plus forts.

Par exemple, un pays A (l'Angleterre) va se spécialiser dans la production de tissus alors qu'un pays B (le Portugal) se spécialisera dans la production de vin : les deux pays s'échangent leurs produits et la Division Internationale du Travail (DIT) améliore la situation de tous les pays.

Selon Ricardo, la production des tissus devrait se faire en Angleterre, même si leurs coûts de fabrication sont plus bas au Portugal. Il s’agit d’un avantage comparatif et non absolu, du plus grand avantage (avantage le plus grand en matière de productivité du travail) ou du plus petit désavantage (même les pays n’ayant pas d’avantage absolu participent à la spécialisation et donc au développement).

Un pays a donc intérêt à importer un produit même s'il peut bel et bien le produire localement à un coût inférieur. Les pays se spécialisent dans la production des biens qu'ont un coût relatif plus faible par rapport aux autres biens.

Critiques :

  • les pays industrialisés (PI) produisent des biens à haute valeur ajoutée alors que les biens des pays en développement (PED) sont à faible valeur ajoutée : détérioration des termes de l'échange.
  • une spécialisation trop poussée entraîne une dépendance.
  • en cas d'évolution de la demande, le problème de la reconversion peut apparaître.

II - Les origines de l'avantage comparatif

A - La théorie de la dotation en facteurs de production ou modèle HOS

Cette théorie est aussi appelée modèle HOS car elle a été trouvée par Heckscher et Ohlin puis complétée par Samuelson.

L'origine de l'avantage comparatif vient de l'abondance ou de la rareté relative des divers facteurs de production dont sont dotés les pays.
Comme Ricardo, ces auteurs supposent l'immobilité internationale des facteurs de production.

B - La théorie du cycle du produit de Vernon

L'avantage comparatif a pour origine la recherche qui produit l'innovation et la demande du marché interne. Vernon combine l'évolution de la nature du produit avec les évolutions de son commerce international. Il existe différentes phases :

  • 1ère phase : pas de commerce international : produit fabriqué et consommé dans le pays d'origine
  • 2ème phase : développement des exportations avec ses partenaires : extension du marché du producteur dans les autres PI. Le prix baisse.
  • 3ème phase : banalisation du produit. Il devient intensif en main d'oeuvre et sera donc fabriqué dans les PED où la main d'oeuvre est moins chère (délocalisation).

La théorie de Vernon met l'accent sur la mobilité des facteurs de production.

C - La théorie de la demande représentative de Linder

L'avantage comparatif a pour origine l'importance de la demande interne du produit exporté. Il faut que la dotation en facteurs de production soit identique partout.

Explications

Le commerce ne peut se développer que s'il n'existe que peu de différences entre le niveau de vie et le niveau des salaires des pays. Un pays exporte plus facilement le produit pour lequel il a une demande forte. Notons que plus les pays sont semblables, plus ils font du commerce entre eux et plus ce commerce porte sur des produits comparables. L'essentiel du commerce mondial s'effectue entre PDEM. Les échanges entre les pays sont surtout des échanges intra-branches (échanges de biens) appartenant à la même catégorie. Les produits échangés ne sont pas totalement identiques (marque, forme...). Pour Linder, le commerce est entravé lorsque les niveaux de vie sont différents.

Synthèse

L'échange international est constitué de 2 composantes :

  • les échanges entre PI : échanges intra-branches
  • les échanges entre PI et PED : échanges inter-branches (théorie de Ricardo)
AuteursOrigine de l'avantage comparatifCourant théorique
HOS- La différence de dotation en facteurs de production
Néo-classique : complète l'analyse de Ricardo
VERNON- Innovation
- Importance du marché interne (Demande)
Rupture avec Ricardo : le capital est mobile
LINDER- Demande pour le produit exporté
- Dotation en facteurs de production identique
Critique de HOS. Courant keynésien (demande).

III - La Division Internationale du Travail (DIT)

La Division Internationale du Travail (DIT) est la spécialisation des pays qui participent au commerce international.

L'ancienne DIT a duré jusqu'aux années 1960 : elle concernait l'échange de produits manufacturés contre des produits primaires (complémentarité entre PI et PED). L'ancienne DIT a été remise en cause car les PI exportaient des produits à haute valeur ajoutée (HVA) alors que les PED exportaient des produits manufacturés à faible valeur ajoutée : il n'y avait plus de complémentarité. Le seconde DIT est aussi remise en cause :

  • les NPI concurrencent les PI (produits HVA)
  • les flux Nord / Nord se développent (entre PI) : échanges intra-branches
  • commerce intrazone (régionalisation)

L'ancienne DIT n'a cependant pas disparu : les PMA (Pays les Moins Avancés) exportent toujours des produits de base.

IV - L'avantage comparatif est dynamique ou les dynamiques des spécialisations

L'insertion dans les échanges internationaux nécessite d'être compétitif. La compétitivité est l'adaptation permanente de l'appareil productif. Au milieu global, les nations les moins bien placées dans la compétition internationale sont confrontées à un problème de contrainte extérieure.

A - La compétitivité

La compétitivité est la capacité à maintenir et à accroître sa part de marché. Elle peut être interne ou externe :

  • compétitivité externe : position des entreprises sur les marchés.
  • compétitivité interne : partage de la demande interne entre producteurs nationaux et étrangers.

Comment peut-on être compétitif ?

1 - L'avantage est à renouveler constamment

Par l'innovation, les entreprises créent sans cesse de nouvelles sources de spécialisation et les nations les plus dynamiques qui engendrent ou attirent ces entreprises peuvent remettre en cause tous les avantages acquis antérieurement par les anciens PI.

2 - La compétitivité-prix

Traduit la capacité à proposer sur le marché des produits à des prix inférieurs à ceux de ses concurrents.

Les facteurs expliquant la compétitivité-prix sont les coûts salariaux, le prix des Capitaux Investis (CI), les coûts de l'amortissement du capital, le comportement de marges des firmes et le taux de change, la taille des entreprises, l'exploitation des économies d'échelle, la présence d'équipements performants.

3 - La compétitivité structurelle

Capacité à imposer ses produits indépendamment du prix. La compétitivité structurelle dépend de critères fixes : la différenciation des prix, la qualité, le SAV, la souplesse d'exploitation, la marque, le respect des délais.

B - La contrainte extérieure

La contrainte extérieure est la dépendance d'une économie à l'égard des autres économies. Un pays contraint est un pays dont les marges de manoeuvre sont réduites. Les indicateurs de la contrainte extérieure concernent le commerce extérieur :

  • solde de la balance commerciale : X - M
  • taux de couverture des importations : ( X / M ) * 100
  • propension d'un pays à importer : ( M / PIB ) * 100
  • propension d'un pays à exporter : ( X / PIB ) * 100
  • degré d'ouverture : ( ( ( X + M ) / 2 ) / PIB ) * 100

La contrainte extérieure est aussi fonction des rapports de domination existant entre les pays.

V - Le libre-échange et ses conséquences

A - Définition

C'est le libéralisme appliqué au commerce international. C'est l'absence d'entraves à la circulation de marchandises, de services et de capitaux.

B - Les arguments en faveur du libre-échange

  • un facteur d'expansion économique : lien étroit entre croissance économique interne des pays et essor des échanges.
  • les arguments de Smith et de Ricardo : ils ont vu les bienfaits du libre-échange.
  • tous les pays ne disposent pas de ce qui leur est nécessaire pour produire et vivre : besoins de matières premières, de technologies (PED)
  • la demande étrangère est un moyen d'écouler la production : les PI ont des entreprises tournées vers l'exportation, les PED ont un développement extraverti (orienté vers l'exportation car la demande interne est insuffisante).
  • le libre-échange élargit les marchés : le commerce extérieur permet de bénéficier de la production en grandes séries (production de masse = économies d'échelle = baisse des prix). Le marché possède alors une dimension plus importante.
  • le libre-échange favorise la concurrence : les entreprises doivent innover, se moderniser, s'adapter, augmenter la productivité, investir, i. e. être compétitif et s'orienter vers les secteurs les plus performants.
  • le libre-échange entraîne une diversification de la consommation : voitures allemandes, japonaises...
  • le libre-échange favorise la bonne entente entre les pays : c'est un instrument de pacification selon Ricardo.

