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Il y a presque deux semaines maintenant, dimanche 26 octobre, je suis allé entendre Ani DiFranco, Anaïs Mitchell et Hamell on Trial à la Cigale à Paris.

Arrivé en avance (oui, je tenais absolument à rompre la terrible habitude que j’avais prises ces derniers concerts !), j’ai galéré pour trouver une place assise offrant une vue correcte. Au balcon par exemple, les côtés de la scène sont pris d’assaut alors qu’on n’y voit pas très bien (seul le premier rang et au dépit d’une usure dorsale anticipée). Le seul spot convenable, c’est vraiment devant au balcon. Malheureusement, tout était déjà pris donc je me suis rabattu du côté de la balance sons et lumières où j’ai pu tout apprécier sans soucis.

Monsieur Pigeon et maître Renard tout les sépare.
Leur seul point commun : l’amour du 7ème art.
Les nombreuses étagères de leur logis de vidéos se parent.

Semblables sur le fond, elles diffèrent sur la forme.

Monsieur Pigeon a acheté toutes ses cassettes vidéo en original.
Il ne manque jamais de le prouver sans mal,
En exhibant fièrement la boite orné d’un joli hologramme.
Quant à Maître Renard, sa vidéothèque n’a pas le même charme.
Enregistrée depuis la télévision en fonction des programmes.
Renard ne roule pas sur l’or et c’est bien son drame.

Quand la passion est commune, souvent les problèmes aussi :

Ils sont embêtés par l’arrivée du DVD,
Qui sournoisement le magnétoscope a condamné.
Ils ne pourront bientôt plus le remplacer,
Si par malheur une panne irréparable l’enterrait.

Décidant de prendre les devants et d’agir sans traîner,
Nos deux compères s’en vont acheter un graveur de DVD.
Le sauvetage des films de VHS à DVD peut commencer.

Les VHS copiées de maître Renard sont bientôt toutes transférées.
Le système anti-copie des cassettes originales de monsieur Pigeon l’ont vite bloqué.
Il foire DVD après DVD avant de percuter qu’il ne peut finalement rien copier.
Monsieur Pigeon est, il faut l’avouer, bien dégoûté.

A présent, il doit au prix fort de nouveau tout racheter.
Quelle tristesse, il est vraiment écÅ“uré.
Car du temps du Laser disque, il l’avait déjà fait.

Les mêmes films par trois fois sur trois supports ont été achetés,
Pourtant monsieur Pigeon n’est toujours pas calmé.
Il n’a plus un rond mais pense déjà aux lecteurs de film HD.
Apparemment monsieur Pigeon ne sait pas ce qu’est le HDCP.

Maître Renard lui s’est renseigné et ne s’est pas fait piégé.
Comme il n’a pas par trois fois acheté, il est moins fauché.
Voulant investir dans du matériel adapté,
L’ordinateur lui sembla alors tout indiqué.
Car avec quelques logiciels spécialisés,
Le contournement des protections anti-copie est vite fait.

Maître Renard y a tout gagné :
Divix et RIP iso de DVD sont pratiques à gérer.
Le support physique disparaît, et une fois les étagères enlevées,
Quel étonnement de voir toute cette place libérée.
Ce n’est pas négligeable, quand on pense au prix du mètre carré.

Maître Renard s’est bien débrouillé.
Les économies réalisées ont étés judicieusement placés.
Aujourd’hui Maître Renard n’est plus fauché.
De cette situation, monsieur Pigeon n’a pas été informé,
Son cÅ“ur fragile ne l’aurait pas supporté.

Dans son logis étriqué, devant sa vidéothèque surchargée,
Il tente de se convaincre du fond du cœur,
Que sa vidéothèque est quelque chose de grande valeur
Et que les nombreux achats qu’il a faits ne sont pas à regretter.

Charles-Edouard Mandefield

Nous dédicaçons bien évidemment cette fable à tout l’industrie audio-visuelle… Via Ratatium.