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C - Les limites du libre-échange

  • le libre-échange rend fragiles les économies des pays concernés car les pays deviennent interdépendants et les déséquilibres conjoncturels se transmettent d'un pays à un autre. La hausse du prix du pétrole en 1973 a importé l'inflation en France.
  • la concurrence peut entraîner la fermeture des entreprises les moins rentables : ces entreprises ne peuvent pas s'adapter à l'évolution de la demande mondiale.
  • pour les PED, la concurrence peut entraîner la ruine de leur économie traditionnelle et entraver leur développement.
  • pénétration sur le marché national de produits étrangers (compétitivité interne).
  • le libre-échange favorise souvent les pays dominants (selon les Tiers-Mondistes) :
    • le libre-échange n'assure pas toujours le développement harmonieux de tous ceux qui participent à ces échanges.
    • toutes les spécialisations ne se valent pas : la DIT n'est pas équilibrée.
    • la détérioration des termes de l'échange.

VI - Le protectionnisme et ses conséquences

A - Définition

C'est la protection du marché national. Un pays se protège de la concurrence étrangère par différents moyens.

B - Comment se manifeste le protectionnisme ?

  • la protection tarifaire : droits de douanes ( Barrières Tarifaires: BT ) : les marchandises importées coûtent plus cher.
  • les quotas et contingentements : limitation des produits étrangers
  • les barrières non tarifaires (BNT) ou "protectionnisme rampant" :
    • normes techniques ou industrielles (sécurité)
    • labels de qualité
    • normes sanitaires (cd. vache folle dans les années 1990)
    • réglementations administratives
  • toutes les pratiques contraires au libre-échange :
    • le dumping : vendre moins cher dans les autres pays que dans son propre pays.
    • les subventions aux exportations : exemple de l'agriculture

C - Les arguments en faveur du protectionnisme

Le protectionnisme éducateur de Frederic List (1789-1846) consiste à protéger les industries naissantes de la concurrence étrangère. On parle de protectionnisme offensif. Le protectionnisme éducateur doit être limité aux entreprises jeunes provisoirement, le temps qu'elles deviennent viables. Il existe des obstacles :

  • l'inexistence dune main d'oeuvre qualifiée
  • les habitudes prises par les consommateurs
  • l'insuffisance des économies d'échelle
  • l'insuffisance des économies externes, absence de communication

Le protectionnisme défensif de Nicolas Kaldor préconise la protection de l'industrie dans sa vieillesse. Le protectionnisme est nécessaire à cause des difficultés engendrées par la crise et pour faciliter la reconversion des secteurs en déclin.

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D - Les limites du protectionnisme

[Voir les arguments en faveur du libre-échange].

  • le protectionnisme de rétorsion : réaction des pays victimes du protectionnisme (oeil pour oeil).
  • le protectionnisme de Jules Méline est un type défensif de conservation sociale. Il s'agissait d'élever les Tarifs Méline pour protéger l'agriculture française et satisfaire les revendications de la classe paysanne. La conséquence fut l'affaiblissement du pays par manque d'innovations.

VII - L'organisation du libre-échange : GATT puis OMC

A - Origine et définition

Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) est signé à Genève en 1947 par 23 PI et PED. C'est un code de bonne conduite et un code de référence pour les échanges internationaux. Le GATT organise des Négociations Commerciales Multilatérales (NCM) aussi appelées "rounds".

B - Objectifs

Le GATT cherche à promouvoir le libre-échange par l'abaissement progressif des droits à la douane (lors de grands "rounds") et l'interdiction de pratiques discriminatoires et des barrières non tarifaires. Son objectif principal est le bénéfice des gains du libre-échange (théorie des avantages comparatifs). Il réglemente les désaccords entre les pays membres et organise les rounds ; il lutte contre le protectionnisme.

C - Principes et exclusions

La Clause de la Nation la Plus Favorisée (CNPF) prévoit que toute négociation tarifaire entre deux membres doit être étendue à tous les autres. Interdiction des quotas, du dumping, des subventions à l'exportation.

D - Les rounds

Résultats de l'Uruguay Round (1986-1993) :

  • baisse des tarifs douaniers
  • baisse des barrières non tarifaires
  • élargissement du nombre de produits
  • hausse du nombre de parties contractantes

Ce fut une négociation très longue qui vit la naissance de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

E - L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

L'OMC est l'Organisation Mondiale du Commerce, signée à Marrakech en avril 1994 et qui est entrée en vigueur le 1er janvier 1995. L'OMC n'est pas un accord tout court, il fait l'objet de législations appliquées par des institutions internationales (comme le Fond Monétaire International, le FMI par exemple). L'ORD, l'Organe de Réglement des Différents, est chargé de régler les conflits commerciaux.

Aujourd'hui, tous les pays membres sont mis sur le même pied d'égalité juridique. L'émergence de l'OMC a vu la création d'un véritable droit du commerce international. Pour respecter les règles du commerce international, l'ORD dispose de pouvoirs réels. Les compétences de l'OMC se sont élargies à de nombreux domaines (services, droits de la propriété intellectuelle). La création de l'OMC marque une avancée vers le multilatéralisme.

I - Les composantes du marché du travail

L'offre de travail (la demande d'emploi) est faite par la population active (cf. démographie, durée des études, départs à la retraite, taux d'activité des femmes, solde migratoire).

La demande de travail (l'offre d'emploi) est faite par les entreprises (cf. croissance : consommation, investissement, exportations).
L'offre et la demande de travail se rencontrent sur le marché du travail.

Mais les offreurs de travail (ou demandeurs d'emploi) ne font pas partie de la population active :

  • les individus qui estiment trop faible leur probabilité de trouver un emploi
  • ceux qui n'ont plus droit aux indemnités de chômage
  • travailleurs au noir

La notion de flexion du taux d'activité est la variation des taux d'activité résultant de la création d'emploi. En effet, la création d'emploi suscite de la part des personnes inactives l'espoir de trouver un travail : en entrant ou en retournant sur le marché du travail, elles constituent une offre de travail supplémentaire. Le taux de flexion permet de mesurer la partie cachée du chômage. Exemple : en 1997, il fallait créer 130 emplois pour faire baisser le chômage de 100 personnes.

II - Les mesures du chômage

Un chômeur est une personne sans emploi, disponible pour travailler et à la recherche d'un emploi.

Les mesures :

  • les Demandeurs d'Emploi en Fin de Mois (DEFM) : personnes inscrites à l'ANPE
  • chômage au sens du recensement : effectué par l'INSEE tous les 7 ans
  • chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) : enquête emploi sur 70 000 ménages au mois de mars

Taux de chômage = ( nombre de chômeurs / population active totale ) * 100

Les frontières du chômage sont de plus en plus incertaines, c'est le sous-emploi :

  • Contrats à Durée Déterminée (CDD) et contrats précaires
  • emplois à temps partiel occupés faute de mieux
  • intérim
  • emplois aidés (Contrat Emploi Solidarité : CES)

Ce sont au total 6 millions de personnes qui seraient en quête d'un emploi ou à la recherche d'un autre type d'emploi ou de contrat. 6 millions dont 3 millions de chômeurs et 3 millions de sous-emplois.

Depuis juin 1995, il existe un nouveau mode de calcul du chômage : il y a maintenant deux courbes (pour l'ancien et le nouveau calcul). Ceux qui travaillent au moins 78 heures par mois sont désormais exclus alors qu'ils étaient inclus auparavant. Fin 1997, il y avait 3 507 800 chômeurs avec l'ancien calcul, 3 027 800 avec le nouveau calcul.

III - Les différentes formes de chômage

A - Selon la nature du chômage

Selon les époques et les pays, le chômage peut prendre des formes différentes.

  • le chômage conjoncturel est dû au ralentissement de l'activité économique à court terme. C'est le chômage keynésien : une baisse de la demande entraîne un ralentissement de l'activité économique. La demande anticipée des entrepreneurs est insuffisante.
  • le chômage structurel ou chômage d'adéquation est lié aux changements à long terme intervenus dans les structures démographiques, économiques, sociales et institutionnelles.
  • le chômage frictionnel est lié aux délais d'ajustement de la main d'oeuvre d'un emploi à un autre à court terme (absence d'information).
  • le chômage saisonnier apparaît lorsque l'activité du salarié fluctue avec les saisons.
  • le chômage technique est dû à une interruption du processus technique de production à court terme (pannes, pénuries...).
  • le chômage technologique apparaît à la suite d'innovations qui économisent du travail par la substitution du capital au travail (robotisation, informatisation).
  • le chômage partiel est dû à la réduction temporaire de l'activité d'une entreprise. Exemple : une entreprise automobile reçoit moins de commandes au mois d'août : les employés travaillent 2 heures de moins par jour. En septembre, ils sont employés à plein temps. Les 2 heures sont payées par les ASSEDICs.

B - Selon le courant de pensée

1 - Pour les libéraux

Le chômage est structurel avec des causes structurelles selon les libéraux :

  • SMIC
  • indemnités chômage
  • syndicats
  • conventions collectives : accord entre syndicats des salariés et les syndicats du patron

Le chômage est aussi frictionnel. Le chômage involontaire n'existe pas.

2 - Pour les keynésiens

Le chômage est conjoncturel :

  • demande anticipée des entrepreneurs insuffisante
  • le chômage peut être involontaire : équilibre de sous-emploi

C - Selon le type de chômeurs

1 - Chômage de conversion

  • progrès technique : restructurations industrielles : licenciement des emplois stables, protégés par les conventions collectives (hausse des indemnités)
  • formation
  • pré-retraite

2 - Chômage répétitif

  • succession de périodes courtes d'emploi et de chômage
  • emplois précaires (faible indemnisation) touchant les jeunes et les femmes

3 - Chômage d'exclusion (long terme)

  • les employeurs sont de plus en plus sélectifs lors de l'embauche
  • exclus : Rmistes, marginaux ou CES
  • couverture sociale nulle
  • travailleurs âgés et jeunes sans qualification

IV - Les causes du chômage en général

1 - Accroissement de la population active

  • arrivée de plus en plus nombreuse d'une population en âge de travailler sur le marché du travail
  • comportements d'activité (participation accrue des femmes). Note : ce facteur n'explique pas tout.

2 - Affaiblissement de la croissance et de la demande globale depuis le début des années 1970

  • baisse de la demande : baisse de la production : baisse de la croissance : baisse de la création d'emploi
  • en période de crise, un nombre important de personnes désire exercer une activité professionnelle (un conjoint par exemple)

3 - Concurrence

  • adaptation de l'appareil de production aux nouvelles conditions de production et de concurrence
  • investissement de modernisation, investissement de productivité
  • délocalisation
  • restructuration
  • déclin des grands secteurs d'activité
  • croissance intensive : productivité. (Note : croissance extensive : produire plus avec plus d'hommes)

NB : pour qu'une économie crée des emplois, il faut que le rythme de la croissance économique soit supérieur au rythme de la productivité.

4 - Les politiques économiques adoptées par le gouvernement

  • politique de lutte contre l'inflation : politique monétaire restrictive : hausse des taux d'intérêt : baisse de la demande de crédits : baisse de l'investissement et baisse de la consommation : baisse de la production : destruction d'emplois.
  • politique de flexibilité : emplois précaires : chômage répétitif.

5 - Le problème de la qualification

  • l'appareil de formation n'est pas toujours adapté aux besoins de l'économie
  • système trop centré sur l'enseignement général
  • les professions ne cessent de se transformer et de modifier les qualifications

6 - Accélération du progrès technique et du machinisme

7 - L'incertitude

  • les entreprises ne croient plus à la croissance durable

8 - La plus grande sélection des employeurs

  • chômage d'exclusion

9 - Les indemnités de chômage

  • point de vue des libéraux

V - Les indemnités de chômage

Il existe 2 régimes de chômage :

  • le régime d'assurance chômage, financé par les cotisations des salariés et des employeurs, géré par l'UNEDIC (Association Nationale pour l'Emploi dans l'Industrie et le Commerce) et les ASSEDICs. Versement de l'Assurance Unique Dégressive (AUD).
  • le régime de solidarité, financé par l'Etat et les fonctionnaires, géré par l'Etat. Versement de l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) pour les chômeurs longue durée.

VI - Les conséquences du chômage

1 - pour le chômeur

Conséquences économiques :

  • difficultés matérielles
  • surendettement
  • diminution du revenu
  • frais de déplacement
  • téléphone, journaux, timbres...

Conséquences sociales :

  • difficultés morales : dignité
  • regard des autres
  • perte de repères, d'expérience
  • chômage : facteur d'exclusion qui affaiblit le lien social
  • divorce
  • repli, suicide
  • démarche d'inscription à l'ANPE

2 - pour l'entreprise

  • les employeurs ont le choix de la main d'oeuvre moins chère
  • les cotisations augmentent, il faut indemniser les chômeurs car sinon baisse de la demande : baisse de la consommation : baisse de la production.

3 - pour le salarié

  • les cotisations des salariés augmentent
  • crainte d'être licencié
  • multiplication des emplois précaires
  • les salaires n'augmentent plus aussi vite qu'avant

4 - pour l'Etat

  • financement de l'ASS (Allocation de Solidarité Spécifique)
  • manque à gagner par l'exonération des entreprises
  • les plans emplois coûtent cher (stages, formations...)
  • développement du travail au noir

5 - pour la région

  • exode

A cause de l'importance du chômage ces dernières années, les organisations humanitaires ont pris beaucoup d'importance.

VII - Les analyses théoriques du chômage

A - Le chômage libéral

Le marché du travail :

  • est analogue au marché des produits
  • lieu de rencontre entre des demandeurs d'emploi (offreurs de travail) et des offreurs d'emploi (demandeurs de travail)
  • lieu d'échange de marchandises
  • situation de concurrence pure et parfaite : autorégulation par le marché
  • la confrontation entre offreurs et demandeurs permet d'établir l'équilibre (l'emploi et le salaire ; la quantité et le prix) : objectif : plein emploi
  • pour que cet équilibre se réalise, il faut la flexibilité des salaires

Le chômage

Si toutes les conditions de fonctionnement sont réunies (concurrence pure et parfaite), l'équilibre sur le marché du travail est automatiquement réalisé. Mais il y a des éléments externes qui perturbent cet équilibre : SMIC, syndicats, l'Etat, les réglementations et les institutions. Seuls demeurent au chômage les personnes qui ont des exigences excessives. Les libéraux admettent aussi le chômage frictionnel.

Les mécanismes du marché du travail

La demande d'emploi est fonction croissante du salaire. L'offre d'emploi est fonction décroissante du salaire.
Les salariés comparent le salaire au coût de l'effort : c'est la désutilité marginale. Les entreprises comparent le coût salarial à la rentabilité : c'est la productivité marginale.

Le salaire d'équilibre permet de fixer le niveau de l'emploi. Les libéraux sont donc pour une plus grande flexibilité du marché du travail. Il faut donc mettre fin à l'intervention de l'Etat : l'entreprise doit détenir la position centrale sur ce marché. C'est la rigidité des salaires et leur niveau trop élevé qui sont responsables du chômage.

B - Le chômage keynésien

Critique

Les keynésien critiquent les libéraux sur 2 points :

  • les travailleurs ne peuvent pas se montrer exigeant (sur les salaires en période de crise par exemple)
  • une baisse des salaires implique un baisse de la demande donc une baisse de la production donc une destruction d'emplois

Le marché du travail

Ce n'est pas un marché et le travail n'est pas une marchandise.

Comment se détermine l'emploi ?

Pour les keynésiens, l'emploi n'est pas déterminé par le salaire mais par la demande anticipée des entrepreneurs : la demande effective. En effet, les entreprises n'embauchent pas s'il n'y a pas de débouchés.

Le chômage

L'équilibre se réalise en fonction de la demande : une partie de la population peut donc se retrouver au chômage involontaire. Keynes parle d'équilibre de sous-emploi.

Qui peut intervenir pour relancer la demande ?

L'Etat peut intervenir pour essayer d'atteindre le plein emploi (politique de relance) :

  • hausse de la demande : baisse des impôts, hausse du SMIC, hausse des revenus de transfert, hausse des indemnités de chômage
  • hausse de l'investissement : baisse des taux d'intérêt (mesure d'accompagnement), investissement public (politique de grands travaux)

C - L'analyse Marxiste

Les marxistes critiquent le système capitaliste

Marx voit dans le chômage le mécanisme qui permet de "pousser les salaires vers le bas" et de dégager un profit. Il désigne les chômeurs par "l'armée de réserve industrielle". En effet, leur présence sert à maintenir à bas niveau les salaires des personnes qui travaillent. En réalité, disent les marxistes, le plein emploi élèverait les salaires et les profits baisseraient.

Explications

Plus-value : différence entre la valeur créée par la force de travail et le rémunération de cette force de travail. Elle est prélevée par la bourgeoisie et traduit l'exploitation du prolétariat par la bourgeoisie.

Capital constant : part du capital disponible qui permet d'acquérir des machines, des bâtiments, des matières premières, des terrains...

Capital variable : part du capital disponible qui sert à rémunérer la force de travail.

Seul le facteur travail permet de réaliser une plus-value. Dans le système capitaliste, il faut :

  • concurrence
  • innovation : nécessite des moyens de financement : il faut faire des profits : économiser le facteur travail. Si la main d'oeuvre est bon marché, la plus-value sur le facteur travail est souhaitable pour les capitalistes (car le coût du capital constant est élevé).

Solution

Changer le système.

D - Faut-il baisser le coût du travail pour créer des emplois ?

1 - La baisse du coût du travail peut être une solution au problème de l'emploi

Cette baisse du coût du travail est justifiée théoriquement selon l'analyse libérale : c'est la rigidité des salaires qui entraîne le chômage. Cette politique s'est montrée très efficace dans certains pays (USA - GB) mais cette thèse doit être nuancée : c'est une des explications, pas la seule.

La productivité marginale ou le rendement d'un salarié

Dans sa décision d'embauche, l'employeur compare ce qu'1h de travail supplémentaire rapporte (productivité marginale) par rapport à son coût (coût du travail). La productivité ou le rendement d'un salarié peu ou pas qualifié est faible donc le coût du travail doit être également faible. Le SMIC est destructeur d'emploi parce qu'il est supérieur à la productivité de certains salariés (peu qualifiés). Il coûte trop cher par rapport aux richesses qu'il peut créer. Le SMIC pénalise les moins rentables : la baisse des salaires semble justifiée pour les personnes peu qualifiées.

La mondialisation et la concurrence

Qui dit mondialisation dit concurrence : il faut améliorer la compétitivité des entreprises afin de baisser les prix, baisser le coût du travail, augmenter la demande, augmenter la production et créer des emplois. La faiblesse du coût du travail dans certaines régions du monde pénalise les pays où le coût de la main d'oeuvre est plus élevée. Une baisse du coût du travail permettrait donc d'éviter la délocalisation. C'est un des arguments de la politique de désinflation compétitive.

2 - les limites de cette politique de baisse des salaires

  • Cette mesure est insuffisante : il faut tenir compte d'autres facteurs tels que l'employabilité de la main d'oeuvre (probabilité de trouver un emploi).
  • La création d'emploi dépend aussi de la demande anticipée (Keynes).

La suppression du SMIC est-elle nécessaire ?

Le SMIC est un instrument de régulation de la demande. Sa suppression aurait un impact négatif sur la consommation. En période de chômage, les employeurs sont en position de force sur le marché du travail. Le SMIC joue le rôle d'amortisseur en limitant la baisse des salaires et est une conception de justice sociale : il augmente avec l'inflation. Cela permet à tous les salariés de participer aux fruits de la croissance.

La baisse du coût du travail peut aussi reposer sur la baisse des cotisation sociales

Coût salarial = salaires + charges sociales.
La baisse des charges sociales a été adoptée par l'Union Européenne, surtout la baisse des charges sociales des employeurs. Le risque est le déficit de la sécurité sociale. Cette stratégie est indissociable d'une réforme de l'Etat providence qui se heurte au vieillissement de la population.

Le dualisme du marché du travail tend à créer une société à deux vitesses.

VIII - La flexibilité du travail

A - Flexibilité

Ensemble des moyens permettant à l'entreprise d'adapter son organisation productives aux évolutions économiques. La flexibilité s'oppose à la rigidité et aux contraintes : c'est la souplesse d'utilisation du travail salarié.

B - Les différentes formes de travail salarié

  • adapter les emplois : emplois précaires, CDD, intérim
  • adapter les salaire : les salaires varient en fonction de la conjoncture
  • adapter les horaires : horaires variables
  • adapter la réglementation : droit du travail plus souple, licenciements plus faciles, contrats moins stricts, moins d'indemnités de chômage
  • adapter les équipements : ateliers flexibles
  • adapter les travailleurs : polyvalence des ouvriers : adapter les qualifications
  • adapter les entreprises : sous-traitance

La flexibilité est une politique libérale.

C - Les 5 variantes de la flexibilité

1 - Flexibilités externes

  • flexibilité quantitative externe : consiste à faire évoluer le nombre de salariés de l'entreprise en fonction des besoins. La conséquence est la segmentation du marché du travail. Cette méthode présente le risque de créer une société à deux vitesses avec l' affaiblissement des qualifications (CDD, intérim, temps partiel subi, réglementation souple).
  • externalisation : amène à confier à d'autres entreprises ou à des personnes indépendantes une part variable de l'activité en fonction de la conjoncture (sous-traitance).

2 - Flexibilités internes

Utilisation des salariés déjà présents dans l'entreprise :

  • flexibilité quantitative interne : permet de faire varier le nombre d'heures de travail sans modifier le nombre de salariés (de temps plein à temps partiel, heures supplémentaires).
  • flexibilité fonctionnelle : s'emploie à changer les affectations des travailleurs et repose sur leur polyvalence (ateliers flexibles, mobilité géographique temporaire).
  • flexibilité salariale : consiste à adapter le coût du travail au salaire.

D - Pourquoi cette recherche de la flexibilité ?

A cause des conditions nouvelles de l'économie : le contexte économique actuel est bien différent de celui des 30 Glorieuses.

Lors des 30 Glorieuses (bonne conjoncture) , le marché du travail était rigide (CDI) avec un besoin de main d'oeuvre, moins de concurrence et une réglementation stricte (licenciements difficiles).

Aujourd'hui (crise), le marché du travail est plus flexible (CDD) avec des périodes de chômage, une concurrence accrue à cause de la mondialisation et une réglementation plus souple (emplois précaires).

La revendication majeure des employeurs

Ils réclament plus de souplesse car ils considèrent que la rigidité est un obstacle à l'embauche. Ils veulent alléger toutes les contraintes du marché du travail (contraintes financières, administratives, juridiques). C'est une remise en cause du cadre institutionnel d'utilisation du travail.

L'incapacité des politiques keynésiennes à résoudre le problème de l'emploi

Les années 1970 sont marquées par les politiques keynésiennes de relance par la demande. Le partage de la valeur ajoutée (VA) est favorable aux salariés mais ne favorise pas beaucoup la création d'emplois. Les années 1980 marquent le pas des politiques libérales : la loi de l'offre et de la demande sur le marché du travail.

Note : l'adoption des politiques libérales a été possible grâce à la baisse d'influence des syndicats.

Les économies de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE, le club des pays riches) voient les avantages de la flexibilité

La flexibilité aboutit à la baisse du coût du travail. Le but de cette flexibilité est la rentabilité.

E - La segmentation du marché du travail

C'est la division du marché du travail en plusieurs sous-marchés sur lesquels les emplois aussi bien que les travailleurs présentent des caractéristiques distinctes. Le marché du travail n'est pas homogène : il existe des marchés du travail. Cette segmentation entraîne des inégalités d'accès au marché du travail et place certains travailleurs dans une situation privilégiée par rapport à d'autres.

F - Le dualisme

Le dualisme a été mis en évidence en 1970 par Piore et Doeringer : le système économique est structuré par la coexistence d'un secteur central monopoliste (grosses entreprises) et d'un secteur périphérique (petites unités). Ce premier dualisme en entraîne un second sur le marché du travail : à un secteur primaire, correspondant aux emplois mieux payés, mieux qualifiés et plus stables, s'oppose un marché secondaire, correspondant aux emplois moins payés et plus précaires.

On aboutit donc à une société à 2 vitesses :

  • les travailleurs intégrés forment un noyau dur : assurance de l'emploi
  • les travailleurs marginalisés restent à la périphérie : assurance de la précarité.

IX - Conséquences de la flexibilité en général

A - Conséquences positives

La flexibilité permet de lutter contre le chômage (selon les libéraux) avec un assouplissement des conditions d'utilisation de la main d'oeuvre ainsi que des facilités juridiques, financières et administratives destinées à accroître l'embauche, politique monétaire moins stricte. Exemple : les USA : développement d'emplois précaires, salaires faibles, lutte contre le syndicalisme : le chômage a baissé mais la population est découragée.

La flexibilité semble être justifiée par les évolutions rapides de la demande et pour rendre les prestations plus adaptées aux demandes des ménages et des entreprises.

La flexibilité permet aux entreprises de sélectionner les salariés avant de les embaucher définitivement.

Les savoirs-faire évoluent et deviennent vite obsolètes. Les entreprises doivent adopter la flexibilité fonctionnelle car elle repose sur la polyvalence des salariés et sur les nouvelles qualifications, nécessaires pour l'avenir.

La flexibilité permet aux entreprises de suivre l'évolution rapide des techniques avec les ateliers flexibles. Elle permet :

  • aux entreprises de passer un cap difficile
  • de réduire les coûts de l'entreprise
  • de contrôler la main d'oeuvre : syndication plus difficile

La flexibilité peut favoriser en partie les salariés : les emplois aidés ainsi que ceux qui ont une employabilité faible (probabilité de trouver un emploi).

Les jeunes peuvent aussi bénéficier de la multiplication de leurs expériences professionnelles (passage souvent obligé).

La modulation des horaires peut faciliter l'harmonisation de la vie privée et professionnelle.

Les salariés employés en CDD veulent aboutir à un CDI et cherchent à avoir la productivité maximale.

B - Conséquences négatives

L'entreprise perd les effets d'apprentissage qui résultent de l'emploi durable. Le capital humain (ensemble des qualifications que possède un individu) peut s'enrichir avec une présence longue dans l'entreprise. Les effets d'apprentissage sont sources de gains de productivité.

La flexibilité n'incite pas à la productivité (minimum de salaire = minimum d'efforts). Le salarié qui a le sentiment d'être bien traité dans l'entreprise va faire des efforts de productivité : c'est la théorie du salaire d'efficience. L'incertitude peut donc démotiver un salarié en emploi précaire : l'entreprise ne tient pas compte de la dimension personnelle et sociale du travail.

Les entreprises sont moins poussées à innover. La compétition existe en système capitaliste, or la flexibilité peut nuire à l'innovation : bénéficiant d'une main d'oeuvre peu chère, les entreprises ne remplacent pas les hommes par des machines et l'économie peut être sclérosée par manque de dynamisme.

La diversité des statuts ne favorise pas la coopération entre les employés (baisse du taux de syndication et affaiblissement des mouvements revendicatifs).

La pauvreté et la faiblesse de la demande : les revenus des travailleurs précaires sont faibles : la précarité est source de pauvreté économique et d'exclusion. Même des actifs occupés peuvent vivre en-dessous du seuil de pauvreté. La théorie keynésienne affirme que si les revenus sont faibles, l'investissement est faible car il y a peu de projets.

La segmentation du marché du travail et le dualisme.
La rotation d'une partie du personnel pose un problème d'efficacité et de productivité.
La flexibilité met l'employeur en position de force face au salarié, même ceux qui ont un CDI sont pénalisés : les salaires augmentent moins vite.

I - Le marché

A - Définition

Le marché est le lieu de rencontre entre des offreurs et des demandeurs. Cette confrontation aboutit à la formation d'un prix.

B - Les différents types de marché

Un marché est défini par différents critères.

1 - La nature des biens échangés

  • marché des biens et services : prix (fruits)
  • marché du travail : salaires
  • marché des matières premières : cours (café)
  • marché interbancaire : taux d'intérêt (monnaie banque centrale)
  • marché des changes : cours (devises)
  • marché financier : cours (actions)
  • marché des capitaux : capital (échange de capitaux)

2 - Le lieu

  • réel (produits)
  • fictif (interbancaire)

3 - Sa périodicité

  • marché local : toutes les semaines
  • marché interbancaire : tous les jours

C - L'économie de marché

L'économie de marché est synonyme d'économie libérale et d'économie capitaliste. C'est l'économie adoptée par les Pays Développé à Economie de Marché (P.D.E.M.) dont font partie la France, la Grande Bretagne, les Etat-Unis, l'Allemagne... Les pays de l'Est sont en transition vers une économie de marché car le marché joue un rôle central dans le fonctionnement de l'économie des PDEM (loi de l'offre et de la demande). L'économie libérale s'oppose à l'économie planifiée (contrôlée par l'Etat).

II - La concurrence pure et parfaite (C. P. P.)

A - L'équilibre walrasien

Le marché de la concurrence pure et parfaite (CPP) est due à un libéral français, Léon Walras (1834-1910), qui a développé sa théorie en 1879. Il a une vision idéale du marché qui est source d'efficacité. Malgré ses limites et ses critiques, la CPP tient encore une place importante dans la pensée économique.

B - Les 5 conditions

Pour qu'une concurrence soit dite pure et parfaite, elle doit respecter 5 conditions :

  • atomicité : implique la présence d'un grand nombre d'offreurs et de demandeurs, tous de taille réduite (atomes) par rapport à celle du marché, pour ne pas influencer les conditions du marché et le prix d'équilibre.
  • libre-entrée : suppose l'absence de toute entrave à l'accès des offreurs ou des demandeurs sur le marché. Pas de barrières juridiques, ni de brevets, ni de barrières financières : pas de contraintes.
  • homogénéité : les produits ou les services échangés sur un marché donné sont parfaitement homogènes, i. e. leurs utilisateurs considèrent chacune des unités proposées par les différents offreurs comme parfaitement interchangeables (acheteurs indifférents à la marque).
  • information parfaite : quand tous les offreurs et demandeurs connaissent en même temps et sans coût toutes les informations utiles concernant les échanges sur le marché (transparence du marché).
  • parfaite mobilité des facteurs de production : aucun obstacle au déplacement des travailleurs et des capitaux entre les différents producteurs ou secteurs d'activité.

Sur un marché de concurrence pure et parfaite, le prix d'une marchandise est exclusivement déterminé par l'intersection de la courbe de l'offre et de celle de la demande.

III - La loi de l'offre et de la demande

A - Analyse de l'offre

L'offre est la quantité qu'un offreur est disposé à vendre aux différents prix possibles d'un bien. Plus l’offre est importante plus le prix baisse. L'offre est une fonction croissante du prix. Prix et quantité offerte varient dans le même sens.

B - Analyse de la demande

La demande est la quantité qu'un demandeur est disposé à acheter aux différents prix possibles d'un bien. Plus la demande est élevé plus le prix augmente. La demande est une fonction décroissante du prix. Prix et quantité demandée ne varient pas dans le même sens.

C - Intersection de l'offre et de la demande

L'intersection de l'offre et de la demande permet d'établir :

  • le prix d'équilibre
  • la quantité échangée

Si le prix s'écarte du niveau d'équilibre, il tend à y revenir automatiquement selon la loi de l'offre et de la demande.

IV - Le calcul des coûts de production par les entreprises

A - Les coûts de production

Les coûts de production sont l'ensemble des dépenses nécessaires pour la fabrication d'un bien (salaires, amortissement, intérêts...).

B - Comment calculer le coût total ?

Coût Total (CT) = Coût Fixe (CF) + Coût Variable (CV).

Le coût fixe est un coût qui ne varie pas avec la quantité produite (éclairage, loyer, salaire, intérêts des emprunts, amortissement, assurance, impôts...).

Le coût variable est un coût qui varie en fonction de la quantité produite.

  • le coût variable proportionnel varie dans la même proportion que la quantité produite (matières premières)
  • le coût variable non proportionnel ne varie pas dans la même proportion (certains salaires).

Coût Variable (CV) = Coût Variable Proportionnel (CVP) + Coût Variable Non Proportionnel (CVNP)

donc :

  • CT = CF + CVT
  • CT = CF + CVP + CVNP

C - Comment calculer le coût moyen ?

Le coût moyen est le coût par unités produites. On peut calculer :

  • le coût fixe moyen : CFM = CF / Quantité
  • le coût variable moyen : CVM = CVT / Quantité ou encore CVM = CVNPM + CVPM
  • le coût total moyen : CTM = CT / Quantité ou encore CTM = CFM + CVM

D - Comment calculer le coût marginal unitaire ?

Le coût marginal unitaire est le coût d'une unité supplémentaire. C'est le supplément de coût engendré par la production d'une unité supplémentaire : CMU = CT2 - CT1.

V - La remise en cause de la concurrence pure et parfaite

Le modèle de la concurrence pure et parfaite est très éloigné des conditions réelles du marché.

1 - Atomicité du produit > Concentration

Les entreprises peuvent se regrouper pour détenir une part de marché plus important. La concentration peut aboutir à la création d'ententes, de monopoles (1 seul offreur et plusieurs demandeurs), à des oligopoles (quelques offreurs et plusieurs demandeurs).

2 - Libre entrée sur le marché > Viscosité

Seules les grandes entreprises peuvent se permettre de réunir des capitaux.

3 - Homogénéité des produits > Différenciation

Il existe une différenciation entre les produits : marque, couleur, provenance, emballage, odeur...

4 - Transparence du marché > Opacité

Cela suppose la parfaite circulation de l'information or il y a des informations partielles, des rumeurs... 60 millions de consommateurs.

5 - Mobilité des facteurs de production > Immobilité

Il est difficile de se reconvertir à court terme dans une autre branche (ex : usine chimique). Le changement de qualification demande un certain temps.

Conclusion : la concurrence existe mais elle est impure et imparfaite.

I - Evolution de l'intervention de l'Etat

Le XIXéme siècle est dominé par l'idéologie libérale avec l'influence d'Adam Smith (1723-1790) et de David Ricardo (1772-1823) qui prêchent l'individualisme, la concurrence et la non-intervention de l'Etat. Ils sont partisans de l'Etat minimal : les fonctions régaliennes (Police, Armée, Justice), la construction d'édifices publics, le respect des règles de la concurrence.

La réalité historique est cependant différente : au cours de la Révolution Industrielle, l'Etat va intervenir pour assurer le "décollage" (take-off) des économies. En France, l'Etat est intervenu pour le développement des chemins de fer et dans l'agriculture (tarifs Méline vers 1896). L'Angleterre adopta les Enclosures Act pour les terrains agricoles. Les USA intervinrent dans le développement du chemin de fer. L'Allemagne mit en place des mesures protectionnistes avec Frederic List (1789-1846). Au Japon, avec l'ère Meiji (vers 1868), l'Etat créa les premières entreprises pour les revendre ensuite aux familles (les zaïbatsus).

La crise de 1929 : le New Deal eut un impact idéologique important aux Etats-Unis avec un changement considérable dans la conception du rôle de l'Etat : l'Etat devient interventionniste.

Après 1945, l'Etat intervient de plus en plus dans la vie économique et sociale. Selon Keynes (1883-1946), l'Etat doit intervenir lorsque l'économie est défaillante et les moyens d'actions se perfectionnent :

  • politique monétaire
  • politique fiscale
  • politique de planification
  • politique de nationalisation...

La politique d'intervention économique est liée à une politique sociale de réduction des inégalités. On passe d'un Etat-gendarme à un Etat-providence.

Depuis le début des années 1980, on assiste à l'avènement des politiques libérales car les politiques keynésiennes n'ont pas réussi à résoudre le problème de la crise :

  • GB - 1979 : Thatchérisme.
  • USA - 1980 : Reaganomics.
  • France - 1986 : privatisations, liberté des prix, flexibilité du marche du travail (emplois précaires).

Durant les années 1990, les pays n'adoptent pas purement une politique libérale ou une politique keynésienne. Ils cherchent un compromis entre les deux et les débats portent plus sur la nature de l'intervention publique.

II - Comparatif des politiques économiques

A - Politique conjoncturelle

Une conjoncture est une situation économique à un moment donné.

La politique conjoncturelle est une politique à court terme ou à moyen terme et son action est limitée dans le temps :

  • elle a une fonction de régulation (stabilisation).
  • c'est l'ensemble des interventions de l'Etat susceptibles de modifier à court terme et à moyen terme l'évolution de l'économie.

Elle cherche à maintenir les grands équilibres :

  • emploi
  • stabilité des prix
  • croissance
  • équilibre extérieur

Exemples : politique de relance, politique de rigueur.

B - Politique structurelle

La structure est la manière dont les parties d'un tout sont arrangées entre elles.
La politique structurelle est une politique à long terme dont les effets sont durables :

  • elle modifie en profondeur le fonctionnement de l'économie.
  • c'est l'ensemble des interventions de l'Etat susceptibles de modifier à long terme l'évolution de l'économie.

Elle cherche à améliorer les structures et les bases de l'économie.

Exemples : politique fiscale, politique de nationalisation, politique agricole.

III - Les politiques conjoncturelles : objectifs et moyens

A - Objectifs

  • Améliorer la croissance : hausse du PIB
  • Améliorer l'emploi : réduire le chômage
  • Assurer la stabilité des prix : limiter l'inflation
  • Assurer l'équilibre extérieur : améliorer le solde de la balance commerciale

B - Moyens

Pour atteindre ces objectifs, différents moyens vont être utilisés :

  • politique monétaire :
    • relance : baisse du taux d'intérêt
    • rigueur : hausse du taux d'intérêt
  • politique fiscale :
    • relance : baisse des impôts
    • rigueur : hausse des impôts
  • politique budgétaire :
    • relance : hausse des dépenses de l'Etat
    • rigueur : baisse des dépenses de l'Etat
  • politique de revenus :
    • relance : hausse du SMIC et du RMI
    • rigueur : baisse des revenus de transferts

C - La carré magique

Il existe de très nombreux objectifs mais on résume souvent les 4 principaux à l'aide d'une représentation graphique appelée carré magique et due à l'économiste britannique Nicholas Kaldor. Ces 4 objectifs sont l'emploi, la croissance, la stabilité des prix et l'équilibre extérieur (balance commerciale équilibrée). Le schéma suivant présente les 4 indicateurs propres à ces objectifs. En rejoignant les points, on obtient un quadrilatère qui représente d'autant mieux une situation économique favorable qu'il est proche du carré magique.

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IV - Les politiques conjoncturelles et les phases de la conjoncture

Les politiques conjoncturelles ont une fonction de régulation selon la situation économique. La recherche des grands équilibres se fera donc par la relance ou la rigueur.

A - La politique de relance

Elle a pour but de dynamiser l'économie en produisant plus : la hausse du PIB entraîne la croissance. Elle a aussi pour but de réduire le chômage. Il existe deux types de politique de relance : la relance par la demande des keynésiens et la relance par l'offre des libéraux.

1 - La politique de relance keynésienne (par la demande)

John Maynard Keynes a écrit la Théorie Générale de l'Emploi, de l'Intérêt, de la Monnaie en 1936. Il préconise une relance par la demande.

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Le plein-emploi n'est pas atteint : on parle d'équilibre de sous-emploi. Lorsque cette demande est insuffisante, l'Etat doit intervenir avec :

  • la politique monétaire : baisse du taux d'intéret (c'est insuffisant)
  • la politique budgétaire : hausse des dépenses de l'Etat (politique de grands travaux)
  • la politique fiscale : baisse des impôts des plus défavorisés
  • la politique de revenus : hausse des revenus de transfert

Lorsque l'économie de marché est défaillante, l'Etat doit intervenir. Le déficit budgétaire est un des moyens dont dispose l'Etat pour relancer l'économie : ce déficit pourra se résorber par des rentrées fiscales :

  • plus de revenus distribués = plus de IRPP
  • plus de revenus distribués = hausse de la consommation = plus de TVA
  • plus d'investissement par les entreprises = relance de l'activité économique = plus de profits = plus d'IS

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Cette politique de relance keynésienne présente toutefois des limites :

  • la contrainte extérieure : la relance par la demande entraîne une hausse des importations donc un déficit de la balance commerciale car la France est un pays "ouvert". Le plan de relance de 1981 a créé un déficit de 92 milliards de francs en 1982.
  • l'inflation : plus de revenus entraîne plus de demande (plus de consommation et plus d'investissement) or selon la loi de l'offre et de la demande, si la demande est supérieure à l'offre l'inflation augmente.
  • l'effet boule de neige et le déficit budgétaire : il faut que la richesse créée soit suffisante pour payer les intérêts de la dette sinon ces derniers seront de plus en plus lourds et la dette va s'aggraver. On appelle cela l'effet boule de neige de la dette.

2 - La politique de relance libérale (par l'offre)

Le précurseur de cette politique est le libéral français Jean-Baptiste Say (1767-1832), théoricien de l'offre. Il est à l'origine de la loi des débouchés : "l'offre créé sa propre demande" ou "les produits s'échangent contre des produits".

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La courbe de Laffer aurait été tracée pour la première fois sur la nappe d'un restaurant de Washington en décembre 1974. Cette théorie allait dans le sens des revendications américaines contre l'impôt. Laffer est un libéral américain. Il était le conseiller de Reagan et s'opposait à Keynes. Sa théorie veut que jusqu'à un certain niveau, l'impôt est accepté par les contribuables mais qu'au delà d'un certain taux d'imposition, les recettes fiscales diminuent. En effet, lorsque le taux augmente jusqu'au point T, les recettes discales augmentent et atteignent un maximum M. Au delà du point T, le taux devient dissuasif et les agents économiques sont incités à travailler moins ou à recourir à des activités non déclarées (baisse des recettes de l'Etat). Le point M est le sommet de la courbe, il correspond aux recettes maximales de l'Etat. Ce n'est pas un taux de pression fiscale immuable. On peut résumer cette théorie ainsi : "trop d'impôts tuent l'impôt" ou "les hauts taux tuent les totaux".

La courbe de Laffer

Lorsqu'un ménage voit sa pression fiscale augmenter, il peut réagir de 2 façons :

  • effet revenu : pour faire face à cette augmentation d'impôts, l'individu serait prêt à travailler plus (Laffer n'en parle pas).
  • effet prix : pour faire face aux impôts, l'individu travaillera moins ou travaillera au noir.

L'économie de l'offre est l'économie de l'incitation à travailler et à investir par une baisse de la pression fiscale. Parallèlement, les prestations sociales doivent diminuer pour rétablir l'incitation au travail (lutte contre le chômage). Un taux d'imposition trop élevé entraîne :

  • une baisse de l'investissement = baisse de l'activité économique = baisse des profits = baisse de l'IS = baisse des recettes fiscales
  • une baisse du travail = baisse de l'activité économique = baisse des salaires = baisse de l'IRPP = baisse des recettes fiscales

Les libéraux critiquent l'intervention de l'Etat et ne sont pas favorables à l'Etat-providence. Ils ont pour une protection sociale "allégée" et préconisent l'équilibre budgétaire (USA - GB). Cette théorie a des limites : les libéraux préconisent une baisse des dépenses sociales donc une aggravation des inégalités : hausse de la pauvreté et de l'exclusion.

B - Politique de rigueur (libérale)

Les objectifs sont :

  • la lutte contre l'inflation
  • l'amélioration du solde de la balance commerciale : rendre l'économie compétitive

Les moyens :

  • rigueur salariale : freiner la croissance des salaires
  • rigueur budgétaire : réduire les dépenses de l'Etat
  • rigueur monétaire : augmenter les taux d'intérêt

Ces mesures de rigueur ont l'effet inverse de la relance par la demande :

  • freiner la croissance des salaires entraîne une baisse de la demande des ménages
  • augmenter les taux d'intérêt fait baisser la demande des entreprises

=> le demande est inférieure à l'offre ce qui fait baisser l'inflation.

  • baisse de la demande = baisse de la consommation de produits étrangers : baisse des importations
  • baisse de la demande = baisse de l'inflation = les produits français sont moins chers = hausse des exportations

Les limites de cette politique :

  • baisse de la production = baisse de la croissance = augmentation du chômage

Conclusion : il devient difficile de concilier les 4 grands équilibres.

V - Les politiques structurelles

A - Nationalisations et privatisations

La nationalisation est le transfert de propriété du capital d'une entreprise privée à l'Etat dans le but d'en modifier la logique de fonctionnement.

La privatisation est l'opération de transfert du capital d'une entreprise publique à des actionnaires privés.

B - Les politiques industrielles

Les politiques industrielles sont l'ensemble de mesures prises par le gouvernement afin d'améliorer les performances de l'appareil de production pour l'adapter à la compétition économique mondiale. Moyens :

  • réglementation
  • aides fiscales à la recherche et à la formation
  • stimulation de l'investissement
  • encouragement à des rapprochements entre entreprises et groupes nationaux
  • commandes publiques
  • grands projets financés par l'Etat
  • développement du secteur publique
  • grands travaux
  • planification

I - Les besoins

  • Un besoin est un manque, un sentiment de privation accompagné d'un désir de le faire disparaître. Les besoins sont illimités à cause du progrès technique, de la publicité et de la mode. Ils peuvent être individuels (besoin d'un vêtement) ou collectifs (besoin d'une troisième ligne de tramway), primaires (se nourrir, se loger, se vêtir : besoins vitaux) ou secondaires (maison à soi, voiture, téléphone). Notez bien que cette classification est relative.
  • Les besoins sont satisfaits par :
    1. des biens : produits matériels de l'activité économique (ex : voiture).
    2. des services : produits immatériels de l'activité économique (ex : coiffeur).
  • Un bien économique est relativement rare : son obtention mérite un effort (ex : voiture). Un bien non-économique, ou bien libre, est disponible en abondance (l'air). Aucun travail n'est nécessaire pour en bénéficier. Les biens sont de plus en plus des biens économiques. Un bien durable s'utilise plusieurs fois. Un bien non-durable ne s'utilise qu'une seule fois.
  • Les biens de consommation s'adressent aux ménages (ex : nourriture), c'est un bien utilisé directement par le consommateur. Les biens de production concernent les entreprises (ex : matières premières) car ils sont utilisés dans le processus de production.
  • Les besoins sont à l'origine de l'activité économique.

II - Les entreprises

  • L'entreprise est un agent économique et une unité de production. Elle produit des biens et services pour satisfaire les besoins.
  • Biens et services sont vendus sur un marché.
  • Le but de l'entreprise est de faire des profits en créant de la valeur et en contribuant au processus de transformation par des investissements continuels, ce qui permet d’assurer un "roulement" des fonds. La bonne santé d'une entreprise peut être évaluée avec son taux d'endettement (qui doit être ni trop haut, ni trop bas).

Il existe différents critères de classification des entreprises :

  • la taille : micro-entreprises, PME, grandes entreprises.
  • le statut juridique : entreprises individuelles, sociétés, SARL (Société A Responsabilité Limitée), SA (Société Anonyme), EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), SNC (Société en Nom Collectif).
  • le secteur économique : primaire, secondaire, tertiaire.

A - Caractéristiques communes aux entreprises

  • l'entreprise est un lieu de production. L'entreprise achète des facteurs de production :
  • facteur travail : main d'oeuvre.
  • facteur capital : bâtiments, machines, matériel...
  • facteur naturel : richesse du sol et sous-sol.

Elle combine les facteurs de production. Fonctions de production : Quantité produite = f ( travail, capital, facteur naturel). Elle distribue cette production sur le marché pour répondre à la demande des consommateurs. Le but de l'entreprise est de faire des profits.

  • l'entreprise est insérée dans un environnement
  • l'entreprise à une dimension sociale : c'est un groupe d'hommes : négociations, conflits, droit d'expression des salariés (Loi Auroux de 1981). Il existe aussi des syndicats : délégués du personnel, comité d'entreprise.
  • l'entreprise répartit les revenus : la mesure de la production au niveau d'une entreprise s'évalue avec le chiffre d'affaire (C.A.). La véritable richesse créée par une entreprise, c'est la valeur ajoutée (V. A.) La valeur ajoutée est la contribution de l'entreprise à la production.

    VA = CA -CI
    VA : valeur créée par l'entreprise.
    CA : production vendue.
    CI : valeur des biens achetés aux autres entreprises.

B - La productivité

La productivité mesure l'efficacité des facteurs de production. C'est le rapport entre la quantité produite et quantité de facteurs utilisés pour obtenir cette production. Il existe plusieurs manière de calculer la productivité du travail :

  • La productivité physique du travail : résultats en unités physiques.
    1. productivité physique par travailleur = quantité produite / nombre de travailleurs
    2. productivité physique par heure et par travailleur = quantité produite / (nombre d'heures * nombre de travailleurs)
  • La productivité monétaire du travail : résultats en unités monétaires
    1. productivité monétaire du travail par travailleur = (quantité produite * prix) / nombre de travailleurs
    2. productivité monétaire par heure et par travailleur = (quantité produite * prix) / (nombre d'heures * nombre de travailleurs )

C - le gain de productivité

Un gain de productivité est l'amélioration du facteur travail. C'est la différence entre deux productivités à deux dates données.Ce gain peut être évalué en valeur absolue (gain absolu par travailleur) ou en valeur relative (taux de variation exprimé en pourcentage). Le gain de productivité est un surplus qui peut être distribué aux salariés (hausse des salaires, prime, promotion, baisse de la durée du travail...), à l'entreprise (hausse des bénéfices, financement des investissements), aux actionnaires (hausse des dividendes) ou aux consommateurs (baisse des prix). La hausse de la productivité est dûe à plusieurs facteurs : l'organisation du travail, la motivation, la performance du matériel, le progrès technique, l'environnement de l'entreprise, le climat social, l'expérience et la qualification, la responsabilité et la confiance.

III - Les ménages

Les ménages sont des unités de consommation et des agents économiques. Il existe des ménages ordinaires - un ensemble de personnes vivant sous un même toit quels que soient leurs liens de parenté - et des ménages collectifs - un ensemble de personnes qui logent dans un même établissement. Les ménages participent à la production, en contrepartie, ils reçoivent des revenus. Ils peuvent aussi recevoir des revenus sans participer à la production : les allocations. Les 4 origines des revenus de ménages sont : la travail salarié, le travail non-salarié, les revenus de la propriété, les prestations sociales et transferts divers.

Les revenus primaires sont les revenus perçus par les ménages en contrepartie de leur participation à la production. Cela comprend :

  • les revenus du travail (salaire).
  • les revenus de la propriété : revenus mobilier (dividende - intérêts) et revenus immobilier (loyer - fermage).
  • les revenus mixtes sont les revenus du travail ajouté aux revenus de la propriété.
  • les bénéfices sont les revenus des entreprises individuelles (artisans, petits commerçants).

Les revenus sociaux ou de transferts sont les revenus perçus par les ménages indépendamment de leur participation à la production. Ces revenus sont généralement liés au versement préalable de cotisations sociales.

Revenu = Consommation + Épargne.
Les ménages consomment des biens et services pour satisfaire leurs besoins. Le revenu disponible est le revenu utilisable par les ménages, c'est la différence entre les revenus primaires nets et de la redistribution, et les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu et le patrimoine, les prestations sociales et transferts divers. Donc :
Revenus pour la consommation = (revenus du facteur travail + revenus de la propriété) - (cotisations sociales + impôts directs) + revenus sociaux ou de transferts.

IV - Les administrations

Les administrations sont des agents économiques. Les entreprises ne peuvent satisfaire que les besoins individuels et solvables. Or il existe aussi des besoins collectifs qui seront satisfaits par les administrations. Les administrations regroupent : l'Etat et ses différents ministères, les collectivités locales (régions, départements, communes), la Sécurité Sociale et ses différents organismes. Il existe aussi des administrations privées telles que des associations, des syndicats ou des partis politiques.

Les fonctions principales assurées par les administrations publiques sont :

  • la fourniture d'équipements et de services gratuits,
  • la redistribution de revenus sociaux aux ménages,
  • les subventions.

En contrepartie, les ménages paient des impôts et des cotisations. P. O. = impôts + cotisations.
Prélèvements Obligatoires = impôts versés à l'Etat (impôt sur le revenu) + impôts versés aux collectivités locales (taxe d'habitation, taxe foncière) + cotisation sociales.

V - Les banques

Une banque est un agent économique et une institution financière : les échanges se font en monnaie. Certains agents économiques ont besoin d'argent, d'autres agents épargnent et les banques mettent en relation ces différents agents. Les banques ont plusieurs rôles :

A - Faire du crédit

  • crédits aux entreprises : à court terme (moyens de trésorerie) ou à long terme (équipement, construction).
  • crédits aux particuliers : à court terme (dépenses imprévues : une voiture), à moyen terme (amélioration du logement) ou à long terme (acquisition d'un logement)

Court terme : inférieur à 2 ans.
Moyen terme : entre 2 et 5 ans.
Long terme : supérieur à 5 ans.

B- Rendre des services

Gérer des comptes de dépôts, passer les ordres de Bourse, proposer des PEL/CEL..., changer les devises, suivre les dossiers des clients.

C - Collecter des ressources

  • dépôts à vue : les clients peuvent en disposer à tout moment, sans préavis (ex : compte courant, CCP)
  • dépôts à terme : somme placée à la banque pour une durée déterminée. C'est producteur d'intérêts et il faut un préavis.

Il y a besoin de financement lorsque l'épargne est inférieure à l'investissement (ex : les entreprises, collectivités locales, l'Etat et ses différents ministères pour développer leurs activités). Il y a capacité de financement lorsque l'épargne est supérieure à l'investissement (ex : les ménages, parce qu'ils ne dépensent pas tout). L'importance de l'épargne dépend du revenu, de l'âge et du patrimoine. Les banques jouent le rôle d'intermédiaire entre la capacité de financement des ménages (offre d'épargne) et le besoin de financement de l'Etat, des collectivités locales et des entreprises (demande de crédit) en tant que canal de circulation de la monnaie. Notons qu'il n'y a pas forcément un intermédiaire (ex : les impôts).

VI - L'Extérieur ou "le reste du monde"

L'Extérieur est un agent économique fictif qui met en relation un pays avec le reste du monde. Le commerce international est nécessaire, il faut

  • des importations (M) à cause du manque de ressources et de matières premières, pour obtenir ce qu'on ne produit pas, pour avoir des produits nouveaux, pour avoir de la qualité, pour bénéficier d'un prix.
  • des exportations (X) pour financer les importations, favoriser les relations diplomatiques, satisfaire la clientèle étrangère, offrir des débouchés aux entreprises, acquérir des devises.

A - La balance commerciale

La balance commerciale enregistre pour une période donnée les importations et exportations de marchandises (biens réels) : produits agro-alimentaires, produits industriels et produits énergétiques. Les X et M peuvent être exprimées en euros courants (valeur) ou en euros constants (volume). Les M et X sont calculées sur des bases différentes : les X sont calculées F. A. B. (Franco A Bord), c'est à dire que la valeur retenue est le prix de départ de l'usine française jusqu'à la frontière. Les M sont calculées C. A. F. (Coût Assurance Frêt) : soit le prix du départ de l'usine étrangère plus le transport jusqu'à la frontière.

Le solde de la balance commerciale est la différence entre X et M. Il existe 3 cas de figure :

  • solde positif : la balance commerciale est excédentaire ( X supérieures aux M )
  • solde négatif : la balance commerciale est déficitaire ( X inférieures aux M )
  • solde nul :la balance commerciale est équilibrée ( X = M )

Notes : la balance commerciale est de plus en plus difficile à évaluer à cause de la délocalisation (une entreprise française à l'étranger ne sera plus considérée comme exportatrice). Les X de la métropole vers les DOM-TOM sont considérées comme des exportations. La balance commerciale est exprimée en données brutes ou en données CVS (Corrigé des Variations Saisonnières) : les données brutes sont les échanges constatés dans le mois, avec les données CVS on tient compte des différences selon les mois (ex : le fioul en hiver).

B - La balance des paiements

La balance des paiements est le relevé de toutes les transactions économiques à caractère commercial et à caractère financier intervenues dans une période donnée entre des agents économiques et de différents pays. La balance commerciale est comprise dans la balance des paiements.

  • balance commerciale : marchandises
  • balance des invisibles : services (vente de brevets) et transferts (aides versées par les gouvernements)
  • balance des capitaux à long terme (crédits)
  • balance des capitaux à court terme (crédits)

La balance des paiements est un document comptable toujours représenté en équilibre. Si le solde est négatif, le solde de la position monétaire sera positif : par exemple, lorsque l'ensemble des règlements de la France à l'étranger dépasse l'ensemble des règlements étrangers à la France.

Inversement, si le solde de la balance des paiements est positive, alors le solde de la position monétaire sera négative : l'ensemble des règlements de l'étranger à la France dépasse l'ensemble des règlements de la France à l'étranger. portations. La balance commerciale est exprimée en données brutes ou en données CVS (Corrigé des Variations Saisonnières) : les données brutes sont les échanges constatés dans le mois, avec les données CVS on tient compte des différences selon les mois (ex : le fioul en hiver).

Rapport de faute d’orthographe

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